Le
« Machin » onusien
par
Léon camus
vendredi
21 octobre 2011
De
la guerre préventive au droit dingérence, la destruction de
la légalité internationale avance à grand pas
aussi
la progression du Nouvel Ordre Mondial vers un totalitarisme universel semble-t-elle
irrésistible signant par-là lextinction définitive
des souverainetés nationales. Il y a certes maintenant péril en
la demeure car « charbonnier ny est plus maître » !
Le
« Machin » aurait dit de Gaulle. Une organisation de plus en plus
envahissante dont la selle turcique abrite une hypophyse vénéneuse
qui a nom Conseil de Sécurité ! Notons que le siège des NU
réside à bon escient dans cette Nouvelle Babylone quest New-York,
première ville israélite de la planète par limportance
de sa Communauté : deux millions sur les huit que compte la capitale économique
et financière des É-U
un second Israël dont la population
proprement juive reste quant à elle inférieure à six millions
!
Ce
Conseil de Sécurité - véritable gendarme planétaire
dont la fonction a été pour lessentiel ces vingt dernières
années de légaliser les guerres dagression du condominium
anglo-américain de Wall Street et de la City - est aujourdhui le
poste officiel de contrôle et de commandement de la mondialisation en marche,
autrement dit de lUnification du Marché et larbitre des querelles
agrémentant le partage de zones dinfluences disputées. Cest
dans cette enceinte - où les votes sachètent, se vendent et
se marchandent que sest décidé le sort de la Yougoslavie,
de lIrak, de Libye, et pour lheure celui de la Syrie qui vient de
se voir, in extremis, octroyer un sursis. Un centre névralgique où
se pratique un sport en vogue, le détournement exhaustif de la légalité
internationale sous couvert des Droits de lhomme
Au profit dun
droit dingérence autorisant des puissances coalisées à
lancer des guerres offensives et préventives réputées «
justes » contre des chiens réputés galeux, des rogue states,
États voyous ou États perturbateurs selon la terminologie ad hoc.
Dans
cette évolution, ou plutôt cette sinistre dérive, du Droit
des Nations, il faut voir la destruction du principe fondateur de lordre
international traditionnel fondé sur la « souveraineté »
des États. Nombreux sont les signes dune grande rupture - un changement
dépistémè aurait dit M. Foucault - davec le monde
dhier. Celle-ci se situe cependant parmi les plus alarmantes en ce quelle
autorise et légalise les guerres dagression tout en leur servant
de prétexte. Un instrument dont ne disposait pas le IIIe Reich lorsquil
lança ses guerres de réunification nationale en ne sappuyant
que sur des considérations juridiques concrètes dordre géographique
et historique.
De
la guerre préventive au droit dingérence
Le
1er juin 2002, George W. Bush présentait à West Point la nouvelle
doctrine stratégique des É-U. Il remettait en cause, de fond en
combles les principes directeurs gouvernant jusquà présent
la politique étrangère, lorganisation, le commandement et
lemploi des forces des États-Unis. Un tel chambardement se justifiait
eu égard au défi lancé au Monde libre par le Terrorisme et
les États censés le soutenir
à savoir ceux qui «
détiennent des armes de destruction massive [Israël nétant
évidemment pas au nombre de ceux-là], ou sont en train de sen
doter ou bien se préparent à en construire [ce qui est le cas du
Japon !] ». La menace ayant changé de nature, par conséquent
la riposte devait elle aussi changer du tout au tout. Une doctrine qui se déploie
avec en toile de fond le 11 Septembre et les menaces supposées peser sur
les intérêts américains dispersé à travers le
monde : ambassades, bâtiments de guerre, bases militaires, etc
La
nouvelle stratégie consistant dès lors à anticiper le péril
en empêchant que de telles menaces ne se matérialisent grâce
des à des actions préventives 1.
Quelques
mois plus tard, en déc. 2002, alors que les préparatifs dune
guerre contre lIrak saccélèrent, Jean-Paul II, dans
son message annuel pour la Paix, condamnait de son côté la guerre
préventive comme contraire à la Guerre juste. Un corps doctrinal
développé par saint Thomas dAquin autour de quatre conditions
sine qua non
Primo la guerre dagression ne pouvant par principe être
juste, lengagement armé ne peut être que défensif ou
avec pour objet de saffranchir dune tyrannie. Deusio, le recours aux
armes ne peut être quun recours ultime. La négociation primant
sur la force celle-ci ne devient solution légitime quen dernier ressort.
