17 décembre 2010
Les modèles de vertu de l’Occident
Pascal SACRE

Apprenez à vos enfants à mentir ou à se taire !

S’ils disent la vérité et que celle-ci dérange les puissants, leur patron, leur président, leur institution, ils seront probablement jetés en prison, mis au placard, humiliés et accusés de trahison.

S’ils sont courageux, ne supportent pas le mensonge, la compromission et la corruption, et deviennent des lanceurs d’alerte, ils seront pourchassés, mis à pied, ridiculisés, menacés.

Entre Georges W. Bush et Saddam Hussein, quelle différence ?

Un « vainqueur », un vaincu.

Un menteur, un pendu.

Le bien ? Le mal ?

Saddam Hussein qui n’a pas hésité à gazer sa propre population kurde l’a fait avec les armes et la bénédiction de l’Occident, surtout la France [1] et Bush Junior n’a pas hésité non plus à sacrifier la vie de centaines de milliers de personnes pour des armes de destruction massive dont il connaissait très bien l’inexistence [2].

Tony Blair, main dans la main avec le président républicain, a trompé son peuple. Lui aussi n’a pas hésité à sacrifier des milliers de vies britanniques en usant de mensonges, délibérément [3].

Plus d’un million de morts, en majorité irakiens, plus de quatre millions de déportés et des milliers d’enfants souffrant de faim, de blessures et de malformations. « Les forces britanniques ont employé environ 1,9 tonnes de munitions d’uranium appauvri contre l’Irak en 2003 » a déclaré le secrétaire à la défense, Liam Fox, devant le Parlement le 22 juillet 2010.

Toute une série d’armes « antipersonnelles » toxiques, telles les bombes à fragmentation, ont été employées par les forces britanniques et US [4].

Tony Blair et Georges W. Bush devraient être traduits en justice et condamnés pour ces crimes de guerre, des invasions basées sur des mensonges et des histoires montées de toutes pièces, dont les conséquences ne sont toujours pas terminées.

Les mensonges de la conseillère en Sécurité Condoleeza Rice [5], du Vice-président Dick Cheney [6], sont tous prolongés par les mensonges, les demi-vérités, las affirmations truffées d’omissions, les déclarations remplies d’affabulations de Barack Obama, l’actuel président des Etats-Unis, élu pour un soi-disant changement [7].

Ces menteurs, vu la gravité des conséquences, sont-ils menacés, hués, mis à pied, accusés de trahison par les démocraties occidentales et leurs populations promptes à donner la leçon ?

L’idéal de paix, de vérité et de vertu avancés sans arrêt par nos démocraties arrogantes n’est-il pas foulé aux pieds constamment par ces responsables et leurs émules ? Ne devraient-ils pas rendre compte de leurs actes et de leurs mensonges, les assumer, en payer le prix ?

Au contraire, ils se baladent, de librairie en librairie, nous gratifient de dédicaces pour leurs mémoires sélectives, parlent de conférence en conférence, reçoivent des millions de dollars ou d’euros pour des conseils, des analyses…

Sur l’art du mensonge ? De la tromperie ?

Tony Blair a touché 4,6 millions de livres sterling en guise d’acompte pour la publication de son livre [8].

Al Gore, dont le film sur le réchauffement climatique est truffé de mensonges et de désinformations scientifiques [9-10-11-12], est enseigné dans les écoles.

Ils reçoivent même des prix Nobel de la paix, en attendant celui de littérature.

Ben Bernanke est le Président de la Réserve Fédérale, la Banque Centrale US depuis le 1er février 2006, maintenu à ce poste par Obama. C’est un rôle-clé, surtout en cette période de turbulences économiques.

Il a été nommé personnalité de l’année 2009 [13] par le magazine Time pour avoir, selon le mensuel, sauvé les États-Unis du désastre financier, et « huitième personne la plus puissante du monde » par le magazine Forbes en 2010 [14].

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Cet analyste financier est adulé dans plusieurs universités.

