vendredi
13 février 2009
par Communiqué de presse
Depuis
plusieurs jours, à l’appel des organisations syndicales, on assiste à une immense
mobilisation du peuple martiniquais. Elle rejoint celle que connaît la Guadeloupe
depuis plus de trois semaines. Ce mouvement populaire revendique des conditions
de vie plus décentes avec une hausse des salaires, une baisse des prix, des engagements
sur l’emploi et la reconnaissance du fait syndical martiniquais.
Ce combat
démontre déjà trois choses essentielles. D’une part qu’au contraire de ce que
veut faire croire l’État Colonial français, la misère existe dans notre pays et
touche des dizaines de milliers de nos compatriotes. D’autre part, que les classes
laborieuses martiniquaises refusent la résignation et savent engager des combats
pour obtenir des conditions de vie moins difficiles.
Enfin, que pour
obtenir le droit de vivre dignement, les travailleurs martiniquais doivent compter
sur leurs propres forces et aucunement sur les politiciens « lulu badjol », perdus
dans des combats douteux sans prise en compte des besoins fondamentaux de notre
peuple. Le PKLS salue la lutte légitime des travailleurs, travailleuses et jeunes
de notre Patrie et leur apporte son total soutien dans ce combat pour le respect
et la dignité.
Dans cette lutte, notre peuple doit faire face à deux
adversaires profondément unis : l’état colonial français et la classe possédante
où la caste béké joue un rôle essentiel. Ces deux adversaires pour ne pas céder
aux revendications des masses populaires vont user de tous les prétextes et subterfuges,
manier la carotte et le bâton.
Or l’État Colonial tire bénéfice de sa
présence dans notre pays. Et, les Hayot, Huyghes-Despointes et autres békés comme
les autres gros patrons ont gagné et gagnent beaucoup d’argent sur le dos des
travailleurs.
Les profiteurs de tout acabit peuvent et doivent payer.
Aujourd’hui, nous leur avons imposé de négocier mais il ne faut pas oublier
que souvent dans notre histoire, le pouvoir colonial a utilisé la répression pour
défendre ses intérêts et ceux de ses amis. Au-delà des demandes d’augmentation
de salaire et de baisse des prix, d’autres revendications immédiates sont aussi
importantes : la priorité des emplois pour les Martiniquais et Martiniquaises,
la fin du saccage de l’école, l’arrêt de la destruction de notre terroir agricole
au profit de la bétonisation, les sanctions contre ceux qui ont pollué pour des
décennies la terre martiniquaise avec le chlordécone et autres pesticides !
L’Etat colonial français qui facilite l’installation dans notre pays d’européens
qui occupent les postes importants, qui a fermé les yeux sur l’empoisonnement
de nos terres et des ouvriers agricoles est responsable de la situation qui met
en danger l’avenir de notre peuple. Au travers de la lutte actuelle, il est bon
que de nouvelles générations s’ouvrent au combat et que les masses populaires
fassent l’expérience de l’affrontement avec notre ennemi national et nos ennemis
de classe. Cette lutte est la notre et nous prenons toute notre place aux cotés
des jeunes, chômeurs, travailleurs, exploités, pour élever la conscience des Martiniquais
et de Martiniquaises. Si les revendications actuelles sont justifiées, nous ne
devons nous faire aucune illusion.
Ce que nous allons arracher aujourd’hui,
l’état français et ses alliés essaieront toujours de le récupérer par la suite.
Le combat fondamental est que nous devons débarrasser la Martinique de
la domination coloniale, que notre peuple doit maitriser son destin en conquérant
l’Indépendance et ériger un Etat martiniquais pour construire une société nouvelle
où les profiteurs n’auront pas leur place. Le combat d’aujourd’hui prépare la
victoire de demain.
WOULO BA KONBA TRAVAYÈ EK JÉNES MATINIK. MATINIK
SÉ TA NOU, MATINIK SÉ PA TA YO. ANSANM, ANSANM, NOU KÉ PWAN YO Martinique 10 février
2009 Pour le PKLS J. P. ETILE