Le
secret américain de Nicolas Sarkozy
vendredi 13 février 2009, par Comité Valmy
Dans les coulisses
du pouvoir, il y a ceux mis au devant de la scène, ceux qui restent dans l’ombre
et, surtout, ceux des tréfonds que nul n’entrevoit jamais. Qui connaît Frank George
Wisner ? Ce senior américain, diplomate et homme de réseaux, pourrait bien être
la clé pour expliquer l’ascension fulgurante de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat
français bénéficie là du meilleur conseiller occulte pour jouer un rôle dans la
marche du monde. A condition que le Président continue de servir avant tout les
intérêts de l’Empire américain, que celui-ci soit dirigé par Bush ou Obama.
« Un néo conservateur américain à passeport français » : la formule cinglante
d’Eric Besson au sujet de Nicolas Sarkozy, formulée en vue de la campagne électorale
de 2007, demeure d’une lucidité implacable. Le nouveau ministre chargé de l’immigration
n’ira sans doute plus remettre en question le patriotisme de son mentor. Il n’en
demeure pas moins que le mystère du succès rapide dans la conquête du pouvoir
suprême par Nicolas Sarkozy passe par l’analyse de son rapport personnel aux Etats-Unis.
A cet égard, le destin peut s’avérer facétieux lorsqu’il veut avantager
un jeune ambitieux désireux d’atteindre les sommets. C’est vers la fin des années
70 que le jeune loup du RPR saura tirer profit d’une fortune incomparable : le
remariage de sa belle-mère, Christine de Ganay, avec un personnage prometteur
de la vie politique américaine, Frank George Wisner.
Celui-ci avait déjà
hérité d’une charge lourde : le patronyme et la carrière sulfureuse d’un homme
exceptionnel, dans ses coups d’éclat comme dans sa folie, Frank Gardiner Wisner
(1909-1965), cofondateur de la CIA. Le père Wisner, impliqué dans les renversements
du pouvoir au Guatamala et en Iran, restera célèbre pour l’opération Mockingbird
(un noyautage réussi des médias américains par des agents de la CIA), avant de
se suicider en 1965, victime de démence. Né en 1938 à New York, diplômé de Princeton,
le jeune Frank George ne marchera pas exactement dans les pas de son père mais
suivra plus habilement un tracé parallèle : la diplomatie, dont on connaît les
passerelles avec le monde de l’espionnage. Il apprendra ainsi l’arabe au Maroc
dans son détachement effectué pour le compte du Département d’Etat avant un bref
passage par Alger après l’indépendance et un long séjour au Vietnam. De retour
à Washington en 1968, il sera chargé des affaires tunisiennes. Plus tard, après
la spécialisation dans les questions asiatiques et arabes, Frank George Wisner
exerça le poste d’ambassadeur en Zambie, en Egypte, aux Philippines et en Inde.
Derrière ces honorables activités, qui ont culminé par un poste de sous-secrétaire
d’Etat sous Clinton et , plus récemment, dans sa médiation pour la Troika dans
le règlement de la crise au Kosovo, Frank G. Wisner demeure, selon ses détracteurs,
la clé de voûte dans l’exécution de l’espionnage économique pour le compte de
la CIA. Mieux encore, l’homme est la caricature du personnage multicartes et influent,
présent dans tous les centres réels ou fantasmés du pouvoir parmi lesquels les
fameux Council on Foreign Relations ou le groupe Bilderberg. Mais c’est en 1997
qu’un tournant s’opère : après avoir longtemps manœuvré dans le monde feutré de
la diplomatie et des renseignements, Wisner se risque à mélanger encore plus les
genres en rejoignant, au sein de son conseil d’administration, l’entreprise Enron,
la célèbre compagnie énergétique qui fera scandale quatre ans plus tard et dont
la gigantesque fraude en Californie, portant sur des milliards de dollars, ne
sera jamais exactement détaillée, « grâce » à la disparition des milliers de pages
caractérisant la fraude fiscale dans la destruction des bureaux de la SEC, gendarme
américain des opérations boursières , lors de la chute de la Tour 7 du World Trade
Center.