Certaines voix, dont Gerard Adams de l’Association sur l’Inflation Nationale (NIA National Inflation Association-http://inflation.us/), ou Glenn Beck, journaliste et analyste de Fox News Channel, soutiennent que Bernanke ment au peuple des Etats-Unis et mène le pays au désastre, comme un Titanic ivre déjà incapable d’éviter la collision fatale avec l’iceberg de l’hyperinflation [15].

D’autres observateurs se joignent à eux et voudraient voir Bernanke mis à pied, traduit en justice, comme le congressiste Ron Paul [16].

Récemment, devant les caméras de télévision de CNN (http://dailybail.com/home/bernanke-...), à l’émission 60 minutes, Bernanke malgré le sérieux de sa charge, n’hésite pas à mentir aux Etats-uniens en affirmant que la Réserve Fédérale n’imprime pas d’argent.

Grâce à des chercheurs sérieux comme Antony C Sutton [17], Edward Griffin (http://www.thedailybell.com/332/Edw...), certains aspects cachés de la Réserve Fédérale et des Banques Centrales ont pu être révélés [18], dont la corruption et les modes occultes de fonctionnement, ce qui entraîna ces écrivains dans les ennuis de toutes sortes : éviction de leur poste, intimidations, menaces.

Contrairement à Gorges W. Bush et Tony Blair qui peuvent vendre des mensonges déguisés en souvenirs pour des millions de dollars et de livres sterling, malgré les guerres qu’ils ont déclenché sans raison valable et sans qu’ils en éprouvent le moindre remords, l’ex-technicien atomiste israélien, Mordehaï Vanunu a lui purgé une peine de 18 ans de prison pour avoir révélé la vérité, l’existence du programme nucléaire clandestin d’Israël, une arme de destruction massive bien réelle, celle-là [19].

Au-delà de Julian Assange, le fondateur du site Wikileaks, celui-ci est montré comme un ennemi public, un traître, un site « terroriste ».

Mais il est l’ennemi de qui ? Qui terrorise-t-il vraiment ?

Pas la vérité.

Sibel Edmonds, ancienne traductrice pour le FBI à l’époque des attentats du 11 septembre 2001 et de la guerre contre le terrorisme qui a suivi, a essayé de révéler à ses supérieurs ce qu’elle a découvert : mensonges, manipulations, traîtrises, agents doubles…et en fut « remerciée » en étant harcelée, renvoyée, intimidée et placée par l’administration Bush sous une contrainte exceptionnelle, le "gag order", l’empêchant de révéler la teneur exacte des faits qu’elle reproche (et tout particulièrement les noms des plus hauts responsables qu’elle suspecte) et de prouver ou de documenter ses propos.

La liste des lanceurs d’alerte, dont beaucoup sont très peu connus du public, contrairement aux menteurs écrivains ou nobélisés, est longue comme en témoigne The Independant dans un article du 3 janvier 2005 sur certains d’entre eux [20].

Brian Jones et Katharine Gun sur l’Irak, Marta Andreasen sur les finances de la Commission Européenne, Craig Murray sur l’Ouzbékistan, Cate Jenkins et William Sanjour sur les collusions entre l’EPA (Agence de Protection de l’Environnement US) et la multinationale Monsanto [21]…

Malgré la mise en danger de leur carrière, de leur famille, de leur vie, ces personnes courageuses n’ont pas pu s’empêcher de dire la vérité.

Le monde occidental « vertueux » dont ils sont issus a tout fait pour les briser.

On nous dit que le président iranien et son gouvernement nous mentent sur leurs intentions nucléaires, comme autrefois Saddam Hussein, tout cela sans aucune preuve. La personne qui a révélé le programme nucléaire d’Israël, avec preuves, lui il est mis en prison, et traité comme un traître.

Tel est le message envoyé à nos enfants. A nous tous.

Mentez. Fermez les yeux. Ne soyez pas courageux. Taisez-vous.

Si vous dites la vérité, vous trahissez. Si vous mentez, vous servez votre pays. Adorez l’argent, la corruption, peu importent les conséquences de vos actions, sur la santé des gens, sur l’équilibre géopolitique du monde ou sur l’environnement. Ecrivez même un livre sur vos mensonges, sur tous vos crimes, et appelez-le pompeusement « Mémoires ».

