En
1997 le physicien danois Henrik
Svensmark publiait, en collaboration avec
Eigil
Friis-Christensen,
une théorie liant les rayons cosmiques et le changement
climatique, sous le terme de cosmoclimatologie. Leur proposition principale est
que le rayonnement cosmique influence directement le taux de couverture nuageuse
de la planète, et donc le climat. Et que c'est cet effet qui est le principal
facteur de 'dérèglement' climatique, bien plus pertinent à l'heure actuelle que
les émissions de gaz à effet de serre.
En
2007 Svensmark publiait une version plus complète et détaillée de cette théorie
sous le nom "Cosmoclimatology:
a new theory emerges" suivi d'un livre co-écrit avec Nigel
Calder
intitulé
"'The
Chilling Stars: a cosmic view of climate change"
puis d'un documentaire
"The
Cloud Mystery" diffusé par ARTE le 2 avril 2010
et également visible
en plusieurs parties sur Dailymotion. Première partie ci-dessous:
1-5
le secret des nuages par grandeetoile
Voilà
pour la communication, mais qu'en est-il de l'aspect scientifique ?
Le
sujet semblait suffisamment sérieux pour que le professeur Jasper Kikby fasse
financer au sein du CERN une étude de longue haleine démarrée en 2009 et appelée
CLOUD
(Cosmic Leaving Outdoor Droplets).
Avec une cinquantaine de participants
et trois millions d'euros d'investissement,
les premiers résultats de cette
étude sont attendus pour fin octobre 2011.
Le principe est relativement simple
:
une
chambre de détection contenant une atmosphère ultra-pure
est soumise à un
rayonnement cosmique contrôlé.
La théorie prédit que les ions issus du rayonnement
cosmique jouent un rôle
dans la création des aérosols qui forment la base
du développement nuageux.
Plus le rayonnement est important, plus il y a de
nuages et moins la Terre chauffe
du fait de la réflexion vers l'espace de
l'énergie solaire par ces nuages.
Initialement,
avant les rapports du GIEC sur le réchauffement climatique
et son origine
anthropique,
le but de cette théorie était d'expliquer pourquoi au cours du
temps
"et bien avant tout possible effet de l'homme sur le climat"
on observait déjà des variations climatiques importantes.
Ces variations
semblent corrélées avec la variation de l'activité solaire,
donc de la densité
du rayonnement cosmique frappant l'atmosphère.
De plus les observations par
satellites
montrent une corrélation entre niveau de rayonnement cosmique et
couverture nuageuse.
CLOUD a pour but précis de tester l'existence d'une causalité
physique
entre les deux phénomènes.
Si
le phénomène est avéré -- se posera immédiatement la question de savoir dans quelle
mesure il affecte le climat par rapport aux autres facteurs -- et notamment le
facteur anthropique nommé par le GIEC et l'écologie politique comme étant de loin
le plus important, sinon le seul.
Et le responsable du CERN Rolf-Dieter
Heuer semble vouloir éviter de rentrer dans ce débat en disant le 15 juillet dernier,
lors d'une interview par le journal Welt Online, qu'il avait demandé à son équipe
de "rendre les résultats clairs, toutefois, de ne pas interpréter. Ce
serait aller directement dans l'arène hautement politique du débat sur le changement
climatique. Il faut être clair que le rayonnement cosmique est
seulement un des nombreux paramètres."
Le
CERN étant une entreprise publique
on
peut à juste titre se demander, me semble t'il,
pourquoi les scientifiques
concernés ne pourraient pas interpréter les résultats de CLOUD
afin, justement,
de les situer dans le débat public relatif au changement climatique !
Le GIEC ne s'en prive pas.
Le CERN craint-il l'orage
au cas où ses résultats
n’iraient pas dans le sens du politiquement correct ?







