BBC : « Libération de Paris » par des soldats français
blancs ?!
Des documents d’archives inédits révélés le
lundi 6 avril par la BBC indiquent que britanniques et américains, de concert
avec De Gaulle, se sont assurés que la "Libération de Paris" le 25 août 1944 soit
perçue comme une victoire menée par des « blancs uniquement »... En dépit
d’avoir formé 65% de Forces Françaises Libres et de leur grand nombre de morts
pour la France, les héroïques soldats noirs ne devaient bénéficier d’aucun accueil
triomphal à Paris.
L’article en anglais :
« Paris liberation made ’whites only’
By Mike Thomson
Presenter, Document, BBC Radio 4
Papers unearthed by the BBC reveal
that British and American commanders ensured that the liberation of Paris on 25
August 1944 was seen as a "whites only" victory. Many who fought Nazi Germany
during World War II did so to defeat the vicious racism that left millions of
Jews dead. Yet the BBC’s Document programme has seen evidence that black colonial
soldiers - who made up around two-thirds of Free French forces - were deliberately
removed from the unit that led the Allied advance into the French capital. By
the time France fell in June 1940, 17,000 of its black, mainly West African colonial
troops, known as the Tirailleurs Senegalais, lay dead. Many of them were simply
shot where they stood soon after surrendering to German troops who often regarded
them as sub-human savages. Their chance for revenge came in August 1944 as
Allied troops prepared to retake Paris. But despite their overwhelming numbers,
they were not to get it.
More desirable’
The leader of the Free
French forces, Charles de Gaulle, made it clear that he wanted his Frenchmen to
lead the liberation of Paris. Allied High Command agreed, but only on one
condition : De Gaulle’s division must not contain any black soldiers. In January
1944 Eisenhower’s Chief of Staff, Major General Walter Bedell Smith, was to write
in a memo stamped, "confidential" : "It is more desirable that the division mentioned
above consist of white personnel. "This would indicate the Second Armoured
Division, which with only one fourth native personnel, is the only French division
operationally available that could be made one hundred percent white." At
the time America segregated its own troops along racial lines and did not allow
black GIs to fight alongside their white comrades until the late stages of the
war.
Morocco division
Given the fact that Britain did not segregate
its forces and had a large and valued Indian army, one might have expected London
to object to such a racist policy. Yet this does not appear to have been the
case. A document written by the British General, Frederick Morgan, to Allied
Supreme Command stated : "It is unfortunate that the only French formation that
is 100% white is an armoured division in Morocco. "Every other French division
is only about 40% white. I have told Colonel de Chevene that his chances of getting
what he wants will be vastly improved if he can produce a white infantry division."
Finding an all-white division that was available proved to be impossible due
to the enormous contribution made to the French Army by West African conscripts.
So, Allied Command insisted that all black soldiers be taken out and replaced
by white ones from other units. When it became clear that there were not enough
white soldiers to fill the gaps, soldiers from parts of North Africa and the Middle
East were used instead.
Pensions cut
In the end, nearly everyone
was happy. De Gaulle got his wish to have a French division lead the liberation
of Paris, even though the shortage of white troops meant that many of his men
were actually Spanish. The British and Americans got their "Whites Only" Liberation
even though many of the troops involved were North African or Syrian. For
France’s West African Tirailleurs Senegalais, however, there was little to celebrate.
Despite forming 65% of Free French Forces and dying in large numbers for France,
they were to have no heroes’ welcome in Paris. After the liberation of the
French capital many were simply stripped of their uniforms and sent home. To make
matters even worse, in 1959 their pensions were frozen. Former French colonial
soldier, Issa Cisse from Senegal, who is now 87 years-old, looks back on it all
with sadness and evident resentment. "We, the Senegalese, were commanded by
the white French chiefs," he said. "We were colonised by the French. We were
forced to go to war. Forced to follow the orders that said, do this, do that,
and we did. France has not been grateful. Not at all."
Mike Thomson presents
Radio 4’s Document at 2000BST on Monday 6 April. »
Url : Paris liberation
made ’whites only’ La libération de Paris par des " Whites only "
Des documents inédits d’archives révélés par la BBC indiquent que les commandemments
britanniques et américains se sont assurés que la libération de Paris le 25 août
1944 soit vue comme une victoire menée par des « blancs uniquement ».
Beaucoup de ceux qui ont combattu l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre
mondiale l’ont fait pour vaincre l’abject racisme qui causa la mort de plusieurs
millions de Juifs.
Toutefois, le document de la BBC apporte la preuve
que des soldats noirs des colonies françaises - qui représentaient environ deux-tiers
des Forces Françaises Libres - ont été délibérément écartés de la colonne qui
a conduit la marche des alliés sur la capitale française.
Lorsque la
France a capitulé en juin 1940, 17.000 de ses soldats noirs, principalement des
troupes des pays colonisés de l’Afrique de l’Ouest - connues sous le nom de Tirailleurs
Sénégalais, furent tués. [1]
Bon nombre d’entre eux furent tout simplement
abattus peu après s’être rendus aux troupes allemandes, qui le plus souvent les
ont considérés comme des sauvages sous-humains.
