Analyse
de Christian Picquet sur la situation au 25 octobre 2010 :
Trois
questions pour un mouvement gagnant

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lundi 25 octobre 2010, 15:31 - Lien permanent http://blog.christian-picquet.fr/post/2010/10/25/Trois-questions-pour-un-mouvement-gagnant2
Linstant
est crucial
Dans la bataille des retraites, chaque camp regroupe maintenant
ses forces
Le marais des « indécis » se réduit
progressivement, comme peau de chagrin
Du côté du pouvoir,
la ligne de conduite paraît claire : parier sur la désagrégation
de la pression populaire à la faveur des congés scolaires ; après
avoir lancé ses argousins contre la jeunesse en révolte ou contre
les blocages de dépôts de carburant et les raffineries occupées
(telle celle de Grandpuits, en Seine-et-Marne, vendredi dernier), jouer la carte
de la loi et de lordre, selon une méthode confirmée pour tenter
de retourner lopinion ; miser sur léclatement à terme
du front syndical, quéditorialistes de droite et zélateurs
de la pensée unique nont de cesse de pronostiquer. En face, néanmoins,
la détermination ne faiblit aucunement. À preuve, la journée
du 19 octobre aura réuni autant de monde que la précédente,
voire davantage dans bon nombre de villes. Si lon tient compte du fait que
les défilés ne rassemblent pas toujours les mêmes participants,
on peut dores et déjà affirmer que nous sommes en présence
de la plus puissante mobilisation sociale que le pays ait connu depuis 1995 et,
sans doute, depuis 1968. Un
constat quil faut rapporter à la puissance et aux ramifications dun
mouvement que les grands médias ont du mal à apprécier dès
lors que, sil touche les secteurs les plus variés, il fluctue, se
cristallise en une succession de temps forts, se renforce régulièrement
de larrivée de nouvelles fractions du salariat, se manifeste en actions
de blocage de la vie économique, construit sa permanence à travers
une multiplication de grèves tournantes au plan local, a fini par toucher
la jeunesse lycéenne, commence à sétendre aux facultés
(qui organisent, ce mardi 26, leur première journée daction). Un
mouvement généralisé mais « rampant » MM.
Sarkozy et Fillon peuvent bien faire assaut de promesses de fermeté, répéter
en boucle que, leur projet voté, il deviendra « la loi de la République
», lactivité hexagonale tourne désormais au ralenti.
Nous ne sommes plus en présence dune « grève par procuration
», conduite par des bastions du public, à linstar de la SNCF
en 1995. Des entreprises fraîchement privatisées sont entrées
dans la bataille en dépit des échecs essuyés ces dernières
années (au point que la direction dEDF se voit contrainte dadmettre
une chute de la production délectricité), les ports et docks
sont affectés par de puissantes mobilisations, les raffineries sont totalement
paralysées, les chauffeurs routiers occupent par intermittence les routes
tandis que les traminots cessent à tour de rôle le travail, territoriaux
ou éboueurs sont dans laction en de nombreuses cités, personnels
de la santé ou de lÉducation nationale lient la défense
de la retraite à 60 ans à leurs propres revendications en faveur
du service public, le privé est entré dans la danse, par exemple
dans lautomobile ou laéronautique (jen ai la démonstration
régulière dans ma région Midi-Pyrénées). Il
convient, en outre, de souligner des expériences locales hautement significatives
de létat incandescent du pays, telle celle de lintersyndicale
qui, au Havre, dirige en permanence la confrontation avec les gouvernants, allant
jusquà organiser chaque jour une assemblée générale
interprofessionnelle. Se
repaître dincantations à la grève générale,
ou encore invoquer un « Mai 68 du XXI° siècle », comme
le fait Olivier Besancenot (je ne dis pas cela par souci polémique, mais
parce quil est indispensable de bien apprécier une réalité
inédite), na toutefois guère de pertinence pour contribuer
à construire des repères collectifs efficients, permettant aux acteurs
sociaux de se doter dune stratégie de lutte adaptée. Une grève
générale, au sens que le mouvement ouvrier donne à lidée
depuis ses origines, cest-à-dire la paralysie du pays par limplication,
au même moment et sur la durée, de dix ou quinze millions de travailleurs,
se révèle plus difficilement atteignable que par le passé.
