La Guadeloupe doit parvenir
à une percée en responsabilité




samedi 7 février 2009,


par Gerard Delver [1]





Depuis le 20 janvier, le peuple de Guadeloupe exprime son désarroi face à un système économique et politique oppressant, qui régit ce département français d’Amérique.

Plus d’une cinquantaine d’organisations syndicales et culturelles regroupées dans un collectif " lyannaj kont pwofitasyon" en français le rassemblement contre l’exploitation outrancière, ont lancé un mouvement de grève général et ont soumis aux décideurs une plateforme de revendications.

C’est ainsi que le samedi 24 janvier un nombre impressionnant de manifestants, des milliers, sont descendus dans les rues de Pointe à Pitre à l’appel de ce collectif. Six jours plus tard, pour donner suite au départ du préfet de la table des négociations, un record historique d’hommes et de femmes de ce pays descendaient dans les rues.

Qu’une protestation lancée d’abord contre le prix excessif du carburant s’étende aussi vite en protestation contre la baisse du pouvoir d’achat, en demande de mise à plat de tous les dossiers laissés à l’abandon, en manifestations de toute une société qui se découvre sans projet global, nous interpelle.

Le départ du préfet de la table des négociations, a humilié la Guadeloupe dans son ensemble et révélé au grand jour une absence choquante du moindre pouvoir décisionnel local, que le moindre geste résolutoire, en situation de crise, était impossible dans le lieu même du vécu.

Depuis, réflexions et débats se sont renforcés dans tout le pays, les habitants de la Guadeloupe entière se sentent concernés au plus haut point par la situation actuelle, chacun recherchant des solutions qui infléchiront notre avenir.

Aucun militant responsable ne saurait garder le silence en pareille circonstance.

Nous apportons donc au débat, les idées qui suivent et qui nous ont sans cesse agité.

Pour nous, bien évidement, il y a urgence à prendre en considération et au plus vite, les revendications à court et à moyen terme du collectif, " lyannaj kont pwofitasyon " mais, disons le sans équivoque : c’est la question de la responsabilité qui nous apparaît comme essentielle et comme point de départ de tout préalable, de toute avancée.

Cette question de notre espace politique se situe bien au-dessus des autres, et les détermine toutes.

Il est symptomatique d’une situation d’irresponsabilité collective et d’assistanat plus ou moins larvé, que la problématique de notre responsabilité collective apparaisse à la plupart comme secondaire, voire dangereuse car pouvant porter atteinte à la sérénité dont aurait besoin le tissu économique pour ses processus de production et de créations d’emplois, et donc de « développement ».

On aura beau répéter durant des décennies : « Silence, on développe ! », les chefs d’entreprises on beau exprimer : « c’est nous qui faisons la Guadeloupe » cette question reste comme un écueil.

Pourquoi ?

D’abord, parce que la Guadeloupe n’est pas un simple morceau d’une « France-métropolitaine » perdue dans un au-delà des mers.

La Guadeloupe c’est une terre des Amériques, avec son assise caribéenne, une histoire, une société à identité composite, une culture particulière. Et c’est cela qui change tout.

Dans un monde qui bouge le destin d’un peuple comme celui là devra forcément s’appuyer sur ces incontournables réalités. Ce sont les injonctions du monde actuel qui nous forcent à cette lucidité.

Notre centre ne peut être que nous même, et nos avancées ne peuvent aller que de nous même vers les autres, vers nos solidarités solides avec la France, puis avec l’Europe, et tout le reste du monde.

C’est parce que nous sommes une entité singulière qu’il nous faut libérer nos potentialités singulières, notre créativité et notre génie intime. La revendication de responsabilité se fonde avant tout sur l’acceptation de cette élémentaire évidence, et elle se situe avant tout dans cette perspective là.

Sans cette responsabilisation du collectif, des hommes et des femmes de ce pays, sans la reconnaissance de ce principe fondamental comme base active de notre « développement », on évacue le sens même du Politique pour laisser libre cours, à des activismes économiques, aux sempiternels discours de l’idéologie marchande. Sans compter que dans le même temps on laisse la part belle à un « esprit de mendicité », diffus dans les couches les plus fragiles.

Dans ces pays-ci, aucun discours politique s’il ne fait l’éloge béat d’une soi-disant marche en avant du tout économique n’est recevable, et l’on gère ainsi les urgences de toutes sortes.

Le drame est que dans ce « vide politique » la parole des économistes, experts en développement, financiers et marchands (et derrière, un convoi de politologues, juristes, constitutionnalistes...) se déploie jusqu’à l’absurde.

Reconnaissons le : il ne saurait y avoir d’espace politique qui vaille sur une base d’irresponsabilité collective, et donc (imparablement) sur celle d’une irresponsabilité individuelle.

