Comment
la CIA contribua en fin de compte à l’exil du Dalaï-lama
Global
Research, Russia Today, 19 mars 2009
Il est largement admis que le Dalaï-lama
s’est enfui du Tibet dès la prise de contrôle de la région par les troupes chinoises.
En réalité, neufs ans séparent ces deux événements.
Après la chute de
la dynastie chinoise Qing, la légitimité de l'indépendance autoproclamée du Tibet
en 1913 ne fut jamais reconnue par aucun pays. Ainsi, dès que la Chine eut réglé
le problème de la guerre civile, elle considéra tout naturel de s’attribuer les
territoires propriétés d'État des Qing.
Dès la victoire de l'Armée de
Libération du Peuple de Chine sur les forces tibétaines, le 7 octobre 1950, Beijing
lança une campagne de réintégration du Tibet dans la République Populaire de Chine.
Les États-Unis se sont intéressés à la région en tant que nouveau motif
pour s’opposer à la Chine Communiste. Dans son livre "Fighting Dirty: The Inside
Story of Covert Operations From Ho Chi Minh to Osama Bin Laden" (Sale combat :
Les dessous d’une tradition d’opérations secrètes, de Ho Chi Minh à Oussama Ben
Laden), Peter Harclerode déclare : Ils ont promis d'appuyer et de soutenir la
résistance tibétaine contre le contrôle communiste et de fournir de l’aide financière
aux insurgés tibétains.
Pour le Département d'État étasunien, le Dalaï-lama
était plus utile dans l'opposition active à Beijing. C'est pourquoi la CIA a vivement
encouragé le leader tibétain à partir en exil dans un État proche, comme l'Inde,
Ceylan ou la Thaïlande, pour devenir le symbole de la résistance du Tibet à la
Chine Communiste.
En 1951, le 14ème Dalaï-lama, Tenzin Gyatso, avait
préféré rester à Lhassa et accepté officiellement « Le Plan en 17 Points » du
traité de paix unifiant le Tibet à la République Populaire de Chine.
Trois ans plus tard, le Dalaï-lama était élu vice-président de l'Assemblée Nationale
Populaire Chinoise, faisant ainsi son entrée dans le gratin dirigeant de Chine.
En 1956, l’alliance tribale tibétaine « Armée Nationale des défenseurs
de la foi » a tenté d'exhorter les habitants à la lutte contre les Chinois et
il a été demandé au Dalaï-lama d’accorder son « soutien spirituel et son leadership
» à la résistance, ce qu’il a refusé.
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| L'alliance
a néanmoins obtenu l'aide de la CIA, à l’insu du Dalaï-lama. Six Tibétains triés
sur le volet ont été formés à l'usage des armes légères, aux destructions, à la
pose de mines et au sabotage sur la base militaire étasunienne de l'île de Saipan,
afin qu'ils puissent participer à l’opération secrète de la CIA baptisée « Saint
Circus. »
En automne 1957, deux de ces tibétains fraîchement formés ont
été parachutés au Tibet pour remettre un message secret du gouvernement des États-Unis
au Dalaï-Lama, proposant de l'aide au cas où Sa Sainteté la demanderait. Encore
une fois, le Dalaï-lama a refusé.
Puis, au début de l'année 1958, des
agents de la CIA à Lhassa ont délivré un nouveau message secret des États-Unis,
exhortant le Dalaï-lama à faire une demande officielle d'assistance étasunienne,
ce qu’il a refusé, en dépit du fait qu'il aurait été soutenu par l’alliance tribale
nouvellement formé Chushi Gangdrug (Quatre Fleuves, Six Montagnes). Le Dalaï-lama
a toujours fait preuve de cohérence en évitant l’aide étrangère pour épargner
à ses compatriotes toute guerre éventuelle avec la Chine, mais il n'a pas réussi.
Le 16 juin 1958, l’aile militaire de Chushi Gangdrug a formé l’Armée
des Volontaires de la Défense Nationale, qui a entamé une guerre de révolte à
grande échelle un an avant le démarrage du fameux soulèvement tibétain (du 10
mars 1959).
Aussi, en 1958, la CIA a inauguré un nouveau programme de
formation pour les futurs guérilleros tibétains. Baptisée « Programme Colorado,
» il a duré sept ans à Camp Hale, au voisinage de Butts Field Air Force Base dans
le Colorado. Pas moins de 200 Tibétains ont été formés durant ces années. Dans
le même temps, la CIA, veillait à ce que les Tibétains soient armés en passant
des armes et du matériel pour leurs guérilla.
Au total, de juillet 1959
jusqu’à mai 1960, environ 362 tonnes d'armes, munitions et équipements, ainsi
que 85 spécialistes formés à la guérilla, ont été passés au Tibet,
Le
Département d'Etat étasunien a fermé définitivement le projet Tibet quinze ans
plus tard, quand, en 1974, il a cessé officiellement d'aider le gouvernement tibétain
en exil.
À la suite du soulèvement de 1959, le Dalaï-lama s’est enfui
en Inde, où il demeure en exil jusqu'à ce jour.
Source : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=12804
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info
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