La
ville était alors située au bord de celui-ci, des quais qui existent
encore en témoignent. On observe également des canalisations d'évacuation
des eaux usées s'arrêtant au niveau des anciennes rives du lac. Ces
égouts antiques étaient constitués par des blocs de pierre
taillés et ajustés, fixés les uns aux autres par des chevilles
de métal dont subsistent les encoches... Dans une société
qui ne connaissait, nous dit-on, que les outils en bois et la cuisson la plus
sommaire de la céramique !
Tiahuanaco
apparaît comme un éternel chantier figé. Apparemment, la ville
n'a jamais été achevée. On dirait quun cataclysme brutal
a frappé cette cité majestueuse, 11.000 ans avant nous. Un tremblement
de terre colossal dont les glissements de terrain auraient déplacé
le grand lac tout en le vidant partiellement ? Des géologues confirment
la vraisemblance de l'hypothèse. En faisant un épisode local d'un
cataclysme planétaire d'une toute autre envergure. A relier à la
dernière grande extinction de la fin du pléistocène-début
de l'holocène.
Sinon
que dire de cette tête d'éléphant dont la présence
est parfaitement incongrue si l'on s'en tient aux évaluations chronologiques
académiques d'une cité bâtie aux alentours de l'an moins cent
avant notre ère... Une gravure par contre tout à fait banale si
on la situe avant la disparition de ces animaux en Amérique du sud, il
y a environ 12.000 ans. Même remarque pour les quarante six têtes
de toxodontes ciselées dans la frise. Ces gros mammifères amphibiens
se sont éteints dans cette région vers 10.000 avant J.C. Une fois
encore, les indices parlent à qui veut les entendre !
Le
soleil a rendez-vous avec Vénus

Le
monument le plus connu de Tiahuanaco est la porte du soleil. Des mystères
non résolus entourent sa construction comme celle des autres structures
cyclopéennes. Outre l'art et la manière dont d'énormes monolithes
de granit pesant chacun plusieurs dizaines de tonnes ont pu être élevés
et ajustés ainsi, et tout spécialement le linteau, d'où provenaient-ils
? Aucune carrière n'existe à moins de 100 Km. Et les descendants
de ces constructeurs, nous dit-on, ignoraient la roue.
Ce
mystère nest quune mise en bouche. Les matériaux de
construction sont multiples : grès, granit, calcaire, pierre volcanique.
Employés avec un réel sens de l'esthétique et du spectaculaire.
Ainsi la grande pyramide est faite d'énormes blocs de grès parfaitement
taillés et ajustés, ponctués tous les 3 mètres par
des piliers monolithiques en granit.
Pedro
Cieza de Leon, explorateur mais aussi chroniqueur du nouveau monde avoue ne pas
comprendre quels outils ou machines ont permis de façonner une telle architecture.
L'Espagne des cathédrales en aurait été incapable !
Ici,
tout semble témoigner dun remarquable savoir antérieur dont
les modalités et les finalités furent perdues
Comme si des
successeurs, peut-être illégitimes, après avoir considérablement
régressé, avaient continué quelque temps à répéter
sans les comprendre des rites obsédants. Des incantations pour le retour
dun lointain âge dor ?
Sur
la porte du soleil, de curieux pétroglyphes, attestent d'une forme d'écriture
associée à des gravures qui étonnent le visiteur. Ainsi,
ce calendrier vénusien avec ses années de 585 jours terrestres,
identifié par l'astronome russe Kazantzev. Les natifs de Tiahuanaco seraient
parvenus à calculer l'année vénusienne soit 584 jours (583,92
en réalité) Ensuite ils auraient découvert l'équivalence
584 X 5 = 2920 jours, soit 8 années solaires. Sans oublier un correctif
de deux pour tenir compte des bissextiles.
Comme chez les Mayas vivant à
des milliers de kilomètres de là et à une toute autre époque.
Une
maîtrise surprenante pour des gens dont les lointains descendants, nous
dit-on, ignoraient l'écriture, se contentant des "quipus", ces
misérables pense-bêtes faits de nuds dans des fils de laine
pour noter les évènements importants de la vie courante. Et aussi,
plus surprenant, pour calculer en base dix, une exception chez les Amérindiens.
De
quoi donner le tournis !
