Flottille de la liberté :
le détail que Netanyahu ignorait



par Thierry Meyssan*

Comme souvent face à des enjeux importants, la presse distrait le public des vraies questions. Le traitement de l’attaque israélienne contre la Flottille de la liberté en est un nouvel exemple. Les grands médias cherchent à dire qui sont les bons et les méchants, pas à expliquer le rapport de force.
Thierry Meyssan analyse ici les vraies motivations de Tel-Aviv et d’Ankara, et dévoile le détail qui a transformé le coup de force israélien en désastre diplomatique.



6 juin 2010

Depuis
Beyrouth (Liban)


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Recep Tayyip Erdogan s'est rendu au chevet de chaque blessé à l'hôpital Atatütk. Ici, le militant turco-irlandais El Mehdi El Hamid El Hamdi l'embrasse sur le front pour le remercier de son action. Le Premier ministre, qu'Israël croyait déstabiliser, est le vainqueur de cette première épreuve de force.

Une semaine après l’attaque en haute mer d’un convoi humanitaire maritime par les troupes israéliennes de quels éléments nouveaux dispose t-on et quelles premières conclusions peut-on établir ?

Avant de répondre à cette double question, il convient de balayer le blabla médiatique qui obscurcit le sujet.

En premier lieu, la Flottille de la liberté n’entendait pas simplement apporter du secours matériel aux Gazaouites, mais aussi briser le blocus [1]. Cette donnée, après avoir été occultée durant deux jours, a soudain été ajoutée à l’argumentaire des porte-parole israéliens. Ceux-ci ont alors accusé les humanitaires d’être des crypto-politiques, bien que les associations aient toujours revendiqué palier à l’impuissance des Etats à faire respecter le droit international et humanitaire. Les militants embarqués sur la Flottille étaient des citoyens du monde venus appliquer la résolution 1860 des Nations Unies.
Les porte-parole israéliens ont reproché aux humanitaires d’avoir opposé une résistance aux soldats et d’avoir même utilisé des armes contre eux. Cela montrerait qu’il s’agissait en réalité de « terroristes ». Pour appuyer ce raisonnement, le ministère des Affaires étrangères a diffusé diverses photos de couteaux et d’armes par destination saisis sur le Mavi Marmara [2]. Or, les données EXIF de ces photos montrent que la plupart sont anciennes et ont été prises en d’autres circonstances [3]. Il s’agit là d’une technique classique de propagande, pendant que l’on discute de la véracité des photos, on masque que, au regard du droit international, non seulement la poursuite du blocus est illégale, mais Israël, puissance occupante a le devoir de veiller à l’acheminement de l’aide humanitaire. En outre, l’attaque de la flottille en eaux internationales étant illégale, les passagers avaient le droit de se rebeller, pourvu qu’ils aient —eux— un usage « proportionné de la force », ce qui fut le cas.

En second lieu, en termes de sécurité, Israël n’avait que faire de laisser passer cette flottille. Elle n’apportait pas d’armes à la Résistance palestinienne, uniquement de l’aide à la population. Certes, Tel-Aviv a imposé un embargo qui constitue, selon les termes du rapporteur des Nations Unies, « une punition collective », mais même au regard de cette punition imposée à 1,5 million de Gazaouites, 10 000 tonnes de marchandises ne représentent pas un enjeu significatif (cela fait moins de 7 kilos par habitant, ce n’est pas avec cela que l’on reconstruit sa maison et que l’on nourrit sa famille). Israël a d’ailleurs déjà laissé passer des convois terrestres et un convoi maritime, et il s’est engagé cette semaine à acheminer l’aide transportée par le cargo Rachel Corrie.
L’objectif israélien, ainsi que je l’ai indiqué dans ces colonnes dès le premier jour, était de « casser la crédibilité de la Turquie », au moment où elle se rapproche de la Syrie et de l’Iran –ou, de manière plus précise, de faire tomber le gouvernement Erdogan— et de « revendiquer le leadership du mouvement sioniste en montrant que Tel-Aviv décide et Washington entérine » [4].

Les stratégies respectives

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Conférence de presse du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, à l'issue de la réunion du Conseil de sécurité.

Ce neuvième convoi du collectif associatif a été encouragé par Ankara pour démontrer l’illégalité du blocus.

Lors de sa conférence de presse à New York, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a indiqué que son gouvernement avait multiplié les contacts préalables avec son homologue israélien pour l’informer du convoi et lui demander de laisser le passage ouvert.

Autant que l’on puisse savoir, Ankara avait envisagé trois scénarios :
- 1. Israël laisse passer le convoi qui est accueilli en fanfare par les Gazaouites. Dans ce cas, la Turquie démontre que, contrairement à la plupart des gouvernements arabes, elle est indépendante et ne se plie pas aux injonctions de Tel-Aviv.
- 2. Israël déroute le convoi et le fait accoster à Ashdod/Isdud. Les marchandises et les humanitaires rejoignent Gaza par la route où ils sont accueillis en fanfare. Tel-Aviv garde la tête haute, et le bénéfice politique est moindre pour Ankara.
- 3. Israël sabote la flottille ou l’arraisonne. Dans ce cas, Ankara internationalise l’incident et en profite pour remettre en cause la continuation du blocus. C’est le meilleur scénario, politiquement parlant.

