21 janvier 2009

Ils ont violé notre conscience
d’hommes et de femmes





BELAALI Mohamed


Israël vient de terminer son travail, fièrement, ostensiblement. Il vient d’achever froidement le massacre le plus horrible de ce début du siècle. Les dirigeants de ce monde insensé ont assisté sagement au spectacle de l’horreur absolue. Mais nous, citoyens du monde entier, les tueries collectives, les visages déformés, le linge blanc tâché de sang dans lequel les enfants sont enveloppés, les crânes fracassés, les chairs transpercées, les corps déchiquetés, les cadavres noirs et gonflés dispersés à travers des rues désertées, et à côté de leurs mères mortes, des enfants affamés et abandonnés, ce spectacle là nous a révoltés. Il a violé notre conscience d’hommes et de femmes.



Nous sommes sortis par millions à travers toute la planète crier de toutes nos forces notre dégoût pour cette tragédie humaine. Mais notre cri n’a eu comme réponse que le silence complice de nos dirigeants. Ils sont restés de marbre. Et le plus insupportable, c’est qu’ils veulent qu’on leur ressemble : devenir des êtres sans âme, calculateurs sordides, opportunistes, cyniques, sans aucun sentiment humain, bref de véritables brutes.


Jamais le contraste entre les peuples et leurs gouvernements n’a été aussi violent. Etrange démocratie qui reste parfaitement compatible avec les crimes contre l’humanité. En son nom, les pires atrocités sont commises. Et c’est la même démocratie, celle de la république de Weimar, qui a produit en son temps un monstre dont on continue aujourd’hui encore à dénoncer les crimes. On va taire par pudeur cette immense escroquerie appelée Droits de l’homme.


A travers leurs médias, nos dirigeants nous expliquent froidement, que ces massacres comme ceux par exemple des écoles de l’ONU (48 morts) sont nécessaires pour éradiquer le terrorisme. C’est pour notre bien. C’est pour nous protéger de ces barbares qui déposent des bombes un peu partout et mettent le monde en danger. C’est pour cela qu’ils aident et encouragent Israël à utiliser, même si elles sont interdites par toutes les conventions internationales (entre autres par la Commission des Droits Humains de l’ONU), les armes les plus sophistiquées, les plus meurtrières et les plus horribles.



Médecins et organisations indépendantes accusent Israël d’avoir fait usage à Gaza des armes à Uranium Appauvri(1), des bombes à fragmentations, du phosphore blanc et des armes inconnues. Il faut rappeler que l’utilisation de ces armes notamment à Uranium Appauvri est intimement liée à la notion de génocide. Elles sont considérées comme des armes d’extermination. Mais peu importe. La fin ici justifie vraiment les moyens. Comme par exemple le bombardement des hôpitaux qui manquent de tout et où les blessés par milliers viennent plus pour y mourir que pour se faire soigner. Les ambulances ne sont pas épargnées. Vous comprenez la lutte contre le terrorisme et pour la sécurité d’Israël sont à ce prix. Vous verrez qu’après ces massacres et ces horreurs indispensables, le terrorisme sera vaincu, Israël et le monde vivront en paix. Le temps viendra effacer de vos mémoires ces centaines de morts, de mutilés, de défigurés et les milliers de blessés. Tout rentrera dans l’ordre. Vous verrez.


Mais les crimes d’Israël datent depuis sa création en 1948 et même avant. L’histoire de cet Etat est chargée de massacres que l’on peut cacher, mais que personne ne peut nier : Sa’sa’, Qastal, Deir Yassin, al-Dawayma, Eilaboun, Lydda, Kufur Qasim, Sabra et Chatila, Jenine et aujourd’hui Gaza. A quand les prochaines tueries ? Ben Gourion ne disait-il pas qu’il fallait « attaquer sur tout le front et non seulement à l’intérieur de l’Etat d’Israël ou aux frontières de la Palestine, mais de rechercher l’ennemi et de l’écraser partout où il peut être »(2). Le massacre des palestiniens ne date donc pas d’aujourd’hui. Tous les grands dirigeants du sionisme politique (Weizmann, Ben Gourion, Jabotinsky etc.) malgré leurs divergences sur les moyens, avaient le même but final : faire de la Palestine l’Etat du « peuple juif ».


