Ce
n’est pas un hasard si Israël est le principal bénéficiaire financier de la reconstruction
de Gaza : il est l’unique fournisseur de matériaux de construction et la
seule autorité habilitée à superviser les contrats de reconstruction de ce qu’il
a bombardé. Joseph Heller [2]
doit se retourner dans sa tombe.
Israël
possède non moins de 200 ogives nucléaires, alors qu’il faudra encore de nombreuses
années à l’Iran pour en fabriquer une. Pourtant, la terrifiante perspective d’une
autre guerre au Moyen-Orient n’a d’autre prétexte que la « menace »
que l’Iran représente pour Israël et, implicitement, pour les Etats-Unis. C’est
du moins ce que la tendance dominante des médias veut nous faire croire. Ceux
qui attendaient un changement de politique extérieure des Etats-Unis lorsque la
Maison Blanche avec son nouveau locataire feraient bien d’ouvrir les yeux.
Ne
perdons pas de vue que l’administration démocrate du président Barack Obama et
le Congrès dominé par les démocrates suivent les mêmes politiques qui ont mené
l’administration Bush à la banqueroute économique, morale, militaire et spirituelle.
On ne peut ajouter foi aux promesses de changements. Il me vient à l’esprit
deux anciens adages qui n’ont rien perdu de leur actualité : « Que
désire tout homme qui a le pouvoir ? Plus de pouvoir ! » « De
quoi lui suffit-il ? De juste un peu plus ! »
Effaçons
de nos esprits toute ambiguïté qui aurait pu s’y installer : les frères siamois
que sont les corporations et Wall Street continuent de diriger le gouvernement
des Etats-Unis. Les législateurs fédéraux responsables de la régulation de la
haute finance aux Etats-Unis ont reçu, depuis 2001, 64,2 millions de dollars.
Parmi les donateurs figurent des banques d’affaires comme Merrill Lynch, Morgan
Stanley, AIG, Bear Stearns et Goldman Sachs.
Pratiquement chacun des membres
de la commission des services financiers de la Chambre des représentants qui était
censée contrôler la ventilation des fonds destinés à sauver les banques a reçu
des contributions de ces institutions financières pendant la campagne électorale
de 2008. C’est que ces compagnies ont un privilège de taille : elles sont
« trop grandes pour couler ».
L’ancien conseiller économique
du FMI, Simon Johnson, l’a dit en deux mots : « L’industrie financière
est parvenue à prendre le contrôle de notre gouvernement ».
L’avarice,
le pouvoir, la boulimie dictent la politique nationale et internationale des Etats-Unis.
Nous sommes gouvernés par un hybride morbide de capitalisme corporatif militarisé
qui est en train de consumer, littéralement, et désintégrer notre planète.
Les
dernières informations signalent que l’Arctique pourrait perdre toutes ses glaces
en été dès 2010. Depuis le premier Jour de la Terre, célébré en 1970, le quart
de toutes les espèces de notre planète s’est éteint, et il est à prévoir qu’un
autre million disparaîtra dans les quarante prochaines années sous les effets
du changement climatique.
Mais
pour la presse corporative des Etats-Unis, le changement climatique global reste
le gorille de huit cents livres enfermé dans une chambre qui disparaîtra si on
continue de l’ignorer. Or, les effets du changement sont chaque année plus évidents
et dévastateurs.
La nouvelle la plus alarmante et intolérable est que, comme
toujours, ceci représente une belle affaire pour la grande industrie du pétrole
et pour celle du nucléaire.
Une
autre nouvelle dont l’importance et indéniable : les fosses contenant des
déchets radioactifs contaminent des zones de Caroline du Nord aux abords de la
centrale nucléaire de Shearn Harris, une des zones les plus contaminées d’Amérique
du Nord.
Il
n’est plus possible d’en douter : l’information fournie par les grands médias
des Etats-Unis n’est pas digne de foi. On nous a vendu de faux prétextes pour
justifier les guerres d’Irak et d’Afghanistan, et on continue d’ignorer ou de
déformer la catastrophe humaine qui se déroule jour après jour dans ces pays.
On nous ment sur le rôle joué par les Etats-Unis au Moyen Orient et ailleurs.
On nous refuse tout bilan exact de la crise climatique.
Projet
censuré s’adresse à ceux qui souhaitent connaître la vérité.
Grâce à
ce projet, les nouvelles les plus importantes ignorées chaque année par la presse
corporative trouvent visibilité et existence publique. Des enquêtes exhaustives
menées pendant des mois permettent de réunir des nouvelles dans un volume annuel
devenu un outil fiable pour les chercheurs et les médias. Les journalistes, les
activistes, les universitaires et les chercheurs sont de plus en plus nombreux
à le consulter.
Félicitons-nous
des progrès du projet. Au moment où se fait sentir, plus que jamais, le besoin
d’un journalisme indépendant et de médias qui ne soient ni corrompus ni affiliés
au gouvernement, Projet censuré a créé un cadre de recherche de l’information
véridique. Il a construit un pont où transitent ceux qui souhaitent informer en
toute sincérité et transparence, comme ceux qui sont avides d’informations authentiques.
Dans une interview datant déjà de quelques décennies, la journaliste Martha
Gelhorn, aujourd’hui disparue, confiait à son collègue John Pilger : « Tous
les gouvernements sont mauvais, et certains sont pires »
Il
nous incombe donc de rechercher des sources d’information fiables, ou même de
nous informer par nos propres moyens et de divulguer le fruit de nos recherches.
Nous avons le bonheur d’avoir trouvé, dans cette mission, un allié : le Projet
censuré.
Dahr
Jamail
Dahr
Jamail est un journaliste indépendant états-unien travaillant en Irak.
Les articles de cet auteur
Source :
Project Censored / Red Voltaire.
Traduction : Réseau Voltaire.
NOTES
[1]
Voir l’investigation du journaliste italien Giulietto Chiesa : « Le
contrôle politique et militaire de nos sociétés », Réseau Voltaire,
7 mars 2010.
[2]
Joseph Heller (né à Brooklyn le 1er mai 1923 et mort à East Hampton le 12 décembre
1999) est un auteur américain mondialement connu pour ses écrits satiriques concernant
la Seconde Guerre mondiale, source Wikipedia.