«
la France est une principauté risible, une bourgade moyenâgeuse quun
VRP cocaïnomane sest payé à coup de pub pour en foutre
plein la vue à une chanteuse de variété » : Nicolas
Bedos (21/01/2011)
On
m'a souvent accusée de plus de sollicitude pour les bêtes que pour
les gens : pourquoi s'attendrir sur les brutes quand les êtres raisonnables
sont si malheureux ?
C'est
que tout va ensemble, depuis l'oiseau dont on écrase la couvée
jusqu'aux nids humains décimés par la guerre. La bête
crève de faim dans son trou, l'homme en meurt au loin des bornes.
Et
le cur de la bête est comme le cur humain, son cerveau est comme
le cerveau humain, susceptible de sentir et de comprendre. On a beau marcher
dessus, la chaleur et l'étincelle s'y réveillent toujours.
Jusque
dans la gouttière du laboratoire, la bête est sensible aux caresses
ou aux brutalités. Elle a plus souvent les brutalités : quand
un côté est fouillé, on la retourne pour fouiller l'autre
; parfois malgré les liens qui l'immobilisent, elle dérange
dans sa douleur le tissu délicat des chairs sur lequel on travaille : alors
une menace ou un coup lui apprend que l'homme est le roi des animaux ; parfois
aussi pendant une démonstration éloquente, le professeur pique
le scalpel dans la bête comme dans une pelote : on ne peut pas gesticuler
avec cela à la main, n'est-ce pas ? et puisque l'animal est sacrifié,
cela ne fait plus rien.
Est-ce
que toutes ces démonstrations-là ne sont pas connues depuis longtemps
aussi bien que les soixante et quelque opérations qu'on fait à Alfort
sur le même cheval ; opérations qui ne servent jamais, mais
qui font souffrir la bête qui tremble sur ses pieds saignants aux sabots
arrachés.
Ne
vaudrait-il pas mieux en finir avec tout ce qui est inutile dans la mise en scène
des sciences ? Tout cela sera aussi infécond que le sang des petits enfants
égorgés par Gilles de Rez et d'autres fous dans l'enfance de
la chimie.
Une science, au lieu d'or, est sortie des creusets du grand
uvre (comme du plomb sale et gris. Elle en
est sortie suivant le procédé de la nature des éléments
que la chimie décompose en rêvant de la recomposer un jour.)
Lâchement,
certains responsables de l'opposition « républicaine » conseillent
au peuple français d’« attendre 2012 » pour en finir avec
le fascisant régime actuel ; un régime brutalement oligarchique qui salit
la France et la République, qui dorlote les milliardaires tout en piétinant les
classes populaires et les couches moyennes [1],
qui s’acharne sur les conquêtes de la Résistance et de la Libération, qui contourne
cyniquement la Constitution [2],
qui ignore la séparation laïque de l’État et des Églises [3],
qui attise la xénophobie d’État, -persécutant les travailleurs étrangers et stigmatisant
les Français naturalisés-, qui bâtit un État policier pratiquant près de 900 000
gardes à vue par an, qui démonte l'Éducation nationale, qui renie le principe
même d'une défense nationale [4],
qui concourt ouvertement à l'américanisation galopante de notre langue, de notre
Université et de notre culture [5]
et qui a violé le Non populaire à la Constitution européenne en fomentant l'adoption
parlementaire du Traité de Lisbonne : telle est la signification antisociale,
antinationale et fascisante d’une « rupture », dont la ligne
stratégique vise à dissoudre la France dans une « construction européenne »
dédiées de A à Z à une oligarchie capitaliste monstrueusement égoïste.
Pourtant,
bien que cyniquement censurée au parlement, l’« opposition »
établie feint encore de « dialoguer » avec ce régime dangereux,
le plus réactionnaire que la France ait connu depuis 70 ans. Qui s'en étonnera ?
Il y a longtemps que Mme Aubry, digne héritière de l'eurocrate Jacques Delors,
s'enthousiasme plus pour l'Europe supranationale mâtinée de « care »
compassionnel, que pour la survie de la nation laïque et républicaine : comme
l’UMP, avec l’UMP, le PS n’a-t-il pas parrainé Maastricht, l’euro-constitution
et le Traité de Lisbonne ? Jospin et sa « gauche plurielle »
n’ont-ils pas froidement souscrit aux Accords européens de Barcelone (2002) qui
prescrivaient de repousser de cinq ans l’âge du départ en retraite dans les pays
de l’UE ? La désintégration euro-libérale des acquis sociaux et des nations
libres d’Europe n’est-elle pas depuis vingt-cinq ans le programme commun implicite
de la droite et de la social-eurocratie [6] ?
Comment espérer par ailleurs que les « socialistes » français
Strauss-Kahn, placé à la tête du FMI par Sarkozy, et Lamy, qui orchestre la « concurrence
libre et non faussée » au nom de l’OMC, puissent sérieusement mettre
en cause ce régime indigne du peuple qui porta les Lumières, Valmy et la Commune ?
