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juillet 2011 Syrie :
La France Asservie… Georges
STANECHY

Général
Henri Gouraud, le « Saigneur » de la Syrie (1919 – 1923)
« Saladin !
Réveille-toi ! Nous sommes revenus ! »
C’est
en ces termes que le général
Henri Gouraud, corseté dans sa morgue, essuyant la semelle de ses bottes sur
la tombe de Saladin,
lance ce défi lors de son entrée à Damas en 1919 à la tête du corps expéditionnaire
français. (1)
La
Diplomatie de l’Histrion Posture
histrionique tristement célèbre dans la région, évidemment totalement occultée
en France, depuis nos livres scolaires jusqu’aux travaux académiques. (2) Ce représentant
de la France était chargé d’assurer le mandat confié à notre pays par la SDN,
ancêtre de l’ONU, sur la “Grande Syrie”. Dans le cadre du partage, entre “vainqueurs
de la Grande Guerre”, des nations et richesses antérieurement sous tutelle ou
administration de l’Empire Ottoman. Qui avait eu le tort de s’allier à l’Allemagne
pendant la première guerre mondiale. Saladin,
Homme d’Etat hors du commun, organisateur méthodique, fulgurant stratège. Chevaleresque
dans l’action, mais implacable face à la lâcheté. D’une immense générosité, mais
intraitable à l’encontre des voleurs, corrompus et assassins. Le libérateur de
Jérusalem, au XII° siècle. Après en avoir chassé la soldatesque européenne qui
prétendait s’être installée en Palestine pour « libérer le tombeau du Christ »,
au grand désespoir des chrétiens
d’Orient qui n’en avaient nul besoin… C’était
au Moyen-Age. Les Croisades. Le Vatican, l’OTAN de l’époque, avait pris l’habitude
d’envoyer par vagues successives les armées de tous les pays d’Europe au Moyen-Orient,
pour y piller, rançonner, spolier, s’y tailler fiefs, royaumes et colonies, sous
les prétextes les plus vertueux et sanctificateurs. L’essentiel étant qu’en Europe
ils ne se fassent pas la guerre. Certainement,
à armes égales, face à un Saladin vivant, qui écrasa l’armée des “croisés” à la
bataille
de Hattin (4 juillet 1187), le général Gouraud n’aurait rien perdu de son
abyssale imbécillité, mais beaucoup de son arrogance… Rien
d’étonnant dans cette gesticulation, aussi stupide que grotesque, d’un général
se considérant en pays conquis. Archétype des traîneurs de sabre, ganaches analphabètes
de l’Histoire, générés, dégénérés
devrait-on dire, régulièrement par des armées. Non pas “nationales”, au service
du peuple, garantes de la souveraineté d’une nation. Mais, dans le dévoiement
de leur vocation initiale, devenues des instruments au service d’intérêts privés
bâtissant leurs rapides et colossales fortunes sur le mensonge des fausses valeurs,
pour mieux dissimuler la réelle finalité de leurs objectifs : la spoliation
des peuples et nations. Dans le temps, on osait parler du « parti
colonial »… A
longueur de guerres coloniales surarmées, massacrant peuples sans défense, terrorisant
populations innocentes, ce général était devenu mégalomaniaque comme beaucoup
de ses pairs. A vaincre sans péril, on triomphe idiot. Boursouflé de l’indécrottable
« habitus colonial » de notre inconscient collectif. Parmi ses faits
d’armes : la sanglante répression, en 1912 au Maroc, du soulèvement de la
ville de Fès contre le protectorat français. Les
allemands, qui n’étaient pas en reste sur ce plan, le surnommaient « einarmiger
Draufgänger », le « manchot cinglé » (il avait perdu son bras droit
aux Dardanelles, suite à une gangrène mal soignée). (3) Stupéfaits de le voir,
jour après jour, multiplier les vagues d’assaut suicidaires des soldats français,
placés sous son commandement, contre leurs rideaux de barbelés et de mitrailleuses
sur le front français. Se
croyant au temps des croisades, formaté par les bains de sang des guerres coloniales
et les tueries des combats de tranchées, le général Henri Gouraud devint ainsi
le « Saigneur » de la Syrie, lors de son “proconsulat” de 1919 à 1923.
