 Il
y avait deux agresseurs à Gaza, pas un seul.
mercredi 28 janvier 2009 (08h49)
Israël
: tout avait été répété aux studios de Gazallywood !
de morice
Comment osez-vous, vais-je entendre, pour sûr ! Les décors
de Gazallywood ? Après ceux d’Hollywood ou Bollywood ? Dit tout de go, il y a
en effet de quoi surprendre, à comparer ce qu’on a vu récemment avec les studios
où l’on trouve les plus grands décors au monde. Un manque de respect, me direz-vous
à juste raison, pour les victimes, dont une grande partie des femmes et des enfants.
Mais si je me suis permis ce titre infâme, c’est qu’il y a une raison à cela :
j’aimerai vous faire part de ma découverte : oui, les israëliens ont bien répété
avant de la faire, comme dans un film, leur attaque de Gaza.
Dans cette
guerre éclair atroce qui vient de se tenir, nous ne sommes pas au bout de nos
surprises, avions-nous dit. C’en est une de plus... On vous a déjà à peu près
tout dit en effet sur les nouvelles armes employées, des journalistes comme nous
en avons eu ici ont fait un travail remarquable à ce sujet. Bombes au phosphore
ou à éclats de tungstène, Tsahal a bel et bien profité de ce conflit pour tester
de nouveaux engins de mort. La plupart interdits par les conventions internationales
qu’Israël comme les Etats-Unis ont bien pris soin d’ignorer.
Des armes
nouvelles, utilisées avec un réel souci du résultat, dirons les cyniques : quatre
cents enfants et une centaine de femmes ont payé de leur vie la folie meurtrière
israélienne, et la mise au point de nouvelles stratégies liées à ces nouvelles
armes. Un arsenal nouveau auquel j’ajouterai le Tavor, amplement vu aux mains
des soldats israëliens lors de cette offensive. Un fusil-mitrailleur en plastique
testé de 1998 à 2002, au mécanisme reporté dans la crosse (bullpup) qui emploie
des chargeurs classiques de M-14 en 5,56 mm. Un engin "maison" très ergonomique,
décliné en 3 modèles aperçu également au Cachemire, aux mains des forces indiennes,
qui s’en étaient équipées récemment (sans qu’on ne le voit à Mumbaï !). Il a été
aussi vendu en Georgie, où Israël est ultra-représenté, mais aussi en Colombie
où 30 000 armes ont été commandées, et en Albanie, qui regorge pourtant de stocks
d’armes anciennes. La Thaïlande aussi est sur les rangs : l’arme est un franc
succès !!! La vente d’armes rapporte en effet, et c’est même la principale source
de revenus de l’état israélien. Pour le Tavor, il faut savoir que l’arme, sortie
en 1998 a vu sa répartition au sein de Tsahal freinée en raison d’un achat massif
de M-4 américains vers les années 90 (et donc sous l’ère Clinton !) , ceux des
stocks de la guerre du Viet-Nam, vendus à bas prix et en nombre considérable.
En fait quand je dis vendus, je devrais dire cédés dans le cadre de l’aide américaine
à Israël... A Gaza, lors de l’offensive, on a surtout vu le modèle Micro-Tavor,
destiné au combat rapproché, un modèle à canon court de 330 mm seulement, converti
parfois à la munition de 9 mm... C’est la première fois, en tout cas, que l’arme
a été autant vue : en 2006, au Liban, les M-16 et M-4 étaient encore dominants.
Pour éliminer ces stocks encombrants, on a rendu le Tavor compatible avec les
anciens chargeurs de M-4. Bref, à Hollywood il faut des vedettes, et chez
Tsahal ce fut cette fois-ci le Tavor. Un documentaire à 1400 victimes réelles,
il fallait oser y penser... pour faire de la publicité à un fusil pareil...
