10 janvier
2009
les eaux usées d’Israel Israël essaie de
cacher un lourd et redoutable secret
BOUGUERRA Larbi Mohamed
Les nouvelles des boucheries perpétrées par Israël nous choquent quotidiennement
: assassinats d’enfants et d’écoliers, raids d’avions contre des civils, destruction
de maisons, mitraillage de familles et des pêcheurs sur les plages de Gaza …Crimes
innombrables qui nous assaillent tous les jours dans le silence assourdissant
des grandes consciences et des puissants de ce monde. Un énième crime
commis par les sionistes est celui contre l’environnement et les eaux de Palestine.
Cet odieux attentat était jusque là connu des seuls spécialistes. Il faut rendre
hommage à Johann Hari qui l’a dévoilé au grand public dans un article consacré
au 60ème anniversaire de l’entité sioniste dans le journal londonien « The Independent
» du 28 avril dernier, article dans lequel il explique les sales dessous cachés
de la fondation de l’entité sioniste. Johann Hari est un journaliste
et un dramaturge de grand talent. Il écrit dans le New York Times, le Monde, The
Los Angeles Times, Ha’aretz… Il a été nommé journaliste de l’année en 2007, par
Amnesty International et a obtenu le Prix Orwell du journalisme politique pour
2008. Hari rapporte qu’il flotte sur Israël une suffocante odeur nauséabonde…Une
senteur écoeurante qui s’ajoute celle de la corruption de Sharon (père et fils)
ou celle de l’actuel Premier ministre qui vient d’être interrogé par la police
sur des pots-de-vin. Il s’agit en vérité de cette odeur caractéristique des fosses
d’aisance, des effluves d’eaux usées. En effet, dans les Territoires Occupés,
par de grands tuyaux métalliques, les colonies juives déversent leurs eaux usées
brutes, telles quelles, non traitées, dans les terres palestiniennes de Cisjordanie.
Ces rejets finissent par percoler dans la nappe phréatique dont elles transforment
l’eau en poison ! Debout près d’une de ces mares nauséabondes jaunes
et brunes, le Dr Bassam Sadi Nadi, médecin – chef palestinien explique à Hari
: « Récemment, nous avons eu des pluies très abondantes, les excréments ont fini
par atteindre la nappe qui alimente toute la région. Je savais que si nous n’agissions
pas rapidement, les gens aller mourir. Nous avons du dire à tous les citoyens
palestiniens de ne pas utiliser cette eau durant plus d’une semaine et nous avons
fourni de l’eau en bouteille aux gens. Nous avons eu de la chance car la contamination
était localisée. La prochaine fois… ». Il secoua sa tête en signe de peur. Ce
n’était point une frayeur feinte. En 2004, un rapport de l’ONG « Friends of the
Earth » (Les Amis de la Terre) a révélé que 6% seulement des colonies sionistes
traitaient leurs eaux usées.
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| Hari
ajoute : « Pour punir la population de Gaza d’avoir « mal voté », l’armée israélienne
refoule aux points de contrôle les canalisations et le ciment destinés aux réparations
du réseau d’égout. Résultat ? De grandes mares stagnantes d’immondices sont contenues
par des murets fragiles dans toute la bande de Gaza où elles pourrissent et fermentent
en plein air. En mars dernier, un de ces murets céda : un tsunami d’excréments
humains emporta un bébé de neuf mois et sa grand’mère. L’ONG « Centre for Housing
Rights » (Droit au logement) tire la sonnette d’alarme : si par aventure survenaient
de grandes pluies, 1,5 million de m3 d’excréments humains pourraient se déverser
sur la bande de Gaza provoquant « un monumental désastre humanitaire et environnemental
» » Hari demande : « Comment en est-on arrivé là ? Comment un Etat juif fondé
il y a 60 ans sur la promesse d’être « une lumière parmi les Nations » finit-il
par déverser ses excréments sur une population palestinienne sans défense ? Le
début de la réponse se trouve dans le secret qu’Israël connaît et qu’il essaie
de faire disparaître toutes ces années. Aujourd’hui même encore, pouvons –nous
décrire honnêtement et de façon non hystérique ce qui s’est produit il y a soixante
ans ? » Hari décrit alors posément la dépossession palestinienne et les
manœuvres des politiciens sionistes comme David Ben Gourion qui écrivait en 1937
: « Les Arabes doivent partir mais il nous faut l’occasion propice pour le faire,
une guerre par exemple ». Il mit au point le Plan Dalit : intimidations et terreur
à grande échelle, bombardements et sièges des populations, empoisonnement des
puits et épandage d’herbicides sur les récoltes… Avant l’intervention
des armées arabes de 1948, Ben Gourion et sa clique firent le nettoyage ethnique
de 800 000 Palestiniens et Israël s’éleva sur ces ruines. Certains historiens
israéliens tel Ilan Pappé ont minutieusement décrit ce que l’entité sioniste essaie
vainement de cacher concernant sa fondation : crimes contre l’Humanité, provocations,
massacres car on était à mille lieues de ce phantasme cher à Herzl et ses acolytes
: « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » ! Hari arrive à la conclusion
qu’il y a en Israël, une frange qui ne veut pas de la paix, à aucun prix et quelles
que soient les concessions palestiniennes. La preuve ? « Quand, ce week-end, le
gouvernement élu du Hamas a offert une trêve de six mois qui aurait pu conduire
à des pourparlers de paix, le gouvernement israélien répondit sur le champ en
bombardant un responsable important du Hamas et en tuant une fillette de 14 ans
». En conclusion, Johann Hari écrit : « Israël, à l’âge de 60 ans, en
regardant ses cheveux gris et en faisant mine d’ignorer l’odeur de ses propres
excréments déversés sur la Palestine, a besoin de se demander ce qu’il veut être
dans les prochaines soixante années ». En attendant, le choléra menace
Gaza et les organisations internationales essaient de faire passer aux check points
tenus par la main de fer de l’armée du matériel pour faire face à une épidémie
de choléra ! Quant au soixantième anniversaire de la dépossession des
Palestiniens, il faut avoir foi dans cet axiome : la Vérité finit toujours par
triompher du Mensonge…et la persévérance permet de percer les secrets les mieux
gardés…fussent- ils ceux du Shabak ou du Mossad ! Mohamed Larbi Bouguerra
Mohammed Larbi Bouguerra est géographe, ancien professeur à l’Université
de Tunis, ancien responsable syndical étudiant et membre du CS d’ATTAC, et spécialiste
du problème de l’eau au Proche-Orient. Auteur en particulier de "La recherche
contre le Tiers Monde. Multinationales et illusions du développement" aux Presses
Universitaires de France, Paris, 1993 ; " Linus Pauling. L’Einstein de la chimie.
Génie rebelle et humaniste" Editions Belin. Pour la Science, Paris, 2002 (traduit
en néerlandais) et : "Les batailles de l’eau. Pour un bien commun de l’humanité"
Edit. de l’Atelier.Paris, 2003 traduit en anglais, arabe, espagnol et portugais.
Publié (printemps 2008) dans Attariq Al Jadid (La Voie Nouvelle) à Tunis.
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