Je
suis antiraciste
Par
Gilad Atzmon Entretien réalisé par Hasan Uncular. Je suis totalement
opposé à toute forme de politique raciste, et c’est la raison pour laquelle je
méprise toute forme de politique juive, qu’elle soit de gauche, de droite ou du
milieu. J’en ai ras-le-bol de toutes ces organisations « exclusivement juives
». Qu’il s’agisse des « Juifs pour un seul Etat », ou des « Juifs pour la paix
». Je suis contre ça, parce que ça ne vise qu’à promouvoir les intérêts tribaux
juifs, et non pas l’humanité, ni la fraternité. L’expérience politique juive est,
peu ou prou, toujours racialement orientée, et chauvine jusqu’à la moelle.

Hasan Uncular [HU] : Cher
Gilad, quelle analyse faites-vous du carnage israélien à Gaza ?
Gilad
Atzmon [GA] : Cher Hasan, je ne pense pas qu’il s’agisse réellement d’une question
d’évaluation. Nous avons tous conscience du niveau [incroyable] des destructions
infligées à des civils innocents par l’Etat juif. Gaza ressemble à un paysage
d’après-bombe atomique. Pourtant, comme nous le savons, cette dévastation ne résulte
pas du lâcher d’une seule bombe atomique. Non, en réalité, il y a eu une campagne
impitoyable et interminable, conduite par une armée nationale et populaire, qui
a recouru à un enchaînement de bombardements lourds, au moyen d’armes conventionnelles,
mais aussi de projectiles non-conventionnels. Le carnage, à Gaza, est le résultat
d’un raid aérien sinistre, continu et intensif contre les civils vivant dans la
région la plus densément peuplée sur notre planète. Aussi, davantage que par l’évaluation
du carnage en lui-même, je suis très intéressé dans l’évaluation des gens qui
sont capables de causer une telle destruction. Autrement dit, je suis intéressé
à percer l’identité collective israélienne, mais aussi l’identité collective juive.
Je me demande comment il est possible que les Israéliens, ce peuple qui a « ressuscité
de ses cendres », ait pu devenir, collectivement, l’incarnation du mal moderne.
Comment se fait-il que les juifs de la diaspora soutiennent quasi unanimement
Israël et ses crimes contre l’humanité ?
« Israël se sent totalement
libéré d’une quelconque retenu morale ou éthique »
[HU] : Pourquoi Israël
viole-t-il ainsi en permanence la légalité internationale, et pourquoi ne respecte-t-il
pas les accords signés ?
[GA] : J’imagine que c’est parce que les Israéliens
sont imbus de sentiments de supériorité, qui ont sans doute quelque chose à voir
avec l’interprétation séculière de l’Election juive. En fin de compte, Israël
est bien l’Etat juif, non ? Bien que la société israélienne soit dans une large
mesure une société laïque, elle réussit à perpétuer l’héritage judaïque de la
suprématie raciale. Il s’agit, de fait, de l’interprétation laïque nationaliste
de la tradition juive qui a évolué en une inclination collective meurtrière. Il
est important de noter que tandis qu’à l’intérieur du contexte juif, l’élection
est interprétée comme un fardeau moral impartissant aux juifs de représenter une
exemplification du comportement moral, dans l’Etat juif, l’élection est interprétée
comme une autorisation à dominer et à tuer. Dès lors que les Israéliens se considèrent
le peuple élu, ils se sentent manifestement libérés de toute préoccupation éthique
ou morale. A cela s’ajoute le fait qu’ils ne sont absolument pas concernés par
le jugement ou la pensée des autres peuples ou des autres nations. Cette philosophie
arrogante a été définie par le Premier ministre israélien David Ben Gourion, dans
les années 1950, quand il a déclaré : « Peu importe ce que les Goyim [les Gentils,
les non-juifs] disent ; seul importe ce que les juifs font ! »
«
Il faudrait décerner à Peres le prix Nobel de Physique ( nucléaire) ! »
[HU] : Quelle est, à vos yeux, l’importance de la réaction du Premier ministre
(turc) Recep Tayyip Erdogan, à Davos ?
[GA] : Pour moi, il est évident
que le Premier ministre Erdogan a été très courageux en s’opposant au mensonge
israélien sur une scène internationale. De plus, il a réellement mis dans le mille
en dévoilant le symbole suprême de ce mensonge-même. Je fais allusion ici au criminel
de guerre et néanmoins Président d’Israël Shimon Peres, qui, en dépit de son passé
accablant [Kafr Kana, réacteur nucléaire de Dimona, etc], a réussi à s’arroger
un prix Nobel de… la paix ! Considérant sa contribution fondamentale au projet
de recherches en matière d’armes de destruction massives de Dimona, un prix Nobel
de Physique (nucléaire) aurait été plus indiqué.
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| C’est
Israël, qui a besoin de la Turquie !
[UH] : De quelle manière le lobby
juif agit-il contre le Premier ministre Erdogan et contre les juifs dotés d’une
conscience ; comment le peut-il ?