Un des artisans les plus furieux du dépeçage de la Syrie : le plus gros morceau
arraché étant le Liban et la Transjordanie. Dans les massacres, tortures, humiliations ;
villages rasés, montagnes incendiées, charniers à profusion (4). Chars, aviation,
bombardements navals. Toute la panoplie mortifère, dans le contentement de soi.
Avec pour vecteur idéologique en guise de vision : un racisme anti-arabe,
islamophobe, poussé à son paroxysme. Inaugurant
une trentaine d’années d’occupation française, l’implacable application de La
Loi du Plus Fort, dans la sauvagerie d’une colonisation méprisante face au Peuple
Syrien qui jamais ne l’accepta. Révoltes multiples, répressions sauvages. C’est
ainsi qu’en 1945, le lendemain de l’armistice de la 2° guerre mondiale, la France
tirait encore au canon sur la population de Damas : « Le
29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous
l’ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d’affilée. Les
morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite
par ce bombardement dont le parlement syrien. » (5) Il
est vrai que l’encre à peine séchée de l’armistice du 8 mai 1945 avec l’Allemagne,
la France tout juste libérée, nos Gouraud de l’époque couraient, fusaient dans
tous les sens, pour « reprendre en main notre empire colonial »
qui montrait quelques velléités d’indépendance. Ce furent des semaines et des
mois d’atrocités depuis l’Indochine jusqu’au Cameroun, avec les sommets de l’horreur
dans les tueries à Sétif en Algérie et à Madagascar. Des massacres de populations
par dizaines de milliers. (6) Le
Peuple Syrien ne put échapper à cette folie répressive. Mais, quelle que soit
son appartenance ethnique et religieuse, il a toujours résisté. La France ne l’a
jamais supporté. Et,
cela continue … L’équipée
de notre ambassadeur en Syrie ces jours derniers, accompagnant l’ambassadeur américain
dans la ville de Hama, pour “soutenir les manifestants contre le régime” me rappelle
par son mépris affiché des devoirs et usages de la diplomatie, sans parler des
lois élémentaires de l’hospitalité, la pantalonnade du général Gouraud. Sauf que
la France de l’époque nourrissait la prétention d’élargir son “empire”…
Qu’importe ?... Imaginons
un instant en France, l’ambassadeur du Brésil accompagné de l’ambassadeur de Chine
allant soutenir des manifestants à Marseille, par exemple. Leur voiture blindée
escortée de nervis et casseurs, les poches bourrées de cash et d’armes fournis
par leurs services. Ce serait vécu comme une ingérence dans les affaires intérieures
de notre pays, fomentant une sédition armée, une guerre civile. Chacun de ces
diplomates serait immédiatement déclaré « persona
non grata », et vigoureusement expulsé dans la foulée. Avec en prime,
des représailles sous une forme ou une autre… Les
Syriens ont réagi. Venant en masse jeter souliers et cailloux sur la façade des
ambassades française et américaine. La propagande occidentale, véhiculée par les
médias de la désinformation, parle « d’attaque » ; l’ONU allant
jusqu’à « condamner les attaques contre les ambassades américaine et française
en Syrie » : « Des
partisans du régime syrien ont attaqué lundi, pour la deuxième fois en trois jours,
les ambassades américaine et française afin de protester contre la visite, à la
fin de la semaine dernière, des ambassadeurs américain et français dans la ville
rebelle de Hama (centre), théâtre de deux manifestations monstres contre le président
Bachar Al-Assad ce mois-ci. » (7) Relevons,
au passage, les hyperboles de la propagande : « … des partisans du régime
syrien… », « … ville rebelle … », « … deux manifestations
monstres contre le président… », etc. Mensonger
et ridicule. Mais,
« Paris
hausse le ton » clament les agences de presse… Je
comprends l’indignation de nos amis Syriens. Face à cette provocation coloniale,
comme eux, j’aurais réquisitionné toutes les vieilles paires de chaussures de
la famille pour les déverser sur les façades de ce qui s’apparente davantage à
des tripots de comploteurs, des casernes de pompiers incendiaires, qu’à d’authentiques
représentations diplomatiques.

