L’Association
israélite du Venezuela remercie Hugo Chavez
samedi
14 février 2009 par Reprise d’article.
par Bernard Cassen
Dans la perspective du référendum du dimanche 15 février au Venezuela, la campagne
médiatique contre Hugo Chavez a pris des proportions nationales et internationales
que l’on n’avait pas connues depuis longtemps. On le sait, ce référendum
portant sur un amendement à la Constitution, permettra (ou non) à tous les élus
régionaux et nationaux, dont le président de la République, de se présenter à
des élections sans limitation de nombre de mandats. C’est-à-dire exactement la
situation qui existe en France pour les députés, sénateurs, conseillers municipaux,
généraux et régionaux, etc. C’était également le cas pour la présidence de la
République jusqu’à la réforme constitutionnelle de l’an dernier, qui fixe le plafond
à deux mandats.
Dans le reste de l’Europe, où le pouvoir exécutif est
exercé par un premier ministre (et non pas par le chef de l’Etat), la non limitation
du nombre de mandats est la règle : en Espagne, José Luis Zapatero peut rester
président du gouvernement aussi longtemps que les électeurs lui feront confiance.
Idem pour Angela Merkel en Allemagne, Gordon Brown au Royaume-Uni, Silvio Berlusconi
en Italie, etc. Pour Hugo Chavez, pas plus que pour les personnalités précitées,
il ne s’agit nullement d’instaurer une prétendue « présidence à vie », mais simplement
de disposer du droit d’être candidat « à vie ». Mais sans garantie d’être élu
!
L’opposition vénézuélienne, virulente, se concentre principalement
sur les thèmes nationaux pour appeler au « non » au référendum. Pour l’appuyer
de l’extérieur, certains de ses relais américains et européens, eux, ont décidé
de jouer à fond la carte « Chavez antisémite ». Cette carte a peu d’échos directs
au Venezuela où l’antisémitisme n’a aucune racine historique, mais tout commentaire
négatif de l’étranger sur ce sujet sensible est aussitôt répercuté dans les grands
médias locaux pour tenter de discréditer le président en exercice.
Deux
prétextes sont utilisés : d’une part, l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël en
réaction aux crimes de guerre (pour reprendre la qualification qu’en fait Stéphane
Hessel) commis par l’Etat hébreu à Gaza ; d’autre part, la profanation d’une synagogue,
intervenue dans la nuit du 30 au 31 janvier. Un faux grossier, présenté comme
un discours de Chavez, et qui n’a rien à envier aux Protocoles des Sages de Sion,
circule dans toute l’Amérique latine. Il commence ainsi : « Nous, les chavistes,
nous méprisons les juifs, et nous ne reconnaissons pas l’Etat d’Israël, pas plus
que quelque organisation nationale et internationale juive que ce soit ». Le Washington
Post du 12 février, section A 16, titre un article Mr Chavez vs the Jews (« M.
Chavez contre les juifs »).
Le papier conclut que si Chavez perd le référendum,
il en fera porter la responsabilité aux juifs ! Le hic est que les organisations
juives vénézuéliennes, pourtant les mieux placées pour juger de la situation dans
leur pays, ne se reconnaissent pas du tout dans cette campagne. Elles ont apprécié
que la police identifie et arrête très rapidement les auteurs des actes de dégradation
et de profanation de la synagogue. Ces individus, parmi lesquels cinq policiers
et un agent des services de renseignement de la police, semblent avoir agi comme
des pillards, en laissant derrière eux des inscriptions antisémites pour détourner
les soupçons.
Il est significatif que le président de l’Association israélite
du Venezuela, Elias Farache Srequi, ait adressé au ministre des affaires étrangères,
Nicolas Maduro, une lettre de remerciements que l’on trouvera en fichier attaché
et dont voici la traduction :
ASOCIACION ISRAELITA DE VENEZUELA
Caracas, 10 février 2009. M. Nicolas
Maduro
Ministre des affaires étrangères de la République bolivarienne
du Venezuela
En ma qualité de président de l’Association israélite du
Venezuela, je veux vous exprimer notre reconnaissance pour votre intervention
positive en relation avec les faits intervenus contre l’institution que je représente.