Il nous faut donc penser au plus vite, dans un principe de responsabilité, l’érection d’un cadre institutionnel dans lequel chacun et tous se reconnaissent.

Sans ce cadre aucune vie politique, ni gestion qui vaille

En réalité ce peuple descendu dans les rues ne demande que cette chose simple et naturelle : disposer du droit à la décision et à l’agir sur son quotidien et sur son propre destin.

Quant à nous, nous appelons les guadeloupéens à mettre la main dans leur histoire, à s’engager résolument dans le chemin de leur pleine responsabilisation.

La situation du monde change sous nos yeux et nous en sommes tenus à l’écart. Des entraves multiples nous empêchent d’accéder à sa marche en avant et notre situation ne correspond en rien aux nouveaux rapports de force, aux nouveaux modes de domination à l’œuvre dans ce monde.

Nous pouvons y rester, à l’horizontale, comme on végète en oubliette ; mais nous pouvons aussi en sortir ; mais aussi et surtout : nous le devons.

Pourquoi ?

A tarder plus nous risquons d’être foudroyés parce que non préparés, inadaptés, pour être trop longtemps restés à l’écart du monde.

Il nous faut trouver notre propre verticalité, afin de prendre notre part en pleine autorité à la résistance qui s’organise dans tous les coins de la planète.

Nous sommes département français depuis 1946, et le niveau d’existence entre la France et la Guadeloupe est largement et dans tous les domaines, déséquilibré.

On est en « DOM-TOM » comme on est dans la cale du paquebot.

La départementalisation, en améliorant les conditions insoutenables de vie, nous a « institutionnalisés » dans une zone arrière de l’espace français. De plus, ceux qui se sont battus avec juste raison pour nous enlever à l’enfer des champs de cannes, nous ont précipités dans une logique de « société économique » et de généralisation mondiale du capitalisme qui ne démantelait les verrous coloniaux que pour déployer un mode de vie consommateur.






Nous sommes passés de la « servitude d’Habitation » à la servitude de la consommation.

Nous sommes passés du « travail servile » au « travail dépourvu de tout sens » et strictement au service des profits d’un système capitaliste.

L’erreur serait de penser qu’un rattrapage est encore possible entre la Guadeloupe et la France.

D’abord, si un rattrapage était possible nous y serions déjà.

L’on constate bien que soixante trois ans de transferts publics par milliards, la défiscalisation et autres plans, n’ont été qu’au service de la reproduction d’une mécanique de dépendance et d’assistanat.

Ensuite, parce que la dictature capitaliste régnante fait qu’aujourd’hui à peine 20% des humains s’approprient plus de 80% des provendes de la planète, et que s’il fallait étendre à tous le niveau de vie français, démocratiser l’indécente abondance occidentale, cela reviendrait à condamner la planète au plus total des suicides écologiques qui d’ailleurs a déjà commencé et menace notre existence en tant qu’espèce.

Donc, il ne s’agit pas de s’assimiler à la France pour rattraper son niveau de vie.

Il s’agit de naître à autre chose.

Il s’agit de demeurer fidèles à tous ceux qui dans notre histoire de guadeloupéenne, se sont battus pour la liberté, la dignité, le respect de la personne humaine, en comprenant que le monde qui vient est à construire autrement dans une tracée inédite, toute inventive, s’inscrivant dans une autre logique qui n’est pas celle des valeurs actuellement dominantes dans le monde.

Et puis, il y a la peur ancestrale, structurante, qui nous incline à craindre l’aventure au monde en dehors des grandes ombres de la France. Elle se traduit de toute éternité par un non-débat politique, ou plutôt par une invalidation systématique du débat politique par le spectre du largage opposé aux bonheurs sécurisés de l’assimilation.

C’est une des conséquences de l’irresponsabilité collective que de nourrir ce tremblement et de nous rendre inaptes à nous penser nous-mêmes, nous penser dans le monde, autrement qu’à l’horizontale.

Mais cette peur qu’est l’assimilation ne tient pas une seconde en face d’une analyse des dynamiques actuelles du monde. Dans cette époque de techno-science et d’architecture économique immatérielle, tout est basé sur la créativité singulière, l’innovation, la recherche, la formation, la performance, le débrouillement inventif, l’éclat intuitif, la capacité de vision intime.

Nous devons quitter cette ombre pour entrer en solidarité vraie, honorable, active et responsable avec la France. Nous pouvons sortir de la cale pour adhérer en conscience responsable à l’expérience républicaine française, sans rien nous interdire des évolutions ultérieures de cette conscience. Nous devons quitter le fixe pour nous placer en devenir sur la grand-scène de nous-mêmes et du monde.

Une dynamique de responsabilisation va susciter de nouveaux oxygènes politiques et de nouvelles ferveurs vont vouloir s’engager. Des désirs vont naître. Des compétences vont enfin quitter les villas, les 4X4, les sociétés secrètes et les Clubs services, les bien être artificiels, pour s’intéresser au pays réel.

