Programme
insurrectionnel
La stratégie de l'État est claire et lisible. Adossé aux agents du spectacle,
aux penseurs médiatiques de sa caste, aux aristocrates des grands groupes et aux
armes de sa police, il laisse la situation se détériorer à un point tel que la
loi martiale effective n'est plus qu'une question de semaines. Cette stratégie
désastreuse, expérimentée dans l'histoire et remise au goût du jour dans les Antilles
françaises accouche du plus noir tableau pour les libertés du peuple, le droit
inviolable de sa libre expression et de son devoir sacré d'auto-détermination.

La
crise est un complot.
Après une décennie où les élites ont
essayé de plonger le monde dans une guerre totale et globale qui aurait pris naissance
au moyen-orient, agitant le spectre des guerres de civilisations, des guerres
religieuses et des guerres à mort pour les matières premières, l'ordre du jour
est au chaos général dans chaque pays occidental ou occidentalisé. La crise?
Mais c'est un complot ! La situation ne peut pas échapper aux banques et aux
pouvoirs, seraient-ils assez veules pour nous faire croire que tout leur échappent
et qu'ils n'y peuvent rien ? Ils le sont. Ils parlent de crise du siècle alors
même que nous ne sommes qu'à l'aube d'un millénaire qu'ils veulent écraser sous
leurs bottes. Ils parlent de 1929 en oubliant, omission ordurière, que cette crise
a été fomentée par les banques privées de la réserve fédérale américaine, donc
parfaitement contrôlée et radicalement fidèle à leur plan. Les médias nous
assomment de terreur en prédisant une descente vertigineuse dans les enfers de
la récession, ou de la dépression suivant le canal que l'on écoute, préparant
les esprit à l'apocalypse que seul pourra résoudre un État policier sans autre
dogme que la force brutale. Les agitations, les insurrections, les révoltes,
tout le beau monde n'a que ce mot à la bouche, plan de propagande pour apeurer
les propriétaires et ceux qui s'accrochent à leurs salaires. Ils nous parlent
de matelas social au lieu de parler de ce cache misère sordide, de cette natte
rongée par les rats vide d'une poignée d'euros... Est-ce que le smic, le rmi,
le rsa, les quelques pièces jetées à ceux de tout en bas suffiront à faire taire
le souffle de la révolte ? C'est une insulte de poser la question ! C'est
une révolte qu'ils veulent ? Ils auront une révolution !
Défier
la misère. Défier la misère c'est défier sa fatalité. C'est
défier les sens communs qui sortent de la bouche de ceux dont la vie n'a rien
de commun. C'est défier la soumission journalistique, cracher à la gueule
des faiseurs de consul, vomir les contemplations abêtissantes du spectacle, hurler
comme des fauves que le système n'est pas mauvais que seulement depuis une dizaine
d'années, que le capitalisme est bien l'objet d'une haine de l'humanité, défier
la misère c'est élever des barricades aux stupides analphabètes historiques qui
miaulent pour le retour du capitalisme à papa, et finalement défier la misère
c'est préférer le cocktail enflammé jeté à la gueule des maitres du monde...
aux allocations quémandées par d'invisibles comités.
Aujourd'hui ceux
qui se battent contre les lois scélérates, les lois racistes et génocidaires,
les lois des riches qui protègent leurs misérables rolex, les lois fascistes pour
un nouvel ordre mondial, tous sont criminalisés. Ceux qui luttent pour un
logement digne, pour l'indépendance alimentaire et énergétique, une juste répartitions
des richesses, un accès à l'éducation pour tous, une éradication de la morale
consumériste, pour la fin de la société des mafias et du secret, pour une civilisation
nouvelle d'hommes et femmes sages et éclairé(e)s, et surtout, honte déjà indélébile
de l'histoire contemporaine, ceux qui luttent pour le respect des droits de l'Homme
et contre les directives de la honte, contre la morale fasciste, ceux qui luttent
pour nos frères et sœurs des pays appauvris, contre les multinationales et leurs
saloperies à travers le monde entier, et bien tous ses hommes et femmes supérieur(e)s
promis(e)s aux livres d'histoire à la page des Danton, Camille Desmoulins, Victor
Hugo, Louise Michel, Jean Moulin, et bien tous risquent leur liberté et leur vie.
