Les
banlieues
Pour
quiconque veut être lucide et sinformer, elles sont au bord de lexplosion.
Les
anciennes cités ouvrières ou régnaient des activités
culturelles, syndicales, associatives
sont devenues en quelques décennies
des ghettos de pauvres, dexclus
où se crée un «
nouveau lien social », celui des bandes et des dealers,
celui des trafics
et la recherche dune nouvelle identité au travers de la religion.
Ce
« nouveau lien social », qui sétend, exclu à son
tour celles et ceux qui le refusent,
qui partent,
surdéterminant
le processus de ghettoïsation de la cité.
Le
« système dintégration républicain » a
complètement fait faillite.
Le
recours à la répression apparaît alors nêtre que
la seule réponse des politiciens à une situation quils acceptent,
quils gèrent pour donner le change à une opinion publique
qui sinterroge sur les raisons dune telle décadence sociale.
Avec lappui complaisant de la plupart des médias, ils donnent le
spectacle de la fermeté dite « républicaine »,
le temps dun évènement monté en épingles devant
les caméras,
et de préférence la veille délections.
Lessentiel des aides sociales sensées compenser les
inégalités et lexclusion
est abandonné aux
associations caritatives, de charité,
ce qui permet de réduire
conformément à la pensée libérale les
budgets sociaux.
La
situation actuelle des banlieues, conséquence logique du fonctionnement
du capitalisme,
donne une idée de la tâche à accomplir
:
une refonte complète du système de relations sociales
ce quaucune force politique nenvisage sérieusement, et
nen est dailleurs capable.
Lécologie
La
découverte officielle des ravages causés sur lenvironnement
par les conditions de la production marchande, ne sest fait que sur le tard,
et encore parée de bien des hésitations.
Les
gestionnaires politiques du système, de droite comme de gauche, se sont
alors trouvés devant un dilemme :
-
soit reconnaître le bien fondé des accusations de destruction de
lenvironnement par le fonctionnement du système dont ils sont les
garants ;
-
soit nier en bloc.
La
sensibilisation de lopinion publique et donc limpact probable
sur les résultats électoraux (seule chose qui les intéresse
! ), a obligé les politiciens à tenir compte de ces nouveaux paramètres.
Ne
reniant en rien les fondements dun système fondé sur lexploitation
illimité des ressources naturelles et la maximisation des profits, ils
ont usé et usent toujours du double discours
repeignant subtilement
en vert, un appareil économique toujours aussi nocif à la planète.
Lécologie,
ou plutôt les écologistes, se sont parfaitement intégré
au folklore politicien,
et même pour certains, elle est devenu un instrument
de promotion politique
et un véritable looby politique et idéologique.
(Des noms ?)
UNE
OPPOSITION ETEINTE
Le
système dit « démocratique » a aboutit à une
seule chose : déresponsabiliser le citoyen
ce qui, peu à peu
a donné naissance à une classe politique parasite
qui se reproduit
au sein de véritables « syndicats dintérêt »,
les partis politiques,
et dont le seul objectif est la survie du système
en place
et par la même : le sien.
Ainsi,
Droite et Gauche, et apparentés... se relaient pour assurer sa pérennité.
Lopposition
radicale, celle qui voulait un changement radical du système
a vite
cédé la place à un « opposition de consensus implicite
» :
sa seule radicalité, du moins à celle qui en a, cest
son discours,
pour le reste elle se coule dans les vieilles pratiques
obsolètes :
élections, participation, manifestations, pétitions..
Une
telle attitude a pu faire illusion tant que, dans le cadre national, le «
Capital pouvait payer »
Le Capital ne cédait rien, il ne faisait
que s « acheter la paix sociale »
. Ce qui correspondait
aux intérêts immédiats de celles et ceux (les salariés)
qui voulaient améliorer leurs conditions de vie (avantages sociaux / acquis
sociaux).
On
croyait ces acquis sociaux comme définitifs
Erreur !
La
mondialisation du Capital, nous lavons vu, a rompu ce bel équilibre.
Ainsi les marges de manuvre dune éventuelle opposition
du moins officiellement reconnue et acceptable par le système se
sont considérablement réduites.
Aucune
opposition nest en réalité capable aujourdhui de garantir
, si elle parvenait au pouvoir, la récupération des acquis sociaux
détruits ces dernières années (retraite à 60 ans,
services publics, système de santé,
), la sauvegarde de ceux
qui existent encore et à fortiori, la conquête de nouveaux.
Lexpérience
des « gauches » au pouvoir en Europe, ces dernières années,
en est la triste confirmation.
Il
ny a donc pas/plus de véritable opposition pouvant offrir une réelle
alternative. Le discours oppositionnel est un discours convenu, qui se coule dans
le moule de « démocratie formelle », qui garanti dabord
les intérêts fondamentaux du système, mais qui permet aussi,
par le mécanisme de la représentation et des promesses électorales,
de donner lillusion au peuple dune maîtrise, par lui, de son
propre destin.
Lexpérience
a toujours montré quil nen était en réalité
rien,
et quune fois lenthousiasme et les illusions passés,
tout redevenait comme avant. Rien navait changé sur le fond.
Il
nexiste pas dinstrument ou de méthode capables de mesurer
le degré de patience, de possibilité daccumulation de frustrations,
de glissement progressif vers le désespoir dune population.
Mais
lHistoire montre que tout fini par exploser.
Lexplosion
nest dailleurs pas synonyme de changement. Les systèmes résistent,
en général, facilement aux forces centrifuges de la révolte.
Seule, la lente transformation des relations sociales, des pratiques alternatives,
se substituent efficacement au pourrissement du système en place. Elles
seules peuvent assurer concrètement un changement durable, en instaurant
des modes de vie, de production, de distribution des richesses, mais aussi ce
qui est indispensable en façonnant des comportements, un état desprit,
de nouvelles valeurs.
Labîme,
cest
lorsquon laisse jouer les contradictions du système
sans perspective
dalternative.
Or,
cest exactement ce qui se passe aujourdhui. Laction politique
se résume à des déclarations plus ou moins velléitaires,
sans lendemain,
ou à des coups de gueule sporadiques.
(Des noms
?
Des exemples ?).
Labîme
cest quand un système sécroule miné par ses contradictions
et quaucun relais nest pris. Cest le cas de lEmpire Romain
qui, à sa chute, a vu linstallation dun chaos politique et
social avant quun nouvel ordre social simpose par la force :
la
féodalité.
Labîme
ça peut être aussi la réaction du système en place
qui, craignant pour sa survie, impose un pouvoir autoritaire dont on connaît
tous les dangers potentiels voir lexemple du 20e siècle.
Cest
aujourdhui dans ce cadre incertain que nous évoluons.
Lavenir
nest pas assuré,
pas plus quil nest rassurant.
Patrick
MIGNARD