Pour mieux "vendre" son offensive meurtrière et disproportionnée aux
télévisions mondiales, Tsahal, on l’a vu, s’est empressée de verrouiller l’accès
aux images de la presse. Comme vient juste de l’indiquer précisément comme à son
habitude notre ami Charles, ici-même. Tsahal, qui a en même temps ouvert la veille
de l’offensive son propre site YouTube, où tournent toujours en boucle les frappes
dites chirurgicales de ses avions ou de ses hélicoptères. On sait par exemple
aujourd’hui, grâce à la télévision israélienne, qu’il n’a fallu que 220 secondes
aux 88 avions de l’IDF lancés en même temps pour signifier que l’offensive serait
massive, à coups de bombes au phosphore où de bombes à bunkers. Le chirurgien
palestinien qui a vu mourir ses trois filles en direct à la télévision a dû apprécier
moyennement ce type de couverture médiatique et ces chiffres sans âme. Car Tsahal
n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, question communication, laissant
filtrer dès les premières heures des images chocs, dont les premières concernent
cette école de la police du Hamas jonchée de cadavres. Israël nous fait comprendre
dès le début que cette offensive de 2009 nous ramenait dix-neuf ans en arrière,
avec la "vente" médiatisée du concept de "guerre propre" instauré par Bush père
pendant les premières heures de la guerre du Golfe. On tue, certes, mais on tue
"proprement", paraît-il. Du moins au début de l’offensive, dirons nous, où c’est
ce qu’on souhaite nous faire croire. Mais on tue étrangement : les victimes ont
des membres inférieurs éclatés ou soufflés, les corps sont criblés de petits éclats
qui ne se distinguent pas à l’œil nu. Bonjour les bombes DIME ! Mais ces détails,
on ne nous les montre pas. Tout est théâtralisé, jusqu’à ces spectateurs des colonies
adjacentes qui viennent prendre l’apéro sur des chaises de jardin en regardant
au loin les bombardements. Des images que des lecteurs offusqués et attentifs
ont remarqué. Abject, bien sûr, mais révélateur du dédain profond pour les personnes
concernées. Des journaux israéliens vont réagir pourtant contre ces images, et
des journalistes israéliens faire des éditoriaux courageux, allant à l’encontre
de la large majorité du pays qui soutient l’offensive.
Cette guerre a
été théâtralisée comme jamais, on a réussi à présenter les hélicoptères Apache
sur fond de Lune pour faire joli et faire admirer les salves d’obus au phosphore
comme de véritables feu d’artifices inoffensifs. Voire des couchers de soleil
poétiques sous la fumée des explosions. Des conseillers israéliens omniprésents
dans les médias sont venus expliquer chaque jour cyniquement que ce n’est que
répliquer aux attaques du Hamas, et qu’Israël faisait ce qu’il pouvait, je cite,
" pour épargner les populations". Devant les caméras, pour justifier l’intervention,
on trouvait à chaque fois un dénommé Uzi Moskovich, venu vanter les vertus de
ses soldats aux visages barbouillés de noir comme des acteurs d’un film d’aventure.
Or l’homme n’est pas totalement un inconnu comme nous le verrons plus loin....
Deux écoles bombardées et plusieurs maisons de civils volatilisées plus loin,
on se prend à se dire que la scène de théâtre a beau avoir un metteur en scène
efficace, les acteurs jouent faux. Dan Harel, le chef d’état-major adjoint Israélien,
finit quand même par lâcher que ce seront bien des bombardements massifs qui auront
lieu. A Gaza, cette enclave minuscule, cela veut dire obligatoirement de nombreuses
victimes civiles. Pour s’en défendre, Tsahal s’enfonce dans le grotesque en annonçant
que les points de chute seront prévenus par mails... si, si, c’est bien ce qui
a été dit et écrit !! Cynique ! Ou encore de créer de faux impacts dans une PUBLICITE....
Manipulation ! Pire encore : pour mieux monter sur les planches du théâtre meurtrier
de Gaza, les israéliens ont répété des mois dans un décor leur rôle d’agresseurs.