Pour eux l’occasion de
prendre leur revanche s’est présentée en août 1944, quand les troupes alliées
s’apprêtaient à reprendre Paris. Mais en dépit de leur nombre écrasant, ils ne
devaient pas l’obtenir.

Smith Walter Bedell
Plus souhaitable
Le chef des Forces Françaises Libres, Charles de Gaulle [2] , a fait clairement
savoir qu’il voulait que la libération de Paris soit conduite par ses soldats
Français.
Le Haut Commandement Allié
a donné son accord, mais seulement à une condition : La division de De Gaulle
ne devait contenir aucun soldat noir.
En janvier 1944 le chef
d’état major d’Eisenhower, le Général principal Walter Bedell Smith, écrivait
dans une note frappée du sceau « confidentiel » : « Il est plus souhaitable que
la division mentionnée ci-dessus se compose de personnel blanc. Ceci désignerait
la Deuxième Division Blindée, qui ne compte qu’un quart de soldats coloniaux,
comme la seule formation Française opérationnellement disponible pouvant être
rendue cent pour cent blanche. »
|
|---|
| A
l"époque, l’Amérique ségrégeait ses
propres troupes au travers des lignes raciales et, jusqu’aux derniers moments
de la guerre, n’autorisait pas ses GI’s noirs à combattre aux côtés de leurs camarades
blancs.
La Division Marocaine
Etant
donné le fait que la Grande-Bretagne ne pratiquait la ségrégation au sein de ses
forces et avait une importante et valeureuse armée indienne, on aurait pu s’attendre
à ce que Londres s’oppose à une politique aussi raciste.
Pour autant
ceci ne semble pas avoir été le cas.
Un document écrit par le général
britannique, Frederick Morgan, au Suprême Commandement Allié indique : « Il est
regrettable que la seule formation Française 100% blanche soit une division blindée
au Maroc. Toute autre division française est blanc seulement à 40% environ.
J’ai dit au colonel de Chevene que ses chances d’obtenir ce qu’il souhaite seront
grandement améliorées s’il arrivait à fournir une division d’infanterie blanche.
»
La découverte d’une division opérationnelle 100% blanche s’est avérée
impossible, en raison de l’énorme contribution faite à l’Armée Française par les
conscrits de l’Afrique Occidentale.
Ainsi, le Commandement Allié a insisté
pour que tous les soldats noirs soient retirés et remplacés par des soldats blancs
d’autres unités.
Quand il est clairement apparu qu’il n’y avait toujours
pas assez de soldats blancs pour remplir les lignes, des soldats des régions de
l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont été utilisés à leur place.
Retrait
des pensions
En fin de compte, presque chacun était heureux. De
Gaulle a obtenu son souhait d’avoir une division Française pour conduire la libération
de Paris, en dépit du fait que le manque de troupes blanches ait conduit à ce
que beaucoup de ses hommes soient en réalité espagnols.
Les Anglais et
les Américains ont obtenu leur Libération par « des blancs seulement », en dépit
du fait que plusieurs des soldats en question aient été en réalité des Nord Africains
ou des Syriens.
Pour les Tirailleurs Sénégalais de la France, il y avait
cependant peu à célébrer.
En dépit d’avoir formé 65% de Forces Françaises
Libres et de leur grand nombre de morts pour la France, ils ne devaient bénéficier
d’aucun accueil triomphal à Paris.
Après la libération du capital français
beaucoup ont été simplement dépouillés de leurs uniformes et renvoyés dans leurs
colonies. Pour rendre l’histoire encore plus cruelle, en 1959, leurs pensions
ont été gelées.
L’ancien soldat colonial Français, le Sénégalais Issa
Cissé, aujourd’hui agé de 87 années, jette sur tout cela un regard empreint d’une
tristesse et d’un ressentiment évidents.
« Nous, le Sénégalais, avons
été commandés par les chefs français blancs, » dit-il.
« Nous avons été
colonisés par les Français. Nous avons été forcés d’aller faire la guerre. Forcés
d’obéir à des ordres nous dictant de faire ceci, de faire cela, et nous l’avons
fait. La France n’a pas été reconnaissante. Pas du tout. »
Mike Thomson
a présenté l’émission "Radio 4’s Document" à 2000BST le lundi 6 avril.
Post-Scriptum

Colin POWELL
Nous sommes en 1944, 4 ans après la capitulation française sans bataille
de 1940, et alors que les armées hitlériennes sont partout en déroute, la France
ne parvient pas à fournir aux forces Alliées l’équivalent de 500 français
de souche - donc forcément blancs - pour marcher sur une capitale déjà vidée
de l’essentiel des troupes allemandes... Si l’on y ajoute, la parfaite Collaboration
étatique, judiciaire, administrative, économique avec " l’occupant nazi ",
doit-on en tirer les mêmes conclusions que le négrophobe négationniste Olivier
Pétré Grenouilleau [3] ? Oui,
la France n’a pas seulement collaboré, n’est pas seulement complice, mais
est un co-auteur de la blanche barbarie nazie.
