page 684 page 685







ciel





La cause, ils la portaient en eux
mais peut-être douBlement dans Toni Kurtz.
Et quelle qu'aurait pu être le choix de leur montée ou de leur descente,
sous mille formes possiBles, cette cause les aurait immanquaBlement rejoints.
C'est vrai, tout est lié
et les causes extérieures ne sont que les memBres ou les mains
de ce qui naît dans notre cœur.
Même l'Ordalie pourrait agir ainsi
mais il ne faudrait pas croire qu'il y a forcément une justice immanente...
Elle existe parfois, c'est vrai,
mais dans un monde régit par le Barré, elle se fait Bien trop souvent injustice. »

Mi-Kha-Hel intervint :
« Tout de l'extérieur de soi autant que l'intérieur... peut répondre à soi à tout moment
dans le mesure où l'on n'est pas hors jeu.
Il y a alors identité de l'atmàn et du paramatmàn
quoique l'atmàn soit en inclusion dans le paramatmàn...
et quoiqu'il soit en multiplication infinie,
donc, en apparente diversification infinie.
Et si l'atmàn est en inclusion dans le paramatmàn,
il ne l'est pas en tant que prisonnier ou en tant que corps étranger,
mais comme un des paliers ou le terminal d'une série infinie d'enchâssements.
C'est pour cela qu'en ce cas... Dieu est Tout
en même temps que Chacun.
Mais il vaut mieux, pour éviter les quiproquos,
laisser le nom de Dieu au Deus Ex Machina puisque c'est à lui que Dieu fait le plus référence.
De toutes les manières possiBles, nous avons affaire à deux réalités si différentes
qu'elles ne peuvent nullement s'éclairer l'une l'autre.
Nous avions convenu que nous ne parlerions plus jamais de Dieu ici,
mais tu n'étais pas là.
Le Paramatmàn ne peut être le Dieu des gens
pas plus que les gens ne peuvent concevoir l'Atmàn comme Dieu,
sans quoi ils n'auraient pas inventé Yahvé comme Deus Ex Machina !
Extérieur à eux-mêmes autant qu'au Monde. »

Typhôo n'avait rien à répondre et plus rien à dire.
Il se coucha auprès des Sphinx dont toutes les échines encore hérissées
se secouèrent en même temps pour se détendre et se calmer...
Doux, doux, tout se fit doux.
Toutefois, si le doux pouvait se refaire, le calme ne pouvait revenir...
Alors, pour masquer les tensions de cet éveil, Typhôo s'adressa à Pandidoth :
« Et pourquoi, parmi les gens qui renaissent dans ces temps,
il y a des noirs, des Blancs et des jaunes ?
Il devrait y avoir un seul et unique style, non ?
Avez-vous donc fait trois trous ? »



ciel





Pandidoth : « Tu ouBlies les nez épatés, les nez droits, les nez camus,
les nez en trompette, les nez grecs,
les nez en patate, les nez pompette, les nez de faucon, les nez de corBin,
les nez en marmite, les nez BourBons, les nez Busqués,
les nez de Cléopâtre ou les nez de Cyrano de Bergerac...
ComBien faudrait-il de trous ?

De plus, sais-tu qu'il y a des Blancs qui sont noirs
comme il y a des nègres qui sont Blancs
et des jaunes qui sont verts !
Les similimums jouent en tous domaines et à tous les niveaux.
Les uns étaient porteurs de Baàl, les autres de Seth et le reste de Shìn,
mais chacun était porteur de son paysage,
de son histoire, de ses folies..., de ses propres horreurs.
Pourtant, c'est vrai, nous avons été contraints de faire trois puits.
La Terre est si vaste...
Mais, pour nous, dans le fond, c'est le même trou...
sous l'angle de sa seule dynamique.
Pour nous, fondamentalement, il n'y a pas de race.
Au delà des carrosseries, le moteur est le même pour tous.

Le premier TROU qu'on ait fait donna des noirs plus ou moins négroïdes,
plus ou moins aBorigènes.
Ceux qui sortirent de ce premier trou repeuplèrent toute la Terre, Amérique comprise.
Ils étaient noirs, c'est normal, c'étaient les premiers à sortir du TROU le plus noir...,
celui de Baàl.

Le second donna des Blancs plus ou moins péloïdes.
Les premiers Blancs furent noirs, forcément.
Mais tout cela était très divers
au point qu'on aurait pu inventer une vaste mythologie typologique
ou une morphologie différentielle
tournant autour de Seth.

Le dernier donna des Blancs-jaunes plus ou moins mongoloïdes.
Forcément, ils étaient collés aux parois. »

Sur ce, tout le monde se tut.
Mais chacun se posait la question de savoir pourquoi de ces trois trous
n'étaient sortis que du tamasique et du rajasique.
Jamais, jamais, jamais de sattvique.
Chaque homme n'était donc qu'un morceau de corde à deux Brins tressés comme une âme
manichéenne
que cachait un manchon opaque d'aBsolue superficialité
à laquelle tous allaient se raccrocher comme si c'était justement l'essentielle efficience.






























page suivante







page précédente