Le gouvernement israélien a cru disposer d’une autre option : montrer à l'état-major turc que si le gouvernement civil vient aider les Palestiniens, Tel-Aviv peut en retour agiter les séparatistes kurdes ; et montrer une fois de plus, qu’adossé aux Etats-Unis, Israël est au dessus du droit international. Bref, le gouvernement Netanyahu pensait possible de pousser les militaires turcs à perpétrer un cinquième coup d'Etat.

Dans cette optique, le tandem Netanyahu-Barak a commandité à des mercenaires kurdes une attaque terroriste contre la base militaire navale d’I.skenderun (au sud de la Turquie). Elle a été réalisée le 31 mai peu après 0 heures. Des roquettes ont été tirées lors de la relève la garde, tuant 7 soldats [5].

Par ailleurs, le gouvernement israélien s’est assuré d’être couvert par Washington [6]. Ainsi que l’a fait remarquer le leader libyen Mouamar Khadafi [7], il est impensable que les forces israéliennes aient lancé une opération de piraterie en Méditerranée sans en informer à l’avance la VIe flotte états-unienne, chargée de combattre la piraterie et le terrorisme dans cette zone, avec laquelle elles travaillent habituellement. L’idée était de saisir les marchandises et de les acheminer à Gaza pour montrer sa bonne foi, tout en arrêtant les militants et en les accusant de liens avec le « djihadisme » pour discréditer le gouvernement démocrate-musulman de l’AKP.

L'abordage de la flottille pouvait avoir lieu soit de nuit en haute mer, soit de jour dans les eaux palestiniennes. Le gouvernement israélien a choisi la première option de sorte que l'assaut ne soit pas commenté en direct sur les chaînes de télévision satellitaires par la soixantaine de journalistes embarqués par les associations. L'ordre a été donné au moment où se terminait l'attaque de la base navale d’I.skenderun.

De fait, Israël a bien été couvert par les Etats-Unis, qui (avec la France) se sont efforcés d’empêcher toute décision contraignante du Conseil de sécurité. A l’issue d’une interminable session, celui-ci a accouché d’une indigente déclaration présidentielle [8]. On peut y lire une litanie de vœux pieux sur la libération des prisonniers, l’aide humanitaire aux Gazaouites, et la création d’un Etat palestinien.
En coulisses, le Conseil était divisé sur un point juridique particulier, que nous détaillerons dans un instant. Il s'est montré impuissant à clarifier lui-même les faits : au lieu de créer une Commission d’enquête, il s’est limité à demander « qu’il soit procédé [éventuellement par Israël] à une enquête prompte, impartiale, crédible et transparente, dans le respect des normes internationales ».

Certes, la Commission des droits de l’homme de l’ONU a, quant à elle, institué une mission pour établir les faits, mais sa compétence est limitée [9]. Au demeurant, Israël s’en moque comme il s’est moqué de la mission Desmond Tutu sur les crimes commis à Jenine, ou de la mission Richard Goldstone sur les bombardements de Gaza.

La confusion des territoires

Alors que les agences de presse avaient évoqué 16 morts, le bilan réel serait de 9 tués, sous réserve que les blessés graves ne succombent pas ultérieurement de leurs blessures. Selon la télévision publique turque, les commandos israéliens avaient une liste de personnes à éliminer, mais la résistance des passagers ayant perturbé le plan, seul le poète Raed Salah a été atteint. Il est probable qu’au moment de donner l'ordre de l'assaut, le gouvernement Netanyahu savait que le Mavi Marmara avait été enregistré aux Comores. Les commandos croyaient donc commettre des violences en territoire comorien.
Or, les organisateurs, politiquement soutenus par les autorités turques, avaient hissé le pavillon turc et non celui des Comores. En outre, ils avaient déployé un gigantesque drapeau turc sur le flanc du cargo. Selon la jurisprudence de la Cour permanente de Justice de La Haye [10], le bateau n’était donc pas territoire comorien, mais turc. Il avait d'ailleurs déjà changé de nationalité lorsqu'il avait rejoint le reste de la flottille et la République de Chypre lui avait refusé le mouillage à cause de cela.

Tous les débats sur l'échec du renseignement israélien ne portent que sur cela : comment le Mossad a-il pu ignorer le changement de nationalité du cargo ?
Toutes les déclarations gênées de chancelleries, à Washington, à Paris et ailleurs, demandant que les faits soient établis avant qu’elles ne se prononcent sur les conséquences juridiques, portent sur ce point jamais énoncé : au moment de l’assaut, le Mavi Marmara était-il territoire comorien ou turc ?

La réponse à la question est de la plus haute importance. En effet, la Turquie est membre de l'OTAN et l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord stipule :
« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. »

Juste avant que ne se réunisse le Conseil atlantique, la Justice turque a procédé à un nouveau coup de filet pour arrêter des personnalités accusées d’avoir fomenté un complot contre le gouvernement constitutionnel. Parmi les suspects figure l’ancien ministre de la Justice, Seyfi Oktay. Ils auraient appartenu au réseau Ergenekon, version locale actuelle du Gladio… c’est-à-dire des services secrets de l’OTAN.