La période voit chômage et recul du pouvoir dachat peser lourdement
sur la vie des salariés (donc sur leur participation à des engagements
de cette nature), le monde du travail se trouve pour une large part disséminé
dans une kyrielle de petites entreprises (pour beaucoup sous-traitante de grands
groupes) caractéristique du nouveau capitalisme, lorganisation syndicale
sest vue profondément affaiblir par cette réorganisation du
procès de travail, la radicalité contestataire de nombre dacteurs
sociaux ne se prolonge pas en un projet socialiste crédible à une
large échelle. Dans une semblable configuration, cest un mouvement
généralisé mais « perlé », un 68 en quelque
sorte « rampant » (pour paraphraser une notion née en Italie
aux lendemains du Mai français) qui tend à se cristalliser pour
relever le défi civilisationnel auquel toute la société se
trouve confrontée. Une
dynamique proprement politique Ce
qui naltère en rien sa dynamique directement politique. Dores
et déjà, la confrontation sociale dépasse, et de très
loin, la seule question des retraites. Ou, plus précisément, ladite
question des retraites concentre tous les problèmes de lheure : le
refus de voir purement et simplement détruit le système de protection
sociale hérité du programme du Conseil national de la Résistance,
lattachement à des services public de qualité protégeant
le plus grand nombre du déchaînement de la trop fameuse « concurrence
libre et non faussée », la révolte devant une répartition
de plus en plus inégalitaire des richesses, le rejet dun capitalisme
dont chacun peut constater que son ressort intime est lavidité sans
bornes dune poignée dactionnaires et de spéculateurs. Cest
dailleurs dans la mesure où lavenir apparaît en jeu que,
à la surprise des élites et des commentateurs, la jeunesse scolarisée
a fini par rejoindre le syndicalisme ouvrier dans la contestation de la loi Sarkozy-Woerth,
bien que la retraite ne se pose pour elle
que dans 50 ans (comme les figures
de lUMP croient habile de lexpliquer en chur). Cest exactement
pour la même raison que, loin de ne radicaliser que les secteurs dordinaire
en pointe des affrontements de classe (comme se crut autorisé à
lécrire le directeur de Libération, Laurent Joffrin, le lundi
18 octobre), la confrontation en cours voit les travailleurs les moins marqués
par de très fortes traditions de lutte se distinguer, à limage
de ces routiers qui auront eu vite fait de percevoir quelle serait leur existence
avec le report de lâge de leur départ en retraite. Et cela
aura fini, au fil des semaines, par transformer une crise sociale en une crise
politique majeure, privant la majorité élue en 2007 de la moindre
légitimité pour mener à bien une orientation en tout point
antagonique à lintérêt général. Lune
après lautre, les enquêtes dopinion révèlent
cette fracture sociale, politique et morale. Le 20 octobre, Libération
publiait par exemple un sondage hautement révélateur, où
huit Français sur dix exigeaient que le pouvoir renégocie son projet
(ce qui signifie quil nen restait que deux sur dix pour considérer
que ledit projet était bon), où près de sept dentre
eux sur dix désapprouvaient la stratégie de tension du président
de la République, une identique proportion approuvant les grèves
et les manifestations. Sur fond de tourmente affectant et discréditant
un capitalisme globalisé et financiarisé à lextrême,
Nicolas Sarkozy paie ici, tout à la fois, la démagogie mensongère
de sa campagne présidentielle, des décisions uniquement déterminées
par les exigences des banques et du CAC 40, son intimité avec le petit
monde de laffairisme débridé et sans scrupules. Le
sociologue du travail Henri Vacquin, hier encore thuriféraire dun
libéral-syndicalisme, avait des mots justes pour décrire, dans Le
Monde daté du 21 octobre, le changement de climat en France : «
LÉlysée et le gouvernement se sont trompés de guerre.
