Le
président américain Barack Obama suit une trajectoire similaire.
Depuis que lhostilité contre George Bush et les Républicains
la propulsé à la Maison Blanche en 2008, il a intensifié
la guerre en Afghanistan, démarré une nouvelle guerre en Libye et
imposé des coupes sélevant à plusieurs milliers de
milliards de dollars aux dépens des travailleurs, des retraités
et des pauvres, se révélant être ainsi un agent inconditionnel
de Wall Street.
Les
événements en Espagne ont suivi le même schéma. Le
PSOE remporta les élections en 2004 suite à une opposition générale
à limplication de lEspagne dans la guerre en Irak. Il a été
en mesure de garder sa majorité parlementaire en 2008 du fait dune
situation économique favorable. Toutefois, lorsque le boom sest effondré
dans le secteur du bâtiment en raison de la crise financière internationale,
le gouvernement Zapatero a réagi par des attaques brutales contre la classe
ouvrière.
Il
a supprimé les allocations familiales, abaissé drastiquement les
salaires dans le secteur public, réduit les retraites et relevé
lâge de départ à la retraite. Lannée dernière,
lorsque les contrôleurs aériens ont fait grève contre les
réductions de salaire, Zapatero a, pour la première fois depuis
Franco, déployé larmée contre les grévistes
en les menaçant de longues peines demprisonnement. Le PSOE était
soutenu par les syndicats qui avaient contribué à élaborer
les coupes sociales en limitant lopposition à dimpuissantes
protestations.
Le
gouvernement Zapatero a aussi poursuivi la politique étrangère de
son prédécesseur conservateur. Tandis quil retirait les troupes
espagnoles de lIrak, il augmentait le contingent en Afghanistan et participait
à la guerre impérialiste contre la Libye.
Les
conséquences sociales de cette politique sont désastreuses. Le taux
de chômage officiel est de 21,3 pour cent en Espagne. Un jeune sur deux
âgé de moins de 25 ans est sans emploi.
En
fin de compte, la décision que Zapatero doit partir a été
prise par lélite financière quil a fidèlement
servie pendant sept ans. Il a rempli son devoir.
Après
que dix millions de travailleurs ont participé à une grève
générale en automne dernier, que des milliers de jeunes gens ont
manifesté contre le gouvernement et que les sociaux-démocrates ont
perdu les élections municipales au printemps, lélite financière
et ses représentants dans les médias ont conclu que Zapatero navait
plus la force nécessaire pour perpétrer de nouvelles attaques.
Malgré
les mesures drastiques de réduction des coûts, les marchés
financiers ont intensifié la pression sur lEspagne. Les taux dintérêt
des obligations gouvernementales ont dépassé les six pour cent.
Vendredi dernier, peu de temps avant que Zapatero nannonce les élections
anticipées, lagence de notation Moodys a menacé de dégrader
la note de crédit du pays.
La
semaine passée, El Pais, qui est depuis des décennies le plus important
quotidien à soutenir le PSOE, a annoncé quil ne soutiendrait
plus Zapatero.
« Un cycle touche à sa fin. Si M. Zapatero souhaite
rendre un dernier service à son pays, il devrait démissionner dès
que possible, » pouvait-on lire dans léditorial du journal
dont le riche investisseur américain Nicolas Berggruen est devenu lannée
dernière lactionnaire majoritaire.
Le
patron de la deuxième banque espagnole, BBVA, a aussi exigé la démission
de Zapatero. « LEspagne a besoin dun gouvernement fort et efficace,
» a déclaré Francisco Gonzalez. « Nous devons nous séparer
de la ligue qui ne n'a pas d'intérêt pour nous, les Grecs, les Portugais
et les Irlandais, et rejoindre des pays tels la France, la Hollande et lAllemagne.
»
Des
cercles influents au sein du PSOE se distancent également de leur chef
de gouvernement. Lancien ministre de lIntérieur, Alfredo Perez
Rubalcaba, qui mènera la liste du PSOE à la place de Zapatero, a
démissionné de ses fonctions en juillet.
La
subordination totale de tous les partis, y compris de la « gauche »
traditionnelle, aux dictats du capital financier a politiquement mis à
l'écart la classe ouvrière. Les élections à venir
en Espagne sont une farce exempte de tout contenu démocratique. Elles ont
été annoncées à la dernière minute afin de
prendre lélectorat par surprise.
Certes,
les électeurs peuvent choisir entre plusieurs candidats, mais la politique
du futur gouvernement a déjà été déterminée.
La rigueur et les réductions dans les dépenses sociales se poursuivront,
indépendamment du fait que le PP gagne les élections ou que le PSOE,
contrairement aux attentes, réussisse à revenir.
Cest
là un phénomène international et pas uniquement espagnol.
Des élections sont organisées et des gouvernements changent sur
ordre de lélite financière, toujours dans le but dimposer
aussi efficacement que possible une politique brutale et impopulaire.
Zapatero
est le dernier premier ministre social-démocrate en place dans un des principaux
pays de lUnion européenne. Mis à part lEspagne, les
sociaux-démocrates ne sont plus au pouvoir quen Autriche, en Slovénie
et en Grèce. Mais, ceci ne signifie nullement quon naura plus
besoin deux à nouveau.
En
Italie, une grande partie de lélite financière plaide en faveur
dun retour au gouvernement des partis de centre-gauche parce que le régime
Berlusconi est trop miné par des dissensions internes pour appliquer les
dures mesures de réduction des coûts. Un nouveau gouvernement de
centre-gauche mènerait des attaques contre la classe ouvrière de
manière plus agressive encore que ne lavait fait le gouvernement
Prodi. La « gauche » bourgeoise a depuis longtemps abandonné
tout semblant de réformes sociales et se distingue à peine de ses
adversaires conservateurs.
Alors
que les gouvernements changent à la demande de lélite financière
en discréditant lensemble du système politique, des préparatifs
sont en cours en coulisses pour davantage de régimes autoritaires dans
le but de réprimer la résistance de la classe ouvrière. A
cet égard, les liens ininterrompus du PP espagnol avec le régime
fasciste de Franco devraient constituer un avertissement.
Ce
qui est nécessaire pour contrer les exigences daustérité
de loligarchie financière et pour défendre les droits démocratiques
et les acquis sociaux de la classe ouvrière cest une rupture avec
les sociaux-démocrates et les syndicats et létablissement
de nouvelles organisations démocratiques de lutte ainsi quune direction
socialiste révolutionnaire de la classe ouvrière.
Ceci
implique une lutte impitoyable contre les courants politiques qui ont émergé
des partis staliniens et des organisations petites bourgeoises, jadis de gauche,
telles Izquierda Unida (Gauche unie) en Espagne, Die Linke (La Gauche) en Allemagne
et le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en France. Elles défendent les
syndicats qui collaborent avec les gouvernements dans lapplication des coupes
sociales. Malgré des critiques occasionnelles, elles présentent
les sociaux-démocrates comme un « moindre mal » quil
faudrait soutenir lors des élections en cherchant à empêcher
tout développement politique indépendant de la classe ouvrière.
Le
Comité international de la Quatrième Internationale est aujourdhui
la seule organisation à représenter les intérêts de
la classe ouvrière. Il a lutté durant des décennies contre
les illusions placées dans les sociaux-démocrates européens
et les Démocrates aux Etats-Unis en sopposant aux forces pseudo-gauches
qui soutiennent ces partis bourgeois réactionnaires. Le Comité international
est le seul à construire des partis révolutionnaires de la classe
ouvrière les Partis de lEgalité socialiste.
(Article
original paru le 3 août 2011)