Les politiciens dépassés auront certainement du mal à respirer l’oxygène très vif de la responsabilité ; mais ceux à venir, les jeunes, naîtront dans l’expérience du combat démocratique en responsabilité, acquerront cette culture, et nous irons avec eux au vent de ce beau risque à courir.

Nous n’avons pas à avoir peur de nous-mêmes. Nous avons plutôt à redouter ce qui en nous-mêmes reste tapi dans de l’irresponsabilité, se maintient et se renforce ainsi.

Nous exprimons ceci : il n’y a jamais de moment en la matière d’un vrai acte politique ! Il y a simplement des processus de maturation interne qui tout soudain fleurissent.

Nous reconnaissons en les événements actuels, une résultante d’un long combat d’organisations politiques, syndicales, des Associations, de militants, d’artistes de ce pays-ci.

Nous sommes prêts pour la responsabilité.

Pas seulement parce que nous avons atteint le fond de l’assistanat, mais simplement parce que notre interprétation du monde nous indique que chaque peuple devra inventer seul, par son génie intime, un nouveau souffle.

Nous sommes mûrs pour la responsabilité.

Nous sommes résolument pour une Guadeloupe sociale ou le partage, et l’échange honorable entre tous, les plus riches, comme les plus démunis se réalise.

Notre accession à un processus de responsabilité n’est pas un combat contre la France. C’est au contraire l’unique manière de susciter entre la Guadeloupe et la France un lien véritable, d’échange et de partenariat, de solidarité et de respect, toutes choses inexistantes dans l’assujettissement irresponsable. Nous avons à vivre notre pays, à le décider, à l’épanouir, à cultiver notre base caribéenne, notre champ américain, à affronter les souffles du monde.

Des guadeloupéens de partout doivent pouvoir apporter leur concours au projet d’ensemble que nous avons entrepris d’élaborer avec tous.

Il s’agit dès maintenant de penser une autre manière du vivre-ensemble, du faire-société.

Il s’agit de, changer nos vies, d’invalider l’absurdité de l’hypercapitalisme, de mettre à bas l’idole de la croissance qui n’ouvre qu’à l’indécence de superprofits, d’entrer dans une logique de décroissance équitable, intelligente, sélective, progressive, qui nous mènera immanquablement à un autre imaginaire, un autre rapport entre les peuples, un autre rapport à notre environnement.

Tous les peuples du monde devront penser l’alternative aux appétits capitalistes et à la prédation économique : c’est une affaire de survie.

Tous devront en finir avec la dictature capitaliste qui a exacerbé en nous des comportements d’individuation sèche, d’angoisses insensées, de violences nées de la violence économique, de conquête sans projet, de toute-puissance sans perspective ; en finir avec ces valeurs liées à la consommation, à ce culte pulsionnel de l’argent, à ce travail vide de sens qui ne sert qu’à augmenter notre pouvoir de consommer et qui nous consume.

Personne n’a encore la solution, mais mille propositions souterraines circulent déjà. Les solutions sont en tous.

L’hypercapitalisme transforme tout en marchandise. Alors notre intention globale, et notre autonomie, nous amèneront à systématiser les espaces non-marchand, à nous définir des limites respectueuses des biotopes, à renouer avec une idée du travail constructeur de soi, constructeur d’âme et de sens en face des absurdités de la mort et du vivre.

Nos traditions guadeloupéennes connaissent déjà la pratique du don, du coup-de-main, du donner-recevoir-rendre, du sanlajan... En la matière nous sommes en terre connue...

Notre pensée institutionnelle visera à conforter tous les services publics, à renforcer les associations d’intérêt général, à honorer les lieux de bénévolat, à favoriser toute implication citoyenne et solidaire envers les jeunes, les plus fragiles et les personnes âgées, à étendre le principe de gratuité sur le transport, sur l’école, sur l’université, sur la santé, sur la formation, sur la culture, à favoriser la recherche, l’innovation, les nouvelles technologies...

Que la parole soit maintenant redistribuée, que se taisent les marchands avides, les experts, que s’écartent les économistes, que nous lâchent les bureaux d’études, et que parlent les poètes, les artistes, les enseignants, les artisans, les maîtres pêcheurs et les agriculteurs, les marchandes de pistaches, les vendeurs de snowball, les chômeurs, les piégeurs de crabes, et les driveurs à boosters, les djobeurs, que se lèvent les belle idées, les audaces poétiques, les raisons pas raisonnables, les consciences pas sérieuses ; que chaque mairie, chaque école, chaque lycée, toutes les classes d’universités, les syndicats, les mutuelles et coopératives, les clubs de grandes personnes, ouvrent sur place la publique un forum permanent autour de ces questions :

« Quelle Guadeloupe nouvelle dans quel monde nouveau ? »
« Quelle Guadeloupe imaginer pour quel monde à construire ? »
« De quelle Guadeloupe j’ai grande envie, et que puis-je faire à mon niveau pour cela ? »...