Vous signerez des dédicaces et on vous demandera même, pour beaucoup d’argent, de venir donner des leçons de morale, d’honneur, de vérité et de paix à tous ces pays qui ne respectent pas notre loi du plus fort et du plus trompeur.

Vous pourriez même recevoir un Prix Nobel.

Pacal Sacré



[1] http://www.monde-diplomatique.fr/19...

[2] http://www.liberation.fr/monde/0101...

[3] http://www.archivesolidaire.org/scr...

[4] http://www.alternatives.ca/fra/jour...

[5] http://www.voltairenet.org/article1...

[6] http://www.mondialisation.ca/index....

[7] http://www.mondialisation.ca/index....

[8] http://www.alternatives.ca/fra/jour...

[9] http://leconservateur.bafweb.com/in...

[10] http://scienceandpublicpolicy.org/m...

[11] http://www.nationalreview.com/plane...

[12] http://www.internationalnews.fr/art...

[13] http://www.time.com/time/specials/p...,28804,1946375_1947251,00.html)

[14] http://www.forbes.com/profile/ben-b...

[15] http://www.examiner.com/public-safe...

[16] http://www.dailypaul.com/node/64360

[17] De formation universitaire (Economie, Génie Civil), Antony Sutton exerça dans les Industries minières et de l’acier. Diplômé des Universités de Londres, de Göttingen et de Californie, A. Sutton sera, dans les années 60, professeur d’Economie à l’Université d’Etat de Californie (Los Angeles) et pendant sept ans, chercheur à l’Université Stanford (Fondation Hoover).

[18] http://www.horizons-et-debats.ch/in... Les secrets de l’institut d’émission des Etats-Unis Par Wolfgang Freisleben, Vienne Horizons et Débats, 14 janvier 2008










17 décembre 2010
Le peuple mettra-t-il le holà à la voracité illimitée du système financier ?
Eric SIMON

Prédation du système bancaire.

Le commerce repose sur des rapports de confiance. Une part élevée des ressources servent à couvrir les opérations des acteurs financiers, par des montages complexes et dévoreurs de capitaux. Lorsqu’une personne ou un établissement commercial se sait couvert contre un risque, il peut arriver qu’il relâche sa prudence, voire qu’il fraude pour tirer avantage de sa garantie. Cette réalité s’applique aux banques commerciales, trop souvent tentées par des activités hasardeuses. Tant que des spéculateurs assument les risques élevés en contrepartie d’ intérêts attractifs, le système est fluide. Que les spéculateurs perdent confiance, la mécanique s’enraye.

La dérégulation et la dérèglementation ont transféré une grande partie du contrôle de l’activité économique et financière des Etats vers les acteurs privés, décidés à mettre en place eux même les règles et les normes de fonctionnement de leur propre marché. Une récupération du pouvoir des banques par les Etats ne changerait pas fondamentalement la donne en l’état actuel, elle ne ferait que leur transmettre le mandat de poursuivre la même aventure.

En octroyant à la finance de marché le pouvoir de créer son propre univers de règles censé être compatible avec celui de la société, le système bancaire s’est affranchi de la légalité. Dès lors, le gendarme de la bourse a perdu son aspect dissuasif.

Il s’en est suivi que la criminalité a incrusté et irradié l’économie légale. Or, il existe une effet papillon de la fraude : un acte frauduleux insignifiant peut, à distance, causer des dommages considérables. Les trafics transnationaux, les mafias et les cartels, la délinquance économique et financière, la corruption nationale et internationale des élites, le blanchiment de l’argent sale, etc..constituent des menaces croissantes. En laissant la finance devenir l’arbitre de l’économie, ils ont ouvert la voie à une économie trafiquante . Dorénavant, les pratiques transgressives sont logées au cœur de la matrice financière. Le caractère impersonnel de ce type de prédation fait qu’il n’est pas imputable à des individus en particulier. Il est devenu une modalité à part entière de l’économie et de la finance....la fraude est devenue tantôt une variable d’ajustement de l’économie et de la finance, tantôt un mode de gestion.