Ils ont mené la réforme des retraites de 2010 comme en 1993 ou en
2003, avec un peu moins de concertation. Ils ont simplement oublié un fait
colossal : la crise de 2008. Après 30 ans de mutations du travail et de
lemploi, vécus avec fatalisme, cette crise a suscité dans
lopinion, à côté du sentiment dinjustice, un sentiment
dimmoralité des valeurs qui ont porté lultralibéralisme
: la rapacité au gain comme moteur de lhistoire, lindividu
au détriment de lappartenance collective, et, dans lentreprise,
le supposé contrat qui met à égalité de dignité
le dirigeant et le dirigé. » Autant
dire que lattitude présentement retenue par le sommet de lÉtat,
dans lobjectif de briser les reins du mouvement social pour des années,
savère à très hauts risques, source dune possible
révolte globale difficilement maîtrisable par ceux qui lauront
provoquée. Elle naura pas réussi à freiner lélan
populaire, au long de sept semaines où lintersyndicale est, dune
certaine manière, devenue lincarnation des inquiétudes et
des aspirations de la société. Elle aura, pour ce même motif,
les plus grandes difficultés à casser lunité des confédérations,
celles qui pourraient sy montrer disposées nayant rien à
négocier de substantiel avec un gouvernement intransigeant et se trouvant
elles-mêmes contraintes par lintensité de la colère
du pays. Plus, elle risque maintenant de susciter une onde de choc à léchelle
de toute lUnion européenne, ce dont témoignent les déclarations
de solidarité qui commencent à éclore de la part de diverses
organisations syndicales du continent. |
| On
comprend linquiétude croissante de certains cercles de lUMP
ou de milieux patronaux qui commencent à inciter le clan sarkozyste à
ne pas trop jouer avec le feu. On sexplique également que les citadelles
financières internationales se sentent obligées de se porter à
la rescousse de notre petit monarque élyséen, à linstar
du Wall Street Journal consacrant rien moins que lun des ses éditoriaux
au « cas » français, doù il ressort que la casse
de la retraite à 60 ans constitue un impératif aux yeux des marchés
et des agences de notation à leur service. Si
telle est bien la nature de lépreuve de force qui se noue en ce début
dautomne, il importe daborder sans dérobades les trois questions
clés dont dépend, in fine, lavenir de ce mouvement historique.
Construire
lépreuve de force sur la durée La
première dentre elles porte sur la nécessité, impérative,
de bâtir un mouvement sur la durée. À partir du moment où
la droite entend passer en force, sans toutefois disposer de lappui dont
elle aurait besoin dans lopinion pour parvenir à ses fins, le combat
doit se donner les moyens de tenir au-delà du vote des Assemblées,
censé marquer la fin du match. Certains
dirigeants syndicaux, du côté de lUnsa ou de la CFDT, sans
parler de la CFE-CGC, ont à cet égard indiqué que la décision
de la majorité du Palais-Bourbon et du Palais du Luxembourg ouvrirait une
nouvelle phase. Le numéro deux de la CFDT, Marcel Grignard, va jusquà
expliquer, dans Le Monde du 23 octobre : « Notre responsabilité comme
syndicalistes est de construire des compromis qui fassent sens, pas de remettre
en cause la légitimité parlementaire ou politique. » Les ténors
de lUMP tentent de sengouffrer dans cette brèche potentiellement
ouverte, lorsquils martèlent que la légalité dans laquelle
a été désignée lAssemblée nationale se
confond avec la légitimité dont celle-ci disposerait pour avoir
le dernier mot sur la rue. Sauf
que la désignation dune majorité politique ne lui confère
pas tous les droits. Elle nest pas synonyme de chèque en blanc sur
tous les sujets et en toute circonstance. Sinon, à quoi bon reconnaître,
dans la Constitution, le droit de faire grève et de manifester ? Ne sagit-il
pas de moyens de faire changer les décisions des gouvernants ? Doit-on
ignorer que le texte dont on prétend faire la loi commune navait
fait lobjet daucun engagement de la campagne menée devant les
électeurs en 2007 ? Au demeurant, si lon parle de légitimité,
il en est une qui se voit ouvertement bafouée, c'est celle des organisations
représentatives de la démocratie sociale. La philosophe Cynthia
Fleury est, de ce point de vue, fondée à relever, dans Le Monde
des 24 et 25 octobre, que lon « est dans lerreur si lon
pense que la démocratie, cest dun côté un pouvoir
représentatif, seul légitime, et de lautre côté
une foule. Même si le gouvernement affirme quil a orchestré
la négociation, il ne la pas orchestré jusquau bout,
cest-à-dire quil a refusé de reconnaître la valeur,
la nécessité, la légitimité des acteurs publics que
sont les syndicats, les partis politiques, les associations ». Aujourdhui,
lécrasante majorité du pays exprime ostensiblement son refus
