L’occupation
israélienne de l’Amérique
« Israël n’a pas besoin de
s’excuser pour l’assassinat ou la destruction de ceux qui cherchent à le détruire.
Le devoir premier de tout pays est de protéger son peuple. »
Washington
Jewish Week - 9 octobre 1997 : 
J’ai
quitté un pays occupé militairement par Israël pour celui de « la liberté
et du courage », pour découvrir que lui aussi était occupé par Israël, politiquement.
Le
peuple palestinien, qui s’accroche à tout lambeau d’espoir, compte sur les Américains
d’aujourd’hui pour qu’ils s’aperçoivent de la fausseté de leurs méthodes, changent
d’opinion sur la situation globale au Moyen-Orient et la comprennent telle qu’elle
est vraiment : celle d’un peuple dominé, opprimé, qui vit une existence d’enfer
sous une puissance occupante démente, un peuple qui va contacter leurs élus au
Congrès et mettra sur eux la pression pour qu’Israël applique totalement les accords
qu’il a conclus il y a des années avec l’OLP (organisation de libération de la
Palestine) tels qu’Oslo, Taba, Camp David, Wye River, la Feuille de route, ou
même Annapolis.
La
triste réalité cependant, c’est que les Américains - pour autant qu’ils prennent
fait et cause eux-mêmes en tant que « peuple libre » - ne sont pas mieux
lotis que les Palestiniens. Au contraire, la situation états-unienne est pire
que celle des Palestiniens. Les Palestiniens peuvent identifier l’ennemi -
c’est celui avec un fusil qui abat leurs êtres chers. Ils se savent occupés et
opprimés. Ils savent comment Israël a occupé la Palestine, tué ses habitants et
obligé la majorité de ceux qui ont survécu au carnage à quitter leurs maisons
et leurs terres pour aller vivre comme des étrangers dans des camps de réfugiés.
Mais
les Américains n’en ont aucune idée. Tel un toxicomane qui croit se sentir en
pleine forme après s’être shooté, l’Américain ne réalise pas qu’il est un esclave,
de sa came et de son revendeur. L’histoire ne fait pas de mystère sur la façon
dont l’Angleterre a été contrôlée par les sionistes. Grâce au contrôle juif sur
le gouvernement britannique, celui-ci publia la Déclaration Balfour qui a « donné »
la terre de Palestine aux juifs après la Deuxième Guerre mondiale, une terre qu’il
ne possédait pas et dont il ne pouvait disposer.
Mais comment diable ont-ils pu occuper politiquement les Etats-Unis ? Il
n’existe pas de véritable « Déclaration Balfour » que l’on pourrait
présenter comme preuve.
Ou
le pouvons-nous ?
L’influence
juive sur la politique américaine - même si elle existe depuis les premiers jours
et certainement durant les administrations Wilson, Roosevelt et Truman - n’a pas
eu le poids qu’elle a aujourd’hui jusqu’à l’ère Kennedy ou, plutôt, après l’ère
Kennedy. Comme
nous le savons tous, en 1961 John Kennedy est devenu le 35è Président des Etats-Unis,
une présidence qui fut interrompue par son assassinat à Dallas, le 22 novembre
1963. Robert Kennedy, le plus jeune frère du Président, était Attorney General
(ministre de la Justice) des Etats-Unis et par conséquent, il dirigeait le Département
de la Justice.
Ce
que l’on sait moins, c’est que les Kennedy s’étaient très vite rendus compte que
le pays avait en réalité une difficulté et qu’il fallait faire quelque chose.
La difficulté en l’occurrence était l’influence qui s’insinuait dans la vie politique
américaine depuis un Etat lointain qui existait seulement depuis environ 12 ans
sous le nom d’Israël. Les deux frères Kennedy, qui ont appris la politique sur
les genoux de leur père Joseph, ont compris la dynamique de ce que l’on appelait
« les intérêts juifs », comment ils se développeraient et quelles en
seraient les répercussions pour l’Amérique.