Ostracisme du système bancaire.

Quand le système financier peut se passer de l’économie réelle, c’est-à-dire quand il peut faire de l’argent à partir de son propre argent sans passer par l’échange économique,
pourquoi s’en priverait-il ?

L’économiste et conseiller Jacques Attali nous fait cet aveux : « dans les dix prochaines années, les principales forces économiques, financières et politiques se ligueront pour que rien d’essentiel ne change de par le monde sur le plan idéologique. » [1] La ploutocratie s’agrippe à ses privilèges de condition, bien déterminée à sauver le paradigme économique .**Car en vérité, ce sont les spéculateurs de la haute finance qui auraient beaucoup à perdre en cas d’effondrement du paradigme économique. Quand aux citoyens, à la société, notre capital humain, notre savoir faire resterait intacts et nous nous remettrions vite de cette situation grâce à des bases saines et solides. La planète finance est un monde à part. En France, 1% de la population possède 32% des revenus du patrimoine et48% des revenus exceptionnels déclarés (plus-values, levées d’option) selon l’étude de l’Insee sur les revenus et les patrimoines des ménages publiée en 2010 [2]. Les inégalités dans l’accès aux profits de la finance sont donc démesurées. Une petite oligarchie concentre l’essentiel de cette source de revenus.

Pour maintenir le paradigme économique contemporain sou perfusion, l’oligarchie s’appuiera sur les services fiscaux. Cela passera par une hausse des prélèvements obligatoires et la poursuite d’une diminution des dépenses publiques. De nouvelles « réformes » plus drastique sont donc inévitables. Pour faire passer la pilule, les gouvernants devront exceller dans l’art de manipuler les foules. Ce sont les classes moyennes et les plus modestes qui vont subir le plus durement les mesures de rigueur présentes et à venir, à travers les dégradations des services publics, la détérioration de la couverture du risque santé, le durcissement des conditions d’accès à une retraite à taux plein.

Eric Cantona a bien cerné le problème quand il déclare que « Le système est bâti sur le pouvoir des banques, donc il peut être détruit par les banques ». L’empressement de nos gouvernants à le contrecarrer, le manque de retenue du monde de la finance, en sont l’illustration. Quand le directeur de BNP Paribas, Baudoin Prot, assure comme Christine Lagarde que « les banques françaises n’ont aucunement contribué aux origines de la crise » et les aides de l’Etat de l’époque n’ont rien « coûté aux contribuables », il ment. Et pour preuve : les emprunts ont doublé entre 2007 et 2010, passant de 97,5 milliards à 188 milliards d’euros. Renfloués par l’Etat au plus fort de la crise, les établissements bancaires lui ont prêté une partie de l’argent qu’ils venaient de recevoir en souscrivant notamment au grand emprunt.... Le marché financier de couverture des dettes publiques est un indicateur de la domination de la finance sur la politique. En outre avec cet argent "reçue", les banques vont pouvoir continuer d’acheter les bons du trésor émis par les Etats pour combler les déficits publics et amortir la dette.

La taille des banques n’est pas sans incidence sur la stabilité d’ensemble du système financier. En cas de chute, les grandes banques en entrainent inévitablement beaucoup d’autres avec elles en raison des liens financiers qu’elles ont tissés entre elles. C’est pourquoi on dit qu’elles sont trop grosses pour qu’on les laisse faire faillite : les autorités monétaires et politiques se sentant obligées de les sauver en cas de difficultés. Forts de cette garantie de sauvetage, ces grands groupes sont cependant incités à prendre beaucoup plus de risques qu’ils ne le feraient s’ils avaient à assumer seuls les conséquences de leur chute.

Pour faire face à la crise actuelle, débutée en 2007, les banques centrales ont dû se résoudre à prendre des mesures non conventionnelles qui ont permis aux banques de se refinancer sans limite de montant à un taux fixe proche de 0%, pour une période bien plus longue qu’à l’accoutumée, en mettant en pension un éventail de titres bien plus larges qu’auparavant.