- Damas
– manifestation d’union nationale contre les ingérences étrangères - 17 juillet
2011
Car,
ce déplacement de diplomates accrédités dans le pays, cette “virée de voyous”,
sont en soi un aveu, une signature. Celle de l’immixtion, l’implication, l’intervention,
des pays occidentaux dans la déstabilisation par la sédition armée et la guerre
civile, méticuleusement et de
longue date organisées, d’un pays souverain. Loin de soutenir un mouvement
démocratique.
Mais,
je ne suis pas Syrien. Je suis français, limité et contraint, rageusement triste,
à constater, une fois encore, l’état de la diplomatie de mon pays : en
lambeaux. De la Chine au Mexique, de Cuba à l’Iran, en passant par pays arabes
et africains, nos diplomates se comportent en crétins et freluquets.
Notre
pays, notre diplomatie, nos forces armées, ravalés aujourd’hui à un rôle d’auxiliaire,
de supplétif, au service d’intérêts étrangers. Exécutant ordres et instructions
à la lettre, à la virgule, d’une politique extérieure élaborée dans les officines
de l’Empire Washingtonien. Tels “nos ancêtres les gaulois”, fournissant richesses
et escadrons de cavalerie gauloise à l’Empire Romain. Obséquiosité
zélée à l’égard d’un suzerain, servitude assumée… (8)
Bien
sûr, se donner Bonne Conscience pour justifier sa participation à de basses œuvres
est primordial. Tous nos médias et leurs affidés, les “jeteurs d’anathème patentés”,
ne cessent dans le martèlement d’une propagande stalinienne de diaboliser le « régime
syrien ». Les mêmes muets, dès lors qu’il s’agit de couvrir exactions, corruptions,
des pires dictatures “pétromonarchiques”
dans la région. Ou des crimes répétés contre le Peuple Palestinien.
Oubliant,
tout aussi consciencieusement, les régimes tyranniques en Afrique protégés ou
installés par nos forces armées, comme on l’a vu récemment en Côte d’Ivoire. Dissimulant
les dynasties autocratiques, sinistrement burlesques et héréditaires de père en
fils, des Bongo au Gabon ou des Eyadema au Togo, sur fond d’élections truquées.
Il y aurait tant d’autres exemples…
Pour
ceux qui voudraient sortir la tête du goudron de la désinformation déversée par
nos ’journalistes d’investigation-décrypteurs de l’information’, ’experts-charlatans’,
“politiciens vendus”, et autres polichinelles, sur la Syrie, je leur propose un
livre fondamental : “Quand
la Syrie s’éveillera…”, de Richard Labévière et Talal El-Atrache. (9) Publié
cette année, agréable surprise tant le niveau de qualité de la production d’études
géopolitiques françaises sur ce pays et sa région est traditionnellement “nul”,
il présente l’avantage d’avoir été rédigé par deux véritables « connaisseurs »
de la Syrie. Précisons que Talal El-Atrache est l’arrière petit-fils de Sultan
Talal El Atrache, l’un des prestigieux chefs de la « grande révolte Syrienne »
(1925-1927) contre l’occupation française.
Ouvrage
remarquable par la pertinence de ses analyses, sans complaisance à l’égard de
chacun des acteurs, et la richesse de sa documentation : références, bibliographie,
cartes réalisées par Hugues Dumont. Un régal d’intelligence : comprendre
les enjeux actuels des luttes ouvertes et souterraines à partir d’un contexte
historique sciemment masqué, enfoui, par la propagande de l’Occident. Percevoir
l’extraordinaire héroïsme du Peuple Syrien face aux entreprises impériales permanentes
souhaitant sa mise sous tutelle, son éclatement en une mosaïque d’ethnies en guerre
permanente.