C’est la grande leçon de ces massacres, et l’une des grandes surprises également.
Car ce ne sont pas l’usage des 5 200 tonnes de bombes envoyées en express,
comme j’ai pu vous l’indiquer qui aujourd’hui me chagrine le plus : ce que je
viens de découvrir après coup est encore plus grave, puisqu’il implique bien davantage
les Etats-Unis dans les préparatifs de ces combats. Je n’avais qu’à être plus
attentif, me direz-vous : on l’avait clairement annoncé il y a quelques mois déjà
(en 2004 !). Le modèle avait été déposé ailleurs : aux USA ! On comprend mieux
aujourd’hui, en tout cas, le lourd silence de la diplomatie américaine durant
tout le temps des combats. Les USA n’avaient aucun intérêt à se montrer durant
l’offensive. Car cela aurait peut-être montré trop vite une réelle implication
dans ces massacres organisés. Or nous pouvons vous le révéler aujourd’hui : les
détails de l’invasion de la bande de Gaza étaient connus des américains de nombreux
mois avant sa réalisation, car les troupes américaines ont participé activement
à leur répétition minutieuse, aidé par leurs habituels contractants, dont... Blackwater.
Une répétition dans les moindres détails des combats de rue auxquels Tsahal aurait
dû nécessairement avoir à se confronter, répétition tenue en un endroit assez
surréaliste situé au bord du désert, à peine à une dizaine de km seulement de
la portion Ouest de l’enclave de la bande de Gaza. Dans un endroit incroyable,
l’ Urban Warfare Training Center, sorte de mini-ville arabe reconstituée, à faux
minarets et fausses maisons cubiques, entièrement construit par non pas les israéliens
mais par... des américains, en l’occurrence l’United States Army Corps of Engineers,
venu bâtir cette ville de carton-pâte afin d’entraîner les soldats de Tsahal au
corps à corps en situation urbaine ! Un clone de Ramallah aux portes du désert
nous dit un site ! "According to the IDF, the city’s structures were influenced
by many Arab cities, but mostly by Ramallah". Une sorte de Cinecitta en béton,
aux portes de Bersheeba.
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Cette
révélation est à la fois sidérante et consternante : les Etats-Unis sont bien
davantages impliqués dans l’invasion de la bande de Gaza qu’ils nous l’ont laissé
croire ! Ayant construit les édifices d’entraînement, ils ne pouvaient en ignorer
le but. Ce n’était pas pour y faire du tourisme à court terme. Car ce sont eux
qui ont payé les édifices, tout simplement : "There is nothing
exceptional about architects regurgitating pastiche copies of traditional styles.
What makes Baladia exceptional is that it was built by US army engineers, and
US taxpayers funded most of the 45 million cost". L’endroit a été tenu
secret pendant plusieurs années, et on est même allé plus loin pour ne pas laisser
filtrer trop vite son existence : sur Google, visiblement, de petites mains adroites
ont déplacé à l’outil tampon de Photoshop des masses de sable pour que l’on ne
s’aperçoive pas de l’existence de ce camp d’entraînement de 19 km2, situé à Tze’Elim,
appelé également Baladia City. Une ville surgie des sables, aux maisons inhabitées
où tout est faux, et où des haut-parleurs disséminés partout lancent des phrases
en arabe ou des bruits de tir, histoire de faire local. La présence de faux minarets
indique bien que pour Tsahal ces endroits pouvaient aussi être des objectifs militaires,
des minarets dotés d’étranges lumières vertes le soir tombé. "Known
by its Hebrew acronym MALI, the Baladia City NUTC features 472 structures, 1,200
doorways, 2,500 windows, multiple elevator shafts, and four miles of paved streets
and semi-paved roads. For added realism, charred automobiles and burned tires
litter the roadways. In the near future, planners will add donkeys, sheep, dogs
and other live animals that often provide early warning of approaching Israeli
troops." A noter que question désinformation, Israël insiste beaucoup sur
la présence d’armes dans les mosquées de Gaza : dans un reportage télévisé, j’ai
vu ainsi un ancien affût de DCA égyptien sur roues proposé comme une de ces armes...