de la loi. Il est dès lors parfaitement justifié de considérer
que la majorité des élus savère discréditée
par son obstination à ne pas écouter le peuple. Que ce quelle
fait, la rue et la grève peuvent légitimement le défaire,
puisque tel est lunique moyen de faire prévaloir la volonté
générale. Après tout, nexiste-t-il pas, sur le sujet,
une « jurisprudence Chirac » ? En 2006, contraint de prendre acte
de son isolement, le président de la République avait promulgué
la loi instaurant le contrat première embauche, tout en annonçant
quil ne lappliquerait pas ! Cesser
le combat sous prétexte que la représentation légale du pays
a tranché reviendrait à bafouer lexigence majoritaire des
citoyens. Jusquau bout, par-delà même la ratification du Conseil
constitutionnel à la mi-novembre, lexigence devra donc demeurer le
retrait, labandon, la non-promulgation, labrogation dun texte
à tout point de vue régressif. Il simpose, pour cette raison,
non dorganiser le repli, mais de généraliser le mouvement,
de le construire sur le temps long, de lélargir encore et toujours,
de lenraciner, de ladosser à des intersyndicales locales à
même de coordonner laction interprofessionnelle. Pérenniser
et renforcer lunité Deuxième
question, la préservation de lunité de la mobilisation. Lexistence
du « G8 » syndical aura été son principal atout. Peu
aura finalement importé que les organisations de celui-ci divergent, parfois
très substantiellement, sur les solutions à apporter au déficit
du système des retraites. Cest parce quelles ont été
capables dopposer leur front uni à la morgue des éminences
gouvernementales que le mouvement populaire aura revêtu lampleur quon
lui connaît. On peut même dire que cest le facteur ayant octroyé
à cette intersyndicale une incontestable autorité de direction de
la mobilisation, autorité qui se prolonge actuellement en tendance à
la resyndicalisation de milieux jusqualors peu réceptifs au discours
sur lorganisation des travailleurs. En retour, cest la puissance du
mouvement qui a permis à lunion de se maintenir, bornant les tentations
récurrentes de la faire exploser, sur les formes daction comme sur
les objectifs des journées nationales. On en arrive maintenant à
une situation, au fond des plus positives, où la centrale qui descendrait
la première du cadre unitaire le paierait dun prix considérable. Cest
si vrai que la CFE-CGC, après avoir indiqué que le 19 octobre constituerait
son ultime manifestation, aura dû demeurer aux côtés des autres
fédérations et confédérations. Cest si vrai
également que le débat sur la stratégie à mettre en
place en particulier, à propos de lobjectif dune grève
générale interprofessionnelle quelle quait été
son importance, naura pas provoqué la scission, espérée
par certains, entre « radicaux » et « modérés
». Cette réflexion, recoupant en réalité le problème
de la construction dun mouvement généralisé à
même dinstaurer le meilleur rapport de force face à la coalition
UMP-Medef, nétait évidemment pas sans implication. Mais elle
fût tout simplement devenu sans objet si la division syndicale avait brisé
net lélan populaire, créé du même coup le désarroi
dans les rangs du salariat, engendré limmense découragement
dun peuple dressé contre linjustice et les privilèges. Au
soir du 19 octobre, le « G8 » aura par conséquent résisté
aux pressions qui montaient de toutes parts pour le faire exploser. Il lui faut
maintenant se pérenniser, au-delà du 28 octobre, au-delà
même du 6 novembre, et trouver les ressources pour que les débats
en son sein débouchent sur une clarification positive. Je me garderai bien
de me placer dans la posture du donneur de leçons, qui na jamais
vraiment profité à ceux des responsables politiques qui lauront
adoptée. Je me contenterai de formuler deux idées. Il serait sans
doute utile que lunité réalisée à léchelon
national fût relayée, dans le plus grand nombre possible de villes,
de fronts syndicaux disposant de la représentativité suffisante
pour coordonner laction de tous les secteurs entrés dans la bataille.
De la même façon, cest lancrage du mouvement, au niveau
des entreprises et des branches professionnelles, qui pourra le mieux conforter
lintersyndicale en offrant aux salariés les moyens de diriger démocratiquement
leur combat et den déterminer les modalités. uvrer
à une gauche à la hauteur La
dernière question tient, on limagine, au débouché politique
dont la confrontation sociale a le plus impérieux besoin. Devant ce qui
apparaît comme un soulèvement de la société au nom
du bien commun, la gauche tout entière doit donner de la voix, hausser
le ton. Daucune manière, lheure nest à la recherche
dune « sortie de crise » qui sassimilerait à un
renoncement exigé des grévistes, des bloqueurs et des manifestants.