Tertio, la guerre doit être décidée par lautorité
légale seule habilitée à le faire. Aujourdhui cette
autorité légitime est en loccurrence représentée
par le Conseil de Sécurité 2. Quarto, les moyens employés
doivent être proportionnés aux buts, lusage des armes ne devant
pas entraîner des maux et des désordres plus graves que le mal à
combattre. Une dernière condition qui semble à lévidence
bien mal remplie en Libye où lintervention de lOtan aurait
causé la mort de quelque 50 000 personnes, et ne parlons pas de lIrak
où sans emphase ont coulé des fleuves de sang.
Un
peu dhistoire récente
Deux poids trois mesures
Guerre
préventive et devoir dingérence 3 vont en bateau comme deux
larrons en foire ! Frères jumeaux, ils ont grandi ensemble. Lun est
lautre sont à géométrie variable tout comme les indignations
des Grands face aux violations du droit international par les puissances asymétriques.
Des transgressions très variables quant à lopprobre dont elles
sont lobjet et aux mesures de rétorsion qui les frappent
Ainsi
quand la Turquie fait déferler sur Chypre la première vague de lOpération
Attila à laube du 20 juillet 1974 une offensive barbare qui
ravage le Nord du pays, cause 4000 morts chez les civils grecs et aboutit à
lannexion de 38% de lîle - la Démocratie américaine
ne juge pas utile denvoyer un ultimatum à Ankara pour le sommer dévacuer
les territoires conquis par la force. La Turquie, il est vrai, est le pilier oriental
de lOrganisation du Traité de lAtlantique Nord, sur les marches
sud du monde soviétique
Ce que nétait pas le cas de
lIrak baasiste le 2 août 1990 lorsquelle envahit Koweït-City
4 au nom de la continuité territoriale, car Bagdad nétait
alors que lalliée dune Union soviétique moribonde.
Lorsque
le 14 février 2003 M. Villepin intervient devant le CS refusant de suivre
lAmérique dans son aventure irakienne, il sait de source sûre
que le Secrétaire dÉtat Colin Powell ment outrageusement à
propos des armes de destruction massive supposées détenues par Bagdad
5. Depuis cinq ans les inspections des NU ont effectué le tour de la question,
à telle enseigne que le nucléaire lIrak est passé en
contrôle continu, quant aux armes biologiques et chimiques il nen
existe plus trace. Cest par voie de conséquence, au nom du droit
international que Villepin refuse de voir la France se prêter à un
jeu particulièrement délétère : le droit international
établit des règles, certes plus ou moins arbitraires, plus ou moins
rationnelles, mais dont limmense mérite est dêtre acceptables
et acceptées de tous.
Il
nen reste pas moins que cest aussi au nom de la légalité
internationale que les É-U - par le truchement dHans Blix, inspecteur
en chef des NU pour le désarmement de lIrak - exigent la destruction
des missiles à très courte portée Al-Samoud 2 encore en possession
de Bagdad (car leur rayon daction aurait été de 180 Km au
lieu des 150 autorisés par la Résolution 1441). LIrak, qui
avait déjà détruit lensemble de ses armements stratégiques
après la défaite 1991, tétanisé par la trouille que
lui inspire Washington doit à ce moment précis entretenir encore
des illusions quant aux intention de logre qui lui fait face
le Tikriti
Saddam Hussein navait sans doute pas lu Le loup et lagneau de Jean
de La Fontaine ! Bagdad sexécute donc sagement devant la gens journalistique
tout ébaubie, détruit ses derniers pétards et très
exactement une semaine après, loffensive coalisée est lancée.
Mieux vaut vaincre sans péril un ennemi désarmé - avec la
caution des NU - que de risquer la vie dun seul GIs, nest-ce
pas ? Toute la gloire revenant de fait aux brillants manuvriers du Conseil
de Sécurité. Du côté libyen, après avoir été
pendant des années soumis à lembargo et traité en paria,
Kadhafi a opéré de la même manière un spectaculaire
rapprochement avec le Nord, renonçant également en déc. 2003
à tout programme darmes nucléaires en échange de garanties
de non-agression données par Washington. Bien lui en a pris !
Chypre
et lIrak constituent à lévidence deux cas décole
et deux pierres de touche permettant de mesurer pleinement le potentiel de nuisance
des Nations Unies. Nous avons là une organisation dont le pouvoir se trouve
entre les mains du Secrétaire général - un homme généralement
lobligé de Washington, en dautres termes tenu - et de celles
des membres permanents du Conseil de Sécurité (lAssemblée
générale nayant guère quune fonction subsidiaire).