Que tout s’entende, que tout se dise, que tout soit rassemblé, que tout soit distillé, et que tous nous bâtissions ensemble-ensemble, au plus large, au plus haut, au plus déterminant, au plus audacieux, au plus inattendu, une vision sans limite de cette avancée en responsabilisation.

Gerard Delver



[1] Cadre culturel Comédien Président : Mouvman AKOMA Est né et habite en Guadeloupe








Soutien à la lutte
du Peuple Guadeloupéen et au LKP



Depuis le début de l’année, le collectif « Lyannaj Kont Pwofitasyon » « Unité contre l’exploitation de l’homme par l’homme » qui regroupe une cinquantaine d’organisations, de syndicats, de partis, d’associations culturelles et de consommateurs, des ouvriers, des paysans, des artisans, des enseignants, des fonctionnaires, des employés, des cadres, des chômeurs, des entrepreneurs, des retraités, des jeunes de Guadeloupe, mène une lutte contre la vie chère, contre la dégradation permanente du tissu social et économique avec son cortège de chômage et de misère, contre la détérioration continue des services publics, contre l’accaparement de la terre et la pollution des sols, et aussi pour une « nouvelle société débarrassée de la domination et de l’exploitation capitaliste et colonialiste ».

3 semaines de grève générale et de manifestations suivies par toutes et par tous, ponctuées par des manifestations réunissant des dizaines de milliers de guadeloupéens, ce qui équivaudrait à plusieurs millions de manifestants en France.

3 semaines de grève générale et de manifestations pendant lesquelles le collectif LKP a établi une plate-forme globale de revendications et lancé un mode d’action, notamment des négociations filmées en direct par les médias locaux, repris par les martiniquais qui menés par le « collectif du 5 février » sont en grève générale depuis cette date et par les réunionnais avec le « Front Péi du 5 février ».

3 semaines de grève générale et de manifestations interpellant l’Etat, le Patronat, les Elus sur la permanence d’une société coloniale qui n’a guère changée depuis l’ère esclavagiste avec des blancs créoles et métropolitains aux commandes, il n’y a qu’à regarder la composition de la réunion des patrons guadeloupéens pour le vérifier mais c’est tout aussi vrai dans l’administration, et des nègres et des indiens aux soutes, sur la permanence d’une politique colbertiste interdisant de fait toute possibilité d’une infrastructure économique digne de ce nom et d’une réelle souveraineté et sécurité alimentaires, sur une société où la discrimination vis-à-vis du peuple guadeloupéen est la règle et où la lutte des classes est intrinsèquement liée à une lutte des races sociales.





3 semaines de grève générale et de manifestations où la capacité qu’a le collectif à fédérer tant d’organisations, à mobiliser en profondeur le Peuple Guadeloupéen, à poser toute la dimension d’une Guadeloupe assujettie au colonialisme et au capitalisme, à imposer un débat public permanent et transparent à tous les acteurs institutionnels et socio-professionnels est le signe, si besoin en était, que cette mobilisation du Peuple Guadeloupéen est une mobilisation de fond qui affirme clairement que la réponse aux revendications des Guadeloupéens passe par de vrais changements politiques, économiques et sociaux et non par des actions partielles, circonstancielles et opportunistes comme le proposent patronat et gouvernement qui cumulent mépris du peuple et de ses représentants, musellement de l’information, tentatives de divisions et menaces sous-jacentes de répression en faisant débarquer des compagnies de gendarmes, implicitement soutenus par l’indifférence notoire des médias, partis et organisations de France qui ont attendu la visite du secrétaire d’état pour s’exprimer sur la grève.

Le MIR, qui regroupe émigrés et descendants d’émigrés de toutes les colonies passées et présentes de la France confrontés pareillement au mépris collectif du monde blanc, aux discriminations politiques, sociales et culturelles, à la lutte de races sociales, soutient totalement la lutte du LKP, la lutte du Peuple Guadeloupéen, la lutte des Peuples de la Guyane, de la Martinique, de Mayotte, de Nouvelle Calédonie, de Polynésie, de la Réunion, de Wallis et Futuna pour leur droit à vivre chez eux comme ils l’entendent, pour leur droit à disposer d’eux-mêmes.

Comme le chantent les Guadeloupéens « La Gwadloup sé tan nou, La Gwadloup a pa ta yo, Yo péké fè sa yo vlé an péyi an-nou », « La Guadeloupe appartient aux Guadeloupéens, la Guadeloupe n’appartient pas à la France, la France ne fera pas comme bon lui semble en Guadeloupe » le présent le prouve, l’avenir le prouvera encore et encore.