La symbolique de ces arrestations est renforcée par la campagne conduite depuis deux ans par les partisans de l’AKP dans les médias. A coup de fictions télévisées et de films de cinéma, ils ne cessent de vulgariser la manière dont les services secrets de l’OTAN organisèrent quatre coups d’Etat militaires successifs dans le pays. Ils ne cessent d’expliquer que les Anglo-Saxons jouent un double jeu, alliés de façade, ils ont alimenté les problèmes kurde, arménien et chypriote pour affaiblir le pays.

A l’issue d’une longue et pénible réunion à huis clos, le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a lu une déclaration d'une phrase : « J’exige la libération immédiate des civils ainsi que des navires retenus par Israël » [11].

 







Bien sûr, personne n’a jamais envisagé que l’OTAN contraindrait Israël par la force, mais c’est bien là que se trouve le moyen de pression : pour préserver l’Alliance, les Etats-Unis devaient résoudre le conflit à l’amiable.

24 heures exactement après la déclaration de M. Rasmussen, le porte parole de l’administration pénitenciaire israélienne annonçait avoir libéré tous les prisonniers étrangers (il conserve en détention ses propres ressortissants impliqués) et être en cours de les acheminer vers leur Etat d’origine ou un Etat d’accueil.

Ce rebondissement révèle un problème inattendu. L’Alliance atlantique, a été constituée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec les Etats ressortissant de leur zone d’influence post-Yalta. Ils en étaient les maîtres et les autres membres étaient soumis à leur commandement. Hormis la parenthèse gaullienne, aucun membre n’a osé remettre en cause ce fonctionnement. Or, la Turquie, signe de sa montée en puissance, vient d’utiliser le Traité de l’Atlantique Nord pour forcer la main aux Etats-Unis.

Le tête-à-tête Erdogan-Peres continue

En menottant et en tabassant leurs prisonniers, les commandos israéliens hurlaient en riant « One minute ! », « One minute ! ». Ce gimmick fait référence à l'algarade ayant opposé le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan au président Shimon Peres, lors du forum économique de Davos.

[La rédaction du Réseau Voltaire n'est pas responsable des publicités affichées aléatoirement par Google sur cette vidéo.]

Cette provocation verbale a enflammé l'opinion publique turque qui s'estime insultée à travers son Premier ministre. Du coup, elle ne se contente pas d'approuver la réaction de M. Erdogan, mais elle le pousse à en faire plus sur la scène internationale, ainsi que le montrent les derniers sondages.

C'est pourquoi le Parlement turc a adopté une résolution très offensive qui enjoint le gouvernement de « reconsidérer [les] relations politiques, militaires et économiques avec Israël et [de] prendre les mesures efficaces appropriées » [12].

Le ministère de la Justice a formé un groupe de travail pour examiner tous les recours juridiques en droit interne et international. Il s'appuie notamment sur le mémoire d'une association de juristes londoniens, que nous avons intégralement publié en anglais. [13].

Le parquet d’Istanbul-Bakirköy a ouvert une enquête [14]. Il a déjà fait procéder aux autopsies médico-légales et aux auditions des protagonistes turcs. Il pourrait inculper rapidement Benjamin Netanyahu et les généraux Ehud Barak et Gabi Ashkenasi pour piraterie, coups et blessures, meurtres, enlèvement et séquestration arbitraire.
Cependant, selon les éléments rassemblés, le procureur pourrait requalifier les faits en crime contre l'humanité. Dans ce cas, les prévenus ne pourraient plus voyager librement sans risquer l'interpellation.

Affirmer le leadership du mouvement sioniste

Si l’on se réfère aux communiqués et points de presse de la Maison-Blanche relatifs aux conversations téléphoniques successives entre le président Obama et le Premier ministre Natanyahu, les Israéliens étaient initialement fiers de leur coup. M. Netanyahu appelle d’abord le président Obama pour s’excuser de ne pouvoir honorer son invitation compte tenu des évènements qui l’obligent à retourner d’urgence à Tel-Aviv. Lors de la seconde conversation, M. Netanyahu raconte sa version des faits, c’est-à-dire qu’il place le président Obama devant le fait accompli. Si les Etats-Unis avaient autorisé l’arraisonnement, ils ne s’attendaient pas à ce carnage. La troisième conversation porte sur la manière de torpiller la réunion du Conseil de sécurité, c’est-à-dire que les Israéliens dictent leur feuille de route aux Etats-uniens.

La tonalité change lorsqu’on en arrive à la saisine du Conseil atlantique. M. Netanyahu devient difficile à joindre, tandis que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton doit affronter son homologue turc, venu la harceler. Elle cherche un bouc émissaire et demande au général Ehud Barack de trouver une solution en faisant porter la responsabilité sur un subalterne, mais celui-ci refuse de faire sauter des fusibles. Non seulement il ne se désolidarise pas du commando qui a effectué le raid, mais il prend la défense de ses soldats et ira même leur rendre visite.

