Aujourd'hui,
dans une société de l'excès et du paroxysme où des séries télévisées montrent
des cadavres en pleine décomposition avec leurs asticots, leurs liquides putrides
et la suggestion des émanations charogneuses, l'humanité, de plus en plus
copromane, thanatomane, se permet un nouveau fantasme : l'astromanie.
Qu'est-ce que l'astromanie ? Je réponds que c'est la nouvelle
forme tarée de voyeurisme pseudo scientifique qui agite ceux qui guettent partout
dans l'interstellaire, la prochaine future planète d'accueil pour
l'homme ! En effet, l'excentricité multiforme et omniprésente,
se pavane, partout en exposant la nudité des esprits. L'espace, parce qu'il
est le ciel au-dessus de nos têtes, ne manque pas de constituer le canton de refuge,
le postiche d'un enchantement subreptice et facticement scientifique pour
le populo en mal d'émerveillement et de prophétie technologique au c'ur
d'un monde désenchanté. Dans cette cascade de bêtises déversées au quotidien
par les médias, on retrouve la promesse de faire habiter l'espèce humaine,
dans les décennies à venir, sur de nouvelles planètes à découvrir ou tout simplement
sur l'une de nos voisines du système solaire.
On
sait déjà que Mars est en vue et que certains envisagent d'y acheter des
hectares comme futurs propriétaires ! Mais dans ce ridicule entretenu par
certains scientifiques, il faut éviter de voir juste de l'excentricité individuelle
desdits savants mais une idéologie crapuleuse des hautes sphères de l'économie
mondiale, ceux qui, pour la croissance économique pyramidale, exigent constamment
de la production exponentielle, sollicitant la Terre jusqu'au bout de ses
seuils de tolérance, abusant les ressources jusqu'à la dernière limite possible'
Ainsi, la vilenie de nos savants vendus, stipendiés qui n'osent expliquer
au peuple, qu'à moins de transformer l'espèce humaine en une tout
autre qui aurait par exemple du chlore dans ses veines plutôt que du sang, qui
respirerait de l'hydrogène plutôt que de l'oxygène, qui boirait du
méthane liquide plutôt que de l'eau et mangerait des roches plutôt que du
pain, il n'y a pas de planète autre que notre Terre pour nous.
Alors
que les nouveaux mythologues de la science, forts de leur scientisme, cette idéologie
de toute-puissance de la science pouvant tout, baissent éhontés leur froc et exposent
la hideur de leur nudité, façonnent le mythe d'une nouvelle chance alterplanétaire
à la portée d'une humanité perdue à elle-même le système politico-économique
abject, le mode de production ignoble se prévaut de leur soi disant science et
prospectives cosmologiques pleines de sordides prophéties astronomiques, pour
asséner à la terre et à l'environnement, ses derniers coups fatals pour
la croissance industrielle et financière.
Le
virus capitaliste de la production, sans état d'âme - continue donc avec
la complicité criminelle des scientifiques et celle balourde des masses qui croient
aux médias - de transformer la planète bleue si belle et si vivante avant l'homme,
en déchetterie sidérale, où les premiers déchets sont en fait le quarteron de
charognards érigés en surhommes qui décident du mode économique. Indigne de ce
don de Dieu aux espèces vivantes végétales et animales dont les métazoaires complexes
auxquels nous appartenons, l'homme du vingt et unième siècle en fouinant
sur Mars quelque trace de vie microscopique pour étayer sa thèse de la vie humaine
possible à l'extérieur de la Terre, prouve que le progrès de l'homme
de l'espace comparé à l'homme des cavernes, ne constitue ni amélioration
des tempéraments, ni élévation des caractères. Le progrès est resté négatif. L'animalité
primitive armée par la science et la technologie ne fait qu'outiller l'animal
humain de moyens sans cesse accrus et perfectionnés pour s'autodétruire
et exterminer la vie en général.
Ce
qu'il convient d'appeler la téléologie extraterrestre prêchée par
les scientifiques prophètes d'une vie humaine possible sur d'autres
planètes, n'est en fait qu'un signe additionnel de la ravageuse crise
du sens de nos sociétés. Crise qui prouve, par les singeries loufoques de ses
dires et thèses bêtifiantes, que notre société a atteint les confins abêtissants
du délire et ne vit plus qu'aux bornes de l'imaginaire extravagant,
psychédélique du vide et de la non-signification'
Preuve
que l'homme contemporain, à la fois prométhéen et faustien, ne sait qu'incinérer
le destin terrestre et vivre dans la mégalomanie de ses inepties pyramidales qu'enjolive
l'apparence de science des tenants d'un certain scientisme médiatisé.
CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE