jeudi 26 novembre 2009 à 20:24


Le Salon Du Livre Et De La Presse Jeunesse
En Seine-Saint-Denis A 25 Ans,

Et, Par Chance : L’Incommodant Spectacle
Des Roms Et De Leurs Enfants
Ne Risque Plus De Gâcher « La Fête »





par Sébastien Fontenelle

Le 25ème Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, dont la directrice veut « autoriser les enfants, les jeunes, les familles à tutoyer la littérature avec bonheur » [1], a été inauguré hier à Montreuil par le gratin de l’édition (qui sait que ce « rendez-vous incontournable dans notre agenda culturel » [2] est avant tout une affaire de (très) gros pognon [3]), en présence, notamment, de Claude Bartolone, président « socialiste » du conseil général de la Seine-Saint-Denis, de Jean-Paul Huchon, président « socialiste » du conseil régional, et, bien sûr, de la mairesse de Montreuil, Dominique Voynet.

Tous ces braves gens ont passé la soirée à trinquer - au champagne, comme de juste - et à se congratuler - saines joies de l’entre soi - en se répétant, je suppute, ces fortes paroles du même Bartolone : « La lecture offre du rêve et de l’évasion d’un quotidien parfois difficile ».

Juste en face de l’entrée du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, rue Marcel Dufriche, il y a (justement) une friche industrielle.

Donc, tu as, d’un côté, l’entrée du salon et l’accès « VIP »- que voici :


Et juste en face, tu as cette friche, que voilà :


Avant l’inauguration du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, on y trouvait un campement de Roms.

Une poignée de pauvres cabanes de bric et broc : c’est bien assez pour ces gens-là, n’est-ce pas ?

Mais ça faisait quand même sale, dans le paysage.

Ça aurait pu, sait-on jamais, offusquer la vue des gens de culture et de raffinement qui se pressaient hier et se pinçaient le cul à l’inauguration du 25ème Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis.

(Merde alors, Chantal, peut-on encore petit fourrer sans que des gueux campent dans l’horizon ?)

Heureusement, juste avant qu’il n’ouvre ses portes - et par l’effet d’une ravissante coïncidence : des bulldozers ont arasé le campement des Roms.

Ils sont maintenant parqués dans quelques tentes, apportées par des militant(e)s, à quelques dizaines de mètres à peine de l’entrée du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis.

Juste assez loin pour ne pas incommoder les petits nenfants qui viennent par classes entières filer du pognon à d’éminents éditeurs soucieux de « la réussite de notre jeunesse ».

Ils sont là :


Évidemment : leurs enfants dorment dans la rue, sous la pluie, dans le froid - et ça leur fait sans doute un quotidien parfois difficile.

Pour autant : nul « VIP » du livre pour la jeunesse ne les aide à tutoyer la littérature, le rêve, l’évasion.


Mais là-dessus, Voynet, qui avait promis qu’en votant pour elle Montreuil gagnerait « une vie politique moins violente », ferme sa gueule à double tour.

Et Bartolone itou - qui préfère proclamer : « Chaque année, 30.000 enfants de toutes nos villes visitent ce Salon en famille » (sans qu’on leur dise évidemment qu’en authentiques « socialistes » nous laissons d’autres gosses dans la faim et le froid à cinquante mètres de là).

Je te laisse conclure ?










vendredi 4 décembre 2009 à 15:54

Des Roms Dans La Rue ?
Vite, La Mairie De Montreuil
« Désinfecte »...

par Sébastien Fontenelle

L’autre jour : des Roms étaient giclés, juste avant l’inauguration du 25ème Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, de la friche industrielle où ils avaient planté leur pauvre campement.

Dominique Voynet, la mairesse de Montreuil, avait alors expliqué qu’elle n’était strictement pour rien dans cette expulsion - rejetant la responsabilité de cette vilenie sur « un propriétaire privé ».





Depuis, les Roms dormaient dans la rue Gutenberg : Dominique Voynet avait manifestement d’autres urgences que celle de leur trouver un logement décent.

Mais hier, son « adjointe chargée des déplacements et de la Voirie », Fabienne Vansteenkiste, a tout de même trouvé le temps de signer un arrêté municipal (ci-dessous) prévoyant de faire procéder aujourd’hui, je cite, au « nettoyage » et à la « désinfection » de la rue Gutenberg - et priant la police de bien vouloir se charger de « l’exécution » de cet arrêté.

Ainsi fut fait, conformément aux voeux de Dominique Voynet : aujourd’hui, à midi, des humanistes flanqués de keufs ont procédé à l’évacuation des matelas et des couvertures des Roms - dont les tentes ont été pu être sauvées in extremis par des militant(e)s présent(e)s sur les lieux.

Et d’expliquer à ces militant(e)s qu’il y a beaucoup de « rats » dans le quartier, et qu’il fallait par conséquent opérer une « dératisation »...

Les Roms, virés deux fois en l’espace de quelques jours, n’ont évidemment pas été relogés.

Ça sent comme du Besson : en vérité, c’est du Voynet.