Caramel
sur la chantilly, il bénéficie d’une décapante préface d’Alain Cholet, ancien
directeur du “Service de Renseignement de la Sécurité - chargé de la lutte antiterroriste,
de la contre-criminalité et du contre-espionnage à l’étranger” de la DGSE (10).
Oui.
Il arrive que, dans les services secrets, des “responsables”
ne se contentent pas des stéréotypes d’une propagande, des compulsions racistes
ou idéologiques, lorsqu’ils analysent une situation, un continent, une région
ou un pays. Exerçant ce “mix” indispensable : connaissance, expérience et,
surtout, honnêteté intellectuelle.
C’est
avec une lassitude amusée qu’Alain Cholet résume les inusables clichés “diabolisateurs”
de la propagande atlantiste à l’encontre de ce pays : « …
la Syrie est régulièrement présentée par les médias occidentaux, en particulier
français, comme une sorte de dictature ubuesque sur le modèle de la Corée du Nord avec
laquelle elle partage d’ailleurs le douteux privilège d’être classée dans “l’Axe
du Mal” par l’administration américaine. Toujours
selon ces mêmes médias, les dirigeants syriens cultiveraient la volonté obsessionnelle
de maintenir leur population sous une chape de plomb, de rayer Israël de la carte,
d’annexer le fragile Liban, de se doter d’armes de destruction massive y compris
nucléaires, de soutenir toutes les entreprises terroristes, d’entretenir un désordre
permanent dans l’ensemble du Moyen-Orient et d’être le dernier obstacle de la
paix dans la région. » (11)
Comment
lutter contre le confort intellectuel d’une propagande qui vous assure, flattant
votre narcissisme, que susciter, organiser, financer, armer, la guerre civile
dans un pays, est un acte hautement civilisateur engendrant, sur ses morts et
décombres, les délices paradisiaques de ’La Démocratie’ ?... Piqure d’anesthésie
des aventures coloniales, imparable : se ’shooter’ à la Bonne Conscience…
Les
grands inquisiteurs, dans leurs prêches hystériques, ont lancé l’anathème :
le « régime syrien » est une des incarnations du Diable sur cette planète !...
L’excommunication pour satanisme étant édictée, il ne reste plus qu’à brûler le
pays médiatiquement et l’écarteler, le démembrer, en morceaux sous les bombes
de l’OTAN, avec la bénédiction déculpabilisante des résolutions de l’ONU…
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- Place
des Omeyyades à Damas – immense manifestation du Peuple Syrien contre les ingérences
étrangères - 17 juillet 2011
Alors,
qu’importe que la Syrie ait accueilli à bras ouvert de multiples populations au
cours de sa longue histoire ?... Les juifs chassés d’Espagne par les chrétiens
au XV° siècle et ceux chassés par les pogroms tsaristes au XIX° siècle. Les 500.000
réfugiés Palestiniens subissant la spoliation
de leur terre et les nettoyages ethniques récurrents depuis la Nakba en 1948
jusqu’à nos jours, avec ses villages détruits par centaines, ses oliviers rasés
par milliers. Les 2 millions de réfugiés Irakiens, suite à la destruction méthodique
de leur pays par l’Empire et ses vassaux…(12) Qu’importe
qu’une partie de son territoire, le Golan, soit toujours occupé malgré les résolutions
de l’ONU et les engagements internationaux ? Qu’importe qu’il soit régulièrement
survolé et même bombardé par avions et navires de l’Occident ? Qu’importe
que lui soient imposés « sanctions » et « embargos » aussi
illégaux qu’injustes par l’Empire et ses vassaux, entravant le pays dans le financement
de son commerce extérieur et intérieur, son transport aérien et maritime, son
système bancaire, la légalisation d’un marché des devises, encourageant ainsi
contrebande, corruption et marché des changes parallèle ?... (13) Qu’importe,
malgré ces obstacles permanents, le peu de ressources naturelles par rapport à
ses voisins de la région, le poids des réfugiés de toutes nationalités représentant
15% de sa population, que la Syrie connaisse un taux de croissance moyen de 5%
par an, avec une dette extérieure de 8% du PNB (un des moins endetté au monde),
des investissements multipliés par 12 depuis 2001, des exportations doublées depuis
2000… (14). Qu’importe
qu’en Syrie il y ait, depuis une quinzaine d’années, une évolution politique inconnue
chez une dizaine de pays “alliés” de l’Occident dans la région : « …
un parlement élu où siègent les représentants de différents partis politiques,
dont un parti communiste … les femmes disposent dans les institutions syriennes
des mêmes droits que les hommes… le gouvernement […] compte en son sein plusieurs
femmes à des postes majeurs… les élections […] ne se différencient guère
des pratiques électorales du Maroc ou de la Jordanie pourtant présentés comme
des modèles de démocratie en marche… » ? (15) Qu’importe
que la Syrie ait été diffamée pendant des mois par La Communauté Internationale
et ses instruments de propagande, sous l’égide de l’ONU, au prétexte qu’elle aurait
organisé l’attentat contre le premier ministre libanais Hariri ? Pour reconnaître
ensuite que ce n’était pas le cas… Sans regret, excuses, ni sanctions à l’encontre
les diffamateurs et leurs relais… Qu’importe
que dans le contexte de tensions, de menaces, et d’agressions incessantes qu’il
subit, le pays se soit organisé en gouvernement d’union nationale, qu’il tienne
à son droit à l’autodétermination, au respect de sa souveraineté nationale ? Le
Saut du Cabri Pourquoi
cet acharnement de l’Occident contre la Syrie ?... Très
simple à comprendre : le Moyen-Orient doit être morcelé en micro-Etats “ethnico-confessionnels”
sous tutelle israélienne. Plan géostratégique exposé, détaillé, en particulier,
par Oded Yinon dans la revue Kivunim (Orientations) publiée par l’Organisation
Sioniste Mondiale à Jérusalem, le 14 février 1982. Trente ans déjà… Avec
l’objectif clairement affirmé, revendiqué, dans la légitimité et l’impunité
de son bellicisme : « L’éclatement
de la Syrie et de l’Irak en régions déterminées sur la base de critères ethniques
ou religieux doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël, la première
étape étant la destruction de la puissance militaire de ces Etats ». (16) Meilleur
moyen ?... Devenu à présent un classique : l’intervention de l’OTAN
sous couvert de sauvetage humanitaire dans une guerre civile. En agissant sur
deux plans : 1. Créer
les conditions réelles, ou même apparentes, d’un conflit entre groupes ethniques,
religieux, qualifiés « d’opposants au régime ». Dans
le cas de la Syrie, ce ne sont pas des manifestations similaires à celles de Tunisie
ou d’Egypte qui ont surgi, pacifiques, toutes tranches d’âge et de conditions
sociales réunies sur des places publiques pour manifester dans une ambiance festive
et solidaire. Mais de véritables raids de commandos parfaitement organisés avec
des snipers équipés de fusils à longue portée. (17) Opérations coups de poing
se déroulant, par rotation, de la frontière jordanienne à la frontière turque.
Beaucoup de militaires et de policiers ont été ainsi tués et des administrations
publiques brûlées. Les morts étant systématiquement attribués au « régime »
à renverser. Deux
opérations d’envergure ont retenu l’attention par leur mode opératoire, démontrant
une puissante organisation logistique avec l’apport d’éléments infiltrés, couplée
à une mise en scène de la désinformation médiatique immédiatement diffusée
à l’échelon des pays membres de l’OTAN : =>
Le mitraillage de nuit d’un convoi militaire (simples camions bâchés), sur l’autoroute
côtière de Lattaquié, par un commando débarqué puis exfiltré à partir de la mer.
