Le
dépeçage de la Grèce
Barry
Grey
Vendredi 23 Septembre 2011
L'Union
européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire
international (FMI) qui agissent au nom des banques internationales exigent une
nouvelle série de mesures d'austérité à l'encontre
de la classe ouvrière grecque comme condition préalable au déblocage
de la prochaine tranche du plan d'aide, faute de quoi la Grèce fera défaut
le mois prochain.
Les
ministres européens des Finances, qui s'étaient réunis vendredi
et samedi en Pologne, ont refusé de verser la tranche de 8 milliards d'euros
parce que la Grèce dont l'économie, qui s'est effondrée suite
aux licenciements de masse et aux coupes sociales déjà imposées,
n'a pas réussi à tenir ses objectifs de réduire le budget.
Le
représentant du FMI en Grèce, Bob Traa, en avait établi les
critères lors d'une conférence économique lundi à
Athènes. S'exprimant dans un pays qui a vu son taux de chômage officiel
presque doublé depuis 2008 en passant à 16 pour cent - le véritable
taux de chômage avoisine les 30 pour cent - Traa a exigé davantage
de réductions drastiques des salaires et des emplois dans le secteur public,
des fermetures d'organismes public entiers et la privatisation et la vente immédiates
d'entreprises de l'Etat.
Se
plaignant de ce que le secteur public grec est « très important »,
Traa a dit que sa contraction
« nécessitera obligatoirement la
fermeture d'unités publiques inefficaces ainsi qu'une réduction
de la vaste main-d'oeuvre et des généreux salaires du secteur public.
»
Au
moment même où il condamnait la classe ouvrière grecque à
la pauvreté, il a attisé la convoitise des banquiers pour des profits
immenses provenant de la vente au rabais des biens de l'Etat. « On peut
faire beaucoup d'argent en Grèce, » a dit Traa. « Le programme
de privatisation n'est pas seulement une réforme structurelle c'est aussi
un moyen d'attirer des investissements étrangers directs dans le pays et
donc de la liquidité et du capital. »
Il
a averti que la Grèce devait vendre rapidement certaines entreprises publiques
à des sociétés privées si elle ne veut « pas
faire défaut ».
Comme
une meute de loups qui s'apprête à chasser sa proie, la famille mondiale
des banquiers et des spéculateurs - dont les opérations semi-criminelles
ont provoqué la crise économique et dont le renflouement par l'argent
du contribuable a conduit les trésors publics à la faillite - est
actuellement en train de planifier le dépeçage de la Grèce
en transformant la destruction de la société entière en une
manne financière pour elle-même.
La
réponse du gouvernement social-démocrate PASOK aux nouvelles exigences
de la soi-disant « troïka », qui supervise le plan d'aide - l'UE,
la Banque centrale européenne et le FMI - a été de se conformer.
Le premier ministre George Papandreou a annulé une visite aux Etats-Unis
et a organisé dimanche une réunion d'urgence de son cabinet ministériel
à la suite de laquelle le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, a
promis d'annoncer de nouvelles coupes dans les dépenses publiques. «
Tout le monde veut un Etat plus petit, »a-t-il déclaré.
Selon
divers articles de presse, les mesures exigées par la « troïka
» comprennent :
-
La suppression de 20.000 emplois supplémentaires dans le secteur public
d'ici 2015, ce qui ramènera le montant total des licenciements à
100.000.
-
La résiliation rétroactive à effet immédiat de tout
recrutement effectué dans le secteur public en 2010 et en 2011, touchant
ainsi 25.000 travailleurs de plus.
-
La réduction des retraites et des salaires des employés des services
publics. La réduction de la retraite des marins et des employés
des sociétés publiques de télécommunication. Le gel
de toutes les retraites d'Etat jusqu'en 2015.