De
toutes les questions qui tournaient autour d’Israël et du sionisme, les deux plus
importantes en tant que dépendantes de l’Etat juif étaient (A) le programme nucléaire
d’Israël et (B), une organisation connue sous le nom de Conseil sioniste américain.
Selon
le lauréat du Prix Pulitzer, Hersh Seymour, le Président Kennedy s’était profondément
engagé pour la non prolifération du nucléaire et catégoriquement opposé aux armes
nucléaires au Moyen-Orient, ce qui signifiait une opposition au programme nucléaire
d’Israël. Hersh affirme que JFK a exercé des pressions fortes sur Israël pour
l’arrêt de son programme et qu’il était ferme à ce propos. A l’époque, Kennedy
se trouvait en pleine gestion de crise avec les Russes, essayant de conclure un
traité de non prolifération avec eux et dès lors, le programme nucléaire d’Israël
était particulièrement embarrassant. En plus d’être un embarras, ce programme
ouvrait la possibilité d’un conflit nucléaire avec la Russie par les alliances
de celle-ci au Moyen-Orient, de façon d’autant plus crédible à la suite de la
crise des missiles de Cuba qui avait failli déclencher une guerre nucléaire entre
les deux géants. John Kennedy faisait des cauchemars de la perspective de la prolifération
nucléaire, « Je suis hanté par le sentiment que, à moins
que nous ne réussissions, d’ici 1970, il pourrait y avoir dix puissances nucléaires
au lieu de quatre, et d’ici 1975, quinze à vingt... Je vois la possibilité, pour
le Président des Etats-Unis dans les années 70, d’être confronté à un monde où
quinze ou vingt nations posséderaient ces armes. Je considère cela comme le plus
grand danger possible. »
Des
lettres secrètes et des rencontres secrètes entre Kennedy et Ben Gourion donnent
une image claire de la difficulté à laquelle s’est trouvé confronté Kennedy lors
des négociations avec le Premier ministre israélien, lequel avait déclaré maintes
fois que rien ne pouvait sauver Israël si ce n’est la force nucléaire. Selon Michael
Collins Piper, dans son livre, Le Jugement final, Ben Gourion
a écrit à Kennedy en lui disant ceci : « Monsieur le
Président, mon peuple a le droit d’exister, et cette existence est en danger. »
Pas
besoin d’un traducteur qualifié pour comprendre ce que Ben Gourion voulait dire,
à savoir que l’opposition de Kennedy aux armes nucléaires au Moyen-Orient était
considérée comme une menace existentielle pour le peuple juif et son Etat nouvellement
formé. Allant plus loin, Kennedy avait insisté pour des inspections du programme
d’Israël, comme en témoigne une lettre secrète adressée au Premier ministre israélien
d’alors, Levy Eshkol, disant que le soutien américain à Israël « pourrait
être compromis » si les Américains n’étaient pas autorisés à inspecter
les installations nucléaires israéliennes.
|
| Comme
si ce qui précède ne suffisait pas, il y eut un autre front dans cette guerre
privée entre Kennedy et l’ « Etat juif », tout aussi important par sa
portée si nous comprenons quelles sortes de forces y étaient en jeu, qui a conduit
à un changement de politique de l’Amérique à l’égard d’Israël. Il porte sur les
questions de l’espionnage, de la corruption et du contrôle direct de personnalités
politiques américaines par une puissance étrangère ; et au centre de tout
cela, il y avait le Conseil sioniste américain et l’exigence de Kennedy pour enregistrer
celui-ci comme agent de l’étranger dans les conditions prévues par la FARA, la
loi sur l’enregistrement des agents étrangers, adoptée par le Congrès en 1938
pour empêcher les agents allemands aux Etats-Unis d’infiltrer le système gouvernemental
américain et l’opinion publique. L’objectif de la FARA était « de
s’assurer que l’opinion américaine et ses législateurs connaissaient la source
de la propagande/information qui visait à influencer l’opinion, la politique et
les lois. »
En
d’autres termes, les Kennedy avaient compris le danger du mouvement sioniste pour
les Etats-Unis d’Amérique et le traitaient comme l’Allemagne l’avait été durant
les années Hitler. Les Kennedy avaient compris la réalité de la situation telle
qu’elle était à l’époque où ils gouvernaient, que le Conseil sioniste américain
(CSA) était l’agent d’un gouvernement étranger, Israël, et qu’ils devaient l’empêcher
d’acheter des politiciens américains et d’exercer toute sorte d’influence sur
l’opinion publique, ce qui est, aujourd’hui, quasiment un fait accompli.