Elle nest pas davantage à la dénonciation don ne sait
quelle « mélenchonisation » de la gauche, pour reprendre les
termes dun Manuel Valls qui na manifestement pas pris la mesure du
changement brusque du contexte. Même si les projets divergent, aucun parti
progressiste ne peut, sauf à tourner ostensiblement le dos à ses
mandants naturels, devenir la roue de secours des marchés, des élites
libérales européennes ou du Fonds monétaire international. En
cette semaine charnière, le besoin se fait plus fort dune gauche
marquant sa solidarité concrète avec le mouvement social. Ne se
laissant pas impressionner par les objurgations de la droite. Osant dire que ce
gouvernement et cette majorité ne possèdent plus la moindre légitimité
pour mettre en uvre leur contre-réforme, que labandon de celle-ci
simpose et que, sils sobstinent, il faudra les contraindre à
plier bagages
Sans attendre 2012
Et le plus tôt sera le mieux
Quitte
à susciter parfois létonnement, notre Gauche unitaire milite,
vous le savez, pour de nouvelles élections générales (autrement
dit, pour que lAssemblée élue en 2007 remette en jeu son mandat),
parce quelle considère quen un pareil moment de crise, cest
au suffrage universel de trancher le choc de deux France aux intérêts
si manifestement opposés. Libre à chacun de ne pas nous suivre dans
cette conviction. En revanche, rien ne justifie que toute la gauche, sans exception,
ne se retrouve pas dans un commun soutien à la mobilisation populaire et
autour de lexigence de larrêt immédiat de la procédure
de ratification de la loi Sarkozy-Woerth. Pourquoi dailleurs ne pas envisager
un grand meeting, cette semaine, où chacun sexprimerait sans renoncer
à ses propres positions, mais unirait sa voix aux autres partis pour apporter,
à celles et ceux qui se battent, un élément précieux
de dynamisation de la lutte ? En quoi ce qui se révèle possible
dans le syndicalisme ne le serait pas du côté de la gauche politique
? Au-delà,
il va de soi que le débat sur lalternative prend dorénavant
une nouvelle dimension. Le Front de gauche aura su, en loccurrence, se situer
à la hauteur des attentes qui se portent vers lui. Lorganisation
dune journée de collectes au bénéfice des grévistes,
ce 23 octobre, aura constitué le prologue dune série dinitiatives,
des rassemblements délus prévus devant lÉlysée
et les préfectures ce mardi 26 à la tournée de meetings envisagée
pour les prochains jours. Jétais, pour ma part, samedi, sur le parvis
de Beaubourg à Paris, en compagnie de Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon,
et en moins dune heure, nous avions déjà recueilli près
de 6000 euros
Un signe de la popularité du combat engagé pour
la sauvegarde dune conquête fondamentale
Jen
suis de plus en plus persuadé, cest en sidentifiant visiblement
comme laile marchante de la gauche, dans le but dinfliger à
la droite la défaite cinglante quelle mérite avant la présidentielle,
que le Front de gauche donnera une impulsion déterminante à sa démarche
de « plate-forme partagée ». La profondeur du rejet populaire
de la droite et des dévastations du néolibéralisme conforte
en effet sa vision de la gauche indispensable à lavenir : lespoir
renaîtra à la seule condition de sengager à rétablir
le droit à la retraite à 60 ans et à taux plein, dagir
avec résolution en faveur de légalité et de la solidarité,
de se fixer lobjectif dune redistribution radicale des richesses pour
répondre aux besoins du plus grand nombre, dafficher sa détermination
à gouverner enfin contre les banques et les actionnaires. De plus en plus
nombreux sont ceux qui constatent, à la chaleur des événements,
que nous avions raison de dire, depuis des années, quil fallait bouleverser
la donne à gauche
Les
jours qui viennent seront décisifs. Ce nest vraiment pas le moment
de faiblir.
Oui, une victoire est possible
Auteur
: via CD -
Source : http://blog.christian-picquet.fr/post/2010/10/25/T...
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