Génocide
au Rwanda : enfin la vérité à l'horizon.

L'histoire
a ceci de particulier qu'elle finit, avec le temps mais aussi grâce à
la ténacité d'hommes honnêtes, par livrer certains de ses
secrets les mieux gardés. Il en est ainsi à propos du génocide
au Rwanda. Durant
18 ans, les massacres de Tutsi en 1994 par les Hutus ont été présentés
par des "experts", des "journalistes", des "spécialistes",
des "historiens", des "sociologues", des "politiques"
comme un double-génocide. Mieux, on a même dit, écrit et documenté
à plusieurs reprises une version totalement fausse de ces évènements.
On a laissé croire que le génocide n'était pas planifié
et on a inversé les rôles. On a donc imputé aux Tutsi l'attentat
qui a coûté la vie à Juvénal Habyarimana, président
du Rwanda à l'époque. On a conclu que les auteurs de cet attentat
sont les premiers responsables des massacres qui ont suivi. C'est-à-dire
que ce sont les combattants majoritairement tutsi du Front patriotique Rwandais
(FPR) de Paul Kagamé qui auraient attiré sur les Tutsi une réaction
des Hutus. Donc, il s'agirait d'un double massacre. Les figures les plus connues
de cette réécriture sont le fameux juge Bruguière qui est
allé jusqu'à inculper de hautes personnalités (06 au total)
du FPR au pouvoir au Rwanda pour génocide, les "journalistes"
idéologues Stephen Smith et Pierre Péan, le sociologue André
Guichaoua, l'ex-gendarme de l'Elysée Paul Barril qui a passé son
temps à noyer les vrais faits sous de fausses preuves constamment agitées
dont la fameuse boîte noire de l'avion crashé qui se révéla
celle d'une Concorde d'Air France... On note parmi ces spécialistes autoproclamés
et témoins de bonne moralité le journaliste camerounais Charles
Onana, un fervent défenseur de la thèse de l'attentat opéré
par les forces du FPR dirigées par Paul Kagamé actuel président
du Rwanda contre Habyarimana. Nombreux sont également ces africains qui,
pris dans les filets de la propagande anti-Kagamé, n'ont jamais hésité
à traiter les Tutsi et principalement Kagamé de déclencheurs
du génocide. On a ainsi pendant 18 ans inversé les rôles afin
de culpabiliser les victimes pour mieux indemniser les coupables et plus loin
on a nié le rôle de la France repeint et présenté comme
une mission humanitaire. |
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la Jeunesse Unie pour la démocratie en Afrique (J.U.D.A) devenue MOLTRA,
nous avons toujours affirmé le contraire suite à une documentation
rigoureuse sur la question. Nous avons régulièrement conclu, avec
quelques autres organisations et personnes, que la France a aidé à
la commission du génocide au Rwanda. Beaucoup de nos interlocuteurs sont
souvent scandalisés d'entendre pareils propos. Pourtant les faits sont
là. En
2007, un nouveau juge antiterroriste Marc Trévidic, moins idéologue
et plus scientifique remplace Jean-louis Bruguière jusque-là chargé
du dossier. Alors qu'il est attendu de lui qu'il aille dans les sentiers tracés
par son prédécesseur et qu'il close tout simplement le dossier,
Marc Trévidic se livre à un travail beaucoup plus judiciaire et
plus scientifique. Il réentend les témoins-clés et va commettre
même une expertise balistique sur l'énigme de l'attentat contre l'avion
de Juvénal Habyarimana. A partir de septembre 2010, l'équipe de
techniciens se met au travail et s'est rendue au Rwanda durant une semaine. Elle
a rendu la conclusion de ses travaux hier, 10 janvier 2012. Eh boummmm!!! L'inattendu
se produit: la balistique conclut que ce ne sont pas les forces du FPR qui avaient
abattu l'avion du dictateur Habyarimana. Mieux, le rapport précise, après
étude approfondie de l'impact du missile sur la carcasse de lavion
et analyse acoustique, que les tirs venaient du camp de Kanombé, camp de
la garde présidentielle. Autrement dit Habyarimana avait été
tué par ses propres gardes présidentielles. Ceux-ci sont des extrémistes
hutus qui s'opposaient à l'accord de paix entre le pouvoir et le FPR de
Kagamé avec qui un partage du pouvoir devrait être opéré.
