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ciel




Les loups de l'Enfant n'étaient pas ceux, non plus, qui suivaient les gens, qu'ils soient nains ou géants.
Cependant, les gens les avaient toujours vus en gris...
parce que ces loups-là savaient merveilleusement se cacher.
En fait, ils ne les avaient jamais vus.
Il suffisait qu'un seul d'entre-eux, fanfaron, l'ait affirmé
et voilà que la couleur ne pouvait plus être contestée.
Et s'il avait fallu..., même jaunes qu'ils les auraient aperçus, Bien cadrés, Bien fixés,
ils les auraient toutefois peints en gris...
C'était ainsi.
Mais peut-être qu'ils les auraient trempés dans le goudron, comme des indiens.
Pour qu'ils soient "les autres", les aBominaBles "autres" : les loups de la Nuit !
Le Gris, chez les gens est ce qu'ils appellent : l'insertion.
Ce qui est fondu.
Le Gris est la cloche de l'intégration.
Le goudron, lui... est la vaine gloire de l'exclusion !


Malgré cela, les gens s'étaient leurrés
car les loups de l'Enfant étaient en Lumière d'Argent...
Et pas du tout en gris.
Et c'était tellement vrai que jamais l'Enfant n'avait été accueilli en cette contrée
car, en vérité, il était toujours passé entre tout et tous... comme un jeu de lumières
et totalement transparent.
"Il était gris...
Et pourtant il devait être aussi sale que le sont tous ces sales indiens..."

Mais non, vilaines gens,
il était Lumière comme le sont ses loups d'argent !
Toutefois, s'il n'avait joué des jeux de lumière et de leur magie, croyez moi,
le pire lui serait déjà arrivé
et sur une porte d'écurie il aurait été crucifié.
Oui, oui, oui..., car, comme en maints pays, les étrangers font peur ici,
et l'Enfant, là...
aurait paru l'Etranger à un degré infiniment infini...
tant sa peau n'était pas Blanche comme le lait...

(Les hommes inventent l'Alien, ils n'inventent pas la Rencontre. Jamais.)

*************


Jeanne, c'est toi qui l'as tué...
il était pourtant ton frère, il était pourtant ton espoir,
il était pourtant ton Cœur !



ciel






Personne ici n'avait jamais été en face de lui,
car personne ne regarde jamais en face tout ce qui pourrait être vrai.
Le Temps n'était pas le Temps.
L'important ici c'était d'être gris
et pour l'avoir toléré c'est qu'il devait être gris
comme les trois loups gris qui étaient à côté de lui...

Malgré tout, on savait de partout toutes sortes de folies qui disaient n'importe quoi sur lui...
Et pour cela, il faisait peur... tant la Rumeur avait remué les esprits...
On disait mille contes à son sujet, mille contes d'horreurs,
faits de méchants sorciers et de viles sorcières.
On en disait tant que les chasseurs auraient facilement fait tanner sa peau
pour l'exposer dans un musée.
Il empêchait leur Balles d'aller toucher leurs proies ! Disait-on...
Il protégeait tous les animaux de sa magie...
Toutefois, comme il était toujours à la limite de tout... comme de soi,
on n'avait jamais osé rien dire...
On n'avait jamais osé rien faire.
On avait essayé de ne pas le voir.
On l'avait à peine regardé grandir.
(C'était cela la remontée des Temps Délivrés et le ver de la mauvaise conscience
taraudait la pensée des gens...)

En fait, on l'avait cherché partout mais on ne l'avait jamais trouvé.
Alors, on avait fait comme s'il ne relevait d'aucun intérêt particulier,
comme pour mieux le neutraliser, comme pour l'ouBlier définitivement.
On l'avait toléré comme dans la tolérance d'un animal aussi lointain qu'inoffensif
mais qui tenait en respect par son étrangeté.
La Grand Machine FaBulatoire !
Le Fauve, le Sauf !
Sa survie était extraordinaire, chacun le savait
...et, si personne ne s'était inquiété,
aujourd'hui, elle faisait toutefois... peur.
Et tout le monde se sentait renversé.
Gigantesquement peur !
Comment avait-il fait ?

On avait peut-être fait l'erreur de ne pas vouloir le voir
et l'erreur de faire comme si on pouvait le tolérer.
(Cela aussi, c'était la remontée des Temps, et il fallait Bien qu'ils remontent...!
Et remonte alors "le même" avec un chouya qui n'est plus comme avant...
Mais rien qu'un chouya...
en attendant que le Temps rejoigne les orées du Présent...)












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