En définitive, les Israéliens doivent libérer leurs prisonniers. Ils ont imposé la situation, mais se sont fait imposer le dénouement.

Un problème supplémentaire surgit avec le décès de Furkan Dogan. Le jeune homme était double national turco-états-unien. Il s'ensuit que sa famille peut poursuivre l'Etat d'Israël pour meurtre devant les juridictions américaines.

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Funérailles de Furkan Dogan. Sur les pancartes, on peut lire « Notre honneur, notre martyr ».

Premières conclusions

Au final, le gouvernement israélien a échoué sur ses deux objectifs.

La Turquie sort renforcée de cet affrontement, et avec elle le triangle qu’elle forme avec ses alliés syrien et iranien. Au passage, elle a acquis plusieurs cartes. La Justice turque va juger par contumace les ministres et généraux israéliens pour les crimes commis. La mission d’investigation de la Commission des droits de l’homme va ternir un peu plus l’image d’Israël.

Surtout, la Turquie peut jouer une seconde partie. Selon nos informations, Ankara a informé le département d'Etat que M. Erdogan envisage de briser personnellement le blocus de Gaza, comme François Mitterrand brisa en son temps le siège de Sarajevo [15]. Il pourrait embarquer sur une flotte humanitaire affrétée par des associations et politiquement soutenue par des gouvernements, dont l'Iran, la Syrie et le Venezuela. Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, a déjà appelé tous les Libanais à participer à de nouvelles initiatives. Un appel pourrait être lancé aux marins de la Méditerranée, de sorte que des centaines de bâtiments de plaisance s'y joindraient. Le tout serait escorté par la marine de guerre turque… membre de l'OTAN.
Cette perspective a effrayé Washington qui se trouve soudain une ardeur nouvelle pour convaincre Tel-Aviv de lever le blocus.

Par ailleurs, le prestige acquis par la Turquie au cours de cette opération met en relief la collaboration de certains gouvernements arabes avec Israël, particulièrement celui d’Hosni Moubarak.
Ce dernier a en effet activement collaboré au siège de Gaza afin d’empêcher le contact entre le Hamas palestinien et les Frères musulmans égyptiens. Le Caire n’a pas hésité à construire un mur d’acier avec l’argent des Etats-Unis et le savoir-faire de la France pour emmurer 1,5 million de Gazaouites [16]. Et l’on se souvient de la réponse du ministre des Affaires étrangères Ali Aboul Gheit à qui l’on demandait ce qu’il ferait des femmes et des enfants affamés qui tentaient de passer la frontière. Il répliqua : « Qu’ils essayent, nous leur briserons les jambes ! ».
Du coup, le sang des victimes du Marmara rejaillit sur le gouvernement Moubarak et Alexandrie est au bord du soulèvement. Pour lâcher un peu de lest, le gouvernement égyptien a donc décidé d’entrouvrir temporairement la frontière.

Avant de jouer dans la cour des grands, la Turquie a probablement assuré ses arrières. Notre hypothèse, qui s'appuie sur l'interview de diplomates, est qu'elle a reçu des garanties de la Russie lors du voyage de Dmitry Medvedev au Proche-Orient. Ce scénario semble corroboré par la soudaine annonce de la venue à Ankara, le 8 juin, du Premier ministre Vladimir Poutine pour participer à un sommet auquel il n'était jusque là pas attendu. Il y rencontrera notamment le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président syrien Bachar el-Assad (qui n'est pourtant pas membre de ce forum, mais vient soudain d'être invité en observateur). La délégation israélienne qui était inscrite renoncera probablement à venir : tout officiel de haut niveau serait à la merci du procureur d’Istanbul-Bakirköy. Celui-ci pourrait inopinément qualifier les faits de crimes contre l'humanité et faire arrêter les officiels.



 Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L'Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).


Les articles de cet auteur
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[1] « Par la piraterie, Israël se dévoile aux yeux du monde », entretien de Silvia Cattori avec Hazem Jamjoum, Réseau Voltaire, 4 juin 2010.

[2] « Weapons found aboard the Mavi Marmara », par Israel MFA, Flickr, 2 juin 2010.

[3] « Les preuves truquées d’Israël contre "Free Gaza" : des photos prises en 2006 et 2003 ? », par Aragorn, Agoravox, 3 juin 2010.

[4] « Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 mai 2010.

[5] « Israël a t-il mené deux opérations militaires contre la Turquie ? », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[6] « L’OTAN ne pouvait pas ne pas être au courant », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[7] « Message de Mouammar Kadhafi à Barack Obama », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[8] « Déclaration du Président du Conseil de sécurité de l’ONU », Réseau Voltaire, 1er juin 2010.

[9] « Résolution du Conseil des Droits de l’homme des Nations unies », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[10] S.S. Lotus Case (Fr. v. Turk.), 1927 P.C.IJ. (ser. A) No. 9, at 25.

[11] « L’OTAN exige la libération de la Flottille de la liberté », Réseau Voltaire, 1er juin 2010.

