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Après
un moment, le Roi décida d'énoncer son histoire :
...
Ce n'est pas une frange de Vie car toute la Vie est là, mais elle est
là comme en une réalisation totale. Tout l'Océan des Temps
n'est que le déversement, l'écoulement dans un toujours moins
de densité, dans un toujours un peu plus de liBerté de l'extrême
compacité, de l'extrême densité, de l'extrême amalgame qu'est
le point d'où part le premier éveil, point qui est le Khaos. Et
déversement qui tente de rejoindre dans l'infinie durée, ce ou
celle pour qui il s'est éveillé. L'Océan
des Temps, c'est une infinité de courants, donc une infinité de
chemins que chaque élément liBéré de la compacité entreprend,
seul, ou en compagnie d'autres ou de communautés... Tout
l'océan des Temps n'est fait que de Vie. De Vie en chemin... vers son
idéal, vers sa réalisation. Une vie qui commence en se constituant
dans le dense pour sans cesse s'alléger et de plus en plus, devenir
de la lumière pour enfin être totalement elle. On
passe de la Densité à l'Intensité. On
dirait que le vivant part comme une lumière pour aller au plus loin
chercher à investir la densité afin de la délivrer et
de la porter à l'intensité jusqu'au lagon. Cela fait que le départ,
s'il se fait à partir de l'île, pourrait Bien être l'originel alors
que tout vivant dans l'océan des Temps le perçoit comme un final et
s'imagine que l'originel serait du côté du Khaos. Mais, dans le
fond, il va toujours garder le premier élan venu de l'île d'aphroditè et
il reconnaîtra vite que c'est cela son authentique originel, c'est-à-dire
: sa Boussole interne qui le ramène au Lagon... Il
semBlerait que l'île d'Aphroditè n'est que ce par quoi , tout
ce qui est dans le lagon peut être comme si chaque vivant qui entrerait
dans le lagon devait être marqué par l'île. Et cela est
Bien vrai puisque seul l'amour universel nous permet d'y entrer.
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La
Présence d'Aphroditè qui, de son île, fait couler l'énergie
vitale et la Puissance Incarnative... est comme une résurgence de
l'île d'Ennéel, à côté de soi... mais Bien
réelle au niveau du Vivant... On devrait dire qu'elle est comme sa main. Et
cela, pour former deux chenaux qui mélangent chants et vagues... Forcément,
l'île d'Aphroditè qui se dresse sur la Barrière de Corail,
la coupe en deux endroits. De là s'invente continuellement le Vivant comme
autant de vagues et comme autant de nuds entre ces chants et les vagues. Ici
est la Vérité de ce que pourrait être le monde s'il s'éveillait
vraiment à son originellité. »
«
Non ! Dit Maghe. Le vivant n'est pas vague dans l'océan des Temps, mais
poisson, dauphin, requin, calmar, morue ou thon à moins qu'il ne soit
avec un peu plus d'éveil, navire... essentiellement... (Mais non...,
que je suis idiote, l'artificiel n'est pas le temps, mais rien que les fonds marins
!) Alors disons : que le vivant peut être davantage : goéland,
alBatros, pétrel, hirondelle, stern, cygne, oie... La
vague, elle, n'est que composée d'événements et de décors,
non..., mais de styles du moment. Forces... qui font telle ou telle époque, modes...
qui veulent mouler les vivants, mais les vivants ne se laissent pas tous rouler
par les vagues... quand Bien même, on pourrait les confondre pour certains... La
vertu essentielle du vivant est de s'y opposer quand son propre mouvement est
empêché... justement par toute vague... »
Le
Roi eut du mal à reprendre, Maghe venait de le déconcentrer. Il
dit pourtant : « Oui, à un certain niveau, mais plus radicalement,
et si l'on veut voir plus totalement, le Vivant est lui-même une vague,
une forme de vague dans les vagues, qu'il soit goéland ou qu'il soit
dauphin ou quand Bien même se ferait-il navire vivant pour d'autres vivants...
infiment moins denses..., des esprits vivants, par exemple, et comme sur
un autre niveau d'Océan des Temps car l'Univers est un infini enchâssement
de lui-même sur lui-même.
La
présence de l'Océan est donc là... il fait le lagon autant
que l'île sait le faire et le garder, mais l'île est faite de
lui, de cet Océan, elle n'est pas l'émergence d'un fond étranger mais
rien que sa transformation sous le principe de l'accomplissement et donc, de
la Totalité.
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