La réalité, c’est que l’ « opposition » établie préfère hypocritement
que Sarkozy parachève le démontage social et national, quitte à ce qu'un DSK porté
par les médias états-uniens accède ensuite à l’Elysée pour valider « de
gauche » les contre-réformes et aggraver la donne quand Bruxelles l’exigera
au nom de l’euro et des « marchés financiers »… Ne parlons
pas du Front « national » : relégitimée par l’actuelle
xénophobie d'État, l’extrême droite attend son heure pour porter l’estocade à
la République et au mouvement populaire indompté de notre pays…
Il
est encore plus préoccupant que la « gauche de la gauche »
et nombre de républicains patentés se dérobent encore au devoir patriotique de
contester frontalement la légitimité de l’anti-De Gaulle, de l’anti-Jean Moulin,
de l’anti-Jaurès et de l’anti-Guy Mocquet qui siège à l’Élysée. Il est accablant
que les directions confédérales des syndicats, pilotées par la Confédération Européenne
des Syndicats et cabrées contre une bonne partie de leur base ouvrière, persistent
à « négocier » les régressions au lieu d’organiser nationalement
la résistance acharnée à la totalité d’une politique qui bloque le pays et le
paralyse. Pour riposter au niveau politique requis, faudra-il donc attendre la
fin du dernier acquis républicain, la casse de l’ultime conquête sociale, la mise
à mort du dernier service public, l’arrêt irréversible du produire, chercher,
créer, décider en France, la substitution totale du globish de l’Oncle Sam à la
langue de Victor Hugo ? Sarkozy nous promettait la « France d’après » :
mais, c’est en réalité de « l’après-France » qu’accouche l’actuel
régime mortifère !
Car
notre pays menacé de délitement ne peut plus attendre : salus populi suprema
lex [7] !
Dépouillée de ses usines, de ses services publics et de son élevage laitier, privé
de sa diplomatie indépendante, de sa structure républicaine héritée de la Révolution [8],
de sa souveraineté politique [9],
de son modèle social issu du CNR, de sa langue méthodiquement arrachée au profit
du « tout-anglais » managérial, de ses libertés démocratiques,
de sa fraternité républicaine, la « douce France » chantée
par Du Bellay ressemblera bientôt au fameux couteau sans manche dont on a jeté
la lame… Et chaque jour qui passe rend les gouvernants et les faux opposants un
peu plus corresponsables de cette mise à mort annoncée !
Quel
est alors le devoir imprescriptible des vrais républicains, des militants ouvriers
et progressistes ?
Il
est d'abord de faire montre de courage personnel et collectif en rappelant que
Sarkozy n'est pas un personnage sacré : c'est lui au contraire qui a dégradé
la fonction présidentielle en accaparant tous les pouvoirs au détriment du parlement,
en bafouant l'indépendance des juges, en régentant les médias et en favorisant
outrageusement le grand patronat.
Il
est de rappeler qu’aucune élection ne confère à l’élu le « droit »
de détruire son pays, d’attiser l'esprit de guerre civile (« cliver »
en langage politicien) et d’humilier sans relâche ceux qui ne pensent pas comme
lui : dans le Contrat social, Rousseau démontrait déjà que l’acte par lequel
un peuple se constitue n'est jamais un pacte de subordination à un chef, fût-il
élu, mais un contrat d'association : tant par rapport aux États étrangers
que par rapport à ses « chefs », la souveraineté du peuple
est inaliénable et l’élu seul est lié par l’élection [10].
En bref, c'est le respect du contrat social par l’élu qui légitime l'élection,
et non l'élection qui, à elle seule, donnerait au « chef »
de l’État le privilège exorbitant de démonter le Contrat social, en l'occurrence
le principe d’une construction républicaine inspirée des Lumières, de la Révolution
et du CNR. Le devoir civique est alors de rappeler quoi qu'il en coûte, comme
le faisait la première Constitution républicaine de la France que « quand
le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple
et pour toute portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable
des devoirs »… Ainsi la mobilisation populaire de masse du peuple argentin
a-t-elle récemment permis d’obtenir, civiquement, pacifiquement et démocratiquement,
le départ précipité du fascisant Carlos Menem.
En
réalité, l’alternative progressiste au fangeux régime actuel ne naîtra pas de
conciliabules ou de « primaires » entre des présidentiables
d’accord d’avance sur l’essentiel : l’euro-strangulation de la nation au
profit du capital financier ; l’alternative naîtra de l’irruption joyeuse
du peuple, notamment du monde du travail et de la jeunesse, sur la scène politique,
culturelle et sociale. Que le peuple français, ce géant qui fourbit sa révolte
depuis le 29 mai 2005, se lève pacifiquement pour dire « Contre nous
de la tyrannie ! », et sur le champ, les hommes politiques qui
permirent l'indécence actuelle devront répondre à son appel ou bien se démettre
avec celui qu'ils ont trop longtemps ménagé et soutenu.