Kembé rèd, pa moli.

Mouvement des indigènes de la république

Paris, le 12 février 2009

Jeudi 12 Février 2009

http://www.indigenes-republique.fr/une.php3?id_article=407












AU PEUPLE MOBILISÉ !


Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police.

Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination. J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.




Je suis un combattant
aux mains nues !




Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement. Avec des camarades de l’U.G.T.G. et de la C.T.U., nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien.

Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les « mamblo » (Gendarmes) nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque.

C’est ainsi que j’ai compris qu’ils n’étaient pas seulement venus lever des barrages mais qu’ils étaient venus « casser du nègre » comme ils l’ont dit eux-mêmes. Ils m’ont encerclé et frappé. Je dois vous préciser ce qu’ils m’ont dit car je veux que vous compreniez à qui nous avons affaire.

Lors que je recevais des coups de pieds dans le ventre et que je me traînais par terre, voilà ce qu’ils m’ont dit : « On a vu ta sale gueule à la télé, on va te la casser et tu ne pourras plus la montrer. On va vous casser sales nègres, chiens de nègres ! »

J’ai vu qu’ils traînaient par les cheveux, une femme du quartier qui manifestait son indignation lorsqu’ils m’ont frappé. Ma seule arme a été de crier, de hurler ce qui a provoqué la colère des habitants du quartier.

C’est comme cela que j’ai pu en réchapper. Je ne sais ce qui est advenu de cette dame et je lui envoie, de mon lit, mon salut militant. Je la remercie d’avoir eu le courage, elle qui m’a sauvé avec les voisins du quartier. On dit que les Guadeloupéens sont des lâches mais voilà un exemple d’engagement et de courage. Je demande aux militants de resserrer les liens, de s’armer de courage, de renforcer la mobilisation.

Il faut encore élargir nos rangs et approfondir notre combat. C’est toute la Guadeloupe qui est derrière nous. La victoire est à portée de mains. Nous avons écrit une belle page dans le combat pour l’émancipation : la liberté commence aujourd’hui !

Du fond de mon lit d’hôpital, je dis à tous mes frères : « Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé ! » (Ensemble nous luttons, ensemble nous gagnerons)



Alex LOLLIA

Pointe-à-Pitre, le 17 Février 2009






De : marcel du boulevard
mercredi 18 février 2009








Un dérapage programmé !


Une nuit d’émeutes ! Des affrontements, des poubelles renversées, des voitures et des commerces incendiés, voilà qu’en marge de la mobilisation du LKP se fait jour une autre contestation : une violence péri urbaine, la révolte d’une jeunesse acculée à la marginalisation et qui échappe à tout contrôle. Très tôt pourtant, Elie Domota, le leader du Collectif avait prévenu, mettant en garde l’Etat contre toute tentative de réprimer par la force la mobilisation du 20 janvier. La Guadeloupe a ainsi vécu quatre semaines de mobilisation et de grève générale sans précédent, sans que l’on puisse imputer le moindre incident au Collectif et aux manifestants. En lançant ses gendarmes et ses policiers contre des manifestants pacifiques, le pouvoir a une fois de plus manqué de psychologie et d’intelligence dans la gestion d’une crise qu’il a sous estimée, réitérant les mêmes turpitudes et les mêmes erreurs que par le passé dans un pays qu’il connait mal. Le préfet, Nicolas Desforges depuis sa tour d’ivoire préfectorale se retranche à l’instar d’Yves Jégo et du pouvoir qu’ils incarnent derrière «l’Etat de droit…», autrement dit derrière ce qui est légal. Or dans les rues de Guadeloupe, comme désormais en Martinique, en Guyane où à la Réunion, les peuples d’Outre-mer parlent de justice.




Le gouvernement de Vichy était sans doute légal, était-il seulement juste ? A l’évidence, l’Etat qui n’a pas arrêté de brandir la menace de recourir à la force et de grossir ses troupes depuis le début de la mobilisation (on parle de 3000 gendarmes et de cercueil en plastique arrivés en Guadeloupe), avait très tôt envisagé une répression féroce de ce qu’il considère comme étant un acte de désobéissance inacceptable. Il est responsable et coupable d’un dérapage programmé dans ce qui n’était qu’une mobilisation légitime et pacifique. Mais il n’en porte pas seul la responsabilité.

Le patronat guadeloupéen qui a beau jeu d’appeler aujourd’hui à la trêve et à la responsabilité, s’est enfermé dans un schéma vieux de quatre cent ans, digne des moments les plus odieux de la période esclavagiste. Willy Angel, envoyé en première ligne par ceux là qui tirent véritablement les ficelles, va-t-il encore continuer longtemps à prendre les guadeloupéens pour des idiots ?