Si nous sommes contre, et radicalement contre, il n'y a aucune posture
de conciliation à accepter, aucune discussion sur les termes de réformes ou
autre légalisme, compassion absurde pour le bourreau de l'humanité, si
nous sommes contre, il faut le dire, l'écrire, le crier, et lutter, quelque soit
la forme du combat, contre le système et les responsables de ce spectacle,
et s'il faut aller plus loin que des coups de pieds aux culs et des textes
assassins, s'il faut appliquer la justice populaire aux multinationales et
états-mafias, s'il faut traverser les mers et les déserts pour prendre le
fusil de la fraternité, s'il faut trainer les maîtres à terre jusqu'à l'aveu
de leurs crimes, s'il faut brûler la société de l'abondance, du gâchis, et
se mettre à dos tous les petits fascistes du confort quotidien, s'il faut
encaisser des années de prison et se coucher au son des balles ignobles des mercenaires,
et bien qu'ils sachent que c'est exactement la posture que nous nous engageons
à tenir, parce que aucune autre solution n'est possible sinon regarder en
végétaux aliénés la déchirante destruction de notre monde et la mort des enfants
de demain, oui l'Histoire continue pour le monde meilleur que nous voulons
tous, un monde débarrassé des fascistes, de leur goût morbide du passé , de
leur chronique amnésie, et de leurs lois de sang.
Parce que j'aime la France.
Parce que j'aime la France, le
bleu de mes yeux et le blanc de ma peau rougissent des menteurs et des traitres,
ces petits hommes d'ailleurs à l'humanité
suspecte qui ont baffré l'universel au banquet de la mort, laissant
à mes frères et sœurs des horizons lointains la curée des os morts.
Quand
je pense National je pense aux troupes de Valmy, l'armée de tous les français,
aux FFI du Vercors, l'honneur de tous les français, aux gardes nationaux de 1871
et aux internationalistes partis en Espagne hisser haut la fraternité et la solidarité
pour les valeurs de la seule France qui vaille qu'on meurt pour elle.
Tout
le reste ne vaut pas le clou enfoncé dans les pancartes aux belles lettres sur
les murs de nos villes. Les perruqués, les roitelets, les petits empereurs
et leurs généraux, les républicains assassins qui souillent le nom des rues alors
que le sang de mes aïeux a disparu dans des tranchées de batailles inutiles et
amorales. De Austerlitz à Diên Biên Phu, de Camerone au Djebel algérien, aujourd'hui
en Afghanistan pour faire plaisir à l'oncle Obama, le sang des miens a été vendu
aux nauséeux principes du capitalisme, de l'impérialisme, et les coupables
n'ont jamais rien payé.
Je leurs en veux aux riches, le cul assis
sur leur tas d'or, de n'avoir pour les jeunes rien d'autres que l'ambition
d'en faire des massacrés où des massacreurs.
Et
l'ailleurs me déteste comme on déteste le meurtrier de sa famille,
le violeur de sa sœur, le voleur de sa dignité ancestrale. Parce
que j'aime la France, la reproduction du tableau de Delacroix guide
ma liberté, elle s'affiche sur un des quatre murs de mon taudis, à côté
d'une œuvre plus personnelle qui proclame mort aux cons. N'est-ce pas cela
mon pays, cette belle femme sur le tableau de Delacroix, cette guérillera,
poitrine offerte aux balles des tyrans, pour la liberté de tous?
Je ne
veux que celle-là comme couverture, je me débrouille très bien sans elle, mais
si revient le froid, l'hiver et les pleurs, les miens ou ceux de mes frères et
sœurs, c'est cette couverture qui me protégera, et
ce n'est que cette étoffe protectrice que je pourrai offrir. Plus encore, pour
elle, je donnerai mes poings, ma rage, et beaucoup de ma vie, parce ce peuple
et cette liberté, alors, c'est mon père et ma mère.
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| Mort
aux cons, c'est autre chose, un patrimoine national que de cracher à la gueule
de la gestapo de service. La police, ces pauvres d'esprit, ces malheureux
dégénérés d'appuyer les actes barbares des élites, cette mafia drapée dans
la loi, ne sert qu'à disperser la rage positive du peuple, à l'infantiliser, à
le rabaisser tant et si bien que la présomption de culpabilité est la base
de son action. La police c'est Versailles, la police c'est Vichy, la police
c'est l'ennemi de l'intérieur vomi d'un ministère amer.
Un délinquant
n'est rien d'autre qu'un être debout qui refuse le salariat, et comme le salariat
n'est rien d'autre que l'esclavage, un délinquant a dans la sang le même bouillonnement
que celui des révoltés du tiers-états.
Et les fous, les tueurs et les
violeurs, qu'en ferons-nous sans la maison poulaga ? Ce ne sont que de pauvres
victimes sociales devenus assassins à leur tour, aveu de l'égoïsme de nôtre société,
de son horreur de l'humain, de son mépris des horribles
conditions sociales, culturelles et éducatives qu'elle impose massivement.
Nous,
comme un peuple digne et fier, parce que juste et fraternel, nous n'avons pas
besoin d'une milice terroriste (qui terrorise) aux ordres des bourgeois
pour faire régner la bonheur.