Probablement par un sous-marin. La propagande occidentale faisant état, plusieurs
jours de suite, d’exécutions sommaires de militaires par des « policiers
fidèles au régime » du fait qu’ils refusaient de tirer sur la foule. Le récit
des survivants et des blessés, officiers et soldats, n’a jamais été diffusé par
nos médias. Leurs témoignages concordants font tous état d’une embuscade menée
par des professionnels “hautement qualifiés”… =>
L’attaque surprise et l’occupation de la localité de Jisr al-Choughour par des
commandos puissamment armés et cagoulés. Massacrant tous les représentants de
l’ordre, jetant les corps dans deux charniers. Incendiant les bâtiments publics.
Terrorisant la population, entraînant de force plusieurs dizaines d’habitants,
avec leurs enfants, de l’autre côté de la frontière turque. Afin de simuler l’exode
de « milliers » de syriens « fuyant la répression du régime »,
hébergés dans des tentes, devant des caméras de TV de la propagande. Désinformation
complaisamment relayée par nos médias, faisant état d’au moins 10.000 réfugiés,
etc. Les
198 habitants enlevés ont tous pu retourner en Syrie, le 18 juillet dernier, libérés
par le commando une fois l’opération d’intox terminée et dans la crainte d’une
opération militaire turque. Les tueurs s’exfiltrant par la partie turque du Kurdistan. 2. La
« diabolisation du régime » par une désinformation qui atteint une dimension
délirante, rappelant la période précédant l’invasion de l’Irak par l’Occident.
Nombreux
sont ceux qui ont compris et réagi devant ce cumul de contrevérités, prenant souvent
des tournures rocambolesques. Comme celle de « la lesbienne syrienne persécutée
par le régime », qui était en fait un américain gérant cette opération mensongère
depuis un site en Ecosse… Le
refrain principal, obsessionnel, de la propagande est ’le nombre de morts’, ne
cessant d’augmenter dans une progression exponentielle. Il est frappant de voir
les médias énoncer des morts par ville et village, mais être incapables d’établir
le nombre des victimes des bombardements et tueries effectués par les membres
et associés de l’OTAN en Irak, en Afghanistan, à Gaza, au Liban ou ailleurs. Avec
d’autant plus d’aisance que les sources sont invérifiables, se reprenant en boule
de neige, d’une agence à l’autre, d’un média à l’autre, se citant les uns les
autres à partir d’un courant d’air. Dans l’inflation. Officiellement, les
“sources” seraient : des organisations humanitaires sans préciser lesquelles,
des particuliers « sous réserve d’anonymat », des comités de coordination
régionale inconnus, des groupes de l’opposition… Toute une faune, aussi bigarrée
que fantomatique. Le principe est simple : tout mort, se multipliant comme
des petits pains, est le fait des « partisans du régime ». Dans
cette arnaque à l’information, sur le fond et la forme, prenons au hasard un exemple
caricatural des multiples dépêches d’agence : celle de l’agence Reuters du
19 juillet 2011, qui précise que 10 personnes ont été tuées à Homs. (18) Quelle
sont les sources de l’agence de presse ? Un « comité de coordination
régionale », nous n’en saurons pas plus. Les responsables de ces morts ?
Même pas les ’forces de l’ordre’, ou les ’policiers du régime’. Non, on passe
à un degré supérieur dans la personnalisation de la diabolisation : ce sont
« les partisans du président syrien »… Donnant ainsi le titre de la
dépêche : Les
partisans du président syrien tuent 10 personnes à Homs. Les
Syriens ont compris la manipulation par l’Occident de leurs souhaits et espoirs.