Quant à nos élus, ils manquent terriblement d’audace. Face à un Etat qui ne respecte pas la parole donnée, pourquoi ne démissionnent-ils pas de leur mandat respectif pour rejoindre les rangs d’une contestation populaire dont ils reconnaissent tous la légitimité ? Un acte symbolique fort vaudrait sans doute mieux que les palabres infructueux auxquels on assiste à droite comme à gauche. A la dernière élection présidentielle, la Guadeloupe comme quelques intellectuels qui sont aujourd’hui en première ligne du Liynannaj, a voté majoritairement Nicolas Sarkozy ; un président qui n’a pas daigné à ce jour répondre à l’urgence de la situation…

Du reste, l’Etat qu’il dirige est objectivement coupable d’avoir programmé les dérapages auxquels on assiste aujourd’hui. Les élus locaux ne sauraient être exonérés de leur responsabilité.

Le pouvoir peut encore éviter le pire en faisant œuvre de justice face à des revendications dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles sont légitimes. On a bien tenté de semer la zizanie entre les guadeloupéens au nom des libertés élémentaires de chaque citoyen, ce qui relève d’un ignoble sarcasme dans un pays où les services de l’Etat incarnent le plus odieux manichéisme, avec d’un côté à tous les postes décisionnels des fonctionnaires blancs et de l’autre des exécutants noirs, ce qui fait dire à juste titre à Elie Domota : «...aujourd’hui, le pouvoir correspond à une couleur (…), au sommet de la pyramide, on retrouve les blancs et les européens, au bas de l’échelle on retrouve les nègres et les indiens… »


A un pouvoir injuste qui ne lance pas ses gendarmes contre le patronat lorsque... pour défendre sa défiscalisation, il bloque le pays trois jours durant, ni lorsque qu’il prend d’assaut l’aéroport, mais qui diabolise l’expression populaire d’un ras le bol légitime, il importe de dire ses quatre vérités. Diaboliser le mouvement, comme en d’autres temps l’UGTG, les élus s’y sont aussi essayé ; une erreur grave qui pourrait être lourde de conséquences.


C’est la voix de tout un peuple
qu’ils risque de ne pas entendre.



Mardi 17 Février 2009


http://www.newsantilles.com/index.php?option=com_content&task=view&id=460&Itemid=58




 
Accomplir le rêve de Toussaint Louverture

19 février 2009

Jacques Cheminade

Paris, le 18 février 2009 — La combinaison de la dépression financière internationale, de la baisse d’un pouvoir d’achat déjà bien plus bas qu’en métropole et d’un racisme plus ou moins diffus ont conduit à ce qui se passe en Guadeloupe. L’Etat français a été longtemps et demeure absent de coeur, incapable d’imposer le principe de justice aux intérêts particuliers d’une économie de comptoir. Les élus locaux, de toutes tendances, sont eux aussi incapables de faire face et de défendre les intérêts des Antilles et de son peuple.

Elie Domota a eu le mérite de donner une voix aux sans voix. Puissent les femmes et les hommes du pays de Césaire, de Glissant et de Chamoiseau sortir de leur dépendance et devenir exemplaires pour toute leur région, avec un statut d’autonomie qui leur permette à la fois de demeurer français et d’être inspirateurs d’une Fédération des Caraïbes, le rêve de Toussaint Louverture accompli.

Utopie ? Non, car c’est continuer comme on va qui ne peut que conduire au désastre, à un Fort de Joux politique.

Je m’abstiendrai volontairement d’intervenir davantage pour ne pas être un pêcheur de plus en eau trouble, si ce n’est pour soutenir, là où je me trouve, toutes les revendications légitimes, sociales, économiques et culturelles de ceux qui font revivre là-bas, en échappant aux provocations, une espérance de liberté, d’égalité et de fraternité. Il est temps que nous accordions la politique de la France à la devise de la République, pas avec de vaines paroles, mais par des actes refondateurs. Remercions les Guadeloupéennes et les Guadeloupéens de nous lancer ce défi.


lire :






DECLARATION DU PARTI COMMUNISTE POUR L’INDEPENDANCE ET LE SOCIALISME DE LA MARTINIQUE (PKLS)

ET MAINTENANT CONTRE TOUS LES « PWOFITè » ET LA « PWOFITASYON » DE L’ETAT COLONIAL FRANÇAIS EN AVANT POUR LA CONSTRUCTION D’UNE MARTINIQUE MARTINIQUAISE.

jeudi 2 avril 2009 par COMAGUER




Les 38 jours de grève générale qui ont marqué la Martinique revêtent incontestablement un caractère historique du fait tant de son ampleur que du niveau exceptionnel de la mobilisation populaire. Des milliers et des milliers de manifestants tous les jours dans les rues de Fort de France, des milliers de martiniquais en état de mobilisation dans tout le pays, des centaines de militants sur les barrages aux entrées des principales zones d activités, une adhésion populaire massive au mouvement dirigé par le « collectif du 5 février 2009 contre la vie chère, pour le pouvoir d’achat et l’emploi ».