Et c'est cet attentat qui a donné le top départ des massacres. Et
la France de François Mittérrand était bel et bien aux côtés
de ceux qui ont commis ces massacres. D'ailleurs
une documentation extraordinairement riche de Jacques Morel avait montré
combien la France était impliquée dans la commission de ce génocide.
Implication que la France a depuis l'origine niée. Les autorités
et de simples citoyens français et même des africains intellectuellement
dépendants voyaient en chaque évocation du rôle de la France
dans ce génocide un sacrilège, une accusation fausse, une haine
gratuite, une posture antifrançaise primaire qui sous-tendraient la "pensée
anticoloniale". On a ainsi discrédité toute opinion qui ne
validait pas la thèse d'une France qui aurait joué, à son
corps défendant, l'interposition au Rwanda, une France qui aurait permis,
selon ses laudateurs, d'arrêter les massacres alors que tous les autres
pays avaient quitté le pays ou avaient laissé faire. Nicolas Sarkozy,
candidat à la présidentielle en 2007 ira jusqu'à dire que
la France n'a jamais commis de génocide et n'a donc pas à rougir
de son histoire. Aujourd'hui voici les faits présentés aux yeux
de tous. La France, ce pays qui vient, par un vote par son Assemblée Nationale,
d'établir des sanctions contre la négation du génocide arménien
commis par la Turquie, va-t-il ou peut-il encore refuser le génocide dont
elle s'est rendu complice avec les soutiens divers apportés aux massacreurs
qu'elle protège jusqu'à ce jour? Les fameux journalistes et autres
spécialistes qui se sont contentés de nous raconter de façon
simpliste, romancée et mensongère pendant 18 ans la version de Jean-Louis
Bruguière qui n'a jamais mis les pieds au Rwanda et d'autres politiques
français négationnistes vont-ils se dédire publiquement?
Tout ce beau monde va-t-il reconnaître avoir réécrit des faits
liés à ce génocide pour à la fois apaiser les morts
et pour laver leur propre honneur (si tant est qu'ils en ont encore) ou bien va-t-il
se lâcher contre le juge Marc Trévidic et la science balistique qu'ils
vont traîner dans la boue? L'avenir nous le dira. Mais
d'ores et déjà, le travail de ce juge confirme un fait: la réécriture
des évènements. La France est un spécialiste en la matière,
ainsi que nous le disions en ce qui concerne la capture de Laurent Gbagbo le 11
avril 2011 par les troupes françaises qui finiront par nier l'acte qu'elles
avaient pourtant reconnu dès les premières minutes. Avec ce rapport
balistique, les thèses négationnistes tombent. Ce rapport est aussi
la confirmation et la reconnaissance des recherches faites par ces rarissimes
femmes et hommes honnêtes qui, au sein de quelques médias (Colette
Braeckman du Soir de Belgique qui avait dit depuis le début que le juge
Bruguière n'était pas convaincant, ce qui lui a valu à plusieurs
reprises des quolibets de Charles Onana et Patrick de Saint-Exupéry du
Figaro à l'époque), au sein du monde associatif ou intellectuel
à savoir: François Xavier-Vershave et Survie qui sur ce sujet précisément
ont fait un excellent travail, José Kagabo, Jacques Morel, Jean-paul Gouteux...et
bien d'autres anonymes contre vents et marées, ont montré des faits
qu'officiellement on n'a jamais voulu admettre. Komla
KPOGLI 11 janvier 2012 Web: http://lajuda.blogspot.com Jeudi
12 Janvier 2012
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