FIDEL CASTRO :

L'HOMME
QU'ON VOUDRAIT VOIR MORTUN
PORTRAIT DE FIDEL CASTRO QUI ÉMERGE DE PLUS EN PLUS DANS NOS MILIEUX
TENUS, LE PLUS SOUVENT, À L'ÉCART DE LA VÉRITÉ DES
CHOSES.
oscarfortin@hotmail.com Vendredi
26 Février 2010
Incroyable
destin que celui de ce fils de propriétaire terrien, devenu avocat, puis révolutionnaire
en la Sierra Maestra, au début des années 1950. Cible de plus de 650 tentatives
d’assassinat, il est toujours là, simplement là, au sommet de ses 83 ans, avec
une plume qui lève les ombrages, dissipe les malentendus, pourfend l’hypocrisie,
le mensonge et interpelle la conscience de toute personne de bonne volonté. Il
est également là, simplement là, accueillant chefs d’État, intellectuels, croyants
et non croyants. Il écoute, questionne, réfléchit et discute. Qui est-il donc
cet homme que nos médias présentent toujours comme l’homme à abattre, l’ennemi
numéro un des droits humains? Ici, en compagnie de Lula, le Président du plus
important pays de l'Amérique Latine.
Il
est et continue toujours d’être ce jeune cubain brillant, de famille aisée, converti,
dès sa jeunesse, au drame des injustices qui accablaient alors des millions de
cubains et de cubaines, toujours enchaînés à un système d’exploitation et de domination
qui en faisait plus des bêtes de somme que des êtres humains. La nouvelle dictature
de Batista, dominant la vie politique, économique et sociale, ne faisait que raffermir
cette situation en y ajoutant son lot de corruption et de répression. Dans sa
défense, en octobre 1953, lors du fameux procès faisant suite à l’attaque de la
Moncada, il a ces paroles qu’il adresse à ses accusateurs et au jury :

« Si en vos âmes il y reste un brin d’amour pour la patrie, d’amour
pour l’humanité, d’amour pour la justice, alors écoutez-moi avec attention. Je
sais que l’on me forcera au silence pendant de nombreuses années; je sais que
l’on cherchera par tous les moyens possibles à taire la vérité; je sais que l’on
fera tout pour qu’on m’oublie. Mais ma voix ne s’éteindra pas pour autant : elle
recouvre d’autant plus de force dans ma poitrine que quand je me sens seul et
elle trouve dans mon cœur toute la chaleur que les âmes orgueilleuses ne peuvent
ressentir. » (Traduction libre : La Historia me absolvera, p.33)
Cette prédiction, qu’il faisait en pensant aux années de prison qui l’attendaient
et aux efforts déployés par ses adversaires pour que « son message » tombe dans
l’oubli, deviendra la prédiction de ce que sera toute sa vie : prisonnier d’une
désinformation des plus persistantes faisant de lui, faute de pouvoir en effacer
le souvenir, un monstre d’humanité.

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| Mais
voilà que l’Histoire prend sa revanche et nous livre de plus en plus l’étoffe
de l’homme, ses véritables traits de révolutionnaire, sa passion pour une Humanité
ouverte et non refermée, sa préoccupation pour l’éducation et la santé, sa conviction
profonde que le développement passe par la solidarité et se nourrit de justice,
de vérité, de compassion, de fraternité. Nous sommes loin de ces dictateurs
qui ont occupé les premières places de la vie politique de ce Continent et qui
ont semé la terreur auprès des plus démunis et la corruption auprès des plus opportunistes.
Ce n’est pas pour rien que les victimes de ces régimes se reconnaissent de plus
en plus dans ceux qui, comme eux, ont connu cette terreur. Rien de surprenant
qu’ils trouvent en Fidel ce rocher qui a résisté aux tsunamis médiatiques et terroristes
des plus variés pendant autant d’années sans perdre pour autant ce qui le rend
si humain : sa simplicité et son humilité.

Il
fut un temps où la Revue Forbes classait Fidel Castro parmi les hommes les plus
riches de la planète. En 2006, je crois, il a mis tous ses détracteurs au défi
de trouver un seul dollar de cette fortune dans quelque banques ou paradis fiscaux
d’où qu’ils soient. « Si vous en trouvez un seul, je donnerai sur
le champ ma démission comme Président de Cuba. » Une aubaine pour
ses détracteurs. Depuis le temps qu’ils voulaient s’en débarrasser, l’occasion
était belle et surtout facile, à en croire la revue Forbes, d’y arriver sans avoir
à le tuer. Mais, il semble que les recherches n’aient pas donné les résultats
attendus, puisqu’il est demeuré à son poste jusqu’à sa maladie en 2008 et que
nous n’avons plus jamais réentendu parler de cette soi-disant fortune. Ce n’est
pas tout. On évalue à plus de 95 milliards de dollars, les pertes encourues par
Cuba en raison du Blocus économique qui perdure depuis plus de 50 ans. L’objectif
recherché est que la Révolution cubaine soit un fiasco. Là encore, Cuba, tout
en étant un pays très pauvre et en dépit des écueils semés sur sa route, a pu
sortir, grâce à sa révolution, de la dépendance et se doter d’un système d’éducation
et de santé qui fait l’envie de bien des pays développés. Chez lui, la solidarité
fait partie de son destin. Il est actuellement un des plus actifs pour aider son
voisin d’Haïti, victime de ce terrible tremblement de terre qui l’a secoué en
janvier dernier. Avec ses 350 médecins y de nombreux éducateurs ils apportent
assistance, supportent et accompagnent ce peuple courageux à se relever et à se
reprendre en main. Pourtant, Cuba et Haïti ont eu longtemps la même histoire,
le même destin d’esclaves. Il y a 55 ans et plus, ils étaient tous les deux sous
la gouverne de dictateurs. Les populations vivaient en grande majorité sous la
dépendance et l’esclavage. Que s’est-il donc passé pour que leur destiné ne les
ait pas conduit au même endroit? Pendant que des milliards $ étaient régulièrement
dépensés pour que la révolution cubaine échoue, des milliards d’autres étaient
investis en Haïti, soit disant, pour assurer son développement. Nous en voyons,
aujourd’hui les résultats. Qui, des deux systèmes, a permis les meilleures conquêtes
humaines et institutionnelles? Qui compte le plus de morts violentes tout au long
de ces 55 ans ?

Ce
bref rappel est un devoir de justice et d’humanité à l’endroit de cet homme que
déjà l’Histoire reconnaît comme un des plus grands des 60 dernières années et
sans doute qu’elle proclamera un jour comme le Père de la seconde indépendance
des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes. N’en déplaise à ses détracteurs,
sa mémoire survivra à tous ces présidents et dictateurs qu’ils auront soutenus
et corrompus, durant toutes ces années, pour mieux régner.

La
flamme que porte Fidel en sa poitrine est toujours aussi chaleureuse et forte
que celle qu’il évoquait dans ses premières années de lutte. La vérité, comme
la lumière avec l’obscurité, finit toujours par faire reculer les frontières du
mensonge.  |
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