Somme
toute, elle ne sest pas installée dans un paradis fiscal, mais demeure
dans les frontières de lUnion Européenne. Cest son droit.
Dire quelle la fait dès lélection de Sarkozy,
par détestation, et alors ?
Sa
position a le mérite de la franchise et de la clarté. :
«
Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, dabêtissement
de la réflexion, un refus dune différence possible. Et même
si Angela Merkel est une femme de droite, elle na rien à voir avec
la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française na
plus. »
Cela
change de la langue de bois du monde de lédition !
Mais,
pour la caste au pouvoir : inadmissible. Doù les réactions,
révélatrices de sa fureur.

Le
grotesque de pareille posture est riche denseignement.
Confirmant
la tendance liberticide des oligarchies en Occident. Sous prétexte de terrorisme,
dultra-gauchisme, de lhonneur du drapeau, du "secret défense",
de l'identité nationale, des dirigeants ou des petits pois...
Une
résurgence de ce contre quoi nous, nos ancêtres, nous sommes battus
pendant des générations : lautocratie, labsolutisme.
Car cet « élu », dans sa gesticulation, brandit à bout
de bras un symbole : une « lettre de cachet ».
Obsession
de ces nouveaux marquis, perruqués, poudrés, enrubannées,
de privilèges et de passe-droits. Staliniens en bas de soie, confits darrogance,
descendant de leurs chaises à porteur : neutraliser la liberté dexpression.
Liberté
fondamentale, représentée par ceux qui disent ce quils pensent,
et pensent ce quils disent. Ceux qui nencensent pas les « puissants
», ne courbent pas léchine devant limportance quils
soctroient. Qui ne se taisent pas, quand ils le leur ordonnent.
Ces
petits marquis tenant dans leur mépris un Molière, un Cyrano ou
un Voltaire. Se permettant de les faire bastonner par leurs laquais, pour avoir
manifesté leur indépendance desprit. Qui le leur rendaient
bien.
Alors,
une Marie NDiaye rejetant lintimidation des oligarques
Qui plus est
: une femme
Ciel : une française « black » !
Fi
donc !
Quel toupet !
Ces
marquis sen étranglent de rage. Rêvant dune bonne bastonnade,
au moins médiatique.
Comme
au bon vieux temps. Assurés de limpunité due à leur
rang
Nayant plus pour légitimité le devoir de leur charges
et obligations, mais uniquement celui du privilège de leur naissance ou,
aujourdhui dans notre monarchie élective, de leur réseau incrusté
dans lappareil dEtat.
Ploutocratie
triomphante allant jusquà octroyer, dans le cynisme, les sinécures
les plus plantureuses à leurs rejetons. Fussent-ils stupides, incompétents,
la nullité incarnée derrière leur masque de « beaux
parleurs ».
Ronronnant,
se célébrant, se congratulant, chimpanzés sur leurs perchoirs
sépouillant à tour de rôle, en direct sur TV et radios,
qui nous les servent et resservent en boucle. Notre steak-frites politique quotidien.
Non
contents de détenir la quasi-totalité des médias, transformés
en arme de propagande massive, ils entendent étouffer toute velléité
desprit critique, de liberté dexpression.
Dans
cette posture, sexhale la flagornerie du courtisan amidonnant les dentelles
de ses suzerains et protecteurs. Dans un zèle où sexpriment
les pulsions irrépressibles, démagogiques, entremêlées,
de la délation-diabolisation et du culte de la personnalité.
Comment
ne pas comprendre, et partager, la nausée de Marie NDiaye ?
Au-delà
du constat, que faire ?
Pour
neutraliser cette graine de dictature phagocytant nos institutions et nos libertés,
ces politiciens professionnels, passant leur temps à satisfaire, non pas
les intérêts de la collectivité mais ceux des lobbies, dune
richissime minorité. Heureux de grappiller les miettes de leur festin.
Beuglant que la France est "en faillite", après avoir déversé
des milliards dans la poche des banquiers...
Tant
et si bien que dans le « cinquième pays le plus riche du monde »,
comme sen glorifie le président, des centaines de milliers de français
ne peuvent ni travailler, ni se loger, ni se soigner, ni manger à leur
faim. Ni se chauffer en hiver, beaucoup chaque année, sans abri, crevant
de froid dans nos rues et parcs publics...
Eux,
par contre, cumulant tous les droits. A commencer par celui de dire nimporte
quoi. De raser des pays, tuer des milliers de gens, sur fondement de mensonges.
De couvrir les tortures et crimes contre l'humanité les plus abjects, dans
la bonne conscience.
Là,
comme par enchantement, leur "conscience" ny trouve rien «
dexcessif ».
Avançons.
Dépassons le stade du diagnostic pour aborder celui de laction. Même
si les mises en place paraissent lointaines.
Réduire
cette engeance, rend impératif le renforcement de notre droit constitutionnel.
Oui.
Inscrire dans la Constitution de notre pays, dans celle de lUnion Européenne
aussi, qu'être « élu du peuple», nest pas un privilège,
un avantage, octroyés par des citoyens ignares, mais un devoir à
accomplir dans lintérêt de tous.
Pour
cela, en stipulant dans un article spécifique :
i)
Limiter tout mandat électif à, seulement, deux mandats successifs
pour éviter ces rentes de situation de politiciens vivant grassement, pendant
des décennies, aux frais d'une République qu'ils prétendent
"en faillite".
ii)
Interdire tout cumul de mandats électifs. Un élu serait uniquement
soit député ou maire, soit sénateur ou maire, etc. Pour éradiquer
ces mille-feuilles de sinécures, trustés par les mêmes familles
ou clans, du conseil communal au conseil général ...
iii)
Imposer la transparence totale sur tous les marchés publics via les accès
directs par Internet, avec téléchargements gratuits, pour les copies
des marchés publics dès leur ouverture. Pour casser les ententes
lucratives sur la répartition des marchés, l'octroi occulte de marges
ne se justifiant pas. Notamment dans les dépassements de travaux.
Je sais, me direz-vous, aucun de nos partis, avec leurs dinosaures et éléphants,
nest en mesure dinclure ces dispositions dans son programme électoral.
L'Histoire
tranchera, en ce cas. Comme toute fin de cycle, Ancien Régime, républiques
précédentes, la V° République vermoulue, implosera sous
le poids de ses dysfonctionnements. Ce sera à la VI° République
d'inclure, nen doutons pas, ces exigences indispensables dans sa nouvelle
Constitution, restituant le contrôle de nos institutions aux citoyens de
ce pays.
Le
débat sur l'identité nationale c'est cela, en fait : sommes-nous
des veaux ou des citoyens ?...
Marquis,
éléphants ou dinosorauses, à l'ego boursouflé, ne
se rendent pas compte quils vivent le crépuscule de la V° République.
Tellement
bornés, infatués de leur mégalomanie, ils ne sont même
pas capables deffleurer le pressentiment du marquis de Dreux-Brézé
trottinant dans les couloirs des Tuileries, essoufflé sur ses talonnettes,
interrogeant Louis XVI, alors que grondait la colère du peuple :
«
Sire, est-ce une révolte ou une révolution ?
»
Auteur
: webmaster du site A contre Courant.