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un
devin fort énervé, fort excité..., un devin célèBre
pour toutes les impostures de devins, un devin parmi tous ceux qui assaisonnent
quotidiennement la vie écumeuse de tous les Égarés de
l'Universelle Unité, ...fou ou conseiller, acteur, animateur ou journaliste... prêtre,
clown, funamBule ou météorologiste, curé d'apocalypse
ou député écologiste, médiums en flamme, en dépeçage
ou en étripage de tarots en somme : grand présentateur de tout
mensonge... que l'on tire des reflets de la lune et de la magnificence
de Vénus au haut des escaliers où l'on fait régner les
vents en contrevents, escaliers qui ne conduisent qu'à un château
de courants d'air où la vie se cisaille entre mille faux espoirs et
la peur des terriBles malheurs.
Oui,
un devin se mit au Centre et, tache noire dans la lumière hagarde, il
s'adressa, péremptoire comme le sont toujours tous les devins, que
ce soit quand il s'adressent au Régent ou que ce soit à tout autre
client. Mais
ici, c'était au Régent lui-même qu'il s'adressait, vrai
maître et maître craint des Géants, car, forcément,
le Régent était là : «
Cher Président très vénéré, vous voulez voir
ce que personne ne peut voir... Alors, je vois un enfant dans le ciel qui va
se lever, il a même visage que tous les enfants de ces chiens qui hantent
nos villes, visage de cette Aurore dont ils sont tant encrottés et
qu'ils vénèrent tant. Cette Usha que nous avons interdite dans
nos villes, dans nos contrées. Je
le vois portant une couronne. Elle est dite être celle de Théra... Mais
je crois que c'est la vôtre. D'or est cette couronne. Non ! Elle n'est
pas de FER, elle est d'or tenace. Cependant, elle est toute parcourue d'un
lierre si vivace... qu'on dit... Oh ! Je ne voudrais pas le dire... ("Dites-le,
crétin !" Hurla le Régent.) Qu'on dit qu'il ne meurt jamais... ("ImBécile
et triple niais !" Tonna le Régent.) Et sur ce lierre, chaque feuille
déplie une étoile en une dentellerie qui crée les mots
de cette nouvelle race qui va creuser les tomBes qu'ils nous ont réservées.
»
«
Qu'il soit mille fois maudit de n'avoir couronne de fer, comme moi ! » grommela
le Régent mécontent d'une telle vision.
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Et de races, il ne voulait pas en entendre parler. Il n'y avait que sa race qui
devait régner. Il avait le pouvoir de faire supprimer tout ce qui s'opposerait
à lui. Pourquoi donc ce demeuré avait eu une telle vision...
«
Seulement, avec lui, Cher Président, le Temps peut lever l'Ouragan contre
nous ! Un ouragan des Temps... ce sera le plus terriBle des ouragans. Pensons
que le Temps est la seule Entité qui peut sentir l'Or lumineux de l'Au-delà. Je
veux dire : la Lumière dont nous avons su nous préserver... jusqu'ici... afin
de faire apparaître notre propre lumière. Cet Ultime que nous
avons rejeté comme étant contraire à nos finalités... va
maintenant déferler sur nous comme un tsunami. Cette Lumière
si contraire à nos profits... Tellement contraire à nos acquis... Contraire
à nos trônes, à nos hauts murs, à nos grillages, à
nos fils de fer BarBelés... et à tout ce que l'on entasse chez
les notaires et les huissiers... Cette Lumière va nous renverser. En
cet enfant... semBlerait être le trésor des Originels d'Aurora, l'ancienne
Aurora..., malgré qu'aucune ORIGINE n'étant en tout horizon...
ce puisse être un leurre ou un mirage et qu'Aurora ne soit finalement
rien qu'un mythe ridicule. Cependant, "L'Age d'Or", comme ils en
rêvent, pourrait donc arriver... par lui... Chaque nuit se fera alors
notre désespoir... et désespoir, justement..., en attendant leur
clair matin ! L'âge d'or cache le Temps qui s'est échappé
de nos mains ! Mais maintenant qu'il est délié, le Temps peut
nous avaler comme un rouleau de raz-de-marée peut retourner tout navire,
même le plus gros, même le plus épais ! Si
nous laissons faire cette folie, il se peut que nous soyons chassés
de cet univers... Et cela, à jamais. » D'un
revers de main, le Régent arrêta ce discours si incommodant. Il
s'avança, sortit son épée et coupa son conseiller en tranches
d'urgence... de plusieurs revers de lame et la tête du conseiller
roula au loin, au terme d'une longue trace de mauvais sang, un sang tout éclaBoussé
en mille paroles d'éructation Baveuse par où l'avenir disait
qu'un tel sang n'en avait point :
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