Le sionisme politique, depuis sa fondation au congrès de Bâle en 1897, porte en lui les germes de la négation des palestiniens. « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » dit le slogan sioniste. Le Grand Israël est incompatible avec l’existence même de ce peuple : Il constitue l’obstacle vivant à la réalisation de ce grand rêve. Il faut donc l’exterminer ou tout du moins le chasser loin de sa terre, la Palestine. « Expulsez-les » disait déjà Ben Gourion en 1948 en parlant de ces mêmes palestiniens.

La grande Bretagne et le sionisme politique ont enfanté un monstre. Aucun Etat au monde aujourd’hui ne semble pouvoir arrêter sa marche vers la barbarie..

Le nombre élevé de victimes dont une partie non négligeable de femmes et d’enfants, le nombre de blessés, de mutilés à vie, les armes utilisées, la destruction de maisons, d’immeubles et autres infrastructures nécessaires à la vie, le degré de brutalité atteint etc. le tout avec l’aide des Etats-Unis, de l’Union Européenne, et de tous les régimes arabes est très inquiétant pour l’avenir de la région. La facilité avec laquelle les dirigeants de ce monde, à deux ou trois exceptions près, acceptent de se soumettre totalement et aveuglément à l’Etat d’Israël constitue en soi un véritable danger pour le monde.


Aucun enseignement digne de ce nom n’a été tiré du passé. Aucune leçon n’a été retenue du présent. A force de mépriser les leçons de l’histoire, on risque de reproduire d’autres tragédies peut-être plus sanglantes encore.

K. Marx écrivait quelque part « celui qui ignore l’histoire est condamné à la revivre ».


Mohamed Belaali

(1) http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7842
http://www.amnesty.ch/fr


(2) Ben Gourion, Rebirth and destiney of Israël. Cité par Lotfallah Soliman dans Pour une histoire profane de la Palestine. La Découverte, p. 120.







Nous aussi, nous accusons !






mardi 20 janvier 2009, par Moukawama



Sobhi Hadidi [1], Al Quds Al Arabi




Le 13 Janvier 1898, le journal français « l’Aurore » publie un article intitulé « J’accuse », signé par le romancier français Emile Zola. Dans ce papier, il prit la défense du capitaine juif Alfred Dreyfus accusé d’avoir livré aux Allemands des documents secrets. Cet article courageux a entraîné un sursaut moral ; de nombreux intellectuels se sont mobilisés, ce qui a permis à Dreyfus d’être gracié puis par la suite réhabilité. Plus que cela, et peut-être grâce à cet appel, Dreyfus a pu réintégrer l’armée et participer à la Première Guerre mondiale pour terminer avec le grade d’Officier de la Légion d’Honneur pour le rôle éminent qu’il a joué dans la défense de Paris, au cours de la Première Guerre mondiale.


Et le 13 Janvier cette fois-ci de cette année, le nombre des martyrs de Gaza avait approché le chiffre de 1000, le nombre de blessé a dépassé les 5000, et environ 30.000 personnes ont quitté leurs foyers bombardés et complètement détruits. Depuis l’attaque barbare de l’ennemi israélien sur la bande de Gaza, et jusqu’au 111ème anniversaire de l’appel de Zola, aucun intellectuel français n’a repris un tant soit peu l’esprit de la position honorable que Zola a marqué dans les annales de l’histoire. A l’exception de quelques textes épars, et un nombre limité de personnes qui ont participé à des manifestations ; celles-ci appartenant à la gauche trotskiste et au Parti communiste français en particulier (contrairement au Parti socialiste dont tous les dirigeants ont été absents de toutes les manifestations), la grande majorité de l’élite française a observé un silence tombal, et sa voix ne s’est élevée que lorsqu’il fallait humaniser la barbarie d’Israël.