Quoiqu’en disent les détracteurs de ce formidable mouvement de résistance contre la « pwofitasyon », les succès de la mobilisation sont conséquents. Plus de 236 points d’accords immédiats ont été arrachés et actés. Près d’une centaine sont encore en cours de négociation. Les points d’accord concernent les domaines les plus divers comme la baisse des prix de 20 % sur 100 familles de produits, les tarifs bancaires, le logement social, les assurances, les mutuelles, les transports, l’éducation, la santé, l’agriculture, les salaires, la fonction publique ...


DES VICTOIRES INCONTESTABLES

Ces points d’accord arrachés de haute lutte sont le fruit de la mobilisation. Ce sont des VICTOIRES.

Bien évidemment ces acquis ne règlent pas tout. Beaucoup d’entre eux ont un caractère éphémère, beaucoup de revendications avancées restent encore sans réponse tant au niveau du patronat que de l’Etat ou des collectivités locales.

A cet égard, le PKLS appelle les martiniquais à poursuivre la mobilisation afin que l’on ne reprenne pas d’une main, ce que l’autre main a dû céder à contre coeur sous la pression de la mobilisation populaire. C’est ainsi que les comités de contrôle de quartier pour la baisse des prix initiés par le collectif du 5 février doivent être renforcés dans tout le pays. Dans les entreprises la vigilance s’impose également pour le respect effectif des accords signés. De même que doit se poursuivre sans relâche la lutte pour les revendications essentielles comme le droit de vivre et de travailler au pays, la sauvegarde des services publics dans l intérêt de tous, l exigence des revenus décents pour les milliers de martiniquais qui vivent dans la précarité.

Cependant la victoire du mouvement du 5 février ne saurait s4arrêter à ces acquis. Elle augure l’orientation des luttes de demain :
Le renforcement de l’unité syndicale, sans quoi aucune avancée d’ampleur ne saurait être viable
La victoire du mouvement s’apprécie également par la participation massive des femmes sur les bases de revendications générales avancées mais aussi pour la conquête légitime dans tous domaines de l’égalité des sexes
L’engagement déterminé de la jeunesse. Cette jeunesse que d’aucuns jugeaient amorphe, perdue, « Krazé » et qui a été à bien des égards l’élément dynamique de la résistance populaire ;
La libération de la parole des femmes et des hommes de notre Martinique sur leur ressenti enfoui d’êtres humains vivant en pays dominé, en pays colonisé. Oui grâce au mouvement du 5 février la parole s’est libérée. Enfin !
La pleine conscience de la puissance des masses populaires donc de nous-mêmes « ANSANM NOU PLI FÒ » face à l’Etat français et au grand patronat.
L’éclosion de la conscience de classe chez bon nombre de martiniquais en particulier ceux des jeunes générations exprimée en termes nouveaux : les « pwofitè », la « pwofitasyon ». La découverte révoltante chez eux d une société dans laquelle la caste béké vivant dans le mythe chimérique de la nécessité de la préservation de la « race » s octroyait le privilège, comme disait notre camarade Marcel Manville « de la peau et du drapeau », de jouir des fruits de l’exploitation esclavagiste en toute tranquillité et en toute arrogance.
L’aspiration déterminée de nous approprier notre passé, notre histoire, notre culture en nous débarrassant des oripeaux, des mensonges et des falsifications historiques instrumentalisées par l’état colonial.
L’ardent désir de construire une société nouvelle plus égalitaire, plus humaine plus fraternelle en jetant par-dessus bord les « pwofitè » : « nou kay fouté yo déwò »
L’explosion du mal être, conscients ou pas des femmes et des hommes de notre pays contraints de survivre dans une société ( pas post coloniale) mais véritablement coloniale dans laquelle les chaines de fer, les chaînes aux pieds, les chaînes aux bras ont été habilement relayées par les moyens modernes de « vèglaj » destinés à nous endormir, à nous immobiliser afin que s accomplissent en douceur les grands desseins de dominateurs : le génocide par substitution et la liquéfaction de notre peuple sacrifié sur l’autel du profit des monopoles capitalistes et de leurs comparses, c’est-à-dire tous ceux qui soutiennent le système.
Le renforcement de la méfiance accrue vis-à-vis des politiciens gestionnaires des institutions coloniales qui, après avoir été des plus réservés vis-à-vis de l’extension de la grève générale, s’y sont ralliés par opportunisme, pour finir par critiquer ouvertement « la méthode » comme si leur méthode de gestionnaire, bon colonisé, qui aboutit en définitive à endormir notre peuple serait la meilleure.





