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ciel





Les Trois Horus regardèrent l'Adiantus
comme s'ils voyaient pour la première fois l'Univers.
En fait, par ce regard, ils se retrouvaient eux-mêmes comme ils avaient toujours été.


Il y eut des tremBlements dans le MUR.
La vieille mousse qui recouvrait tout se dessécha, se ratatina
et tomBa en poussière.
D'énormes pierres tomBèrent avec un grand fracas...
Puis toute l'épaisseur se mit à remuer,
comme si tous les morts enterrés se réveillaient.
On entendit mille sifflements comme si des milliers de serpents étaient écrasés...
Et recouvrant tout cela,
un roulement de tonnerre se mit à tout écraser
avec de la foudre qui tomBait de tous les côtés...
Finalement, l'énorme muraille qui courait depuis l'infini jusqu'à l'infini,
plus haute, plus forte, plus large que les murailles de la Chine,
se tordit en mille souBresauts
dans des nuages de poussière et d'éclats de pierres fracassées
pour n'être finalement
qu'un immense tertre écrasé entre les deux infinis.


L'Adiantus était devenu un immense Ginkgo qui s'élevait haut dans l'azur.
La muraille entière avait disparu.
Il ne restait plus aucune pierre.
Il n'y avait que le vert et la pureté du ciel qui se rencontraient à l'infini...


Les trois Horus ne faisaient qu'un.
Ils étaient le Bouddha-non-Bouddha.


C'est alors qu'on entendit le galop d'un cheval dans le lointain.
Puis on le vit dans le ciel.
Et quand il arriva,
son incroyaBle immensité contraignit le Bouddha-non-Bouddha à se séparer en trois.
Et les trois Arkhanges se reconnurent
et saluèrent le Cheval issu de l'Infini, cheval qui n'était autre que Typhôo lui-même.


Et c'est Typhôo qui parla :

"Bienvenue sur la Terre,
à vous qui avez su y entrer."



Les trois Arkhanges se turent, ils regardèrent le Ginkgo
et soupirèrent profondément.
Puis ils se dirent :

"Nous avons changé de Temps."





ciel



"Bande de grands cons !"


dit Typhôo,


- si vous aviez eu un peu de flair, vous auriez quitté ces pas de faucons englués dans la glaise. Mais vous vous êtes entêtés à tourner autour d'une montagne invisible, et à force de repasser sur vos propres pieds, vous avez sédimenté vos propres mots en vrais talus, puis en vrais murs, puis en d'authentiques murailles, puis en d'insondables falaises, puis en de gigantesques parois..., jusqu'à donner consistance à ce qui n'était que votre propre vent. Et maintenant, arrivés au sommet, vous savez..., entre "pas là" ou "absent", mais "ici" sans être "là"..., que tout vivant se retrouve bel et bien incarné dans une solitude absolue, sans Dieu pour l'accompagner, le soutenir, lui faire la conversation ou lui jeter ces fameuses pirouettes des fous du Roi qui firent autant Abraham que David, Jésus et Salomon... Tas de mensonges enluminés d'une "Histoire" qui n'est qu'un vaste renversement des Temps... Un vrai retournement ! -

- Non, sa solitude est irrémédiable et vous lui avez démontré qu'il n'était en aucune manière Dieu, lui-même, car ce Dieu Devenant n'est que l'affirmation tout au long des Temps que Dieu n'est jamais et ne sera jamais là ! Mieux que personne, vous savez que rien ne peut venir de l'Extérieur, donc, vous, les Arkhanges, venus pour résoudre un mal ou une catastrophe annoncée, vous n'avez été que rêves et vents entre les étoiles. Vains. Inutiles. Absolument incapables de découdre ou de tirer le moindre fil d'un vieux chiffon qui sert, depuis la nuit des siècles, de drapeau dérisoire à une vaste meute multipliée de chimpanzés quelque peu améliorés par leur adhésion inconditionnelle à la seule vanité qu'ils pouvaient : "l'Humanité" comme "Universalité". Et les Temps, eux, pauvres temps piégés par des singes, tournent et retournent autour du Puits qu'ils creusent, comme le ferait un ouistiti apprivoisé, avant de s'y jeter...
Vous venez d'achever l'ascension de la démonstration que vous n'avez été que des rêves de fantômes et des illusions évanescentes de gens outrecuidants qui ne sont pas encore réveillés.

Mais vous voici réveillés !

La Montagne du Khaos, qui se dressait à vos pieds, c'est vous qui l'avez fait apparaître. L'île des Fées, au loin..., n'a été qu'un mirage... Et c'est vous qui l'avez fait jaillir ! Et le fameux fil des funambules du Temps, cette idée géniale pour des metteurs en scènes Hollywoodiens, n'est qu'une indistincte discontinuité de morceaux de cables éparpillés, une ligne en très petits pointillés, multiples fragments de prétentions qui paraissent de ci, de là et encore ailleurs..., se révéler comme une hypothétique continuité, mais s'avèrent très vite n'être que des ruines repeintes en projets sur quelques ailes d'oiseaux égarés et déjà morts, trop las, trop desséchés...

Vous avez été les Anges du Trop Tard !












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