
Alors
que le petit peuple est appelé à se serrer la ceinture, le train
de vie du chef de l’état n’a quasi pas changé, et c’est
sans compter qu’il dépense depuis plus de 4 ans, encourageant peut
être d’autres débordements administratifs.
Déjà,
en 2009, c’est par le biais de la presse étrangère
que nous avions appris les détails de ce gaspillage éhonté,
puisqu’en France, les journalistes semblent bien empruntés
pour évoquer ce scandale qui perdure.
L’article
du « Bild » était
pourtant accablant :
Sous
le titre : « en France, Sarközy vit comme un
Dieu », le détail des excès présidentiel
était étalé sans complexes. image
280 000
€ de fleurissement annuels pour 300 m2 de
salon Elyséen, 61 véhicules de fonction, 2
avions airbus, 6 jet « Falcon »,
plus de 1000 employés, dont 44 chauffeurs
et 87 cuisiniers, pour une cuisine qui est ouverte 24h sur 24. lien
En 2011,
ça continue quasi comme avant et l’aménagement, pour 75 000
euros, de l’intérieur de l’Airbus présidentiel
ne semble pas avoir ému grand monde, pas plus que l’achat de deux
moteurs neuf de l’avion, montant de la dépense totale à 259,5
millions, ainsi que nous l’a appris en juillet dernierArnaud
Leparmentier, journaliste au « Monde »,
dans son blog. lien
Sur
ce lien,
une photo de la cabine présidentielle.
On
peut aussi douter de la pertinence de cet achat, car s’il faut en croireDidier
Migaud, premier président de la Cour des Comptes,
« le prix payé par l’Etat a donc correspondu
à la limite haute d’une fourchette applicable à un avion plus
récent de 5 ans et ayant trois fois moins d’heures de vol ».
Sans
langue de bois, on peut traduire cette déclaration par : l’état
a quasiment payé « le vieux au prix du neuf »,
ce qui permet de douter des qualités de gestionnaire de notre autocrate
président.
Grâce
au « Daily Mail », nous
apprenons aussi que le fameux avion est pourvu d’équipements luxueux
ou originaux, comme par exemple ce fauteuil présidentiel équipé
d’un dispositif qui permet à « sa majesté »
de regarder de haut ceux qui l’accompagnent.
L’article
du journal anglais fourmille d’informations croustillantes, comme par exemple
l’argent du contribuable utilisé pour régler une amende pour
retard de paiement sur les factures d’électricité et de gaz. lien
Lors
du G20 récent à Cannes,
notre dépensier président lance une nouvelle polémique :
il aurait, d’après la presse suisse, dépensé 46 000 francs(suisses)
pour une jolie suite présidentielle à l’hôtel « Majestic »,
faisant gagner à notre président la palme du plus dépensier
participant au G20, (lien)
ce qu’a rapidement démenti Franck Louvrier, conseiller
en communication de l’Elysée, affirmant que la suite présidentielle
n’aurait couté que 3500 euros.lien
Qui
faut-il croire ? D’autant que la presse anglaise, fière à
juste titre d’avoir un premier ministre qui s’est contenté
d’une chambre à 2300 euros au « Marriot »,
n’en démord pas pour autant. lien
Les
curieux pourront s’offrir, à défaut d’y dormir un jour,
une visite guidée de la suite à 38 000 euros la
nuit sur cette vidéo.
Le
plus grave, c’est que ce comportement dépensier semble encourager
les dérapages dans d’autres administrations.
Une
modeste bureaucrate du Conseil Régional d’Aquitaine a
dénoncé dans un livre, (« absolument
dé-bor-dée », Albin Michel éditeur-
mars 2010) sous le pseudo de Zoé Shepard, les disfonctionnements
de son administration, ce qui lui a valu une
mise à pied de 2 ans, décidée
par le président de la Région,Alain Rousset.
Elle
avait pourtant évité d’en donner le nom tout comme celui de
ses collègues incriminés.
Mais Alain
Rousset en a jugé autrement, et sur l’accusation de « manquement
à l’obligation de réserve »,
il a sanctionné la pamphlétaire. lien
De
son vrai nom, Aurélie Boullet, ce boulet qu’elle
a lancé n’en finit pas de faire des vagues.
De
plus, elle avait volontairement autocensuré les anecdotes les plus dévastatrices
pour ses collègues et pour l’administration en général.