[GA] : C’est une excellente question
; mais je ne suis pas expert ès-tactiques juives… Toutefois, j’ai parfaitement
conscience de l’influence qui est la leur. Dès lors que les finances du parti
Travailliste britannique sont gérées par des sionistes aussi enragés que [le faux-noble]
Lord cash Machine Levy et que le secrétaire général [chief of staff ] de la Maison-Blanche
n’est autre qu’un sioniste ultra, nous devons nous attendre à ce que ce soient
les intérêts sionistes qui donnent forme à notre réalité, et cela signifie énormément
de conflits, de carnages et le sang versé d’innombrables civils innocents.
Toutefois, nous devons garder à l’esprit le fait que le vent est en train de tourner.
Ce que nous voyons et ce que nous entendons, à Gaza, suscite une indignation gigantesque
contre Israël et ses séides, dans le monde entier. Pour moi, il est difficile
de prédire quelles seront les mesures que ne vont pas manquer d’adopter les lobbies
juifs à l’encontre du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Il peut probablement
d’ores et déjà s’attendre à être présenté comme leur nouveau protagoniste antisémite.
Comme nous le savons, il ne faut pas très longtemps pour en devenir un.
Si, dans le temps, les antisémites étaient les gens qui n’aimaient pas les juifs,
aujourd’hui, il s’agit de ceux que les juifs haïssent. Il n’en reste pas moins
que nous devons avoir à l’esprit l’idée que l’amitié de la Turquie est très importante,
pour Israël. La Turquie était en effet, jusqu’ici, l’unique pays ami d’Israël
dans toute la région. Ces derniers temps, elle a joué un rôle d’intermédiaire
en vue de négociations (hypothétiques) avec la Syrie. En bref, c’est Israël, qui
a besoin de la Turquie…
[HU] : Comment les relations israélo-turques
peuvent-elles être affectées par le clash entre Erdogan et Peres, à Davos ?
[GA] : Je préfère vraiment ne pas répondre à cette question ; je ne suis pas précisément
un expert, en cette matière…
« Je suis simplement antiraciste »
[HU] : Avez-vous un message conclusif à adresser au monde, et au peuple turc ?
[GA] : Je n’aime pas envoyer de messages « conclusifs » et, ce, pour
trois raisons :
1. Je n’aime pas les déclarations sans appel ; je tiens
à me réserver une option de regret, et je veux être en mesure de réviser mes opinions,
sur quelque sujet que ce soit ;
2. Je pense que ceux qui envoient des
« messages finaux » doivent être des gens très importants et très intelligents.
Quand à moi, je suis avant tout un artiste ; je procède à l’introspection, et
je partage ce que je vois avec mes auditeurs et mes lecteurs ;
3. Contrairement
à ces hommes politiques qui savent ce qui est bien et ce qui n’est pas bien pour
les autres qu’eux-mêmes, j’ai déjà du mal à savoir ce qui est bien, pour moi-même…
Toutefois, ma politique, pour ainsi dire, est très simple : je suis pour
une expression éthique. Cela signifie que dans telle ou telle circonstance, je
m’efforcerai de trouver, par moi-même, ce qui est bien et ce qui est mal. Je ne
crois pas au dogmatisme. Je le redis : pour moi, la quête morale est un processus
dynamique, consistant à modeler, et à refaire.
Il y a environ une semaine,
un ami, le légendaire musicien Robert Wyatt, m’a aidé à mettre cela en parole,
de la manière la plus éloquente et simple qui soit. « Ma politique », a-t-il dit,
« est très simple : je suis simplement antiraciste ». C’est vraiment ce autour
de quoi tourne tout le reste : être antiraciste…
Je suis totalement opposé
à toute forme de politique raciste, et c’est la raison pour laquelle je méprise
toute forme de politique juive, qu’elle soit de gauche, de droite ou du milieu.
J’en ai ras-le-bol de toutes ces organisations « exclusivement juives ». Qu’il
s’agisse des « Juifs pour un seul Etat », ou des « Juifs pour la paix ». Je suis
contre ça, parce que ça ne vise qu’à promouvoir les intérêts tribaux juifs, et
non pas l’humanité, ni la fraternité. L’expérience politique juive est, peu ou
prou, toujours racialement orientée, et chauvine jusqu’à la moelle.
Bien
que je sois convaincu que les gens sont fondés à lutter pour conquérir leur droits
(comme, par exemple, le combat des Palestiniens), je pense aussi que les gens
devraient savoir de quelle manière réinstaurer la paix et l’harmonie. En ce qui
concerne la politique israélienne et la politique juive, c’est exactement ce qui
dont nous avons besoin. Tout ce que nous voyons, c’est la vengeance et la colère,
qui entraînent de plus en plus de violence. Il est parfaitement évident que les
Israéliens ne sont pas vraiment familiarisés avec les notions de pitié et de compassion.
La suggestion spirituellement génératrice d’harmonie faite par Jésus, résumée
par l’expression « tourner l’autre joue », semble, aux oreilles des Israéliens,
un concept amusant et oiseux. Apparemment, pour eux, « choc et terreur », « shock
and awe », voilà qui semble bien plus sexy. C’est démocratiquement qu’ils ont
voté en faveur du carnage, de la destruction et du génocide.
Mais, après
tout, ils ont bien le droit de voter… Ne sont-ils pas la « seule démocratie au
Moyen-Orient » ?
C’est, tout au moins, ce qu’ils prétendent…
Source : Timeturk
Traduction : Marcel Charbonnier
http://ism-france.org/
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