Contrairement aux schémas de la propagande des membres de l’OTAN, ils aspirent
à une évolution démocratique de leur pays, dans la prospérité et la paix. Mais,
refusent l’ingérence étrangère. D’immenses manifestations, se sont déroulées dans
les principales villes, notamment les 17 et 18 juillet 2011, pour signifier leur
volonté d’indépendance nationale, leur droit à l’autodétermination. Bien sûr,
aucun média de l’Empire n’en a fait état. Aucune image. Aucune vidéo… L’autocensure
de nos médias… Le
rejet de l’intervention des puissances étrangères est clair : les Syriens
ne veulent pas subir, comme l’Irak ou la Libye, un pseudo « comité de transition »
composé ’d’opposants bidons’ soi-disant en exil qu’ils considèrent comme d’authentiques
« collabos », figurant depuis des années sur les livres de paye des
services secrets occidentaux. Pour les Syriens, l’évolution de leur pays viendra
de l’expression populaire de l’intérieur, et non pas des « vendus à l’étranger »
camouflant les manœuvres de l’Empire. Evidemment,
il ne s’agit pas de défendre un régime par rapport à d’autres. Ou ignorer absence
d’alternances, emprises de la corruption chez les uns et pas chez les autres. Qui
ne souhaite pas « La Démocratie », pour tous ? De Gaulle disait
que la construction européenne ne consistait pas à « … crier “l’Europe !”, en
sautant comme un cabri ». Il en est de même pour « La Démocratie ».
Une lente et permanente construction, avec ses avancées et ses régressions, en
Syrie ou ailleurs, comme chez nous. Notre
diplomatie doit-elle continuer à hystériser, s’impliquer dans une politique extérieure
imposée par des Etats étrangers, réputés être des « alliés », fondée
sur l’agression et l’arrogance, contraire aux valeurs que nous prétendons représenter,
et à nos propres intérêts ? Sachant
que les prétentions de l’Occident, au Moyen-Orient, ne résisteront pas au Temps.
Malgré la violence de son idéologie conquérante dissimulée sous le masque démocratique
ou humanitaire pour anesthésier son opinion publique, sa propagande hallucinée
de mensonges permanents, l’utilisation de sa force militaire jointe à la menace
de son arsenal nucléaire. Ses implantations coloniales directes ou indirectes,
ne pourront s’opposer à l’évolution et aux réalités de l’Histoire. Encore moins,
celles fondées sur l’imposition d’un apartheid organisé selon des discriminations
religieuses. L’effondrement des royaumes francs ou latins, imposés par les Croisades,
en témoigne. Notre
diplomatie n’est pas un vecteur d’idéologie à la disposition servile d’intérêts
étrangers au destin de notre pays, mais un outil d’analyse géopolitique, de compréhension,
de résolution, et non pas de création, des tensions et conflits. Proposant respect
mutuel, conciliation, dialogue, et coopération pour enrayer radicalisation et
surenchère. La
paix, lorsqu’on la souhaite véritablement, nait de la coopération économique et
culturelle. Non pas du mépris, de la menace, de la diabolisation, de l’agression.
Surtout au Moyen-Orient, le plus grand foyer actuel de tensions et de risques
de guerre mondiale. C’est
une action d’apaisement, de désarmement atomique, d’incitation au respect du droit
international qui doit être encouragée. Une action d’incitation à l’application
des multiples résolutions de l’ONU non encore mises en œuvre à ce jour, notamment
en Palestine. Certaines depuis plus d’un demi-siècle. Paroles
et actions de Paix, avant tout. Telles devraient être les priorités de la politique
étrangère de la France. Mais,
qu’importe ?... Comme
ils viennent de le faire pour
la Libye. Dans l’euphorie de la veulerie pour ne pas changer, les “représentants
du Peuple Français” à qui ils ne demanderont surtout pas son avis, dans un vibrant
élan pour « la promotion de La Démocratie - la défense de notre civilisation
et de nos libertés… » nos députés voteront la guerre coloniale contre la
Syrie. Qui
ne nous a rien fait. Ni, menacés. Ni, provoqués. Et,
nos Gouraud d’aujourd’hui astiqueront frénétiquement leurs bottes, devant TV et
imprécateurs de la propagande, rêvant d’en essuyer les semelles sur la tombe de
Saladin. La
France asservie… Georges
STANECHY
(1) Richard