Elle
avait situé l’action dans une mairie de la région parisienne,
et malgré tous les efforts qu’elle avait fait pour camoufler sa propre
identité et celle de ces collègues, ceux-ci se sont finalement reconnus
sous les sobriquets de « Simplet », « Coconne »
ou « The Boss », d’autant que l’un
de ses anciens camarades l’avait finalement reconnue. lien
Les
portraits étaient cruels, évoquant des « cerveaux
atrophiés, trou noirs cérébraux, gang de chiottards…etc. » lien
Aurélie
avait saisi en vain le tribunal afin d’annuler la sanction et finalement
les2 ans d’exclusion demandés par le Conseil
Régional se sont transformés en10 mois,
dont 6 avec sursis, et d’après les services
de com. de l’administration, « son retour a été
géré de façon normale ». lien
Ce
qui est moins sur, car malgré les 220 000 exemplaires vendus,
il est probable que ceux qui ont été montrés du doigt dans
son livre ne lui aient pas réservé le meilleur accueil, même
si on l’a installée dans un autre service. lien
S’il
faut en croire l’observatoire des subventions,
le mauvais exemple venu d’en haut en incite d’autres d’en faire
autant, et l’on pourrait s’inquiéter à juste titre des
frais de réception de la Mairie de Montpellier (lien)
de celle d’Angers (lien),
de la communauté d’agglomération Sud-Est toulousain (lien),
et ailleurs. lien
Mais
les plus gros gâchis sont ailleurs : La baisse d’impôts
sur les dividendes, c’est 1 milliard d’euros que
les français devront payer, le bouclier fiscal, c’est3,5 milliards
supplémentaires, la baisse d’impôt sur la fortune, ajoute 1,8
milliard d’euros à l’addition, la baisse des droits
sur les grosses successions, ce sont 2 milliards d’euros de
plus, la baisse de la fiscalité des entreprises correspond à 20
milliards d’euros qui seront donc à la charge des Français,Coppé a
inventé sa niche « baisse d’impôts pour
les grands groupes mondialisés », qui nous coute 22
milliards d’euros, bref tous ces cadeaux que les français
devront payer font au total 75 milliards d’euros. lien
Ajoutons-y
les 190 milliards de gaspillages en tout genre décrit
dans cet article,
ce sont 265 milliards, qui auraient pu être économisés,
ce qui fait mauvais genre alors que la dette de la France a
augmenté de 500 milliardsen 5 ans et
qu’elle vient de dépasser les 1700 milliards lien.
Comme
le dit Ségolène Royal dans une interview
récente sur l’antenne « d’ Europe 1 » le 23
novembre 2011, depuis que Sarközi est au pouvoir,
la France hérite de 1000 chômeurs de plus chaque
jour. lien (curseur
à 3’20)
Rappelons
le discours enflammé du fraîchement élu président de
la république « économe et citoyen »
prononcé le 19 septembre 2007 à l’Institut
Régional d’Administration :
« Le
service public a un devoir d’efficacité, il a le devoir de rendre
le meilleur service possible sans gaspiller l’argent public qui est l’argent
des français. Ne plus gaspiller un seul euro d’argent public, tel
doit être l’idéal vers lequel nous devons tendre (…)
nous n’avons plus les moyens de gaspiller, nous avons trop de déficits,
nous avons trop de dettes (…) le moindre respect que l’on doit aux
travailleurs, c’est de ne pas laisser détourner de ce qu’ils
ont si durement gagné ». lien
Alors
bien sur s’il est vrai que les administrations régionales sont souvent
montré du doigt, par exemple pour leur service communication, c’est
sans commune mesure avec le budget com. de l’Elysée qui
a sauté de 6 millions d’euros sous Chirac à 27
millions aujourd’hui.
Quant
aux efforts consentis pour faire quelques économies, ils pourraient faire
sourire, comme la suppression de 14 commissions du « comité
Théodule », puisqu’il en reste encore 683.
La « commission
de déontologie », par exemple, a couté en 3
ans, 940 000 €, occupant 14
membres pour une seule réunion mensuelle. lien
Par
contre, on apprend que la « commission consultative des
installations nucléaires de base » à zéro
membres, budget zéro, n’a jamais siégé, et que la « commission
d’examen du plan national d’affectation des quotas d’émission
de gaz à effet de serre » comporte 35 membres qui
n’ont siégé que 2 fois en2006.
Et
quid de l’attitude peu citoyenne de nos députés, dont l’on
peut constater le peu d’assiduité sur les bancs de l’assemblée. lien
N’oublions
pas les 15 000 hauts fonctionnaires privilégiés
dont on voudrait comprendre la justification des 6000 à 45 000
euros mensuels qu’ils reçoivent. lien
Didier
Migaud a noté avec un certain humour « l’importance
des progrès accomplis », constatant que le budget de
fonctionnement de la présidence est passé de 112,7 millions pour 2010,
contre 112,85 pour 2009. lien
D’autant
qu’il apparait qu’astucieusement, l’Elysée a
reporté des dépenses qui lui incombent sur le compte du budget du
premier ministre.
La
députée Delphine Batho en remet une couche
dénonçant les rémunérations trop chèrement
payées des conseillers présidentiels, lesquels sont « les
artisans de la campagne 2012 » et signalant que leurs
émoluments « devraient être payés sur
les comptes de campagne, et non pas par le contribuable à travers le budget
de l’Elysée ». lien
Comme
dit mon vieil ami africain : « qui prend le coq pour
guide aura un poulailler pour refuge ».
Olivier
Cabanel