Etrange apparition. Israël en avait saisi des tonnes en 1973 !
Pour
faire plus "vrai" encore, dans notre incroyable décor, on a disposé des voitures
calcinées dans les rues de Baladia City (intitulée aussi Fire Moutain). On comprend
mieux le phosphore, aujourd’hui... et invariablement, au milieu du béton, on tombe
sur l’ineffable Uzi Moskovich, le directeur de ce fameux "Ground Training Center"
(GTC). L’homme omniprésent dans les téléviseurs pendant l’offensive de ce mois
! Le même Brigadier-Général rencontré en 2005 à Gaza.... déjà, en train de discuter
les ordres de Sharon demandant de faire partir les 21 colonies installées. Notre
homme connaît donc bien la zone... semble-t-il. Comme d’autres la connaissaient
avant, lui, tel notre bien connu Yisrael Ziv. En 2005, ce major général avait
déjà organisé l’offensive "Opération Première Pluie "sur les lieux, avant de quitter
l’armée et de fonder avec Yossi Kuperwasser sa société de mercenaires, Global
CST, aperçue en Colombie comme en Géorgie... Les armes israéliennes se vendent
bien, leurs utilisateurs encore mieux. Quant à nos fameux "Corps of Engineers",
on en trouve également énormément en Irak... où ils paradent souvent, escortés
par des escouades de mercenaires de Blackwater : ils y sont chargés de la reconstruction,
avec le succès que l’on sait. Dès l’offensive de Gaza, on les retrouve également
: les premiers à visiter les réseaux de tunnels non encore détruits, ce sont eux...
Une ville factice, donc, façon Hollywood, où Tsahal a répété pendant
trois ans son offensive en milieu urbain, aidé par les conseillers militaires
américains présents. Car la ville de décor de carton-pâte (de parpaings plutôt)
a toujours connu une affluence américaine, et a même été visitée par de hautes
personnalités : notamment le 14 janvier dernier (alors que l’offensive est déjà
en cours !) par le Lt. Gen. H Steven Blum, le chef du National Guard Bureau, ce
qui nous laisse fort songeur comme découverte. Rappelons qu’aux Etats-Unis les
Gardes Nationaux , cette unité de réservistes, sont chargés avant tout de défendre
les citoyens en cas d’attaque sur le territoire. Que venait donc faire ce Général
Blum, en qualité d’envoyé spécial présidentiel ? Nul ne le sait à ce jour... Onze
mois auparavant, c’est Ehud Barak qui était venu saluer ses troupes... à l’entraînement,
déjà... Selon Blum, l’endroit a surtout servi à se familiariser au combat de rues.
Les américains en seraient-ils à envisager cette éventualité chez eux ?
"I’d like to see Soldiers go through a facility like this somewhere before they
deploy to counterinsurgency missions abroad," Blum said.
"You get the advantage of the identical climate, the same geography, topography.