Il convient à cet égard :
De considérer comme il se doit le rôle des « collectivités locales » promptes à jouer le rôle de tampon entre l Etat français et le grand patronat d’une part, et les revendications légitimes des travailleurs d’autre part. La participation du conseil régional et du conseil général au financement de la baisse des prix et de la hausse des bas salaires au détriment de leurs budgets propres pour acheter la « paix sociale » en préservant les profits du patronat et la contribution de l’Etat français ne parviendra pas à freiner le discrédit affectant les élus qui dirigent ces assemblées coloniales.

De mesurer la duplicité et la roublardise de l’Etat colonial français tout au long du conflit. De principal responsable de la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre pays il n’a pas cessé à travers ses représentants (Préfet- gouverneur, et ministre des colonies) à oeuvrer pour redorer son blason s’octroyant le rôle de prétendu médiateur au dessus de la mêlée tout en ayant soin de ne porter aucune réponse concrète aux questions fondamentales impliquant son engagement réel ;


NON AUX VÈGLAJ DE L’ETAT COLONIAL FRANCAIS

Le PKLS appelle les martiniquais a ne pas se bercer d’illusions sur les propositions avancées par les gouvernants français et qui ne sont destinées qu’à nous détourner de la lutte Les Etats généraux proposés par le Président de la république française se situent dans la lignée des colloques, des séminaires, des grands messes organisées régulièrement par le pouvoir français pour rabibocher au mieux de ses intérêts un système pourri en faisant croire qu’il se « penche » sur nos problèmes. Une fois de plus, le but de la manoeuvre consistera à faire avaliser par les « locaux » ses solutions éculées ses recettes défraîchies qui ont pour nom « zones franches », exonérations fiscales au profit du grand patronat et aujourd’hui trouvaille nouvelle « ouverture à la concurrence ». Les martiniquais n ont que faire de cette ouverture à la concurrence proposée qui consiste en définitive à organiser la pénétration encore plus massive des grands groupes monopolistiques français et européens avides de conquérir de nouveaux marchés aussi infimes soient-ils. Cette démarche du pouvoir français consiste à nous maintenir dans une logique de sous-développement durable et de totale dépendance économique au détriment d’une logique d’économie de production mettant en valeur nos ressources propres dans l’intérêt bien compris de notre pays.

Quant à « l’évolution institutionnelle » qu’il appelle de ses voeux elle n’est destinée qu’à aménager, qu’à replâtrer son système de domination.


LA QUESTION MAJEURE : LA PLEINE RESPONSABILITE MARTINIQUAISE

Le PKLS invite les martiniquais à ne pas s’enfermer dans des débats stériles et à s’attaquer aux problèmes de fond que seule la mobilisation populaire massive et déterminée peut résoudre. L’enfermement dans la constitution française et de ses articles 73,74 ou autres ne permet pas de s’attaquer à ces problèmes de fond. Aucune assemblée coloniale, fut elle « unique » aucune autonomie « chòlòlò » (tel que le désire le gouvernement français et les élus martiniquais du « congrès ») ne répondra pas aux aspirations de la jeunesse martiniquaise de « vivre et travailler au pays ».

Il ne permettra pas davantage de récupérer des mains des békés la terre martiniquaise au profit de la collectivité martiniquaise et d’en finir avec l’agriculture coloniale de monoculture, de bâtir une économie martiniquaise de redonner espoir à notre peuple et à notre jeunesse.

La mise en oeuvre des solutions véritables pour sortir de la logique coloniale de la dépendance ne peut se faire que par un pouvoir martiniquais contrôlé par le peuple dans un Etat indépendant.

Aujourd’hui, en totale rupture avec les politiciens de divers bords qui prétendent que cette question n’est pas à l’ordre du jour, imposons-leur, comme nous leur avons imposé la dernière grève générale, notre ordre du jour.

Rejetons leurs manoeuvres politiciennes, leur calcul minable pour la préservation de leurs petits intérêts sordides et prenons le chemin de la lutte en vue de la reconnaissance du peuple martiniquais et de son droit à l’autodétermination, de la conquête du pouvoir politique et de la constitution de l’ETAT MARTINIQUAIS.

Ce changement véritable ne peut venir ni des lois françaises, ni des arrangements concoctés par les politiciens, mais de NOUS-MEMES, PEUPLE MARTINIQUAIS. Poursuivons le combat entamé le 5 février sur le terrain politique pour l’émancipation de notre peuple et la construction d’une Martinique nouvelle ouvrant une nouvelle page de son histoire.

PLI DOUVAN POU MATÉ LES PWOFITÈ EK MÉTÉ MATINIK DOUBOUT !
MATINIK SÉ TA NOU, MATINIK SÉ PA TA YO.
ANSANM, ANSANM, NOU KÉ PWAN YO
Martinique 31 mars 2009


Pour le PKLS

J. P. ETILE

Source : COMAGUER