Le montant cumulé des plans de sauvetage entrepris pour éviter la banqueroute du secteur bancaire et financier avoisine les 1000 milliards de dollars dont 700 milliards de dollars pour les seuls américains. Bien entendu ces masses d’argent ont un coût d’opportunité : pendant qu’on les utilise pour sauver les banques on ne les utilise pas pour autre chose..... Un grave problème demeure cependant. Cette intervention, si elle est systématique, a l’inconvénient d’assurer un drôle de jeu au secteur financier : face il gagne, pile l’Etat perd. Un des problème de comportement fondamental, bien connu des assureurs est l’ « aléa moral ».

Espagne : trop gros pour se retrouver en défaut de paiement

Une crise de la dette souveraine, accentuée par les aides récentes accordées au système bancaire, peu survenir dans les pays surendettés de la zone euro. Après la Grèce, l’irlande, le Portugal, un effet dominos est redouté.


Parasitisme du système bancaire.

La responsabilité des banquiers dans les crises économiques conjoncturelles ne fait pas de doute : ils ont allègrement transféré sur d’autres les risques qu’ils ont vocation à gérer, incité leurs traders, par des systèmes pernicieux de rémunérations, à prendre d’énormes risques....

La part de responsabilité dans la crise chronique qui a touché la France de plein fouet en 1973 ne fait pas de doute non plus. La loi n°73-7 du 3 janvier 1973 qui a été votée sous l’impulsion du ministre des finances d’alors Valérie Giscard D’Estaing est responsable de l’austérité qui nous réserve pour les décénies avenir. Cette loi interdit au trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France à taux nul comme auparavant. L’article 25 stipule : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». Jean-Luc Mélenchon a eu le courage de dénoncer cette loi de 1973 à mainte reprise, notamment dans l’émission « mots croisés ». On attend toujours qu’Olivier Besancenot se positionne sur cette arnaque bancaire et qu’il ose enfin soulever la chape de plomb qui protège les marchés financiers. Cette mesure a tout de même accru, à elle seule, l’endettement de la France d’environ 1350 milliards d’euros. Mesure qui fut étendue à toute la zone euro avec le traité Maastricht. On comprend dès lors mieux pourquoi le risque de crise de la dette souveraine et les mesures de rigueur pour l’enrayer concernent tous les pays de la zone euros. En effet, la haute finance ne souhaite pas tuer la poule aux œufs d’or et compte bien continuer à parasiter la société en prospérant sur le dos des citoyens.


Spoliation du système bancaire.

Dans un budget quel qu’il soit on compare les recettes avec les dépenses et la différence donne ledéficit. Pour le budget de l’Etat, la différence est de l’ordre de 20%. Depuis 1975, les dépenses excèdent les recettes de l’ordre de 20% (22% en 1996, 14,8% en 2000, 17,2% en 2006). Le ratio entre charge de la dette et recettes nettes de l’Etat amène à constater que plus du quart des recettes nettes sont consacrées à la charge de la dette. Voilà de la richesse nationale produite par la masse des travailleurs qui part en fumée !

Il faut combattre une idée fausse : la dette nous aurait permis d’équiper la France en routes, écoles, hopitaux, etc. Non, la dette n’a pas servi à l’investissement public mais aux dépenses de fonctionnement. Le rapport Pébereau est clair sur ce point : « C’est une gestion peu rigoureuse qui explique, pour l’essentiel la hausse continue des dépenses depuis 25 ans. » [3]

Qui gère concrètement la dette de l’État ? L’Agence France Trésor. Domiciliée à Bercy cette structure a été créée en 2001 pour gérer spécifiquement la dette de l’État. Elle est assistée dans sa tâche par le comité stratégique qui « la conseille sur les grands axes de la politique d’émission de l’Etat. ». On découvre sur le site officiel [4] que ce comité stratégique de dix membres comprend, entre autres, un représentant de la banque nationale suisse, un représentant du fonds souverain de Singapour, un représentant de la compagnie financière Edmond De Rotschild et de l’International Capital Market Association. Le chercheur en finance Philippe Herlin s’interroge : n’y-a-t-il pas là conflit d’intérêts ? [5]



Eric Simon





[1 ] Sept leçons de vie, survivre aux crises Ed. Fayard, Pg 40

[2] Les revenus et les patrimoines des ménages. Paris, « Insee références », 2010, P47.

