Le pouvoir
caché du Soleil The
Resilient Earth, Doug L. Hoffman, 21 septembre 2011
Aucun
phénomène astronomique n’a été étudié
plus attentivement que les éruptions solaires, les gigantesques flamboiements
sur le Soleil, capables d’affecter le climat de la Terre et même de perturber
les réseaux électriques. Les scientifiques observent le Soleil depuis
des années avec des instruments installés au sol et en orbite sur
des satellites. Nous pourrions donc penser que nous en savons beaucoup sur ces
éruptions. Eh bien détrompez-vous. Un nouveau rapport de la NASA
a révélé que, comme les séismes, les éruptions
solaires ont souvent des répliques. Et qui plus est, ces répliques
peuvent émettre des salves de rayons ultraviolets plus puissantes que l'éruption
initiale. Combinez cette nouvelle découverte avec le lien récemment
observé entre les fluctuations du niveau des ultraviolets et El Niño,
et la relation entre Soleil et climat s’annonce plus forte que jamais.
Dans
un rapport
publié dans The Astrophysical Journal, des scientifiques de la NASA
ont rapporté que les éruptions solaires libèrent bien plus
d'énergie qu'on ne le pensait. Environ 90 minutes après l’apaisement
de son flamboiement, près d’une éruption sur sept connaît
une « réplique. » « Nous l’appelons "phase éruptive
retardée", » explique Thomas N. Woods, l’un des physiciens de
l'université du Colorado et auteur principal. « L'énergie de
la phase retardée peut dépasser celle de l’éruption primaire
de pas moins qu’un facteur de quatre. » Les conclusions principales sont
détaillées dans le résumé [scientifiquement charabiesque
malgré les efforts de Gogole et du traducteur, ndt] de l'article, ci-dessous :
Les
nouvelles observations de l’irradiation solaire dans le domaine des ultraviolets
extrêmes (EUV), par l’EUV Variability Experiment du Solar Dynamics
Observatory (SDO) de la NASA, fournissent une couverture complète de
la gamme des EUV de 0,1 à 106nm, en continu, toutes les 10s pour les spectres
à la résolution de 0,1nm, et même plus rapidement, toutes
les 0,25s, pour six bandes d’EUV. Tout au long des éruptions, ces observations
sont décomposables en quatre singularités distinctes. Tout d'abord,
les émissions qui dominent lors de la phase impulsive de l'éruption
sont des émissions de la région de transition, tels que le He II
de 30,4nm. Deuxièmement, les émissions coronales brûlantes,
au-dessus de 5MK, dominent pendant la phase progressive et sont fortement corrélées
avec les rayons X des GOES [sûrement les rayons X observés par les
GOES ou Satellites géostationnaires d'exploitation pour l'étude
de l'environnement, ndt]. Une troisième singularité éruptive
dans les EUV est la gradation de l’intensité lumineuse coronale, que l’on
voit mieux dans la couronne froide, tels que le Fe IX de 17,1nm. Au moment où
les boucles post-éruptives se rebranchent et se refroidissent, la plupart
des émissions coronales d’EUV passent par leur apogée, quelques
minutes après le pic de rayons X des GOES. Variante intéressante
du rebranchement de la boucle post-éruptive, les émissions coronale
brûlantes (par exemple, Fe XVI de 33,5nm) présentent parfois un deuxième
pic important, séparé de plusieurs minutes à quelques heures
de l'événement éruptif primaire, avec des émissions
d’EUV ne provenant ni du site initial de l’éruption, ni de ses environs
immédiats, mais plutôt d'un groupe de boucles plus hautes. Nous désignons
ce deuxième pic sous le nom de phase retardée des EUV. La caractérisation
de nombreuses éruptions pendant la mission SDO est fournie, avec la quantification
de irradiance spectrale de la phase retardée des EUV qui ne peut pas être
déduite de la diagnostique des rayons X des GOES.
Le
Solar Dynamics Observatory
(SDO) fut la première mission lancée dans le cadre du Living
With a Star (LWS) de la NASA, un programme conçu pour comprendre les
causes de la variabilité solaire et ses effets sur Terre. Le SDO a été
en mesure de faire la découverte du fait de sa capacité unique à
surveiller en haute résolution, près de 24 heures sur 24, 7 jours
sur 7, la production d’ultraviolets extrêmes du Soleil. Grâce à
ces observations détaillées et plus précises, les scientifiques
commencent à reconstituer une image plus complète de l'activité
éruptive du Soleil. On pense qu’une phase de réplique retardée
se produit quand les boucles magnétiques des taches solaires se reforment.
Un diagramme préparé par Rachel Hock, membre de l'équipe
de l'université du Colorado, montre comment ça se passe.