Nous nous organiserons bien mieux nous-mêmes,
avec des valeurs bien différentes les mêmes que celles de ce tableau, là sur
le mur de mon taudis, ils ont tous des armes, des sourires, la joie libertaire
allume leurs grands yeux noirs.
Parce que j'ai été au collège Louise Michel
et au lycée Auguste Blanqui, j'espère que mes enfants iront au lycée J.M Rouillan
et à l'Université Guy Debord. Et pour cela, et avec tous les vrais patriotes
pour un monde meilleur, j'appelle à l'insurrection.
Les Que faire et qu'en faire ?
Quelques soient, et pour des raisons bien
différentes, les conséquences des moments révolutionnaires, il n'y a pas de modèle,
et la révolution n'étant pas un produit commerciale, elle ne s'importe ni ne s'exporte.
Le fait commun est la conscience de l'oppression et son degré de violence. Qu'il
soit le fait d'un peuple, d'une partie d'un peuple ou d'une avant garde, seule
compte la réalité de l'oppression. Mais la conscience de l'oppression, au vu du
monde médiatique actuelle, est loin d'être évidente pour les français. Espérons
qu'ils apprennent vite des frères et sœurs antillais(es) ainsi que des groupes
et penseurs libres qui s'essoufflent à le crier depuis si longtemps.
Parce que la propagande ne laisse pas d'espace à l'esprit critique, elle transforme
en bien n'importe qu'elle ignominie. La grande majorité occidentale n'a pas
conscience de collaborer au pire système, génocidaire pour l'humanité, destructeur
pour la planète et tyrannique pour eux-mêmes. Ce monde est éminemment contre révolutionnaire,
c'est à dire qu'il moque, déprécie et criminalise la critique en même tant qu'il
étouffe, trahit et prostitue l'auto-critique.
La dépression généralisée,
l'avalanche de frustrations, la négation du développement personnel au profit
du modèle capitaliste, toutes ces peines quotidiennes ne sont pas reconnues comme
la conséquence du modèle de civilisation imposée mais comme une fatalité humaine.
Ainsi se vérifie cet ancienne loi, la force du tyran ne repose
que sur l'acceptation de l'état de tyrannie par ses sujets.
L'oppression chacun l'endure mais personne n'en identifie la cause. C'est en toute
conscience que l'occident déferle sur le monde, assassine, vole et détruit, acceptant
cet état de fait comme indépendant de sa volonté et de ses actes. La conscience
du contrôle sur sa propre destinée n'existe pas, par les même mécanismes qui ont
plongé l'occident dans l'acceptation de la scolastique divine pendant des siècles.
Un jour pourtant, grâce au travail des Lumières et à la dignité des révolutionnaires
l'ordre ancien a été balayé. Aujourd'hui c'est cet ordre bourgeois, devenu
ancien et mortel pour l'humanité, qu'il faut balayer.
Où
naissent les révolutions ?
A la différence des coups d'état, du
cirque électoral et des agitations littéraires, un réel mouvement populaire
debout pour la refonte du rapport de forces nait, grandit et meurt dans l'espace
publique, dans la rue. En amont était la formation des élites révolutionnaires,
leur préparation à ce travail de porte-voix des idées neuves. En aval la désignation
juste de représentants pour porter le projet constitutionnel, politique, sociale
et humain. Mais l'espace publique garde la main. Là, sur le pavé, dans
l'échange le plus naturel, le plus direct, le plus productif, déjà vivent toutes
les possibilités, toutes les radicalités et tous les contre-pouvoirs.
La
situation est celle-ci, les forces mobilisées pour un projet révolutionnaire doivent
prendre l'espace publique. On peut constater aujourd'hui que l'atomisation
de la population, sa réduction à la partie congrue de son individu propre, seul
et inoffensif, est une arme aussi efficace que dix escouades de policiers.
La
contestation libertaire, armée de feuille de choux trisannuels et d'une armada
de penses-bêtes numériques, ne vaut pas la botte d'un guérillero.
C'est
certes plus confortable, aussi confortable que de designer d'ex-rebelles libertaires
aux rédactions des journaux nationaux. Ça calme, so-mêmet et la petite foule
des révolutionnaires booléens.
Simplement, fut-elle numérique, la posture
de papier n'est qu'une posture, à la première lâcheté elle se fait imposture.