[3] Michel Pébereau, Rompre avec la facilité de la dette publique, La documentation française, 2005.

[4] aft.gouv.fr http://aft.gouv.fr

[5] France, la faillite ? Ed. d’organisation, groupe Eyrolles

 










17 décembre 2010
Entretien avec Gideon Spiro,

fondateur du Comité Israélien de Soutien à Mordechai Vanunu...

Gideon Spiro : « La ténacité de Vanunu les rend fous »


Gideon SPIRO

Black out de la presse française
sur le prix Carl von Ossietzky
décerné à Mordechai Vanunu

La presse française est une des pires qui soient si on la compare à celle qu’on trouve dans des pays comparables. Sa couverture de l’actualité le montre tous les jours et on ne s’étonnera pas de constater l’existence d’un assez large consensus de cette presse pour éreinter le travail de WikiLeaks.

Et je ne peux que souscrire aux observations très désobligeantes sur cette presse faites par l’ambassade des Etats Unis à Paris et qui ont fuité sur WikiLeaks : en quelques lignes, tout est dit, pas besoin d’en rajouter comme disait une certaine publicité. Une belle critique de media aux ordres du fric et du pouvoir formulée par la mission diplomatique du pays qui incarne le capitalisme !

Tiens, la presse espagnole par exemple est bien meilleure que la presse française avec ses journaux soit disant de qualité. Ce n’est en effet pas par la presse française, en dehors de la presse internet militante et d’une brève sur Rue 89, que vous pourrez savoir que Mordechai Vanunu devait recevoir un prix pour la paix à Berlin, le prix Carl von Ossietzky, mais qu’il n’a pas pu être présent car il est toujours sous étroite surveillance dans l’entité sioniste après avoir purgé une longue peine de prison.

Il y a eu de fait un black out des journaux français sur cette information et on peut se demander pourquoi.

Le journal espagnol La Vanguardia en parle cependant et pas sous la forme d’une brève puisqu’il nous gratifie d’une belle interview de Gideon Spiro, un militant antinucléaire de l’entité sioniste et qui anime un comité de soutien à Mordechai Vanunu. Je dois dire que le discours de Gideon Spiro,d’une grande qualité et d’une grande lucidité mérite d’être porté à la connaissance des lecteurs francophones. C’est donc chose faite.
Mounadil Al Djazaïri




Gideon Spiro : « La ténacité de Vanunu les rend fous »

Entretien avec Gideon Spiro, fondateur du Comité Israélien de Soutien à Mordechai Vanunu et pour un Moyen Orient sans armes nucléaires

par Rafael Poch, La Vanguardia (Espagne) 12 décembre 2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La Ligue Internationale des Droits de l’Homme, une organisation des plus vénérables, a tenu hier à Berlin la cérémonie annuelle de remise de prix, une tradition vieille d’un demi-siècle, décerné cette année au pacifiste et dissident Israélien Mordechai Vanunu. A l’instar du dissident et prix Nobel de la paix Chinois Liu Xiaobo, Vanunu n’a pas été en mesure de recevoir à Berlin son prix qui porte le nom de Carl von Ossietzky, un journaliste pacifiste Allemand des années 1930.

Von Ossietzky fut condamné pour ‘trahison’ pour avoir divulgué en 1931 dans la revue Die Weltbuhne, le réarmement secret de l’Allemagne. En 1936, il se vit décerner le prix Nobel de la paix mais les nazis ne permirent pas à Ossietzky, d’aller le chercher : il était enfermé dans un camp de concentration où il mourra deux ans plus tard de la tuberculose. De même, Mordechai Vanunu a été condamné en 1986 à 18 ans de prison pour trahison et ‘espionnage’. Son crime fit de révéler que les Israéliens disposaient secrètement de l’arme nucléaire. Libéré en 2004, il reste interdit de tout contact avec la presse et n’est pas libre de ses mouvements. A la cérémonie berlinoise, où le nom de Julian Assange, autre divulgateur de secrets, était sur toutes les lèvres, était présente Mairead Corrigan-Maguire, prix Nobel de la paix 1976, qui a qualifiée de « honte » l’absence imposée à Vanunu.