Prenons, dans un premier exemple, l’appel de Christophe Barbier, directeur de l’hebdomadaire « Express » sur la nécessité à réfléchir au conflit à Gaza : « Il n’y a pas plus aveugle qu’un militaire ni pire sourd qu’un terroriste. Le premier tire sur tout ce qui bouge, parce que cela peut être un ennemi ; le second vise aussi ce qui ne bouge pas, parce que même un civil endormi est un ennemi. »


Ce sophisme trivial prend parti en faveur de l’armée israélienne sans aucun complexe. Pour preuve, le titre de son article est : « Une guerre juste, juste une guerre ». Quant à l’introduction, pas moins cynique : « Israël a raison de mener cette guerre et il le fait aussi pour notre tranquillité. »


Un second exemple nous est donné par l’attitude de certaines organisations juives françaises. Elles organisent ce même jour, 13 Janvier, un gala en plein cœur de Paris, au profit du MAGAV , la garde frontière israélienne. Celle-ci même qui commet inlassablement des atrocités à l’intérieur des territoires palestiniens occupés, et non pas sur les « frontières ».


Le comble de l’impudence de ces organisations fut dans le choix de la salle située dans une artère symbolique : Boulevard Voltaire, le philosophe des lumières, du droit et du respect de l’autre ! Ce qui rend la situation encore plus honteuse, ce sont les prétendus descendants de Zola (ou plutôt les traitres de Zola) qui ne se sont manifestés d’aucune manière afin de marquer leur indignation.


La palme du courage revient à une organisation juive « Union juive pour la paix », qui s’est opposée, et a écrit au Maire de la Ville de Paris pour protester contre l’organisation d’une telles manifestations dans la capitale des lumières et des droits de l’homme.


Toutefois, l’étiolement de l’éthique de l’élite française se voit davantage lorsque l’on lit la lettre courageuse de l’universitaire français juif André Nouschi (80 ans) adressée à l’ambassadeur d’Israël à Paris, où il dit : " Vous vous conduisez exactement comme Hitler s’est conduit en Europe . Vous méprisez les résolutions de l’ONU comme lui celles de la SDN et vous assassinez impunément des femmes, des enfants ... Vous vous conduisez comme des voleurs de terres et vous tournez le dos aux règles de la morale juive... Honte à vous : Honte à Israël ! Vous creusez votre tombe sans vous en rendre compte. Car vous êtes condamné à vivre avec les Palestiniens et les états arabes. » Il conclut son message en ces termes : « J’ai honte comme Juif, ancien combattant de la 2ème guerre mondiale, pour vous. Que votre Dieu vous maudisse jusqu’à la fin des siècles ! J’espère que vous serez punis ».


Ainsi, chacun de nous doit prendre le texte de Zola comme l’exemple de l’une des pages les plus poignantes dans la relation de l’intellectuel à la vérité. Il est du devoir de chacun de dire, guidé par cet appel : Nous aussi, nous accusons !


Nous accusons les intellectuels français, supposés être dans la lignée de Zola, de trahir l’esprit de son texte, de garder le silence sur la barbarie d’Israël, voire applaudir le bourreau et blâmer la victime.

Il est connu que Zola a pris beaucoup de risques lorsqu’il a affirmé ses convictions, car la liberté d’opinion et d’expression à l’époque n’était pas garantie dans le droit européen tel qu’elle l’est aujourd’hui, et c’est pourquoi il a été jugé et reconnu coupable du délit de diffamation, ce qui l’obligea à quitter la France pour la Grande-Bretagne.

Il est évident qu’aujourd’hui, il existe des « lois » implicites voire secrètes, beaucoup plus dissuasives et implacables que les lois écrites. Celles-ci dissuadent la grande majorité des intellectuels français, et la plupart des intellectuels occidentaux, à suivre l’exemple de Zola. De gré ou de force, ceux-ci trahissent allègrement l’esprit de Zola , avalent leurs langues et brisent leurs stylos dès qu’il s’agit de critiquer l’état hébreux.

Source : www.modon.org

Traduit de l’arabe par Moukawama

[1] Ecrivain et journaliste syrien de gauche. Il collabore régulièrement au quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi et à plusieurs publications arabes et internationales.









A Gaza : tuée par Israël,
dévorée par les chiens.