Le seul droit collectif de contestation est résumé aux règles du jeu politique,
au balai des partis, aux lentes échéances du vote et à la tricherie des classes
dirigeantes. C'est un leurre, un piège, tant que l'espace publique ne devient
pas le terrain essentiel, de formation, de lutte et d'explication de la révolution,
tant qu'il reste aux mains des classes dirigeantes, l'avenir révolutionnaire en
Occident ne saura dépasser les résultats des compagnons de la lutte armée de la
fin du siècle dernier . Voilà le point essentiel, si cette convergence
d'esprits, d'analyses, de révoltes du verbe armé ne débouche sur aucune action
concrète et durable dans l'espace publique, s'il ne sert à désenchainer les électeurs-consommateurs-salariés,
s'il ne sert à décrétiniser les générations nées dans le monde spectaculaire
du capitalisme concentré, s'il n'afflige pas de peur la caste dominante, il est
inutile.
L'espace publique est le seul lieu ou la communauté peut outre-passer
son rôle de spectatrice et devenir actrice. C'est un principe social, la volonté
d'un groupe n'est que la matérialisation de cette volonté dans l'espace publique
: la foule. La masse, en tout cas : l'unité dans le refus d'un ordre administratif,
oppressif, refus d'un colosse de papier protégé par une force armée, de la matraque
à l'article lambda du code pénale. Regardez l'ennemi !
La matérialisation de l'ordre dirigeant ne se suffit pas de la télévision, ou
de tout autre propagande. L'ordre doit affirmer sa force réelle dans des défilés
militaires, des démonstration de police, des occupations permanentes de l'espace,
elle doit occuper avec ses milices, sa rhétorique et sa morale tout l'espace publique,
non seulement comme élément de sa propagande mais également pour en interdire
l'accès à toute forme de contestation.
Les lettres, les déclarations,
les constitutions, les lois, rien n'existe sans la démonstration de la force qui
les soutient. La force du système ne peut se résoudre à être une force virtuelle,
cathodique ou numérique, elle doit être vue et comprise comme une violence
d'état par tous les citoyens, elle doit donc investir et quadriller l'espace
publique. Force de l'ordre, publicité, etc,etc...
Programme
insurrectionnel.
Il faut mettre l'État en faillite, que sa vraie
nature explose aux visages des citoyens. Faillite sociale, faillite humaine,
faillite politique et faillite policière.
Les gros bras de l'état, les
polices sous tous leurs uniformes, ne servent que pour l'argent. Ces guêpes
de l'ordre fonctionnaire en sont les mieux payés, bien plus que les professeurs
et instituteurs de nos écoles.
Une fois en cessation de payement, rien
ne protégera plus l'élite de sa base révoltée. Les villes doivent être sous contrôle
des brigades de révolutionnaires, les voies de communications bloquées et le pays
plongé dans le noir médiatique. Les murs feront des supports de bonne qualité
et trois cagettes une estrade suffisante. L'administration ancienne doit être
balayée et les communes insurrectionnelles proclamées. Les plus motivés seront
de l'avant-garde, pour expliquer au peuple endormi par des décennies de propagande
débilitante les vérités qu'on lui cache et le principe supérieur de la révolution.
Le changement "par et pour tous". De sorte que les instituions de
la république soient caduques, l'Élysée et Matignon hors-notre-loi et la constitution
annulée. La constituante est alors en ligne de mire, interdite à tous ceux qui
ont occupé des mandats ou postes de courtisans sous la cinquième république, de
la base se noue le projet d'une société nouvelle, et les aéroports seront largement
ouverts pour que les rois d'hier devenus rats s'échappent retrouver leurs millions
volés aux français.
Le chantier est immense, le projet d'une vie, un projet
social bien différent des vies schizophres promises par le monde du spectacle.
Certains pourrait croire à une folie. Ce n'est rien de cela, c'est un programme
insurrectionnel. Tout cela ne se fera pas sans quelques cranes fendus, et si le
futur n'est pas écrit à la virgule près, ce n'est pas qu'il n'existe pas, c'est
simplement que la responsabilité et l'avis de chacun ne peut pas se décider de
manière unilatérale.
Un projet révolutionnaire ne peut pas se subordonner
aux principes dictatoriaux et élitistes de l'actuel ordre de la démocratie élective,
cette réalité inversée de la liberté.
La désorganisation de la riposte
ne sera que la preuve de sa vraie nature, la représentation complète de la société
française, multiple dans sa différence, indivisible dans sa rage.
Unie
contre le même ennemi, celui-ci n'a aucune chance, celui-ci n'aura plus l'occasion
de détruire nos vies, de les mener à l'abattoir du capitalisme et de nous entrainer
dans la collaboration aux désordres meurtriers du monde.
Demain, encore
une fois, ce n'est rien d'autre que la révolution. Je ne vous pose alors que
cette question : Où serez-vous demain?
Jeudi 19 Février 2009 lesbrigades@hotmail.com
d'après Alter-Info. (auteur : ???) Vendredi 20 février 2009
sur Le Grand Soir : Jérome
ou EMOREJ ARCHIBALD (auteur : ???)
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