Comme toute assemblée démocratique, le CS est, disions-nous, larène
de tous les marchandages, les votes sy négociant à coup de
promesses, de marchés, daides, dabandons de dette, de passe-droit,
de pressions et de menaces diverses
en un mot, ce que lon nomme généralement
tractations recouvre en réalité une pratique extensive de la corruption
dÉtat à État.
Dans
ce type de commerce, les fidélités, le respect des principes et
lintérêt public, la paix et la guerre se négocient et
séchangent au cours du jour et selon les arrivages. Car pour quil
y ait négociation encore faut-il que la chose ne se passât point
entre le lion et le lièvre. Or de nos jours la dénaturation de la
négociation et sa transformation en rapports léonins, du fort au
faible, se sont accentuées avec lapparition en 1989 dun monde
unipolaire. Dans un univers dominé par la super puissance militaire et
financière nord-américaine, le décalage, le différentiel,
la dissymétrie de puissance et de bargaining power entre les États,
notamment avec ceux du Tiers-monde, ont favorisé les liens de clientélisme
voire de quasi proxénétisme entre le tuteur thalassocratique (seigneur
et maître des mers et des grands espaces océaniques) et ses tributaires
LHexagonie sarkozienne est à ce titre archétypique de ces
relations de subordination et de soumission
Ainsi malgré les roulements
de tambour médiatiques et un primesautier seigneur de guerre monté
sur ressort, lOpération franco-britannique Harmattan en Libye a démarré
sous commandement américain et rien dautre 6.
Ajoutons,
toujours à propos de lobscur commerce inhérent aux arènes
internationales, que ce qui, sous les dictatures et dans les monarchies, se restreint
au cercle étroit de lélite dirigeante, prend dans nos parlements
- et le Conseil de Sécurité néchappe pas à cette
règle - des allures de foire dempoigne, de grand bazar où
sentrelacent, senchevêtrent intérêts privés
et intérêts étatiques
Bien malin qui, par exemple, pourra
démêler dans la politique extérieure des É-U ce qui
relève de lintérêt strict de la Nation américaine
- fût-ce dans lexpression dune politique dexpansion -
de ce qui concerne a priori les intérêts des Sept Surs, de
Manhattan et de Chicago (première place boursière planétaire
pour les matières premières), des géants semenciers et de
la chimie, ou encore du complexe militaro-industriel ?
Certes
les intentions des philanthropes et des moralistes qui inventèrent le droit
dingérence humanitaire étaient éminemment louables
après lhorreur indicible des massacres des Chrétiens du Biafra
(1967/70), puis en 1994 devant les carnages génocidaires du Rouanda, et
souhaitèrent doter la Communauté internationale dun outil
juridique lui permettant de mettre fin à ces grandes tueries de masse.
Cest ainsi quen 2005, sur la base des travaux dune commission
indépendante, lAssemblée générale des NU introduisit
dans sa déclaration finale la notion de Devoir incombant en dernier ressort
à la Communauté internationale en vue de protéger les populations
victimes de leurs propres dirigeants. Cétait cependant sans compter
- lenfer étant toujours pavé de bonnes intentions - sur ceux
qui surent aussitôt comment tirer parti des nouvelles dispositions en vue
dengager des guerres de conquêtes inédites. Et ce sera à
partir de ce texte précis que le 17 mars 2011 le Conseil de sécurité
adoptera la Résolution 1973 permettant, au nom de la protection des civils,
de perpétrer en toute légalité et avec le consentement au
moins tacite de la Communauté des Nations, le massacre de populations insuffisamment
convaincues du bien-fondé de la démocratie sauce islamiste que lOccident
entend lui imposer.
Laffaire
vient de loin ! Charbonnier ne sera jamais plus maître en sa demeure
Emporté
par son élan et ses fragiles succès - les précédents
afghan et irakien incitent à la prudence : les victoires sur le terrain
se sont en effet bientôt transformées en bourbiers - M. Sarkozy vient
de tenter de doubler la mise en mettant en branle un subtil engrenage juridique
destiné à isoler (lisolement préalable à lassaut)
toujours davantage la Syrie sur la scène internationale. Na-t-on
pas dit que lagenda euratlantique prévoyait le début dune
intervention armée contre Damas pour la mi-novembre ? Las, la Russie et
la Chine, échaudées par le coup de la Libye, ont mis leur véto
aux velléités douverture dun nouveau front tant attendu
par lÉtat hébreu pressé de voir ensuite raser lIran.