Les paroles que vous avez prononcées et celles de Monsieur le Président de la
République condamnant totalement et absolument l’agression dont nous avons été
victimes, ainsi que la profanation de la synagogue Tiferet Israel, située à Mariperez,
ont été des messages de courage et de tranquillité pour notre communauté. Nous
approuvons l’engagement de maintenir des canaux de dialogue nous permettant de
résoudre tout problème d’intérêt mutuel. Nous sommes certains que, par un dialogue
franc et ouvert, nous réussirons à éradiquer des sentiments étrangers à la civilité
vénézuélienne et à rendre paix et tranquillité à nos coreligionnaires. Par votre
intermédiaire, nous souhaitons faire parvenir à la police de recherche scientifique,
pénale et criminelle l’expression de notre reconnaissance pour le travail professionnel
qu’elle a effectué. Dans des délais record, elle a pu identifier clairement les
auteurs matériels du délit qui a été commis.
Je vous réitère l’expression
de notre estime. Veuillez agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Elias Farache Srequi Président
Il sera intéressant de voir si le Washington Post et certains médias européens
informent leurs lecteurs de cette prise de position sans ambiguïté… Source
: Mémoire des luttes
Qui
veut la peau du Président Chavez ?
Comme nous l'avions indiqué dans un article publié vendredi dernier, la récente
profanation d'une synagogue de Caracas, présentée comme un acte antisémite, a
été en réalité perpétrée par des juifs, dont l'ancien garde du corps du rabbin
qui officie dans ces lieux.
Cet incident s'inscrit dans une série
de manipulations qui ne visent qu'à déstabiliser le président Chavez, cela alors
que des votations cruciales ont lieu ce dimanche au Vénézuela.
En effet,
ce référendum porte sur un amendement à la Constitution qui pourrait permettre
au président de la République de se présenter à des élections sans limitation
de nombre de mandats.
Si personne ne doute du résultat, tant la popularité
d'Hugo Chavez semble inébranlable, on imagine bien que les professionnels de la
déstabilisation étasuniens et leurs alliés israéliens (à moins que ça ne soit
l'inverse) ont tout mis en œuvre pour tenter d'influer sur le choix des électeurs.
Ainsi, un faux grossier, présenté comme un discours de Chavez, et qui
n'a rien à envier aux Protocoles des Sages de Sion, circule dans toute l'Amérique
latine. Il commence ainsi : « Nous, les chavistes, nous méprisons les juifs, et
nous ne reconnaissons pas l'État d'Israël, pas plus que quelque organisation nationale
et internationale juive que ce soit ». Si les ficelles sont un peu grosses pour
les vénézuéliens, les médias étasuniens et leurs relais sionistes s'en sont donnés
à cœur joie pour présenter Chavez comme étant à l'avant-garde de l'antisémitisme.
Dans le même genre de manipulation, de sorte à brandir continuellement
le fantasme de la judéophobie comme arme politique, on se souvient en France du
rabbin Fari qui s'était auto-poignardé tout en essayant de faire croire aux gendarmes
(et par extension à l'ensemble des médias qui n'hésitent jamais à victimiser les
juifs avant que la moindre enquête de police n'aie pu confondre les coupables)
qu'un Arabe l'avait poignardé en hurlant « Allahou-Akbar ». Quelques temps avant,
c'était Alex-Moïse, le responsable du parti sioniste de France, qui avait été
condamné pour s'être envoyé à lui-même des lettres antisémites. On le voit bien,
les sionistes ne reculent devant aucun mensonge pour faire aboutir leurs objectifs,
et pourquoi pas même sacrifier des synagogues ou des membres de leur communauté,
comme nous l'indiquions déjà à propos des très étranges attentats de Mumbaï en
novembre dernier.
Mais le Vénézuela n'est pas la France, et ce qui est
possible tous les jours à Paris ne l'a pas été une seule fois à Caracas. Toutes
ces basses manoeuvres se sont retournée contre leur scommendataires, au point
même que le président de l'Association israélite du Venezuela, Elias Farache Srequi,
a adressé au ministre des affaires étrangères, Nicolas Maduro, une lettre de remerciements,
que nous avons reproduisons à gauche de la page.