Les
négociations ont fait la navette entre le Département de la Justice dirigée par
Robert, le frère du Président, et le Conseil sioniste américain. Le Conseil refusait
d’être enregistré et le Département de la Justice essayait de faire pression sur
lui, allant un moment jusqu’à lui donner 72 heures pour s’enregistrer, mais en
vain. L’examen de documents récemment déclassifiés contenant les comptes rendus
de ces réunions entre le DJ et le CSA nous montre qu’on y a utilisé un langage
de gangster. Dans l’un de ces documents, daté du 2 mai 1963, le responsable du
service juridique du CSA, Simon H. Rifkind, explique aux représentants du Département
de la Justice quelle est la nature du CSA, disant, « Le Conseil
est composé de représentants des différentes organisations sionistes aux Etats-Unis »
et de ce fait, il représente au fond « la grande majorité
des juifs organisés dans ce pays. » Le message était clair : au
regard de ces organisations, le Conseil est grand et puissant. Le juge Rifkind
cherchait évidemment à s’assurer que les Kennedy savaient qu’ils cherchaient la
bagarre avec un gorille, et non avec une quelconque petite souris.
Il
ne s’en tint pas là, allant jusqu’à déclarer que le grand nombre de juifs qui
avaient adhéré aux principes du sionisme ne comprendraient pas comment «
notre Administration » pourrait « faire tant de
mal au mouvement sioniste et compromettre l’efficacité du Conseil par son insistance
pour son enregistrement. » Ici,
le juge Rifkind a veillé à utiliser l’expression « notre Administration »
et non « notre gouvernement » pour faire remarquer précisément qu’il
s’adressait à Kennedy en personne, que c’était les juifs qui pouvaient lui obtenir
d’être élu et que s’il continuait dans son agenda, il entrait en fait en guerre
avec la communauté juive organisée.
Une
autre réunion très importante qu’il est intéressant de noter s’est tenue le 17
octobre 1963 entre le Département de la Justice et le Conseil sioniste américain.
Lors de cette rencontre, le juge Rifkind a exigé le non enregistrement, invoquant
le fait que « l’opinion de la plupart des personnes affiliées
au Conseil était qu’un tel enregistrement... finirait par anéantir le mouvement
sioniste », ajoutant qu’il ne croyait pas que ses clients puissent faire
« la moindre demande de document ou signer le moindre papier
qui porteraient l’indication que l’organisation était l’agent d’un mandant étranger
». Autrement dit, « Allez vous faire voir, les
Américains, vous et vos lois, nous ferons ce que nous voulons », et il
s’agissait tout autant d’une menace à l’Administration, indiquant qui, en réalité,
gouvernait le pays, non pas les frères Kennedy mais les personnes « affiliées »
au CSA. Une fois traduite de son langage de gangster en langage politique compréhensible,
cette déclaration était effectivement un avertissement, une menace directe, à
l’Administration que la guerre était commencée. Il fallait en tenir compte ou
non, les Kennedy ont compris cela comme une véritable menace mais néanmoins, l’Administration
décida de maintenir sa position.
