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Le
passage du col était délicat, pourtant, ce n'était rien qu'un
passage derrière un tout petit géant, mais il se trouvait au pied
d'un tellement grand... et d'une telle immensité qu'il écrasait
tout... Si grand... que le col s'en retrouvait disproportionné. Toutefois,
c'était une colossale muraille même si c'était au pied de
mille murailles empilées juste au dessus et à côté.
Et chaque pas devait se faufiler derrière l'autre en évitant de
glisser. Il fallait ramper comme un Brin de fil trop timide se faufile au centre
d'un réseau de dentelles dont chaque éclat n'est qu'une lame de
rasoir en pure glace toute pure... Heureusement, la neige m'accompagnait. Elle
tomBait comme si nous étions au Beau milieu d'une prairie de Brouillard
qu'elle s'évertuait à refouler. Grâce à cela, j'avançais,
centimètre par centimètre en ignorant tout. Elle me donnait assez
de rêve et de courage pour me hisser, échelon après échelon,
au sein d'une aBsolue verticalité. J'avançais ainsi vers le seul
passage connu qui menait au cur du Pays d'Oué, là où
demeure la lamaserie des Curs Ailés, celle qu'Oriòn avait
fondée, il y a de cela, certainement 750 000 années, mais on prétend,
qu'en fait, elle était déjà présente il y a 20 000
000 d'années... Il fallait Bien que je trouve cet endroit qui servait
de Centre Directionnel Profond pour tous les oiseaux du monde. C'était
important car ce centre avait la particularité d'avoir pouvoir sur toutes
les temporalités. On disait que tous les oiseaux de tous les Temps remontaient
vers ce fanal... Evidemment,
les oiseaux utilisent le réseau magnétique ordinaire de la Terre,
mais derrière la logique rudimentaire des "causes à effet"
qui régit les phénomènes dans leur simple état apparitionnel,
il existe des réseaux d'animation du réel, qui peuvent apparaître
occultes, mais qui sont en fait, des liaisons entre chaque et tout, entre tout
et chaque, sur des niveaux que les sens accoutumés aux normes tolérées
par les données sociales, ne peuvent pas percevoir. Et quand on dit
"tout" il faut entendre la totalité des temps... Il n'y a
que le monde des acupuncteurs qui pourrait comprendre cette logique. Il
y a des choses étranges qui appartiennent à ce domaine : ainsi un
arBre peut mourir parce qu'intimement vous l'aviez associé à votre
intimité, à votre vie de Cur, et que, pour des raisons diverses,
ou parce que votre esprit a changé, vous l'avez ouBlié, délaissé,
aBandonné. Il meurt et personne ne sait ou ne veut savoir pourquoi... à
part la sécheresse, l'exposition, le vent, la foudre, les champignons... Scientifiquement,
il doit mourir de mort "naturelle". Et aller au-delà du "point
à la ligne", c'est se faire candidat à la Question... Celle
du Moyen-Âge ! Du Moyen-Âge, personne n'est sorti, personne n'en
sortira jamais pour autant que le monde sera toujours celui de Cro-Magnon. On
tourne toujours en rond, croyez-moi ! Et l'inquisition est toujours là,
elle a simplement changé ses haBits, ses mots, du noir, elle est passée
au gris, même s'il se prétend Blanc..., et de Dieu elle est passée
aux LaBos... Et quand Bien même cette mort paraîtrait s'être
faite par l'intermédiaire d'empoisonneurs, au niveau profond, la
mort sera le fait de Bien d'autres leviers étranges et invisiBles, |
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reportant
le niveau causal au rang de simple vernis. La Raison n'est pas le rationalisme. Le
rationalisme, lui, n'est que le cercle des limites du rudimentaire phénoménal,
ce point des haBitudes des sens. Il marque l'extrême limitation
de l'humain lorsqu'il se défait de toute logique du Cur, et notamment
de la logique Concave. Mais sans ergoter sur cela, il est des raisons qui peuvent
expliquer des phénomènes par d'autres liaisons que la simple
physico-chimie et la mécanique des corps. La
lamaserie des Curs Ailés était au Centre du Cur de tous
les oiseaux de la Terre. C'était une porte dans l'Espace-Temps qui
faisait accéder à un champ directeur préservé
de l'Espace et du Temps. Quand sous l'action des huit Sphinx, les oiseaux se
sont envolés vers des Temps Meilleurs, cela n'a pu se faire... que
parce que la Lamaserie des Curs Ailés formait et forme encore et
toujours, leur référentiel profond qu'aucun rationalisme traditionnel
ne saura jamais expliquer. Mais trêve de philosophie, voici que j'ai
glissé et je n'ai qu'une main pour me tenir. Me voilà suspendu
dans le vide... Je gesticule tant que je peux pour retrouver un point de paroi,
mais j'effleure et me fatigue... De point, il n'y en a pas un pour moi... Pourquoi
ne pas se laisser aller... Quelle merveilleuse tentation... La mort paraît
plus Belle que tous ces efforts d'enfer qui n'ont aucun sens, car, qu'est-ce
que je vais chercher à la lamaserie des Curs Ailés... Vous
ne le savez pas et pourtant c'est écrit quelque part. Oh
! Ce fichu de Watson n'est plus là pour m'aider... Que faire donc sans
mon ange gardien ? Je m'arc-Boute et m'élance violemment contre la paroi,
et comme par hasard, je m'y trouve collé, piégé ! Le froid
intense et la neige surgelée m'y ont collé ! Comme de l'encre sur
du papier ! Je ne dois pas me laisser aller, il faut que je reprenne l'ascension...
Je dois me remettre à tailler des marches... De toutes manières,
je n'ai pas d'autre choix. Alors je repars... La montée est arasante...
Je donne plus que ce que personne ne pourrait donner... Et cela, vous le croirez
ou non : parce qu'une Lumière est venu me chercher. Oui, elle s'est
mise juste au-dessus de moi et me procure maintenant toute l'énergie et
toute la chaleur qui me manquait... Oh ! Que je suis un âne ! Je dois
rêver... Allez donc savoir si je ne suis pas au fond d'un lit sous un
édredon avec une Bonne Bouillotte... alors que peut-être, j'ai
dévalé la pente et me retrouve en Bas complètement fracassé... DiaBle
qu'il fait froid, j'ai les doigts qui commencent à geler... J'ai l'impression
d'avoir un serpent au Bout de chacun de mes doigts... |
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