[Cliquez pour agrandir]
L'énergie
supplémentaire de la phase retardée peut avoir un grand effet sur
la Terre. On a spéculé que le rayonnement ultraviolet joue un rôle
plus important qu'on ne le pense ordinairement dans le réchauffement de
la Terre. Il s'avère que les longueurs d'onde de l’ultraviolet extrême
sont particulièrement qualifiées pour réchauffer et ioniser
la haute atmosphère terrestre. Dans un article du numéro du 28 août
2009 de la revue Science, intitulé « Amplifying
the Pacific Climate System Response to a Small 11-Year Solar Cycle Forcing »
[Amplification de la réaction du système climatique du Pacifique
à l’intensification du petit cycle solaire de 11 ans], Gerald A. Meehl
et d’autres décrivent un mécanisme possible capable d’expliquer
comment des fluctuations de rendement solaire apparemment faibles peuvent avoir
un gros impact sur le climat terrestre. Leur travail a expliqué comment
la haute atmosphère est capable de se comporter en amplificateur
de chaleur solaire quand le rayonnement ultraviolet venu du Soleil augmente.
|
| Des
scientifiques ont longtemps soupçonné qu’il se pourrait que des
modifications du rendement solaire déclenchèrent le Petit
Âge Glaciaire qui envahit l'Europe il y a plusieurs siècles,
ainsi que les sécheresses qui firent tomber les dynasties chinoises. Bien
que l’éclairement énergétique solaire total ne varie que
de 0,1 pour cent dans le cours normal du cycle solaire de 11 ans, l'intensité
de la lumière ultraviolette varie dans des proportions vachement plus grandes.
Selon Judith Lean, une physicienne spécialiste du Soleil au Naval Research
Laboratory de Washington, il est possible que des configurations de longue
durée, à l’œuvre pendant des centaines ou des milliers d'années,
sont capables de provoquer des oscillations encore plus prononcées dans
l’éclairement énergétique solaire (voir « Scientists
Discover The Sun Does Affect Earth's Climate » [Des scientifiques
découvrent que le Soleil affecte le climat de la Terre] *). [* Ndt :
Les paysans et les moineaux l’ont toujours su, mais ça ne compte pas puisqu’ils
vivent en plein air et ne sont pas instruits. Les scientifiques, eux, comme les
ministres et les économistes, sont élevés hors sol et vivent
sous les néons. C’est pourquoi il faut saluer l’exploit d’une « découverte »
de ce tonneau.]
La
variation du rayonnement ultraviolet peut affecter des aspects climatiques autres
que l'atmosphère. Dans « Dynamical
Response of the Tropical Pacific Ocean to Solar Forcing During the Early Holocene »
[Réponse dynamique de l'océan Pacifique tropical à l’intensification
solaire au début de l'Holocène], qui a été aussi publié
dans Science, Thomas M. Marchitto, Raimund Muscheler, Joseph D. Ortiz,
José D. Carriquiry et Alexander van Geen ont présenté un
témoignage indirect (un relevé de magnésium/calcium de haute
résolution) de la température de surface de la mer sur la côte
ouest de la Basse Californie du Sud, au Mexique, pendant l'Holocène. Ils
ont conclu que les variations de l’irradiation ultraviolette a eu un grand impact
sur l’Oscillation Australe d’El Niño (ENSO). ENSO est un facteur majeur
dans l’évolution climatique, comme l’ont montré les derniers événements
dans le monde entier. Désormais, Woods et d’autres ont montré que,
pendant les périodes solaires de violente activité éruptive,
le niveau des ultraviolets peut être encore plus élevé qu’estimé
antérieurement.
« Nous
venons d'apprendre que certaines éruptions sont plusieurs fois plus puissantes
que nous l’estimions auparavant, » dit Woods, qui a dirigé l'équipe
de recherche. « Les éruptions solaires étaient déjà
les explosions les plus importantes dans le Système solaire – et cette
découverte les rend encore plus remarquables. »
Associez
ces trouvailles à la dernière étude de longue durée
de la NASA, qui s’est aperçue que la haute atmosphère terrestre
renvoie
dans l'espace plus d'énergie qu'on ne le pensait, et il devient terriblement
évident qu'aucun modèle climatique actuel ne peut être correct.
Personne ne conteste le fait que l'énergie du Soleil actionne le système
climatique terrestre. Si vous ne connaissez pas la quantité d'énergie
entrante et son pourcentage absorbé et réfléchi, vous ne
pouvez nullement espérer modéliser correctement le climat terrestre.
Pour les modélisations climatiques existantes, la plaisanterie est terminée.

[Cliquez pour agrandir]
La
variation climatique n'est pas le seul effet de la fluctuation des ultraviolets.
Quand l'atmosphère de notre planète est chauffée par le rayonnement
ultraviolet extrême, sa dilatation accélère le déclin
des satellites en orbite basse. Par ailleurs, l'action ionisante des rayons ultraviolets
extrêmes est capable de réfracter les signaux radio, de perturber
le fonctionnement normal du GPS et de provoquer des pannes électriques.
Tel est le pouvoir de notre étoile locale à influencer les choses
ici, sur Terre.
Malgré
tout ça, il y en toujours qui préfèrent croire que de minuscules
modifications du pourcentage d'un gaz à l’état de trace dans l'atmosphère
régulent le climat terrestre. Ce nouveau rapport de la NASA est une autre
mauvaise nouvelle pour les groupies de Gaz Carbonique, le Soleil est bigrement
plus puissant qu'on ne le pensait. Et contrairement aux hypothétiques rétroactions
vaseuses, nécessaires pour amplifier l'impact marginal du dioxyde de carbone,
les mécanismes grâce auxquels le rayonnement ultraviolet affecte
le climat reposent sur la physique concrète et l'observation empirique.
Je te l’ai déjà dit : S’agissant de changement climatique,
c'est le Soleil, bourrique !
Soi
prudent, profite de la période interglaciaire et reste voltairien.
Original :
theresilientearth.com/?q=content/suns-hidden-power
Traduction copyleft de Pétrus Lombard |
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