Les média français
qui d’habitude nous abreuvent quasi mensuellement - émissions spéciales, reportages,
films, téléfilms, commémorations, décorations, jours fériés, ouvrages, articles
de presse, interviews... - des actions héroïques des français durant cette période
de l’histoire de la France sont muets.
Seul le site internet du nouvel
observateur - http://tempsreel.nouvelobs.com
- y a consacré une brève qui tronque l’essentiel de cette information, en n’évoquant
que les responsabilités américaines et britanniques.
C’est, là aussi,
tenter - avec cet art bien français de l’hypocrisie républicaniste et égalitariste
- de faire oublier que moins de 45 ans après la dite "Libération de Paris", le
pourtant très réactionnaire Ronald REAGAN nommait un afro-américain à un poste
clé de l’administration de la défense, en faisant de COLIN POWELL son Conseiller
à la Sécurité Nationale. Et que 56 ans plus tard (en 2000) le non moins réactionnaire
George W. BUSH nommait le même POWELL au poste de secrétaire d’État. En France,
les soldats indigènes noirs et arabes de la République, doivent encore se contenter
de grades de sergent, caporal... Mais qui s’en plaindra. Assurément pas nous...
La France est décidément fidèle à
sa doctrine raciste élaborée durant des siècles : par ses "Lumières", puis
par sa cohorte de grands penseurs racialistes, véritables précurseurs du nazisme.
Et contrairement aux USA, où les idées racistes foisonnent surtout chez les
petits blancs pauvres du Sud et des régions victimes de la désindustrialisation,
le racisme français semble consubstantiel à une large partie des "élites", des
"classes dirigeantes", en un mot de la bourgeoisie de ce pays triste. Racisme
qu’ils distillent en fonction de l’actualité à grosse ou petite dose à leurs concitoyens
; avant, par sondage
[4] ou élections
interposés, de les inviter à l’exprimer. Et feindre de s’en indigner, de le
questionner ou de le déplorer... Avant, au nom d’un supposé racisme
anti-blanc, de se déchainer contre les fils et petits-fils de ceux là mêmes
qui ont rendu un semblant de dignité à ce pays durant les 6 années de collaboration
avec les nazis... Et de trouver comme porte flingues et autres accusateurs enragés
les propres fils et petits fils [5] , de ces juifs pourchassés pour qui ces africains,
antillais et afro-américains se sont héroïquement battus. Lorsque parfois certains
des leurs collaboraient avec leur bourreau nazi (Lire ICI, un texte d’Hannah Arendt
; et ICI,
sur le site du centre d’enseignement de la Shoah, un article du United States
Holocaust Memorial Museum, Washington, D.C.).
La France se vengera bien
de ces pages peu glorieuses de son histoire - y en eut-il ? - en allant dans les
années qui suivirent sa nazification, massacrer
ou chosifier par centaines de milliers les indigènes des colonies de son Empire
: Madagascar, Indochine, Algérie, Pays d’Afrique, Guadeloupe, Kanaky...
En définitive, en rayant l’Afrique de l’Histoire, Sarkozy & son nègre Guaino ne
faisaient que prolonger l’oeuvre reprise par Jean François Champollion et simplement
poursuivie au moment de la « libération de Paris » ...
Dès lors, cette
« libération de Paris », tout comme « l’occupation nazie » ne doivent-elles pas
plutôt être regardées comme
de simples fonds de commerce politique ?
Le propre de l’histoire
occidentale, c’est son absence de mémoire. (Makandal)
Ibuka, Mardi
7 avril 2009 Publié par Ibuka le mercredi 8 avril 2009
Notes
[1] Morts pour la France - Morts pour la Patrie, dixit les plaques bien
peu mémoratives, car commémorant surtout les héros blancs
[2] Premier
héros moderne à ne compter aucun fait d’arme notable ou pas ; si ce n’est d’avoir
été parmi les premiers à fuir en Angleterre. Par souci d’objectivité, signalons
toutefois que Commandant de la 4e division cuirassée (mai 1940), Charles De Gaulle,
qui n’était alors que le colonel de Gaulle, se serait illustré à Montcornet, à
Laon, et aurait même arrêté une colonne Allemande à Abbeville... s’il faut en
croire son hagiographie
[3] Soutenu par plus de [650 enseignants & chercheurs
français... ce qui en dit long sur l’état moral et la déliquescence intellectuelle
qui frappe ce pays
[4] Invitées à se situer sur l’échelle du racime,
près de 9 % des personnes interrogées se disent “très racistes”. La Belgique arrive
largement en tête, avec 22 % se déclarant “très racistes”, suivie par la France
(16 %) et l’Autriche (14 %). Si l’on ajoute les personnes se déclarant “plutôt
racistes”, ces trois pays ont les taux de racisme les plus élevés, avec respectivement
55 %, 48 % et 42 %. Les pays qui comptent la plus faible proportion de personnes
se déclarant “très racistes” sont l’Espagne et l’Irlande (4 %), puis le Portugal
(3 %), le Luxembourg et la Suède (2 %).
[5] Les Elisabeth Levy, Bernard
Henry-Levy, Alain Finkielkraut, Alain Gérard Slama...
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