Cette
décision
a aussi lavantage pour lui et son équipe de «
taper en touche »
De se défausser lâchement sur le
peuple.
Et si les choses empirent,
ce qui est probable,
les futures
élections législatives donneront une majorité à la
droite
qui héritera dune situation pourrie.
Papandréou
pourra alors jouer loppositionnel aux décisions prises.
Lalternance
ça sert à ça !
Un coup la Droite, un coup la Gauche,
un coup
.etc.
Une
autre hypothèse peut être envisagée :
la technique du
« moi ou le chaos »,
version grecque.
Papandréou a
peut-être tenu le raisonnement suivant :
le peuple ne veut plus accepter
la rigueur, il va rejeter le plan européen,
et bien, mettons
le au pied du mur,
mettons le au défi de voter contre et risquer le
chaos
peut-être quil finira par se résoudre à
laccepter ce plan.
La
manière dont va être posée la question lors de ce référendum
, sil a lieu,
va être un signe significatif
de ce que lon
souhaite « faire dire » au peuple grec.
LIMPASSE
Ne
nous faisons pas dillusions
Contrairement à ce que croient certains
démocrates naïfs, le recours au peuple ne va rien régler
Pourquoi
?
Des
décennies de conditionnement, de démissions devant les promesses
des politiciens, de croyances en un système politique pervers et corrompu,
ont fait que le peuple grec, comme dailleurs tous les autres peuples en
Europe, na pas la solution au problème posé. Il sest
livré pieds et poings liés à un système dont on lui
cache les mécanismes et les objectifs, quil ne domine pas, sur lequel
il na aucune prise réelle.
Des
décennies de soumission à des pratiques électorales destinées
à déresponsabiliser les citoyens « votez, nous ferons
le reste » - ne peut quaboutir à une situation chaotique
à partir de laquelle, toutes les dérives sont possibles.
Mais
va-t-il avoir le courage de refuser ?
Ne
doutons pas que dénormes pressions « tout à fait amicales
et paternalistes » vont être exercées sur le peuple grec pour
quil se comporte de « manière responsable », autrement
dit quil accepte le diktat européen, avec description à la
clef de la « situation apocalyptique » qui lattend sil
quitte leuro. Et ce dautant plus que les agences de notations commencent
à menacer, de même que le FMI, en cas de refus grec du plan européen.
Le
peuple a intérêt à bien voter sinon
Moralité
: un peuple a le droit de penser ce quil veut à la condition que
ce soit conforme à lintérêt des banques et des marchés
financiers
. Et cet intérêt est politiquement garanti par la
classe politique.
Ce
qui va se passer, dans les semaines à venir, personne ne peut évidemment
le prévoir
Une
seule certitude : il est désormais évident que la solution ne réside
plus dans le système lui-même, ses manipulations banco-financières,
ni par le jeu des institutions politiques.
Situation
gravissime car, en Europe, aucun peuple na, dans limmédiat...
la capacité, je dirais même la culture politique, qui lui permette
de passer outre les règles du système et de ses institutions, délaborer
une stratégie alternative de changement et de créer un rapport de
force avec les profiteurs du système en place.
La
crainte du chaos et d'une dérive totalitaire nest pas écartée,
mais dès à présent cest à lélaboration
dune telle stratégie que nous devons nous consacrer.
DERNIERE
MINUTE
Cest
donc la thèse du « chantage », mené jusquau bout,
qui a été retenue.
Convoquer un chef de gouvernement pour lui
faire changer de politique
et surtout le dissuader (menaces de rétorsions
à lappui)
de consulter son peuple sur des questions qui le concernent
directement,
ça ne vous rappelle rien ?....
Cette
fois-ci, cest au nom de la logique des marchés financiers que sest
produite cette infamie.
Il
ne fallait surtout pas que le peuple grec sexprime
ça aurait
donné des idées à dautres et effrayé les marchés
financiers.
Mais que lon ne sy trompe pas, la mésaventure
du peuple grec pèse, comme une « épée de Damoclès
», si jose dire, sur tous les peuples dEurope.
Après
les Grecs sacrifiés sur lautel de la finance, ça va être
le tour des Italiens
.
Conforté
par cette mise au pas du peuple grec, Sarkozy va, en France,
nous en rajouter
une couche en matière de rigueur.
LEuro,
pour le moment, est sauf.
Les marchés rassurés.
Lillusion
de la « suppression des paradis fiscaux » et dune « taxe
sur les transactions financières » est ressortie de la naphtaline.
Bref,
rien de nouveau,
sinon que la situation devient de plus en plus insupportable.
Les
peuples se taisent, la finance passe !
La
Grèce, berceau de la démocratie ? Peut-être !...
Mais
aujourdhui assurément son tombeau !
Patrick
MIGNARD