You have the benefit of being in the environment, yet you’re totally secure and
you’re able to train." Et si l’environnement ne suffisait pas, là-bas, quelques
pelletées de sable pouvaient améliorer le décor : "When the topography doesn’t
exactly match training requirements, the Israelis bring in bulldozers that move
the desert sand until it more closely resembles what trainers need."It’s a first-rate
place," Blum said. "It couldn’t be more realistic
unless you let people actually live there." Quelques heures après, notre
bon soldat Blum était reçu par le maire de Haifa, Yona Yahav, qui lui expliquait
comment résister à 34 jours de lancement de Kassams. L’armée américaine, déjà
fortement privatisée, s’intéresse beaucoup ses dernière années au monde civil,
semble-t-il : "National Guard military-to-military, military-to-civilian
and civilian-to-civilian initiatives undertaken by the SPP are closely coordinated
with the staff of the combatant commander and U.S. country teams to ensure consistency
with other American interests." Il est de l’intérêt américain de transformer
les civils en militaires ? Première nouvelle ! A quoi cela peut-il bien vouloir
rimer ??? Selon certains, c’est bien un centre d’entraînement américain, destiné
à entraîner aussi des soldats US : "There is one other feature
of Baladia which might give further pause for thought. Although it is located
in the Negev desert in Israel and will be used initially by the Israeli Defence
Forces, it is actually an American project. The entire "town" has been constructed
by the United States army corps of engineers and paid for mainly through US military
aid to Israel. It will, in due course, become a training center for the US Army
and Marine corps, readying them for deployment in Iraq or anywhere else in the
Middle East that US security policy takes them."
Parmi les
constructeurs du décor de cet incroyable Gazallywood, Rafael, la société israélienne
spécialisée dans l’armement et l’électronique, (et l’inventeur du détecteur sonore
de Sniper équipant les Humvees en Irak, et du Samson, un affût automatique disposé
tout le long de la frontière... des Palestiniens) et Cubic Defense Applications,
une entreprise de San Diego, en Californie.. commissionnée par les militaires
US, sous l’égide du Pentagon Foreign Military Sales, firme qui a fourni les PCs
de surveillance et les caméras nichées partout, toutes capables de vision infra-rouge.
On est en droite ligne des jeux vidéos cette fois ! Voilà qu’un Hollywood électronique
se profile à l’horizon, à part qu’au bout, on décomptera plus de 1400 vrais morts
et non des décès virtuels ! Sur son site, Cubic Defense Applications se présente
comme fournisseur de solutions d’entraînement à la guerre : "Backed
by five decades of experience, Cubic’s Defense Group supplies live, constructive
and virtual military training systems, mission support services and communications
technologies to the U.S. Department of Defense, government agencies and allied
nations." En précisant être également fournisseur de L’Otan, spécialisé
dans les nouveaux arrivants (la France est prévenue !).
"Our mission support services include planning and operational support for theater
and worldwide exercises, computer-based simulation, curriculum and leadership
development, force modernization for NATO entrants, open source data collection,
and engineering and technical support ». Evidemment, dans ses contrats,
on trouve 18,7 millions de dollars pour équiper.. les Gardes Nationaux US, pour
de l’entraînement au tir... urbain. En 2003, Cubic avait déjà reçu 500 millions
de dollars pour du matériel lié au "P5 combat training system". En mai 2008, la
Pologne, à qui les USA avaient demandé l’installation de batteries anti-missiles,
obtenait le même matériel et le même entraînement : au total, la Pologne héritait
de 200 millions de dollars d’équipements seulement pourrait-on dire : la contrepartie
de l’autorisation d’installer les missiles, à coup sûr ?
La trace
de la Pologne nous donne une idée du deal qui a dû prévaloir à la construction
d’un ensemble à 45 millions de dollars sans un seul shekel versé en plus par l’état
israëlien. Regardons la carte où est implanté le centre d’entraînement : à l’Ouest,
la centrale nucléaire de Dimona d’où sont sorties plus de 200 ogives nucléaires
mais personne n’a le droit de le dire (même Holmert !)... Au milieu, le Negev,
avec le centre d’entraînement. Et au Sud, près de la frontière égyptienne....