[12] « Résolution du Parlement turc », Réseau Voltaire, 2 juin 2010.

[13] « The Attack on the Gaza Freedom Flotilla and International Law », par Lawyers for Palestinian Human Rights, Voltaire Network, 6 juin 2010.

[14] « Ouverture d’une enquête pénale à Istanbul contre les pirates israéliens », Réseau Voltaire, 5 juin 2010.

[15] Le 27 et 28 juin 1992, le président français, François Mitterrand franchit en hélicoptère la ligne de front et brise le siège de Sarajevo.

[16] « Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation », Réseau Voltaire, 26 décembre 2009.










En Palestine
« Tout Ce Que J’ai Vu En Israël Ce Sont Des Lâches Avec Des Fusils «
« …Les prostituées de la propagande israélienne peuvent cracher leur bile abjecte tout leur soul, les commandos sont des meurtriers, nous sommes des défenseurs, et cependant nous avons combattu. Nous nous sommes battus non seulement pour sauver nos vies, non seulement pour notre cargaison, non seulement pour le peuple de Palestine, nous nous sommes battus au nom de la justice et de l’humanité. Nous avions entièrement raison de le faire… »



« Tout Ce Que J’ai Vu En Israël Ce Sont Des Lâches Avec Des Fusils »

Ce sont les mots de Ken 0’Keefe un ancien Marine US qui vient juste d’être déporté d’Israël après avoir survécu au massacre du Mavi Marmara.

En 2002, O’Keefe a pris l’initiative de ce que d’aucun considérait comme un effort donquichottesque : un effort pour empêcher la guerre en Irak en positionnant des volontaires occidentaux comme boucliers humains sur des sites stratégiques en Irak. L’action Vérité Justice Paix (Truth Justice Peace - TJP) a échoué mais la passion d’O’Keefe pour suivre ce que lui dictait sa conscience a continué de se manifester avec la même vigueur.

Ci-dessous un extrait d’une déclaration faite par O’Keefe lors de son arrivée à Istanbul vendredi après avoir été expulsé d’Israël.


« Je me souviens qu’on m’a demandé lors de l’action du TJP en Irak si j’étais un pacifiste j’ai répondu par une citation de Gandhi en disant que je ne suis pas passif. Au contraire je crois en l’action, et je crois aussi dans l’auto défense, 100%, sans aucune réserve. Je serai incapable d’être témoin passif du massacre de ma famille par un tyran, et l’attaque du Mavi Marmara c’était comme une attaque sur ma famille palestinienne. Je suis fier d’avoir été épaule contre épaule avec ceux qui refusent de laisser l’armée israélienne de voyous exercer son pouvoir sans lutter. Et oui nous nous sommes battus.

Quand on m’a demandé, au cas ou il y aurait une attaque israélienne contre le Mavi Marmara, est ce que je me servirais de la caméra, ou bien est ce que je défendrais le bateau ? Je me suis engagé avec enthousiasme à défendre le bateau. Bien que je soutienne beaucoup la non violence, en fait je crois que la non violence doit toujours être la première option. Cependant je me suis joins à la défense du Mavi Marmara comprenant que la violence pourrait être utilisée contre nous et que nous serions obligés d’utiliser la violence comme moyen d’auto défense.

J’ai dit cela directement aux agents israéliens, probablement du Mossad ou du Shin Bet, et je le redis encore maintenant, le matin de l’attaque j’ai été directement impliqué dans le désarmement de deux commandos israéliens. C’était un acte par la force et non négociable pour enlever leurs armes aux commandos qui avaient déjà tué deux frères que j’avais vus ce jour là. L’un des frères a reçu une balle mortelle directement dans le front dans ce qui s’apparente à une exécution. Je savais que les commandos étaient entrain d’assassiner quand j’ai retiré un pistolet de calibre 9mm de l’un d’entre eux. J’avais cette arme dans mes mains et en tant qu’ex Marine US avec l’expérience de l’usage des armes c’était totalement en mon pouvoir d’utiliser ce pistolet contre le commando qui était peut être le meurtrier de l’un de mes frères. Mais ce n’est pas ce que j’ai fait ni ce qu’ont fait les autres défenseurs du navire. J’ai mis l’arme de côté, enlevé les balles, de véritables balles de plomb, je les ai séparées de l’arme et j’ai caché celle-ci. J’ai fait ceci dans l’espoir que nous repousserions l’attaque et pour pouvoir montrer cette arme comme preuve lors d’un procès criminel pour assassinat de masse contre les autorités israéliennes.

J’ai également aidé physiquement à enlever à un commando son fusil d’assaut qu’un autre frère a jeté à la mer. Moi et des centaines d’autres connaissons la vérité qui tourne en dérision l’armée israélienne brave et morale. Nous avions entre nos mains trois commandos complètement désarmés et impuissants. Ces gars étaient à notre merci ils étaient hors d’atteinte de leurs compagnons meurtriers à l’intérieur du navire et entourés de 100 hommes voire plus. J’ai regardé dans les yeux de ces trois gars et je peux vous dire qu’ils avaient en eux la crainte de Dieu. Ils nous ont regardés comme si on était eux et je n’ai aucun doute qu’ils ne croyaient pas qu’ils survivraient ce jour là. Ils avaient l’air d’enfants apeurés face à un père abusif.