Corrigan-Maguire et cinq autres prix Nobel, dont l’Allemand Gunter Grass, avaient demandé que Vanunu soit autorisé à venir à Berlin, sans obtenir aucune réponse. En son absence, des pacifistes Israéliens proches de Vanunu ont participé à la cérémonie, dont le journaliste Gideon Spiro, fondateur du comité de soutien à Vanunu.

Spiro, 75 ans, est né à Berlin en 1935, dans une famille juive allemande. Son père, Shmuel, était un médecin Berlinois bien connu et sa mère était photographe « comme quoi s’il n’y avait pas eu le nazisme, peut-être aurai-je continué à vivre dans cette ville et j’aurais même pu être député ou même chancelier fédéral, » plaisante-t-il. Au lieu de quoi, sa famille émigra en Palestine et participa à la création d’Israël. Gideon Spiro fut éduqué dans un kibboutz, puis servit son pays comme parachutiste. Bien plus tard, il fondera le mouvement pacifiste « Yesh Gyul » et, en 1986, le « Comité de soutien à Mordechai Vanunu et pour un Moyen Orient sans armes nucléaires, chimiques et biologiques. » Il réside aujourd’hui à Tel Aviv mais il parle couramment l’Allemand.






l’Hommage de Berlin à Mordechai Vanunu rendu par la Ligue internationale des droits de l’homme





Comment avez-vous connu Mordechai Vanunu ?

C’est quand le Mossad l’a enlevé à Rome en 1986 pour l’emmener en Israël et le mettre en prison. Quand j’ai entendu parler de lui, j’ai pris son parti, parce qu’avant de connaître son affaire, je militais déjà contre le nucléaire [militaire].

Quel type de travail effectuait Vanunu à la centrale nucléaire israélienne de Dimona ?

Il travaillait comme technicien sur le réacteur qui a servi à la production des armes atomiques israéliennes. Il avait une bonne connaissance de ce qui se passait là bas. En neuf ans de travail, il a eu le temps de savoir ce qui s’y faisait et ce qu’on y entreposait. Quand il s’est rendu compte qu’il participait de la machine nucléaire militaire et que c’était contraire à sa conscience, il a décidé de révéler ce qu’il savait au Sunday Times de Londres.

La possession d’armes nucléaires par Israël était un secret de Polichinelle en 1986, en qui était-ce une révélation ?

Tout le monde le savait, le supposait. Toutes les institutions internationales concernées par le problème, les centres de recherches etc. partaient du fait qu’Israël était une puissance nucléaire, mais personne n’en avait la preuve. Vanunu a apporté la « preuve flagrante », il a brisé l’ambigüité. Ce qu’Israël disait, c’était seulement que Dimona était prête à la production d’armes nucléaires en cas de nécessité, mais ce n’était pas la vérité. Vanunu l’a dit : il avait vu les armes de ses propres yeux et les avait photographiées.

Il a passé 18 années en prison…

… dont 11 années en régime d’isolement…

Qu’est-ce que cela signifie ?

Quelque chose qu’Amnesty International décrit comme « inhumain ». Le but était de le rendre fou pour qu’il finisse sa vie dans un asile. Ils étaient sur le point d’y arriver parce qu’à un moment donné Vanunu a commencé à perdre le sens de la réalité. Une des plus grandes réussites de notre comité, la seule en fait, fut d’obtenir qu’il soit mis fin à son régime d’isolement. Ce fut toute une campagne internationale. Mordechai est une personnalité très intéressante. Très tenace. Inébranlable. Les autorités ne peuvent pas lui pardonner que, après 13 ans de détention, il soit sorti de prison avec les mêmes idées qu’au début de son incarcération : l’abolition des armes atomiques. Sa position n’a pas bougé d’un centimètre. Ca les rend fous et ils continuent à le harceler et à le maltraiter.

Aujourd’hui, Vanunu est chrétien.

