LE
GRAND COMMIS , SES COMMANDITAIRES, CEUX QUI LES CAUTIONNENT...
Par Michel Peyret samedi 7 février 2009, par Comité Valmy
Après
la dernière prestation du « Chef de l’Etat », j’aurais intitulé le tract d’une
organisation communiste : "Le grand commis" .
Le grand commis du capitalisme
, le grand commis des capitalistes bien sûr !
Ce n’est pourtant pas le
premier grand commis de ce genre .
ILS SONT TOUTE UNE LIGNEE
Ils sont toute une lignée à avoir animé des gouvernements de toutes tendances
, de droite , de gauche , ou de cohabitation qui se sont succédés pour gérer le
capitalisme .
Ils sont toute une lignée à avoir disposé de l’appareil
d’Etat et des pouvoirs qu’il leur donne pour imposer , dans tous les sens du terme
, c’est-à-dire à la fois par l’idéologie et par la contrainte , des politiques
tendant à assurer aux sociétés capitalistes les meilleures conditions possibles
pour exploiter , dominer, aliéner les différentes couches de salariés , ceux qui
ne peuvent plus l’être , c’est-à-dire les chômeurs , ou tous ceux appartenant
aux 8 millions de français qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté tant ils
sont "pompés" sous différentes formes par les entreprises appartenant aux capitalistes
ou par celles d’Etat qui n’en font pas moins pour leur être utiles sinon indispensables
au même titre que les autres ...
Une longue lignée donc de ces Présidents
et gouvernements dont chacun a perpétué et aggravé les conditions de vie et de
travail alors que dans le même temps les progrès de la productivité auraient dû
au contraire permettre que l’accroissement des richesses produites qui en résulte
satisfasse mieux les besoins et aspirations à une vie meilleure de la très grande
majorité des salariés et de ceux qui devraient l’être .
Une longue lignée
de ces présidents et gouvernements qui , tour à tour , ont apporté leur contribution
à l’apparition , à l’affirmation , puis à l’explosion de la crise de ce système
de "pompage" organisé par les mêmes , les puissants maîtres des entreprises publiques
ou privées , au détriment des mêmes , leurs salariés du secteur public ou du secteur
privé ...
Et , manifestement , le dernier en date de cette lignée veut
aller encore plus loin au service des mêmes sans davantage entendre la voix ,
les cris de la pauvreté et de la misère insupportables , de la paupérisation véritable
de toutes les couches de salariés , sans voir les manifestations de colère et
de révolte qui en résultent , la jeunesse au premier rang , alors que la crise
du système s’approfondit , lourde de ses menaces dont on commence à percevoir
quel peut être leur contenu destructif .
IL NE SUFFIT PLUS DE SE DIRE
ANTICAPITALISTE
A l’évidence , il ne suffit plus de se dire "anticapitaliste"
alors que les générations qui se succèdent et considèrent le capitalisme comme
négatif ne peuvent ou ne veulent jamais y mettre un terme...consacrant en fait
une intégration approfondie dans ce système qui les dévore !
En fait
, il faudra bien , et le plus tôt sera le mieux , cesser de se dire "anticapitaliste"
!
En fait , cela voudra dire que l’on aura pris les résolutions nécessaires
pour en finir avec le capitalisme et ses crises mortifères !
En fait
, cela signifiera l’engagement du processus conduisant à une autre société .
En fait , il n’y a pas de secret , il n’y a pas d’échappatoire , pour y parvenir
.
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LA
QUESTION DES QUESTIONS
En fait , la question des questions est
celle du pouvoir , celle de savoir qui détient le pouvoir effectif .
De longtemps , ceux qui ont le pouvoir , ceux qui décident ne sont pas les« grands
commis »qui se succèdent , cette lignée de « grands commis » qui ont été placés
à la tête de l’Etat .
De longtemps , au moins depuis Marx , on sait que
ce sont ceux qui ont la propriété qui ont le pouvoir .
De longtemps ,
au moins depuis Marx , on sait que ceux qui ont le pouvoir se construisent un
Etat pour conserver ce pouvoir , c’est-à-dire un ensemble d’institutions qui ont
comme fins de l’établir juridiquement et constitutionnellement , et un ensemble
de structures et de services , en bref tout un appareil d’Etat destiné à perpétuer
leur domination sur l’ensemble de la société , sans lésiner sur les moyens pour
ce faire .
De longtemps , au moins depuis Marx , on sait ce qu’il convient
de faire pour sortir du capitalisme , de son système économique et de cet appareil
d’Etat .
CE QUI N’A JAMAIS ETE FAIT
Mais aussi , de
longtemps , au moins depuis Marx , on sait que cela n’a jamais encore été fait
.
Jamais encore un peuple s’est donné la propriété et les pouvoirs qu’elle
assure .
L’appropriation sociale reste en devenir .*
Jamais
encore cet instrument de perpétuation de la domination de classe qu’est l’Etat
n’a été « brisé » , pour reprendre là la formulation forte de Marx , et aller
vers l’auto-administration de la société par elle-même .
Il convient
d’avoir le courage de le dire aux travailleurs , aux salariés , qui représentent
aujourd’hui 92% de la population active : pour en finir enfin avec le capital
, ses crises , sa domination , ses exploitations et aliénations , il est impératif
de se donner ces moyens de construire une vie nouvelle dans une société et une
civilisation nouvelles , d’ouvrir le processus de mise en pratique de ces orientations
.
IL N’Y A PAS DE SECRET
Il n’y a pas de secret , il convient
de faire vivre les paroles de ce qui est le chant qui a rythmé les luttes des
travailleurs depuis cette fin du 19eme siècle , l’Internationale :
«
Il n’est pas de sauveur suprême ,
« Ni Dieu , ni César , ni Tribun ,
« Producteurs , sauvons-nous nous-mêmes ,
« Décrétons le salut
commun ! »
Oui , faire vivre l’espérance est à cette condition .
Par bien des aspects , ce qui s’est passé ce 29 janvier est annonciateur .
Et d’abord dans les consciences : la crise du capitalisme a révélé la nature profondément
nuisible et irrationnelle de ce système , pour beaucoup il s’agit là de révélations
!
Et les discours et argumentations des grands commis du capital et des
bonimenteurs politiques intégrés du système ont trouvé là leurs limites .
Des portes se sont ouvertes ...
le 7 février 2009
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