La grande déconnade magnétique

 

Vendredi 26 Mars 2010

Évolution du champ magnétique du Soleil.
Crédit : SOHO - EIT Consortium, ESA, NASA.


Thunderbolts, Stephen Smith, 25 mars 2010


      Le problème avec les diverses théories pourrait être résolu si une erreur d'identité était envisagée.


      Au cours des siècles, il a été démontré dans les tribunaux que les pires témoins possibles sont souvent ceux qui étaient présents sur la scène du crime. Il existe des cas documentés de gens incarcérés pour des crimes qu'ils n'avaient pas commis parce qu’un ou plusieurs témoins oculaires avaient juré sous serment qu'ils en étaient les auteurs. Cela apparaît par la suite, quand des preuves accablantes telles que l'ADN démontrent que le condamné n’a pas pu faire ce qui lui était reproché.


      Le problème de l’erreur d'identité est souvent dû à un préjugé. Les suspects sont catalogués en fonction de leur profil racial, affiliations avec des groupes radicaux, comportement antérieur, ou de leur association avec des gens connus comme des contrevenants à la loi. Faute d’aveu d’un autre individu, la police est parfois incapable de s'empêcher de se focaliser sur une culpabilité par association, ou une preuve indirecte. Les assistants du procureur de la république ne durent pas longtemps sans convictions.


      Les professeurs des prestigieuses universités sont de même obligées de suivre les « consignes du parti » et d'avoir une publication d’articles prolifique. Pour être financé et continuer, le département de physique doit conduire des expériences et produire un flux régulier de docteurs pour les établissements scientifiques, l'armée et les branches commerciales. Leurs expériences sont d’habitude coûteuses et prennent des mois à être montées. C’est pourquoi les bailleurs de fonds s'attendent à des résultats dont ils profiteront d'une façon ou d’une autre. Le LIGO et le Grand collisionneur de hadrons sont les deux plus notoires d’une longue liste d'expériences recherchant des chimères.


      Quand les groupes de recherche sont devant un manque d’indice en faveur de leurs théories (d’« aveu »), ils recourent eux aussi à des investigations indirectes. La reconnexion magnétique est l’un de ces cas. C’est l'un des meilleurs exemples de théorisation ad hoc de la physique moderne en manque de témoins.


      Selon un communiqué récent, l'un des obstacles majeurs à la fusion nucléaire par confinement, c’est que le flux de plasma dans le réacteur subit des phénomènes de reconnexion magnétique qui créent des instabilités provoquant l’arrêt de la réaction. Puisque personne n'a la moindre idée de comment marche ni pourquoi se met en route ce processus hypothétique, de comment les lignes de force magnétiques se séparent et se recombinent, personne n’est capable de suggérer comment y pallier. Il s'agit d'une interférence critique dans la poursuite du développement de soixante ans de tentatives jusqu'ici infructueuses pour fabriquer un système électrique à fusion thermonucléaire.


      Ce n'est pas la première fois que la reconnexion magnétique sert d’excuse en l’absence de données factuelles. C'est aujourd’hui l’« explication » ordinaire pour les aurores polaires terrestres. Comme l'affirme le consensus, la magnétosphère qui enveloppe la Terre s'étire et se déforme comme une goutte d'eau, parce qu’elle est bombardée par le puissant jet de particules chargées venant du Soleil. Le champ du côté ensoleillé étant poussé, il s’étale de l'autre côté de notre planète, où les lignes de champ sont dites « s’effilocher » et « s’agiter comme un drapeau flottant au vent. »


     







 Selon la théorie, quand les lignes de champ magnétique se croisent et se « reconnectent, » du fait d’un mécanisme inconnu, elles sont présumées exploser en libérant de grandes quantités de chaleur, de lumière et d'énergie électrique. Cette énergie afflux le long des lignes de champ vers les pôles de la Terre, où elle provoque l’illumination des molécules d'air avec de brillantes couleurs aurorales. L'énergie potentielle qui illumine les aurores est dite « stockée » dans les lignes de champ magnétique.


      Les lignes de champ magnétique ne peuvent pas engranger de l'énergie puisqu’elle ne sont pas plus réelles que les flèches servant à décrire un champ électrique ou les lignes courbes représentant une onde sinusoïdale. Elles sont de nature figurative, tout comme les lignes de champ magnétique sont des abstractions décrivant schématiquement le champ magnétique. Le champ magnétique agit comme un continuum — il n'est pas quantifié en bandes discrètes. Raconter que les lignes de champ magnétique peuvent se croiser, ou se rompre et se reconnecter, revient à raconter que les diagrammes météorologiques peuvent produire de la pluie.