un énorme radar FBX-T (pour Forward Based X-Band Transportable) apporté, construit
et installé par les américains en 12 voyages de C-5 Galaxy, base arrière comprise,
via la piste israélienne d’Hatzerim AB. Le C-5 avait déjà sauvé Israel en 1973,
me direz-vous, ça devient le transporteur préféré de Tshahal. Ce radar n’a pas
que sa technologie pour lui : il est intégralement piloté par une équipe américaine
de 120 personnes, et ne communique qu’avec le quartier général US et non avec
l’armée israélienne !!! Ce qui a froissé quelques généraux de Tsahal sur place,
mais pour la façade seulement : que ne ferait-on pas pour 5 200 tonnes de bombes
(gratuites) et 45 millions de dollars de base d’entraînement, offerts en cadeaux,
sans oublier l’énorme dépôt de munitions et de véhicules, découvert une fois terminé
seulement en 2005 à Nachshonim, près de l’autoroute numéro 6 qui mène à Haifa
ou Aashdod, les deux ports de ravitaillement israëliens (et de l’armée). Selon
une étude, cette base aurait déjà coûté 125 Milions de dollars aux contribuables
US. Or chose encore plus surprenante : c’est un projet qui remonte en fait à octobre
2000... sous...l’ère Clinton !!!! Le mari de l’actuelle secrétaire aux affaires
étrangères d’Obama ! voilà qui promet... Les Etats-Unis ont commencé il y a bien
longtemps un drôle de jeu avec Israël, et l’administration Bush n’a fait que prolonger
ce qui avait été décidé bien avant son arrivée ! Et comme on le laisse entendre
ici depuis longtemps, de toute manière c’est bien le lobby militaire qui dirige
le pays, et non pas le président !
Il va sans dire que ce dépôt
de munitions gigantesque et ce nouveau radar à très grande portée ne présage rien
de bon. Ce radar américain en lui-même ne sert à rien vis à vis de la sécurité
intérieure d’Israël : la firme Elbit a développé un radar détecteur de départs
de Kassams, le Thel, une adaptation de son Green Pine, déclinable aussi pour bateaux,
qui a commencé à équiper les unités de Tsahal début décembre. Le radar américain
a été proposé comme assurant la détection d’un missile nucléaire iranien, et non
comme un détecteur de roquettes artisanales. A la limite, l’introduction du Thel
aurait pu se permettre de se passer de ce massacre gigantesque : désormais, dès
le départ de roquette connu, une contre-attaque rapide (par missile également)
peut être lancée immédiatement. A terme, les Kassams auraient pu devenir obsolètes,
avec des engins tels que ceux-ci. . Un laser à la place d’un contre-missile. Le
projet a été abandonné en 2006, mais bizarrement Israel l’a réactivé depuis, les
américains l’ayant "downsizé" depuis pour en faire un "Skyguard". En Novembre,
Les américains rajoutaient deux paraboles noires à côté du site de Dimona. Par
peur d’une attaque iranienne, où par peur d’une riposte iranienne à une attaque
israélienne ? Le radar installé en plein Negev ne l’est-il pas non plus pour surveiller
l’activité de l’aviation de l’état hébreu ? Sans nul doute également !
A Gaza, les crimes de guerre avérés ont donc été faits avec préméditation et à
deux, car l’implication américaine a été bien plus grande que prévue ; on peut
parler à ce stade de complicité manifeste. Il y avait deux agresseurs à Gaza,
pas un seul. Les conseillers américains étaient présents à tous les stades d’élaboration
de l’attaque du territoire palestinien, et ont fourni les munitions interdites,
ont organisé les répétitions et les ont facilitées, en conseillant Tsahal, en
offrant les infrastructures nécessaires et en les construisant même. G.W.Bush,
juste avant de partir, avait donc ouvertement déclaré la guerre à un état qui
n’existe toujours pas. Que va faire son successeur d’un tel héritage ? Son lourd
silence de ces dernières semaines en a dit déjà assez long sur la question...
sa passivité a été notable. Quelle influence exerce sur lui son tout premier conseiller,
qui dispose de la double nationalité israëlo-américaine ? Dirige-t-il vraiment
le pays pour le moins, ce président ? Pour Eisenhower, ce n’était plus le cas
en 1958 déjà...
http://www.agoravox.fr/article.php3...
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