Un revers que les chancelleries occidentalistes vont sefforcer de contourner
au cours des mois qui viennent. Cela donne malgré tout un peu de répit
au pouvoir baasiste et alaouite syrien ainsi quà la communauté
chrétienne dont le sort sera peu enviable si la Confrérie des Frères
musulmans parvient au pouvoir 7.
Inlassable
en dépit de ce contretemps, le président français sen
est allé à la pêche au voix en Arménie (le vote arménien
représenterait quelque 500 000 suffrages) lançant à la Turquie
le coup pied de lâne rouge en la sommant de faire amende honorable
et de reconnaître le génocide arménien dans les meilleurs
délais. Et surtout avant les élections présidentielles. Sinon...
?! M. Sarkozy sest fait le petit facteur de Tel-Aviv en asticotant ces Turcs
qui ont laudace de ne pas sen laisser compter par son voisin et néanmoins
allié israélien, bien décidés quils sont à
forcer le blocus de Gaza
Les souverainetés meurent à lOuest
et réapparaissent à lEst chez les Émergents ! Tirons-en
les leçons
Certes,
la disparition des nations et du nationalisme devait en principe faire disparaître
les causes de guerre. Mais depuis que la Société des nations - née
à Genève en 1919 sous limpulsion du franc-maçon Woodrow
Wilson - sest mêlée de proclamer le droit imprescriptible des
minorités 8, une notion contradictoire avec le principe pourtant inoxydable
dintangibilité des frontières, les guerres se sont multipliées
et les continents se morcellent à présent en une infernale mosaïque.
Et cest désormais au nom des minorités forcément opprimées
que lAmérique lance ses guerres humanitaires
en Irak au profit
et au prétexte des Kurdes et au mépris des sept cent mille Chrétiens
principalement des Assyro Chaldéens catholiques - dont les effectifs
ont fondu comme neige au soleil persécutés quils sont - peu
à peu et à bas bruit ethniquement épurés - par limportation
manu militaride la démocratie communautariste et anti nationale made in
America.
Pour
ne pas conclure
Dans
laffaire libyenne la protection des populations civiles ne trompe plus personne.
Sommet dhypocrisie, elle est le cache-sexe dune ingérence lupine
(cf. léternel La Fontaine) en totale contradiction du principe fondateur
de la Charte des Nations unies : la souveraineté et légalité
en droit de chaque État
Lors du sommet européen des 24 et
25 mars, M. Sarkozy débarquait dans la salle de presse
il est une
heure du matin, interrogé sur les bombardements qui ont commencé
cinq jours auparavant sur Tripoli, il jubile « Cest un moment historique
ce qui se passe en Libye crée de la jurisprudence
cest un tournant
majeur de la politique étrangère de la France, de lEurope
et du monde ».
En
effet, le monde a changé de face et le droit des peuples - et des nations
- semble devenir caduc. La Libye servira, nen doutons pas, dexemple
et davertissement à Damas et à Téhéran
Ce sera également une arme à double tranchant. Ce nouveau droit
dingérence que nous appliquons aujourdhui, et avec tant dallant,
aux régimes réticents à se plier aux ukases du Nouvel Ordre
Mondial, pourra bien quelque jour nous être aussi opposé à
titre préventif si nous ne plions pas dassez bon gré aux normes
que nous imposeront la gouvernance mondiale (le cas échéant relayée
par la Commission non élue de Bruxelles et les forces de police apatrides
de lUE ?)
Et plus dure sera la chute !
Notes
(1)
Les anglo-saxons parlent en réalité de « guerre préemptive
» : to preempt signifie devancer tandis que le terme to prevent signifie
prévenir. La « guerre préemptive » impliquerait alors
une menace tangible, constatable étant de ce fait assimilable au regard
du droit international comme un recours légal comme un acte de «
légitime défense ». Selon certaines conditions cependant car
la Charte des Nations Unies prévoit en son Article 51 qu« Aucune
disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de
légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où
un membre des Nations unies est lobjet dune agression armée
jusquà ce que le Conseil de Sécurité ait pris les mesures
nécessaires pour maintenir la Paix et la Sécurité Internationale.