Labévière, Talal El-Atrache, préface d’Alain Cholet, cartes réalisées par Hugues
Dumont, Quand La Syrie s’éveillera…, Editions Perrin, 2011, p. 39. (2) Général
Henri Gouraud (1867 – 1946). Amusons-nous de constater que dans Wikipedia son
rôle au Moyen-Orient se limite à 3
lignes, avec la mention sirupeuse : « Gouraud débarque à Beyrouth
en 1919 ; il y reçoit un accueil chaleureux ». L’inoxydable désinformation
… (3) Julie
d’Andurain, Le général Gouraud durant la grande Guerre, http://crid1418.org/doc/textes/gouraud_dandurain.pdf,
(note 10). (4) Lire
le témoignage d’une française sur ces pratiques, Alice Poulleau. Choquée par la
sanguinaire répression des autorités d’occupation françaises, et sa mise en scène
macabre, lors des massacres de Damas pendant la révolte syrienne de 1924-1926. Extrait
de son livre : Damas sous les bombes. Journal d’une Française pendant la
révolte syrienne (1924-1926), in Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit. p. 44. (5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Syrie_mandataire (6) L’omerta
est assurée avec vigilance par nos historiens sur ces massacres de masse, d’une
incroyable barbarie, programmés et gérés par notre appareil colonial à partir
de mai 1945. Bien avant les tueries des guerres d’indépendance, on estime
l’ensemble des populations civiles exterminées par la France dans ses "possessions
coloniales", sous l’appellation « d’opérations de pacification »
sur trois ans 1945 -1948, à plus de 300.000 personnes. L’équivalent des massacres
de Nankin par les Japonais. Rien
qu’à Sétif et ses environs, plus de 50.000 personnes massacrées. A Madagascar
(le summum en 1947), plus de 100.000 personnes assassinées par nos forces armées
aidées des colons organisés en milices, suivant le même procédé opératoire. Une
orgie de violences cauchemardesques.
(7) L’ONU condamne l’attaque
des ambassades américaine et française en Syrie, Le Monde, 13 juillet 2011,
http://www.lemonde.fr/proche-orient/ article/2011/07/13/l-onu-condamne-l-attaque-des-ambassades-americaine-et-francaise-en- syrie_1548073_3218.html#ens_id=1481132 (8) Cf.
publication en ligne du philosophe Manuel de Diéguez, "Les
imbéciles n’apprennent que par l’expérience" (Voltaire), notamment §
3 : « Guérit-on de l’esprit de servitude ? », 10
juillet 2011. (9) Quand
La Syrie s’éveillera…, Op. Cit. (10) Précision
pour nos amis lecteurs non francophones utilisant la traduction automatique, DGSE :
Direction Générale de la Sécurité Extérieure. Autrement dit, les services secrets
français à vocation "théâtre de renseignement et d’opération" hors
du territoire français. (11) Quand
La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., préface d’Alain Cholet, p. 9 – 10. (12) Quand
La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., p. 28.
(13) Tout particulièrement,
le Syrian Accountability Act voté par le Congrès américain en mai 2004, unilatéralement
et en infraction au droit international, repris et appliqué servilement par les
autres gouvernements occidentaux… (14) Quand La Syrie s’éveillera…,
Op. Cit., p. 97-98.
(15) Alain Cholet, préface, Quand La Syrie s’éveillera…,
Op. Cit., p. 10. (16) Quand
La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., p. 84.
(17) Dont des mercenaires,
grassement rémunérés, issus des féroces milices chrétiennes du Liban à la solde
des services secrets occidentaux qui se sont illustrées de longue date dans les
massacres des Palestiniens, (notamment les camps de Sabra et Chatila lors de l’invasion
du Liban par Israël), les dynamitages de mosquées et lieux de pèlerinage (chiites
et sunnites) en Irak (oui, ces milices travaillent aussi à "l’export"…)
pour créer les conditions d’une guerre civile à dominante religieuse, et autres
opérations d’assassinat. Maitrisant
parfaitement les habitudes et dialectes locaux, bénéficiant de solides couvertures
identitaires et d’un support technologie du plus haut niveau (télécommunications,
en particulier), ces commandos et cellules de tueurs sont « indétectables »… (18) Agence
Reuters, Les
partisans du président syrien tuent 10 personnes à Homs , 19 juillet 2011. |
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