 




Mais ils n’ont pas eu à affronter un ennemi aussi cruel qu’eux. Au lieu de cela une femme leur a apporté les premiers soins et finalement ils ont été relâchés, meurtris et blessés c’est sûr, mais vivants. Pouvant vivre un autre jour. Capable de sentir le soleil au dessus de leur tête et l’étreinte de ceux qui les aiment. Pas comme ceux qu’ils ont assassinés. Malgré la tristesse d’avoir perdu des frères, ressentant de la colère pour ces types, nous les avons laissé partir. Les prostituées israéliennes propagandistes peuvent cracher leur bile abjecte tout leur soul, les commandos sont des meurtriers, nous sommes des défenseurs, et cependant nous avons combattu. Nous nous sommes battus non seulement pour sauver nos vies, non seulement pour notre cargaison, non seulement pour le peuple de Palestine, nous nous sommes battus au nom de la justice et de l’humanité. Nous avions entièrement raison de le faire.

Alors que j’étais emprisonné en Israël, moi et les autres nous avons été soumis à des abus sans fin et des actes flagrants de manque de respect. Des femmes et des personnes âgées ont été physiquement agressées. On nous a refusé la nourriture l’eau et l’accès aux toilettes. Des chiens ont été utilisés contre nous, nous-mêmes nous avons été traités comme des chiens. Nous avons été maintenus en plein soleil dans des positions de stress les mains attachées à tel point que le sang n’y circulait plus. Ils nous mentaient en permanence, en fait je suis impressionné par leur capacité à mentir avec désinvolture et routine, c’est vraiment remarquable. Nous avons été abusé de toutes les façons imaginables, et moi-même j’ai été battu et secoué au point que j’ai perdu connaissance… et j’ai été de nouveau battu en prison.

Dans tout cela ce que j’ai le plus remarqué c’est que c’étaient des lâches... Et pourtant je vois aussi en eux des frères. Parce que peu importe ce que sont les agents israéliens et leur gouvernement, ils restent mes frères et mes sœurs et pour l’instant j’ai seulement pitié d’eux. Parce qu’ils renoncent à la chose la plus précieuse qu’a un être humain, leur humanité.

Pour conclure : Je voudrai lancer un défi à tous ceux qui se référent à Gandhi, toute personne qui pense qu’elle le comprend, qui le considère comme l’une des plus grandes âmes de notre temps ( en gros presque tous les dirigeants occidentaux ), je lance un défi sous la forme d’une question. S’il vous plaît expliquez moi comment nous, les défenseurs du Mavi Marmara, ne sommes pas l’exemple moderne de la nature même de Gandhi ? Mais d’abord lisez les mots de Gandhi lui-même.

« Je crois vraiment que, là ou il n’y a que le choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerai la violence… Je préférerai que l’Inde aie recours aux armes pour défendre son honneur plutôt qu’elle devienne lâchement le témoin impuissant de son propre déshonneur ». Gandhi.

Et finalement je lance un défi de plus. Je défie tout critique de mérite, de discuter publiquement avec moi sur une grande scène de nos actions ce jour là. J’aimerai tout spécialement discuter avec un dirigeant israélien qui nous accuse d’avoir mal agi, cela me ferait un immense plaisir de me confronter à vous. Tout ce que j’ai vu en Israël ce sont des lâches avec des fusils, donc je suis prêt à vous voir dans un nouveau contexte. Je veux discuter avec vous sur une scène la plus grande possible. Prenez le comme un défi ouvert et voyons jusqu’à quel point les dirigeants israéliens sont courageux. »

Je doute qu’il n’y ait un seul responsable israélien qui ait suffisamment de tripes pour relever le défi de 0’Keefe. Au lieu de cela l’armée israélienne a publié une affirmation risible :

« Ken O’Keefe ( né en 1969) un citoyen américain et britannique, est un activiste radical anti israélien et un agent de l’organisation terroriste du Hamas. Il a essayé d’entrer dans la Bande de Gaza pour former et entraîner une unité de commandos pour l’organisation terroriste palestinienne. »

L’armée israélienne a épelé correctement son nom et donné sa bonne date de naissance - mais ensuite il y a des erreurs et de fausses accusations. O’Keefe a renoncé à sa citoyenneté américaine en Mars 2001. Il est maintenant citoyen irlandais et palestinien bien que se décrivant comme « en vérité un citoyen du monde».

Si l’armée israélienne avait ne serait que la plus petite preuve qu’O’Keefe allait à Gaza pour entraîner une unité de commandos du Hamas, je suis sûr qu’il ne serait pas actuellement à Istanbul mais dans une prison israélienne en attente de son procès. (Lors d’une interview sur Al Jazeera qui se trouve sur le site anglais de l’article d’origine, il réfute effectivement les affirmations d’Israël)

Mais quand O’Keefe dit que tout ce qu’il a vu en Israël ce sont des « lâches et des fusils » il fait remarquer une vérité fondamentale révélant la nature de l’état juif.