». Cest donc uniquement, et de façon restrictive, dans le cas
dune agression armée attendue quune guerre préemptive
serait légale. Balayant cet obstacle, les théoriciens de la guerre
préemptive ont eu recours à largument de la défense
de la « souveraineté nationale » (!), un argument et une méthode
déjà utilisés par Tel-Aviv en juin 1967 lorsquIsraël
avait pris linitiative de loffensive sous prétexte dattaque
imminente.
(2)
Jean Paul II invoquera cet argument à propos de la guerre de Bosnie (1992)
où il sagissait selon le Vatican de « défendre un peuple
qui succombe sous les coups dun injuste agresseur ». A contrario,
Karol Woityla, lors la 1re Guerre du Golfe en 1991, alla jusquà parler
de « limpossibilité de la Guerre juste » pour fustiger
lOpération Tempête du désert. Commentant ce message,
Mgr Renato Martino, président du conseil pontifical Justice et paix, avait
alors affirmé que « la guerre préventive est une guerre dagression
et ne rentre pas dans la définition de guerre juste ». En 1999, lors
de la guerre du Kossovo le Vatican - victime consentante de la casuistique contemporaine
- considéra que si lautorité légitime était
incapable de prendre la bonne décision - en loccurrence le CS où
Russie et Chine avaient opposé leur véto à lintervention
- une autre autorité était invitée à se substituer
à lautorité légitime défaillante
un substitut
qui nétait autre que lOtan !
(3)
En réaction aux grands massacres du Biafra, des médecins de la Croix-Rouge
créent en 1971 lOng Médecins sans frontières. En 1977,
un protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949 relatif à
la protection des victimes dans le cadre de conflits armés internationaux
décide que les secours ayant un caractère humanitaire impartial
ne doivent pas être regardés comme un acte dingérence
ou dhostilité (article 70, paragraphes 1 et 2)
mais en ne définissant
cependant aucun droit spécifique dintervention. Cest en 1987
que la notion de devoir dingérence est lancée par le Dr. Bernard
Kouchner ultérieurement grand promoteur de guerres aussi justes
que meurtrières - et le juriste Mario Bettati. La Résolutions 43/131
de lAssemblée générale des NU du 8 décembre
1988 va entériner lidée sous couvert d« assistance
humanitaire aux victimes des catastrophes naturelles et situations durgence
du même ordre ».
(4)
Le Koweït nest en fait quune entité artificielle, plus
ou moins née en 1922 du bon plaisir géopolitiquement intéressé
de lEmpire britannique. Celui-ci en avait fait auparavant un protectorat
en 1899, lequel servira à partir de 1914 de base de harcèlement
sur les arrières de lEmpire ottoman.
(5)
Le 8 septembre 2005 sur la chaîne ABC, Colin Powell reconnaîtra en
guise damende honorable que sa présentation au CS 14 fév.
2003 dune fiole dAnthrax censée condenser lagressivité
destructrice de lIrak baasiste (en réalité du sucre en poudre)
une tache indélébile : « Bien sûr. Cest une tache.
Jétais celui qui la présenté au monde entier,
et [cela] fera toujours partie de mon dossier. Cela été pénible.
Et cest toujours pénible
un coup terrible » ajoutant
navoir jamais établi de lien entre lIrak et les attentats du
11 septembre ». Reste que la « tache » dont M. Powell parle
doit être certainement une tache de sang, celui du million de morts engendré
par la folie criminelle des dirigeants américains.
(6)
Le 19 mars 2011, deux jours après le début des bombardements franco-anglais
lors dun point de presse au Pentagone, le vice-amiral William E. Gortney
a précisé que lopération Aube de lodyssée
était sous le commandement du gén. Carter Ham, patron de lAfricom
basé en Allemagne à Stuttgart, lamiral américain J.
Locklear III commandant la force navale déployée aux larges des
côtes libyennes. Bon princes les gens de Washington laissèrent parader
à Tripoli et à Benghazi les duettistes Tif et Tondu bien mis à
mal dans les sondages de temps de crise.
(7)
Durement matée par Hafez el-Assad, une révolte antérieure
Frères musulmans fit, dit-on 20 000 victimes à Hama en février
1882, ce qui peut donner une idée de lactuel esprit de revanche des
islamistes.
(8)
Le Traité de Trianon du 4 juin 1920 - annexe du traité de Versailles
- dépèce la Hongrie au profit de ses minorités. Le texte
sappuie sur le neuvième des 14 points du président Woodrow
Wilson, à savoir le droit des peuples à disposer deux-mêmes,
qui ne sera évidemment pas appliqué aux Magyars et aux Allemands
de lancienne Autriche-Hongrie mais seulement aux autres !