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Il réfléchit un moment, et enfin, tristement, il dit très doucement...
« L'être humain commence à être un être humain quand il apprend à désoBéir,
à dire NON. » Mais étrangement, cela sonna très fort et très mal dans
tout le Naèl, sonna comme tout ce qui réveille quand on dort si Bien...
Et il pensa : "L'oBéissance est quelque chose qui n'existe pas dans l'univers
vrai. Mais je sens Bien qu'il est de toute part dans mon univers. Tout
m'y oppresse... Et pourtant, c'est Bien cet univers qu'il me faut ré-investir.
Celui que j'ai voulu ré-investir..., comme un super niais. Et cela est
un refus inné de moi. Je suis donc incapaBle de m'aimer... Et pour cela,
je pratique l'étouffement primordial de moi." Alors, un profond soupir
enfla et désenfla sa poitrine. Il pensa encore : "L'oBéissance,
c'est le chant du Bé ! Ce n'est pas une symphonie, mais rien qu'une
marche militaire ! Horreur ! J'entends les pas cadencés... L'art de
marcher en conformité. Comme les vagues qui se font éroder par le vent et
roulent l'écume sur des rangs infiniment alignés... toutes frappées
par le Fouet !" Et à nouveau, s'enfla et se désenfla sa poitrine.
« Pourquoi faire tout ça ! J'ai désoBéi au Grand Vastu, mais c'est ce
que recherchaient les Reines d'Ennéel. Et cela, pour me faire remonter...
Il le fallait ! Si je n'avais pas désoBéi, j'aurais été avalé par
le Temps et totalement digéré par lui. Dilué... Effacé. »
Sagh et Sath s'étaient levées et venaient auprès de Sage et de l'Enfant.
L'Enfant continua à caresser le crâne duveteux de Sage et, voyant les
deux louves venir, il s'éclaira et leur dit :
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Merveille, mes amies ! Vous êtes donc là au rendez-vous,
ce fameux rendez-vous que nous ne nous étions jamais fixé ! (Et l'Enfant
se mit à rire... Il aurait presque applaudi... Mais il se forçait...
En fait, c'était si vrai...) Quand l'Enfant plaisantait, les loups du
Naèl savait depuis l'éternité... qu'il était profondément triste. Ils
s'assirent donc auprès de lui, comme ils le faisaient toujours en pareil cas
et ils le regardèrent comme seule l'éternité peut regarder l'éternel quand
il s'implique dans le Devenir. Et l'Enfant se rasséréna. « Un peu
plus, et les trois Arkhanges faisaient tout sauter. Planète, étoile et galaxie...
Et moi-même... Oui, Galaxie, parce qu'ils ne supportent pas le Barré.
Le Barré, c'est le Bé, évidemment, c'est le joug imposé par le Dragon.
Quand je pense à ce qui aurait pu arriver... Et cela, sous couvert de
nettoyer la planète de ce qui aurait pu être le meilleur mais qui est devenu
le pire... Et alors !!! Mais peut-être qu'ils auraient accompli ainsi
le plus juste... Oh ! Pardonnez-moi...! Mes si douces louves... On va
suivre à nouveau... la vague temporelle mes amis à partir de là où le rouleau
commence pour tenter d'arriver là où il arrive. Mais c'est exactement dans
le fond de la vague... que nous sommes... Pourrons-nous remonter...
C'est la plus gigantesque des vagues... » Les loups se raclèrent la
gorge, comme s'il étaient un peu gênés, dérangés, trachée asséchée...
Puis ils dirent : « Alors il va falloir que l'on accepte l'Âne et le Bœuf
parmi nous ?! D'après ce que nous avons entendu..., ce serait donc ça...
(C'était dur à avaler... même dans les mots...) C'est grande folie que
cela ! Nous ne sommes pas tellement partants, nous trois. Et nous croyons
que tous les autres sont comme nous. Oui, c'est certain : tous ceux du Naèl
n'en veulent pas... » ... « Que voulez-vous... C'est l'Âne et le
Bœuf qui définissent ce creux du rouleau des Temps.
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