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ciel




Même le paysage se vit derrière des vitres d'automoBile ou derrière l'écran de télévision,
la rencontre est elle-même vide,
on fait l'amour sur internet comme si le monde ne pouvait aller au-delà du papier à lettre...,
le fruit sur un étal, la vache en tranches qui peut autant dire un morceau de savon
qu'un paquet postal...,
et le rire lui-même qui est vendu en C.D. et se recommence indéfiniment
sans la moindre fatigue ni même un rictus de côté !
Le solipsisme est la plus radicale condamnation de l'humain au niveau de sa nature d'humain.
L'enfant était profondément malheureux de cet état et il comprenait parfaitement que la seule solution quand on en arrive là ne pouvait être que le suicide...

Mais dans ce vide noir, l'Enfant vit une chose étrange :
pendant que les spirales tournoyaient autour de lui ...
et se resserraient pour le Broyer...
il vit dans l'Espace, Vide de Toute Direction,
-- une flamme aussi petite qu'un point ... --
une flamme au loin
si lointaine, si lointaine ...
Mais une flamme qui, manifestement, le fixait.
Un point qui l'appelait.
Et lui, la fixant, comprit que c'était l'Univers tout entier..., l'immense, le Vrai, le sien.
Dans le lointain, comme s'il était lui-même au-delà de tout...

L'Univers si loin... si loin de moi...
Oh ! Quelle terriBle condamnation de moi-même...
j'ai opéré
en défendant ce Roi... qui n'était pas le mien.
parce qu'il était le dernier qui me restait... des trois en-menhirés...
Je me suis fait son avocat, donc je suis entré dans l'emphase
où se complaît toute pensée
qui se met à plaider.

On m'a dépossédé de ma royauté.

Et l'Enfant pleura, pleura, pleura... sans gémir.
Ses larmes coulaient comme une source au printemps...
Il était donc mort et il ne pourrait plus rien...
C'était la vraie fin.
Il n'avait donc pas été à la hauteur.

Il n'arrêtait pas de pleurer et ses larmes se faisaient ruisseaux,
puis pervenches sur des rives noires...
Mais ces rêves n'arrêtaient pas ses pleurs.
Et ses larmes qui avaient la couleur de la Lumière
tentaient vainement d'apporter des images d'Ennéel,
mais rien ne pouvait consoler l'Enfant


ciel





Bizarrement, la logique convexe revenant à lui,
il se dit avec tout le dérisoire de cette logique :
que cela aurait pu être le soleil, cette flamme...,
ou peut-être un fruit de rêve : c'était pareil,
une orange mûre qui grandissait, se rapprochait,
mais non, ce ne pouvait être qu'un trou d'aiguille
dans le tissu noir d'une tente de lumière... complètement perdue dans l'immensité noire.
Pourtant il sentait, devinait, palpait presque en Elle ...
tout l'Univers !

Il se dit que finalement il était le cœur d'un trou noir
qui avalait tout
et qu'il était en train de passer de l'autre côté...
qu'il allait voir la Vie...
Ou l'autre Vie !

"Tout est en tout" se dit-il ...
"mais comment le com-prendre ?"


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De l'autre côté...

Derrière lui, il entendit un étouffement
puis, trois rires clairs.
Sur une énorme métérorite que son maelström allait rejeter,
trois hommes assis autour d'un plan de calcul
le regardaient
avec une étincelle de doute et de moquerie,
mais avec une certaine affection qu'ils n'arrivaient pas à cacher.

« Tu m'aimes-tu ? Tu m'aimes-tu ? »

"Tu es là Petit Enfant !?"
Tu es l'Axe de Tout ... et tu te poses "d'étrannes questions".




















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