Les
bateaux traditionnels du lac Titicaca, décrits par les conquistadors et
qui perdurent encore aujourd'hui, sont toujours construits en roseaux tressés,
selon la technique utilisée par Thor Heyerdahl pour ses deux expédition
Râ. Avec leurs extrémités fortement relevées, leurs
pelles de gouverne et leurs mâts bipodes en forme de A majuscule, ils semblent
tout droit venus de la lointaine iconographie des tombeaux égyptiens.
Quant
à la pyramide à sept degrés d'Akapana, de 150 mètres
de côté, aux obélisques de grès sculptés de
personnages anthropomorphes, au culte du dieu-soleil Inti et aux sarcophages de
pierre retrouvés dans une nécropole, nul ne sait vraiment où
les pré-Incas sont allés chercher des idées aussi bizarres
?
C'est
du moins la thèse des historiens dits sérieux... Auxquels il ne
faut surtout pas parler de certains bibelots découverts au Pérou
mais aussi en Bolivie, dans l'aire d'expansion de la civilisation de Tiahuanaco.
Ils en feraient une crise d'apoplexie !
Ces
objets, pour moins d'une dizaine en or et un peu plus en terre cuite ont la forme
caractéristique d'une aile delta. Le plus beau d'entre eux, en or massif
finement ciselé, est conservé au musée d'anthropologie de
La Paz. Un autre en céramique traité à la thermoluminescence
aurait dans les 10.000 ans. A 1.000 ans près car, autour de Tiahuanaco,
la radioactivité naturelle anormalement élevée perturbe les
mesures.
A-t-on
plané sur l'altiplano ?

La
question est moins saugrenue qu'il n'y paraît. Les civilisations anciennes
avaient les moyens de fabriquer des petits planeurs ou des ailes delta. C'est
aisément démontrable.
Aujourd'hui
des engins bas de gamme sont encore construits en tendant de la toile sur des
structures en bois léger. Avec, éventuellement, des cordages pouvant
servir de haubans. Ce n'est pas de la haute technologie !
Rien n'aurait empêché
de faire de même dans un lointain passé. N'oublions pas que si les
essais pour faire voler plus lourd que l'air ont échoué pendant
si longtemps dans notre civilisation, c'est parce que le problème était
mal posé. Tous les précurseurs s'inspirant du vol battu des oiseaux
voulaient construire des ailes mobiles, oubliant que les oiseaux planent aussi.
Bien
avant que la Grèce et Rome règnent sur la Méditerranée,
les Chinois disposaient de grands cerf-volants capables de transporter un homme
d'un versant à un autre. Des calligraphies de la dynastie Zhou en font
état. Et Marco Polo dit en avoir vu. Une pratique également connue
des Maoris de Nouvelle Zélande. Un décret du gouverneur britannique
au XIX ème interdisait cette pratique car "il n'est pas conforme à
la volonté de dieu que les hommes aient des ailes" (sic)
Quant
aux objections techniques, elles sont aisément réfutables.
L'envol
? Il suffit de se jeter en courant dans le vide, face au vent.
La portance
? Pour voler les planeurs utilisent les pompes, colonnes d'air chaud ascendant
qu'on trouve au dessus des zones planes fortement chauffées par le soleil,
mais aussi les ondes orographiques dues aux variations thermiques entre adret
et ubac et les effets venturi quand le vent est défléchi et renforcé
par des reliefs accidentés. Les Andes, l'Altiplano et les déserts
offrent une configuration idéale.
La
mania ? Les ailes delta peuvent évoluer par de simples déplacements
de poids du pilote, provoquant des modifications du centre de gravité donc
de la portance induisant des mouvements latéraux, ou des variations d'assiette
provoquant du cabrage ou du piqué pour la montée et la descente,
avec la possibilité de coordonner les deux opérations.
Quant
aux planeurs ultra-légers, le précurseur Otto Lilienthal au XIXème
utilisait les mouvements de son corps, mais aussi avait inventé le gauchissement
de l'extrémité du bord de fuite des ailes avec des cordages, préfigurant
les ailerons.
Les
limites ? De nos jours, le record de distance est de 700 Km. Et en altitude, l'Himalaya.
Simples
hypothèses ? Evidemment ! Mais elles auraient l'avantage d'expliquer les
géoglyphes de Nazca, les troublants artéfacts des ancêtres
des Fils du Soleil, et les légendes d'hommes volants abondant dans les
cultures précolombiennes.