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En
bref, en ces lieux, les femmes ont la force et le courage des hommes et les
hommes la force et le courage des fauves. Pour cette raison, ils aiment à rappeler
qu'en temps de guerre, souvent le plus grand des Gaulois était abattu par le plus
petit des Ligures.

Ce que Diodore ne dit pas, c'est que ces hommes et femmes vivaient ces conditions
parce que d'autres leur avaient pris leurs terres et eux, s'étaient refoulés dans
les endroits que les autres ne voulaient pas, c'est-à-dire : l'Envers.

Ces Ligures-là, se nomment arpétars. Ou, si l'on prend des termes plus tardifs
: ils sont devenus les "Sarrazins des montagnes" parce que ce mot signifiait ou
était l'équivalent à l'époque de notre concept de "terroristes" pour les idéologies
d'aujourd'hui. En effet, ce furent les plus grands opposants aux conquêtes
romaines. Et fidèles à cette haine de tout Empire et de tout système totalitaire,
ils demeurèrent les ennemis invétérés du féodalisme d'aBord et du christianisme,
ensuite.

On peut dire que l'esprit Ligure se retrouve partout aujourd'hui où se manifeste
en France, l'esprit liBertaire, l'esprit d'égalité et celui de Fraternité que
ramena, comme une vague de fond, la Révolution de 1789... d'où émanait, en même
temps, une longue tradition de sursauts contre le régime franc, son aristocratie
qu'a perpétuée l'estaBlishement français francilien. Notamment la révolte des
paysans contre les Croquants. Et c'était Bien normal, car les Ligures tenaient
leur nom de celui de Ligue et non pas de celui prétendu de "mélodieux", quoiqu'ils
aimassent assez le chant qu'ils pratiquaient lors de leurs fêtes. En fait,
leur esprit de Ligue exprimait leur amour inexpugnaBle pour l'Harmonie des choses,
du monde, des gens. C'étaient des êtres excessivement esthétiques dans le fond
de leur âme et non pas dans une simple superficiellité d'artistes...

Ennemis
du Commerce, ennemis de tout ce qui était industrieux, ennemis des pouvoirs particuliers,
ils avaient comme morale sociale : l'aversion de toute richesse et de tout ce
qui pouvait porter chacun au-dessus des autres. C'était leur seul système idéologique
contraignant, ce qui laissait liBre cours à leur diversité. Mais cette diversité
ils savaient la vivre sous forme d'alliances où se disait le Respect des uns pour
les autres. Et du fait de ces alliances, ils avaient une vie Basée sur l'entraide,
la coopérativité, la mutualité par lesquelles, les droits de chaque associé sont
égaux et les bénéfices également répartis. Ils savaient vivre une vie d'homme
pour et par l'esprit de l'Humain. Foncièrement, ils étaient donc pacifiques comme
tous ces peuples pacifiques qu'on dit être du Néolithique et qui peuplaient l'Europe
de l'Ouest et les pourtours de la Méditérranée du Nord, peuples éliminés ou fortement
réduits par les invasions successives des achéens, ioniens, doriens, italiques,
celtes, galates, germains... Invasions qui perdurèrent jusqu'au haut moyen-âge.
Arpétars est un mot pré-indoeuropéen qui se décompose ainsi : AR
signigie rocher, PE signifie "sous" et TAR signifie "habitant". Mais il ne faut
peut-être pas simplement le voir au sens le plus réducteur car ces peuples étaient
foncièrement des poètes et pratiquaient la poésie.

En fait, ils étaient de la même famille que les Basques, mot issu de Vascons qui
veut dire "habitant des montagnes". La langue parlée chez les ligures des alpes
d'Italie comme des alpes de France correspond à l'Euskara des Basques.
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Les
Ligures

sont
issus et poursuivent la culture mégalithique, notamment par les pierres levées,
menhirs. Leurs mythologies étaient très riches et très fournies, ils pratiquaient
énormément de fêtes dédiées aux sources, aux rivières, aux rochers, aux montagnes,
aux astres... et à tous les éléments naturels car ils avaient conscience que c'est
de tout cela qu'ils étaient faits. Et par le culte des astres ils honoraient
la Mort autant qu'ils pratiquaient le culte des morts... car ils savaient que
chaque être vivant était une forme d'implication d'une étoile dans le ciel, ce
qui faisait que le mort avait toujours regard ici et pouvait toujours venir se
ré-incarner... là. Ils séparaient âme et corps non pas dans une différence suBstancielle
comme le fera ultérieurement le christianisme, mais par le simple fait que le
corps est le plus prégnant, le plus massif... comme le soleil est une étoile la
plus efficiente et que l'âme est le plus éloigné, le plus suBtil, le plus dilué,
le plus éthéré, mais ayant la force de l'esprit et de la psychologie fine. Les
menhirs sont alors des relais permettant au mort, par sa verticalité, de se fondre
dans son étoile. Et inversement, les menhirs servaient comme de relais permettant
un retour en ce monde. Cela supposait l'incinération... sur le lieu même où
était posé le menhir... et cela faisait que tout Ligure était toujours un haBitant
de dessous les menhirs, les fameux rochers... du terme Arpétar.

Originellement, ils aimaient la rondeur qu'il affectionnaient dans leur haBitat
et c'est sous l'influence des Cardiaux (5100 av.n.ère) qu'ils épousèrent les maisons
en structures carrées mais auxquelles ils garderont l'esprit de rondeur par leur
grand art de la charpente dont on retrouve l'esprit dans les maison du Quercy,
véritaBle esprit des pagodes chinoises.
Les premières influences des
Celtes, notamment ceux venus de Hollande, apportent tumulus et dolmens... et forcément
un passage à l'inhumation, c'est-à-dire : la perte de leur compréhension de l'immortalité
du vivant dû au stellaire. C'est là un grand coup porté à leur esprit esthétique
et la suBtilité de leur conception du monde. Et c'est un coup aussi profond
que le sera le christianisme qui ne fera que reprendre et aggraver l'esprit celtique.

En effet, le
menhir est une ouverture sur la dimension transcendantale de l'homme qui pouvait
se dire "fils du Ciel", et par là, on peut y voir une grande unité de ces peuples
avec les asiatiques de l'extrême Orient, comme les Chinois. Face à cela, l'esprit
guerrier qui va se mettre à déferler, apportant sous des formes multiples, le
culte hiérarchisé du monde avec un Dieu Souverain comme Jupiter et ses homologues
ayant tendance à tout réduire à eux-mêmes... apparaît, tout en prétendant le contraire,
être porteur de ce qui pose un frein à ce lien de chacun avec le Ciel, car cela
portait chacun à se considérer comme souverain... de lui-même, donc un individu
irréductiBle..., non-manipulaBle, non-utilisaBle. Pour faire court, disons
que l'esprit jupitérien, se doit d'imposer un chapeau à chaque menhir, ce que
s'évertuera d'imposer le christianisme pendant tout un millénaire dans les pays
des Pierres Levées en décapitant les menhirs ou en posant des croix au sommet
ou en les enlevant carrément. Les Celtes (Argenteuliens...) apportent avec
les poignards en cuivre... et les chevaux : l'esprit du Dolmen, celui de l'horizontalité
de l'esprit, celui qui coupe les individus de leur liaison personnelle avec l'Unité
Universelle, celui qui impose une conformité avec une idéologie oBligatoire s'installant
comme un profond mutisme de chacun.


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