Ville de Gaza – “Mon Dieu ! Je n’ai jamais vu de scène aussi terrible” s’écrie Kayed Abou Aukal. Le médecin urgentiste n’en pouvait croire à ses yeux devant les restes de ce qui, quelques jours plus tôt, avait été Shahd, une petite fille palestinienne de 4 ans, toute potelée. Elle est morte quand un obus israélien a été tiré dans la cour de sa maison, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, au nord de la Bande de Gaza. Lorsque ses parents ont tenté de se précipiter au secours de leur enfant, tombée à terre dans une mare de sang, une pluie de balles israéliennes les a tenus à distance. Durant les cinq jours suivants, ce qui restait de Shahd est resté dehors, voué à être déchiqueté par les chiens.


« Les chiens n’ont pas laissé intacte une seule partie de la pauvre petite » dit Abou Aukal à travers ses larmes. « Nous avons vu au cours des 18 derniers jours des scènes à fendre le cœur. Nous avons ramassé des enfants dont les corps étaient déchirés ou brûlés, mais rien qui arrive à ce point ».

Cinq jours durant, le frère de Shahd, Matar, et son cousin Mohammed, ont essayé en vain d’atteindre le corps. A chaque fois les forces d’occupation israéliennes ont tiré sur eux. Voyant le corps du petit ange mis en pièces par la meute des chiens, tous deux ont fait une ultime tentative, qui fut pour eux la dernière. Ils ont été submergés de balles israéliennes avant même d’avoir pu atteindre le corps de Shahd, s’ajoutant ainsi à une longue liste de plus de 900 Palestiniens tués par Israël depuis le 27 décembre.

Avec calme, Omran Zayda, un jeune voisin, assure que les Israéliens savaient fort bien ce qu’ils faisaient. « Ils ont chassé sa famille et l’ont empêchée d’arriver jusqu’à son corps, sachant que les chiens le mangeraient », dit-il. « Ils ne se contentent pas de tuer nos enfants, ils le font délibérément de la manière la plus haineuse et inhumaine ». Selon Zayda, les mots, et même les caméras, ne peuvent rendre compte de l’horreur de la scène. « Vous ne pourriez jamais imaginer ce que les chiens ont fait à son corps innocent » dit-il en retenant ses larmes.

Nombreux sont les Palestiniens qui insistent sur le fait que Shahd n’a pas été le premier ou l’unique cas de ce type. A Jabaliya, au moment où la famille d’Abd Radou essayait d’enterrer trois de ses morts, les forces israéliennes ont commencé à tirer sur eux, déclarent des témoins. Ils ont ensuite lâché leurs chiens vers les corps abandonnés par leurs proches en deuil qui cherchaient refuge contre les tirs israéliens. « Ce qui est arrivé est terrifiant et impensable » a commenté Saad Abd Rabou. « Nos fils mouraient sous nos yeux et on nous empêchait même de les inhumer », dit-il « Les Israéliens ont juste lâché leurs chiens vers leurs corps, comme si ce qu’ils avaient commis ne suffisait pas ».

Ola Attallah

Source : THE PALESTINE CHRONICLE, 16.01.2009

http://www.palestinechronicle.com/news.php ? ?
(Traduit de l’anglais par Anne-Marie Perrin pour CAPJPO-EuroPalestine)


CAPJPO-EuroPalestine

Traduit de l’anglais par Anne-Marie Perrin
http://www.europalestine.com/spip.php?article3677

Mercredi 21 Janvier 2009
aea@yahoo.fr










André Nouschi accuse :




Honte à vous! Honte à Israël! 21/01/2009


(André Nouschi est un historien français juif, natif de Constantine en Algérie,
et professeur honoraire à la Faculté de Nice.)


Ayant combattu le nazisme, il n'hésite pas à s'exprimer sans ambages,
dans une lettre à l’ambassadeur d’Israël en France.


« Il n’est plus possible de se taire devant la politique d’assassinats
et d’expansion impérialiste d’Israël.


Vous vous conduisez exactement comme Hitler s’est conduit en Europe
avec l’Autriche, la Tchécoslovaquie.


Vous méprisez les résolutions de l’ONU comme lui celles de la SDN
et vous assassinez impunément des femmes, des enfants.


N’invoquez pas les attentats, l’Intifada.


Tout cela résulte de la colonisation ILLEGITIME et ILLEGALE. QUI EST UN VOL.


Vous vous conduisez comme des voleurs de terres
et vous tournez le dos aux règles de la morale juive.


Honte à vous ! Honte à Israël ! ».


http://www.almanar.com.lb