Il est né dans une famille juive convaincue. Son père était rabbin. Il s’est converti au christianisme en Australie lorsqu’il avait quitté Israël avec tous les secrets dans sa mallette. Là bas, il a connu une communauté anglicane. Elle l’a attiré parce qu’elle était très internationale et ouverte, tout le contraire de la situation en Israël où il n’y a pas de séparation entre religion et Etats. Son adhésion ç l’église anglicane était surtout une forme de protestation parce que cette église est libérale et ouverte à toutes les races et nationalités, elle est aux antipodes de la situation en Israël avec le chauvinisme et la discrimination religieuse à l’égard des non juifs. A la base, Vanunu est quelqu’un de laïque. Ce qu’Israël ne pardonne pas non plus. Un Juif qui s’est converti au christianisme et qui en plus connaît l’histoire de Dimona devient la personne la plus détestée. Cet esprit indépendant, qui ne s’est pas laissé laver le cerveau, est une provocation.

Quelle portée a son origine marocaine dans l’Israël d’aujourd’hui ?

Les juifs du Maroc sont discriminés par l’establishment israélien d’origine européenne. Ils sont à la périphérie du pays et de la société, avec les emplois les plus ingrats et généralement subalternes et faiblement qualifiés et c’est pour toutes ces raisons qu’ils connaissent un taux élevé de délinquance. L’origine du problème est qu’en Israël, on n’a pas le minimum de respect pour tout ce qui vient du monde arabe Ce qu’a fait Vanunu a été pour eux une surprise à double titre en raison de tout ce contexte. Prenons le cas d’un colonel qui avait espionné pour l’Union Soviétique, ils l’avaient condamné à quinze ans de prison en cour martiale pour le laisser en liberté huit ans après. C’était un juif européen. Vanunu, au contraire, est méprisé en tant qu’oriental par l’establishment. « Comment a-t-il osé, ce juif marocain ? » C’est cette mentalité. Et il a accompli l’intégralité de sa peine…

Vous accuse-t-on d’antisémitisme en Israël ?

C’est la bombe atomique de leur propagande. Par exemple, si quelqu’un en Espagne condamne le système israélien d’apartheid, on vous rétorquera que vous perpétuez la tradition espagnole qui avait abouti, à une époque, à l’expulsion des juifs. Si vous êtes un véritable antisémite, c’est sans importance pour vous, mais si vous êtes un humaniste, un défenseur des droits de l’homme et un pacifiste, ils vous obligent à vous défendre, à vous expliquer, ils vous mettent sur la défensive. C’est une arme efficace, surtout en Allemagne, pays qui offre à Israël des sous marins capables de porter des missiles nucléaires, une folie qui contribue au prochain holocauste par honte du précédent, une stupidité. Mais cette arme perd de sa puissance, parce que la génération des victimes comme celle de ceux qui organisèrent le massacre des juifs en Europe est en train de s’éteindre. Dans une vingtaine d’années, son utilisation disparaîtra. La politique de l’Allemagne n’est pas un soutien à Israël mais à son militarisme. C’est une folie, ils contribuent au prochain holocauste nucléaire, en introduisant la technologie des armes de destruction massive dans la région la plus instable du monde, au nom de l’holocauste précédent. Et la fourniture de sous mains a commencé avec Joshka Fischer, un politicien pacifiste du parti des Verts… Nous devons empêcher l’Iran d’avoir la bombe, mais si nous ne nous centrons que sur l’Iran, et permettons à Israël de la posséder, n’importe quel autre pays arabe voudra l’avoir. Nous sommes pour une dénucléarisation du Moyen Orient parce que c’est une question de survie pour tous, Israéliens compris.

Vous êtes très marginaux dans la société israélienne.

En ce qui concerne la question du nucléaire, nous sommes très marginaux et nous dépendons beaucoup du soutien international. Même dans le camp pacifiste, nombreux sont ceux qui préfèrent ne pas toucher au thème du nucléaire parce qu’il y a l’idée que la bombe est une garantie pour l’existence de l’Etat, pourtant ce n’est pas une garantie mais au contraire une menace. Pour Israël et pour tous les autres.



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