En tant que nation qui se délecte à écraser ses opposants, Israël agit avec l’état d’esprit de tout tyran : il ne se sent convaincu de sa force que quand il a en face de lui un opposant faible.

Manquant de courage pour se considérer comme d’égal à égal, Israël agit dans un monde caractérisé par la domination et l’oppression.

Paul Woodward - 06/06/2010

http://warincontext.org/2010/06/06/all-i-saw-in-israel-was-cowards-with-guns/

Lundi 7 Juin 2010
Mireille Delamarre traduction









Saboter la paix :
La vraie raison de l'attaque
de la flottille de Gaza
(Counterpunch)



Rannie AMIRI

La vague d'indignation et de condamnation planétaire qui a suivi l'attaque impudente de la pacifique flottille de la paix qui a causé la mort d'au moins neuf militants et fait des dizaines de blessés était prévisible et justifiée. Mais beaucoup se demandent encore pourquoi Israël a jugé nécessaire d'amener par avion un commando d'élite pour se rendre maître d'une flottille civile sans armes transportant 10 000 tonnes d'aide humanitaire vers le territoire assiégé de Gaza. Le convoi de six bateaux était en partie sponsorisé par une organisation humanitaire et naviguait sous pavillon turc quand il a été arraisonné dans les eaux internationales.

L'opinion générale est qu'Israël voulait "envoyer un message" : Voilà ce qui arrivera à quiconque osera s'opposer au blocus maritime et au siège de Gaza.

Cette analyse est juste mais superficielle. La vraie raison de l'assaut israélien est beaucoup plus sinistre : saboter délibérément (pour ne pas dire faire complètement avorter) les pourparlers de paix décisifs avec les Palestiniens et les Syriens et se venger de la Turquie qui a négocié un accord d'échange nucléaire avec l'Iran ( ce qui a discrédité grandement les arguments d'Israël en faveur d'une intervention armée).

La motivation profonde d'Israël était de saboter la paix.

"La dynamique de notre état est l'expansion" est une déclaration célèbre de David Ben Gourion. Et la paix, la stabilité et la diplomatie sont des obstacles aux partisans sionistes de l'acquisition des terres et du contrôle des populations indigènes.

Il y a eu des efforts récents pour faire progresser les pourparlers indirectes, dit "de proximité" sous l'égide des USA entre le gouvernement israélien et le leader palestinien Mahmoud Abbas. Maintenant tout cela est remis en question.

La première phrase d'un communiqué de la Presse Associée du 31 mai impliquait la même chose : "L'assaut sanglant qui a tourné au fiasco d'un vaisseau turc humanitaire complique la tâche des USA dans les efforts de paix au Moyen Orient, et augmente l'isolement d'Israël..."

 




C'est exactement ce qu'Israël voulait. Israël peut facilement supporter "un isolement international" tant que son allié le protège de réelles sanctions. Israël en fait adore l'isolation ; cela lui permet d'opérer avec le sentiment de "n'avoir rien à perdre". L'expropriation de la Palestine s'accélère et il n'y a personne pour mettre des limites à son comportement irresponsable.

De plus l'attaque a eu pour résultat de mettre fin à sa relation avec la Turquie. Israël ne veut pas participer à une solution non militaire du dossier nucléaire iranien comme celle que la Turquie et le Brésil viennent de concrétiser.

Ce ne serait pas la première fois qu'Israël provoquerait délibérément une crise au prix de la vie de civils pour pouvoir poursuivre ses projets expansionnistes, justifier une guerre, ou avoir une raison de partir en campagne :

Six semaines avant les élections de 1996 en Israël, le Premier Ministre Shimon Peres a lancé l'opération "grains de la colère", un raid de deux semaines au Liban au milieu des 20 années d'occupation du Sud de Liban. Au cours de cette opération des Israéliens massacrèrent 106 civils qui s'étaient réfugiés dans un bâtiment de l'ONU à Qana.

En septembre 2000, quatre mois avant son élection, le Premier Ministre Ariel Sharon (accompagné de 1000 policiers anti-émeutes) s'est pavané sur l'esplanade de Haram al-Sharif où se trouve la mosquée al-Aqsa -le troisième lieu saint de l'Islam- déclenchant la Seconde Intifada.

La commission des droits de l'homme de l'ONU dans une résolution intitulée "sérieuses et importantes violations des droits humains du peuple palestinien par Israël" a condamné "la provocation dont s'était rendu coupable Ariel Sharon, le leader du Likoud en se rendant à El-Haram al-Sharif le 28 septembre 2000, et qui a été à l'origine des événements tragiques qui se sont déroulés à Jérusalem Est et dans les autres territoires occupés de Palestine, causant un grand nombre de morts et de blessés dans la population palestinienne".

Sharon a alors bâti sa campagne électorale sur la répression de l'intifada qu'il avait provoquée.