      Kristian Birkeland n'est pas seulement en train de se retourner dans sa tombe, il fait la roue.


      De fortes perturbations magnétiques sont détectées au moment où l’on voit une brillante aurore polaire. C'est en 1903 que les observations de Kristian Birkeland l’ont amené à proposer que les aurores sont alimentées par de l'électricité qui circule parallèlement à leur formation. Puisque le courant électrique se déplace en circuit fermé, et puisque les courants et la lueur semblaient être provoqués par des processus dans l'espace lointain, il a émis l'hypothèse que le début du circuit descendait de l'espace à une extrémité de l'arc aurorale et faisait une boucle pour retourner vers l'espace à l'autre extrémité. En 1973, le satellite Triad de l’US Navy a traversé cette couche chargée électriquement. Le magnétomètre de bord a découvert deux nappes de courant électrique gigantesques, portant chacune un million d'ampères ou plus, l’une descendant vers la zone orientée vers le jour de l’aurore et l’autre remontant du côté orienté vers la nuit. Puisque la recherche de Birkeland les avait prédits, ces courants qui relient la Terre à l'espace furent appelés courants de Birkeland.


      Nous avons affaire à une erreur d'identité quand les scientifiques forgent une entité théorique appelée « reconnexion magnétique » alors que les forces et les effets peuvent être facilement associés à de solides conclusions probantes. Plutôt que de faire jouer l’électromagnétisme selon des modalités qui sont au-delà des théories actuelles, pourquoi ne pas utiliser comme explication les indications qu’a rassemblé Birkeland il y a plus d'un siècle ? C'est un trait regrettable des établissements de recherche modernes que de se cramponner à ce qui a été pontifie d'en haut et de suivre la voie rebattue. Cette tendance va jusqu'à ne tenir aucun compte des informations soigneusement documentées par un scientifique consciencieux, en faveur de spéculations abracadabrantes au sujet d’un truc jamais vu.




Original : thunderbolts.info/tpod/2010/arch10/100325disconnection.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard




Notes du traducteur


      Magnetic disconnection (Le décrochage magnétique) est le titre original de cet article, mais j’ai pas pu résister. La grande déconnade magnétique qualifie bien plus objectivement le terme creux de reconnexion magnétique.


      Dans son article précédent, Les circuits du plasma solaire, Stephen Smith nous raconte ce qui a été envisagé par des astronomes officiels pour expliquer comment il se fait que la température de la couronne solaire soit infiniment plus chaude que la surface visible du Soleil. En voici un extrait :

      Un grand nombre d'idées a été proposé sur la manière dont se produit ce bond vertigineux des températures. Certains groupes de recherche ont conclu que c'est la « réorganisation des lignes du champ magnétique, » connue autrement sous le nom de « reconnexion magnétique, » qui crée le réchauffement. Les observatoires satellites SOHO et TRACE ont tous deux détecté des changements magnétiques rapides de petits régions à la surface du Soleil.

      Il a été suggéré que « les événements de reconnexion » dans ces champs fluctuants réchauffent continuellement la couronne solaire. Le problème avec cette théorie, c’est que personne n'a jamais observé la « reconnexion » des lignes de champ magnétique. Et, comme Don Scott, le défenseur de la théorie stellaire électrique, l’a souligné à maintes reprises, personne ne l’observera jamais.

      Une autre explication possible du rayonnement thermique extrême de la couronne solaire serait que la convection à la surface du Soleil fait osciller les lignes du champ magnétique. Tandis que les lignes du champ montent et descendent, des ondes les suivent et se dirigent finalement vers l'extérieur dans la couronne, où (vraisemblablement) suffisamment d'énergie cinétique la réchauffe.


      Certains scientifiques veulent imposer l’idée de la chaleur coronale produite par de l’énergie cinétique : Des millions de degrés produits dans un milieu très diffus par les chocs des particules agitées par les oscillations des lignes du champ magnétique ! Comment peut-on avancer en science des idées aussi dingues ? Ne voulant ni reconnaître leur ignorance, ni la supériorité de la théorie de l’alimentation électrique du Soleil, pour occuper le terrain les spin Dr* en pataphysique continuent à pondre des concepts du même tonneau que le trou noir ou la matière mystérieuse. [* Spin doctor = charlatan expert en esbroufe.]






Article précédant sur l’Univers électrique


Le milieu interstellaire
(11/01/2010)
      Un nuage de gaz ténu entoure le Système Solaire. Qu’est-ce qui maintient sa cohésion ?