Le
22 novembre 1963, le Président John Kennedy était assassiné à Dallas. Comme le
CSA en était à son crépuscule, l’AIPAC arriva au galop, créé et dirigé par les
mêmes personnes qui avaient fondé et géré le CSA, avec le même objectif. Cette
fois pourtant, le message fut clair pour tous sur la Colline du Capitole, clair
à entendre et à comprendre : « Ne vous mettez pas sur
notre chemin pour nous empêcher d’influencer l’opinion publique, la politique
et les lois. »
Manifestement,
le message a été efficace pour tous les dirigeants états-uniens, sauf quelques-uns
comme James Traficant qui a agi selon les instructions. Selon l’ancien membre
du Congrès, Israël reçoit 15 milliards de dollars d’aides, sur l’argent des contribuables
états-uniens, sans le moindre débat ou une simple discussion au niveau de la Chambre
des Représentants ou du Sénat. Pourquoi ? Parce que personne n’ose poser
de questions.
Pourquoi la plupart de nos hommes politiques vont-ils faire
un pèlerinage à Tel-Aviv et sur le « Mur des lamentations » à Jérusalem
pour avoir la bénédiction d’Israël avant même d’être acceptés par leur propre
parti politique, ici, aux Etats-Unis ?
Pourquoi notre Congrès est-il
toujours partagé sur toutes les autres questions qu’il a à débattre, sauf quand
il s’agit d’Israël ?
Nous nous souvenons tous du commentaire de l’ancien
Premier ministre israélien, Ariel Sharon, à son ministre des Affaires étrangères,
Shimon Peres, en octobre 2001 : « Ne t’inquiète pas
à propos de la pression américaine, nous le peuple juif, nous contrôlons l’Amérique. »
Quand ceux qui veulent voir font le constat de cette situation, ils sont
traités d’antisémites, bien que ce qu’ils disent ne soit que la vérité.
Le
« contrôle » dont Sharon parlait existait depuis longtemps déjà. Pensez
à ce que le défunt sénateur Fulbright (qui présidait la Commission des relations
étrangères du Sénat et qui a tenu des audiences en 1963 à propos du Conseil sioniste
américain pour qu’il soit enregistré comme agent étranger), ce sénateur Fulbright
a déclaré sur la chaîne de télévision CBS, à l’émission Face à
la Nation, « Je me
rends compte à quel point il est presque impossible dans ce pays de conduire une
politique étrangère qui ne soit pas approuvée par les juifs... Un contrôle épouvantable
que les juifs possèdent sur les médias d’informations et le barrage qu’ils ont
construit au Congrès... L’influence juive ici domine totalement la scène et fait
qu’il est presque impossible d’obtenir du Congrès quelque chose qu’ils n’approuvent
pas. » Ces mots n’ont pas été prononcés par un chercheur ou
un journaliste, mais par un héros américain courageux qui a vraiment vécu et expérimenté
l’influence juive sur notre système politique et nos médias.
Cette
occupation politique israélienne des Etats-Unis ne devrait pas se poursuivre sans
être remise en cause, et la communauté juive américaine devrait comprendre que
les secrets ne peuvent être cachés au peuple indéfiniment. Il faut au moins une
révolution pour corriger cette situation. Cette action correctrice doit être décidée
dans les urnes, en élisant des gens qui ne craignent pas de défier l’AIPAC et
consorts et de faire une politique étrangère américaine, vraiment américaine,
et non israélienne. Comme
première étape dans ce processus, gardons les mots de notre cher Président martyr,
John F. Kennedy, à l’esprit :
« Ceux
qui rendent la révolution pacifique impossible rendent la révolution violente
inévitable. »
Hesham Tillawi, docteur en relations internationales, est journaliste
palestino-américain, analyste politique et animateur radio et télé. Il a rédigé
cet article pour PalestineChronicle.com.
Voir
le site : http://www.currentissues.tv
Il peut être contacté à l’adresse : tillawi@currentissues.tv.
NDT :
S’agissant d’une dénonciation de la politique sioniste, d’Israël, du Conseil sioniste
américain puis de l’AIPAC, il est clair que le terme « juifs » est utilisé
dans l’article pour « sionistes ».
|
|