Ironie du sort, ou étrange coïncidence, la sécurité de ce gratte-ciel
(effondré alors qu’il ne fut pas percuté par un avion en ce jour du 11 Septembre
2001) relevait de la compagnie Kroll Associates, qui appartenait alors à l’AIG,
assureur dont Wisner est le vice-président . S’il est vrai que les entreprises
prestigieuses sont souvent interconnectées de par leurs administrateurs, il est
notable de constater la récurrence curieuse de Wisner dans les anomalies du 11
Septembre. Ainsi, pour résumer, l’homme, spécialiste du monde musulman et de l’espionnage
économique, responsable haut placé de Enron et de l’AIG, échappe à toute poursuite
judiciaire lors du scandale Enron, jamais complètement décrypté de par la destruction
des détails compromettants lors de la chute controversée d’un immeuble du World
Trade Center qui abritait également, autre heureuse coïncidence, les bureaux de
la CIA dédiés précisément à l’espionnage économique…
Quel rapport dès
lors entre ce personnage sulfureux et Nicolas Sarkozy, mis à part le lien familial
d’antan ?
A priori, il serait logique de présumer que le temps et la
distance géographique auront naturellement creusé le fossé entre le chef de l’Etat
et la famille de l’ancienne belle-mère. Il n’en est rien. Pour preuve, la campagne
électorale de l’UMP qui a porté triomphalement au pouvoir, et dès la première
tentative, Nicolas Sarkozy, disposait dans ses rangs d’un acteur discret, responsable
de la section anglophone, mais dont le nom est suffisamment éloquent : David Wisner.
Celui-ci semble également reprendre le flambeau de la lignée Wisner puisqu’il
a intégré le Département d’Etat en septembre dernier, après des études d’arabe.
Et au-delà du légitime renvoi d’ascenseur du chef de l’Etat envers le
fils de son parrain d’outre-atlantique, une autre fait passé inaperçu mérite d’être
évoqué, non comme la preuve mais plutôt comme l’indice de la volonté présidentielle
d’occulter l’existence et les agissements troubles de Wisner. S’il s’avère à l’avenir
que les fameux délits d’initiés opérés à la veille du 11-Septembre ont été le
fait de citoyens américains avertis, dont le point commun serait d’être à la jonction
du renseignement et de la finance, alors il ne serait guère étonnant de voir figurer
sur la liste de ces personnes au vent d’un... -- « attentat terroriste imminent
» -- un certain Frank George Wisner. Outre qu’il ait bénéficié de la destruction
du dossier fiscal Enron tout en étant dans le même temps responsable de la sécurité
du -- World Trade Center -- via Kroll Associates ( détenue par AIG), une réçente
réaction de Nicolas Sarkozy pourrait laisser penser que le silence en la matière
doit s’imposer.
En effet, selon le Canard Enchaîné du 24 septembre 2008,
le Président avait vivement critiqué le Pdg de la chaîne info internationale,
France 24, pour avoir organisé un débat sur la « théorie du complot » autour du
11-Septembre. Cette réaction de Nicolas Sarkozy pourrait prêter à sourire si elle
venait simplement confirmer sa propension légendaire à tout régenter, y compris
la programmation audiovisuelle. Mais compte tenu de l’implication éventuelle d’un
de ses proches dans les coulisses logistiques et financières de l’attentat du
World Trade Center, la colère présidentielle prend une toute autre tournure. De
par le signal qu’il envoie ainsi aux journalistes mainstream tentés d’évoquer
à l’antenne la question des zones d’ombre du 11-Septembre, le message relève plus
de la censure tacite d’un sujet grave que de l’irritation d’un téléspectateur
capricieux. Sans aller jusqu’à faire de Wisner un des instigateurs du 11-Septembre,
il est plus vraisemblable de supposer que sa position et ses relations l’ont idéalement
avantagé pour faire partie de ceux à avoir, « au mieux » anticipé l’événement,
au pire participé par une quelconque assistance matérielle, en l’occurrence la
mise à disposition de la gestion de la sécurité électronique des 3 tours effondrées,
de par l’implosion de bombes pré-installées selon certains scientifiques spécialistes
de la démolition contrôlée.
Au-delà des inévitables spéculations sur
le rôle exact de Wisner dans l’opération à multiples facettes du 11-Septembre,
force est de constater que l’homme dispose des diverses relations accumulées depuis
près de 50 ans dans les élites dirigeantes des Etats-Unis et les cercles internationaux
pour pouvoir, si besoin est, favoriser le jeune politicien impétueux que son épouse
française affectionne. Nicolas Sarkozy doit beaucoup à Jacques Chirac pour son
maillage lent et progressif du corps électoral français. Il doit sans doute davantage
encore à Frank George Wisner pour avoir obtenu l’assentiment et la faveur de l’hyper-puissance
occidentale.
Les parrains occultes du Président et méconnus du citoyen
sont souvent les plus redoutables.