Premiers
signataires :
Léon
Landini, a. officier F.T.P.-M.O.I., Officier de la Légion d’honneur au
titre de la Résistance, Grand Mutilé de guerre ; Pierre Pranchère,
a. maquisard F.T.P., a. député communiste de Corrèze ; Georges Gastaud,
philosophe, militant franchement communiste ; Roger Silvain,
cégétiste, a. animateur de la grève de Mai 68 à Renault-Billancourt ; Aurélien
Djament, mathématicien ; Jean-Luc Pujo, président
des Clubs « Penser la France » ; Annie Lacroix-Riz,
professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris-VII ; Florence
Gauthier, maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris
VII ; Marie-France Fovet, militante internationaliste ;
Pascale Tilliez, aide-soignante au CH d’Arras ; Jean
Lévy, animateur du blog Ca n’empêche pas Nicolas ! ;
John Groleau, républicain montagnard, directeur du site Le
Canard Républicain.
[1]
Retraites, Sécu, services publics, droit du travail, statuts, conventions collectives,
"produire en France" industriel et agricole… tout y passe !
[2]
Affichage indécent du « président de tous les Français » dans
le rôle de chef de clan et de parti, violation permanente de la séparation des
pouvoirs, ingérence constante dans la vie des médias et dans les décisions judiciaires.
[3]
Discours du Latran et de Riyad, accords Vatican/Kouchner sur les diplômes universitaires…
[4]
Désertant les frontières du territoire, l'armée française devient la supplétive
de l'OTAN dans de lointaines guerres états-uniennes qui bafouent le droit des
peuples à disposer d'eux-mêmes.
[5]
À l'initiative des V. Pécresse, B. Kouchner, L. Chatel et autres C. Lagarde qui
favorisent outrageusement l’anglais dans leurs domaines respectifs.
[6]
Il n’est que de voir avec quel zèle MM. Zapatero, Papandréou et Socrates
exécutent chez eux le méga-plan d'austérité concocté par Bruxelles.
[7]
Le salut du peuple est la loi suprême, principe constitutionnel majeur de la République
romaine antique.
[8]
Le triptyque républicain Etat-nation/Départements/Communes est remplacé
par l’euro-triade antidémocratique Europe supranationale/Euro-régions /Communautés
d’agglomération.
[9]
Le budget de la nation sera dès 2011 systématiquement soumis à Bruxelles
avant d'être présenté à l'Assemblée nationale !
[10]
À quel moment par ex. Sarkozy a-t-il été mandaté pour privatiser EDF ou pour liquider
la retraite à 60 ans ?
Un
petit tour d'horizon rapide, à partir de l'excellentissime site "la
forêt des médias" (qui va malheureusement fermer fin 2009...)
et de Wikipedia. -- On apprend donc que: - Le groupe
Bernard Arnault, ami personnel de Nicolas Sarkozy (Président de la République
Française...) et témoin de marriage, compte dans son CA Arnaud Lagardère,
Hubert Védrine (ancien ministre des affaires étrangères et
actuellement lobbyiste efficace) ou Nicolas Bazire (directeur de cabinet d'Edouard
Balladur entre 1993 et 1995 et il anima sa campagne avec un certain Nicolas Sarkozy).
Le groupe possède le journal économique Les Echos (via le groupe
DI dont le directeur, Nicolas Beytout vient du Figaro (Dassault) et a été
remplacé par Etienne Mougeotte, venant de TF1 (Bouygues). - Le
groupe Lagardère (ami personnel de Nicolas Sarkozy) compte dans son CA
Bernard Arnault, François Roussely (ancien président d'EDF), Bernard
Essambert (vice-président de Bolloré et de Lagardère alternativement)
et George Chaudron de Courcelle (administrateur de Bouygues et cousin de Mme.
Chirac) . Le groupe possède Hachette, les NMPP (distributeur exclusif de
la presse française), particippe à Canal+, au Monde et à
EADS, et emploie Mme. Juppé. - Le groupe Bolloré
(ami personnel de Nicolas Sarkozy) compte dans son CA Michel Cicurel, administrateur
de Bouygues et de la Banque Rotschild, Alain Minc, Jean Glavany (ministre de l'Agriculture
du gouvernement Jospin), Michel Giraud (ministre du travail du gouvernement Balladur)
et Antoine Veil (mari de Simone Veil). Le groupe possède 30% de la SFP
et est associé au Groupe Carlyle (dont l'un des dirigeants pour l'Europe
est le frère
de Nicolas Sarkozy). [MAJ] Dominique Roux, président de Bolloré
Télécom est le père de Valérie Roux (mariée
Pécresse), Ministre de l'Enseignement supérieur. - Le
groupe Bouygues (ami personnel de Nicolas Sarkozy) compte dans son CA FH Pinault,
Jean Peyrlevade (administrateur de Bouygues, Lagardère, LVMH, ancien directeur
de cabinet adjoint de Pierre Mauroy, vice-président du Modem). Et
bien d'autres...
Quand
des milliers de jeunes arabes périssent en Afghanistan, ou des milliers
de jeunes africains nourrissent les poissons de lAtlantique, cest
tout simplement parce quils se sont trompés de combat. Et pour cause
ces damnés de la Terre doivent dabord prendre leur destin en mains
et pour que cela se fasse, ils auront à combattre âprement ceux qui
les ont privés autant de destin que de mains, c'est-à-dire : de
toute initiative. Et uniquement ceux-là.