D’abord
en refusant cette identité singulière qui nous feraient "un". Nous sommes chacun
individuellement des croisements culturels, géographiques, génétiques, sentimentaux..
Que nous disons "je suis d’un village", "je suis d’un père", "je suis d’une tradition",
nous nous mentons, et nous opposons ce mensonge aux autres. Car nous sommes toujours
d’ici et d’ailleurs, y compris de là où nous avons rêvé d’être, d’un père, d’une
mère et de nos histoires familiales, d’une culture métissée transmise par nos
grands-mère, par nos cours d’école et par nos animateurs adolescents. Notre seule
identité collective, c’est notre histoire, ce sont nos luttes, et donc nos contradictions,
nos luttes de classe ! La France a connu la résistance et la collaboration,
le colonialisme et l’anticolonialisme, la solidarité et l’injustice... Ce qui
nous permet d’affirmer qu’il existe une identité française singulière, c’est le
choix de la république contre le choix des baronnies, le choix de la résistance
contre le choix de la défaite... Quelques soient les identités multiples des individus
et des groupes, ce sont leurs rencontres sur les barricades qui fondent ce que
nous pouvons après coup nommer une identité française. Et si cette histoire doit
se poursuivre, c’est en désignant aujourd’hui où sont les barricades et en désignant
clairement de quel coté de cette barricade se trouve ceux qui parlent !
Ensuite
en éclairant ce qui attaque la nation qui n’est jamais mise en cause par les frottements
cultures ou religieux pour eux-mêmes, mais toujours par les puissances qui les
utilisent pour imposer la force d’un état prédateur et répressif. C’est l’Union
Européenne, ce syndicat des gouvernements, qui attaque la nation, pas l’immigration !
C’est le marché qui crée le communautarisme, pas la foi !
Sarkozy
met en oeuvre avec force et à l’époque des médias de masse la vieille pratique
bonapartiste de s’appuyer sur le peuple pour écraser le peuple.
Il
viole le vote souverain du NON français de 2005 en imposant la constitution et
en organisant la guerre idéologique pour faire céder l’Irlande, et il mène campagne
en promettant la renaissance française
il
met en cause la loi de séparation de l’église et de l’état, fragilise la laïcité
en affirmant que seules les religions répondent aux questions humaines, et mène
campagne contre les signe religieux
il
organise le communautarisme, en premier lieu celui des riches, celui qui fait
de Bush et de Ben Laden des cousins d’affaires, de Chirac le meilleur ami de Hassan
II, mais aussi celui qui organise l’islam en France sur les rapports de force
entre communautés d’origines, celui qui organise la domination d’un CRIF profondément
réactionnaire sur des juifs qui furent une des composantes historiques du mouvement
communiste, mais il mène campagne médiatique pour une identité nationale qui sauverait
le peuple de ces divisions d’origines !
La
bataille idéologique lancée sur l’identité nationale n’est pas seulement un élément
de plus, mais le fonds idéologique de la guerre sociale, la nécessité d’un mensonge
d’état destiné à enfermer le peuple dans une représentation qui désarme par avance
toute résistance possible. On connait l’adage des spécialistes du marketing, il
faut toujours mentir avec vigueur sur ses points faibles... Quand un patron vous
annonce de bons résultats, c’est qu’il veut vous exploiter encore plus, quand
il vous annonce une restructuration pour sauver l’entreprise, c’est qu’il cherche
à s’en débarrasser pour sauver son capital.
C’est
au cœur du mensonge permanent du marché sur l’origine du profit que nait le mensonge
permanent du capitalisme. La vérité lui est insupportable et l’invention de l’élection
du président de la république au suffrage universel permettant la prise du pouvoir
par Bonaparte illustre le rôle essentiel de cette guerre idéologique consubstantielle
au capital :
Quand
Sarkozy parle de ceux qui se lèvent tôt, c’est qu’il défend la vacuité et l’inutilité
de ceux qui gagnent trop
Quand
Sarkozy parle de la nation, c’est qu’il en viole la souveraineté, organise son
désarmement et sa dilution dans la technocratie européenne
Quand
Sarkozy parle d’identité nationale, c’est qu’il prépare de nouveaux abandons sur
la langue française, de nouvelles réductions budgétaires pour la culture, de nouvelles
mesures de reconnaissances des courants communautaires
Quand
Sarkozy parle d’industrie, c’est qu’il organise une administration fascisante
qui mène la guerre contre les grévistes ouvriers, contre les syndicats qui résistent
aux délocalisations
Quand
Sarkozy parle de grand emprunt pour la France, c’est qu’il cherche comment faire
exploser les revenus financiers, et prélever encore plus sur les salaires
Pour
un communiste, la question est primordiale ! Car si les grandes luttes de
1995, des enseignants de 2003, des salariés contre la casse de la Secu, si les
grandes manifestations de 2009 n’ont pas permis de résister à la guerre sociale
contre les acquis du conseil national de la résistance, c’est bien que l’unité
du peuple reste à construire, que le grand roman national appelle de nouvelles
révoltes, de nouvelles résistances, de nouveaux rassemblements populaires pour
de nouvelles révolutions. Et ce grand rassemblement a besoin d’identités multiples
se retrouvant sur la même barricade, celle des luttes de classes.
[1]
le plus souvent, pour les européistes, planète et europe sont synonymes, le reste
étant les enfers, états-uniens ou asiatiques
pam-
vendredi 20 novembre 2009