1500 Libanais furent tués, un million furent déplacés et l'infrastructure civile du pays fut détruite pendant qu'Israël essayait sans succès de détruire le Hezbollah au cours de la guerre de juillet 2006. Le conflit commença quand deux soldats furent capturés en flagrant délit d'espionnage en territoire libanais près de la ville de Aitaa al-Chabb. Comme des années de violation illégale de l'espace aérien libanais n'avaient pas provoqué de réaction, Israël utilisa le prétexte de la capture des deux soldats pour lancer son attaque disproportionnée.

La mesquine logique qui a sous-tendue l'attaque de Gaza de 2008-2009 a déjà été exposée dans un article précédent. ( à savoir les élections de février 2009 en Israël voir http://www.counterpunch.org/amiri12... NdT)

La dernière opération israélienne contre les 700 militants qui apportaient de l'aide humanitaire à Gaza n'est jamais que la derniere d'une série de tentatives criminelles pour détruire tout espoir de paix, de négociation ou de solution du conflit entre Israël, ses voisins et les Palestiniens.

Mission accomplie.

Rannie Amiri est un commentateur indépendant du Moyen Orient. On peut le contacter à rbamiri@yahoo.com

Pour consulter l'original : http://www.counterpunch.org/amiri06...

Traduction D. Muselet










Obama Gang

Assaut Du Mavi Marmara : Obama Avait Eté Prévenu


Obama a refusé de condamner l’assaut et le massacre sur le bateau turc le Mavi Marmara tout simplement parce qu’il avait été prévenu et son administration tenue informée en détail et en direct par les Israéliens. Obama complice ne veut pas d’enquête de l’ONU et pour cause !



Assaut Du Mavi Marmara :
Obama Avait Eté Prévenu

Selon le quotidien israélien Haaretz, qui s’appuie sur ces sources diplomatiques américaines, le président américain Barack Obama était au courant de l’attaque du bateau turc le Mavi Marmara par les commandos israéliens alors que, menteur invétéré, il a affirmé le contraire juste après le massacre.

Selon le Haaretz Obama a même discuté des détails de cet assaut sanglant avec les responsables israéliens les mettant en garde contre l’utilisation de bombes lacrimogènes et bombes assourdissantes. Haaretz précise que le ministre de la défense Ehud Barak - qui a annulé à la dernière minute sa visite à Paris au salon de l’armement Eurosatory lundi 14/06/2010 et sa rencontre avec des dirigeants français car des humanitaires français de la Freedom Flotilla ont déposé plainte contre lui et il craint des poursuites judiciaires - avait accédé à sa demande, disant toutefois que si les commandos israéliens étaient attaqués l’armée ferait fi de ses recommandations. D’où la propagande intensive de l’armée israélienne et le dictat imposé aux médias : les soldats israéliens avaient été attaqués et avaient riposté. On sait, preuves vidéo à l’appui, que tout cela est faux que les commandos israéliens ont tué de sang froid des humanitaires dés le premier assaut et qu'ils avaient une liste d’activistes se trouvant sur le bateau à assassiner.

 





La presse jordanienne elle aussi précise qu’Obama avait été informé à l’avance du raid israélien dans les eaux internationales contre la Freedom Flotilla.

Quelques minutes avant l’assaut le Mossad a prévenu le directeur de la CIA, Leon Panetta. L’opération a été filmée par des drones israéliens qui on envoyé des images en direct au commandement de la Marine américaine qui les a transmises à Panetta. Ce dernier a tenu Obama informé du déroulement de l’assaut.

Donc Obama savait ce qui se passait "life" sur le Mavi Marmara il est directement complice.

On comprend maintenant pourquoi les US ont refusé de condamner au CSONU l’attaque sanglante israélienne alors même que la Turquie, dont 8 ressortissants ont été massacrés, est un proche allié des US depuis des décennies. Grave également le fait qu’un ressortissant américain d’origine turque qui photographiait l’assaut ait été tué à bout portant. Autrement dit l’administration Obama n’hésite pas à laisser tuer un citoyen US par I’ armée israélienne.

Obama insiste également pour que ce soit Israël qui mène l’enquête sur le massacre du Mavi Marmara en demandant cependant une présence internationale. La représentante US à l’ONU, Susan Rice, a dit que les US pensent qu’Israël peut mener « une enquête crédible et impartiale », mais qu’elle doit avoir une «composition internationale» pour la rendre plus crédible aux yeux de la communauté internationale.

L’administration Obama veut donc que ce soit les assassins israéliens qui mènent l’enquête, un juriste observateur américain et un européen l’accompagnant pour la rendre "crédible".

Bref c’est comme ci après la Seconde Guerre Mondiale on avait demandé aux Nazis d’enquêter pour le procès de Nuremberg.

Il est bien évident que l’administration Obama soutient les crimes israéliens et ne veut pas d’un nouveau rapport de l'ONU portant sur les massacres commis sur le Mavi Marmara comme celui du juge Goldstone accusant Israël de crimes de guerre à Gaza lors de l’Opération Plomb Durci.

A la société civile de s’organiser pour que des poursuites soient engagées contre les responsables israéliens à la CPI et devant les juridictions nationales compétentes.

Dimanche 13 Juin 2010
Mireille Delamarre