Economie et pouvoir financier

Le monde n’a plus un rond et l’empereur est à poil


Nous connaissons pour la plupart le très vieux conte de fées d’Andersen, où deux tisserands promettent à l’empereur le plus beau costume imaginable, sauf qu’il est fait d’étoffe invisible pour ceux qui occupent une position où ils sont inaptes ou « précisément les stupides indécrottables. »


Michael Snyder
Lundi 17 Mai 2010

Le monde n’a plus un rond et l’empereur est à poil


La Pravda, Michael Snyder, 14 mai 2010


       Eh bien, dans ce conte de fées, il s'avère que personne ne veuille admettre son incompétence ou sa stupidité. C’est pourquoi, quand l'empereur se pavane devant ses sujets dans son nouveau costume imaginaire, il faut que ce soit un enfant qui se mette à crier : « Mais il ne porte rien du tout ! » Eh bien, nombre d'entre nous avons déclaré que l’économie mondiale « n'a plus de vêtements » depuis quelque temps maintenant, mais quand le présentateur principal de NBC News le déclare à la télévision nationale, il obtient un peu plus d'attention. Dans sa dernière apparition dans l’Émission Tardive avec David Letterman, Brian Williams de NBC a été interrogé sur la situation financière mondiale. Sa réponse contenait une déclaration épouvantable : « Le monde n'a plus un penny, et l'empereur est à poil. »


      On voyait facilement pendant l’interview que Williams était sincèrement commotionné par le drame du marché boursier de jeudi dernier. Mais qui peut le lui reprocher ? Après tout, la plupart de ceux qui suivent les marchés ont été totalement éberlués quand ce dernier a plongé de près de 1000 points en juste moins d'une heure.


      Normalement, les réseaux de nouvelles câblés sont beaucoup plus surveillés et bien plus prudents à propos de ce qui est révélé au public. Mais, à l’émission de Letterman, Williams nous a donné un aperçu de ce qu'il pense vraiment de la situation économique mondiale...


      « Si je n'étais pas un tantinet trop proche de cela, je quitterais probablement la maison. Mais c'est assez affreux comme ça. »


      
Comme ça, pourquoi le marché boursier zunien a plongé aussi rapidement jeudi dernier ?


      Eh bien, beaucoup en ont rendu responsable un incident de « transaction erronée » ou un « pépin informatique. » D'autres prétendent que la tension due à l’endettement grec a provoqué une brève panique. Il y en a encore d'autres qui voient une chose plus insidieuse en cours, un truc du style Goldman Sachs cherchant à faire disparaître son nom des gros titres des journaux financiers, ou la Réserve fédérale envoyant un message disant que le projet de loi S. 604 (sur l'audit de la Réserve fédérale) ne devrait pas être adopté.


      La vérité, c’est que nous ne saurons sans doute jamais ce qui a fait traverser le plancher au marché cette après-midi-là.


      Sauf que ça a ouvert la voie à d'autres opérations de renflouage.


      Au cours du week-end, les décideurs politiques européens ont dévoilé un programme de prêt sans précédent, presque un billion (mille milliards) de dollars et un programme d'achats d'obligations visant à mettre un terme à la crise de la dette souveraine qui menaçait de briser la confiance en l’euro


      La Réserve fédérale est aussi passé à l’acte. Au cours du week-end, la Fed a promis d'inonder le système financier international de dollars zuniens. Les marchés ont vu ça comme le signe d’une « résolution » destiné à entretenir le doute au sujet de l'économie européenne se transformant en crise de confiance mondiale.


      Aussi, les investisseurs ont réagi lundi avec exubérance à ces plans de sauvetage. L’indice Dow Jones a gagné ce jour-là 405 points, le plus grand gain moyen en un jour depuis le 23 mars 2009.


      Mais avoir plus de renflouages, plus de dette et une inondation de papier-monnaie, ça se fête ?


      Non.


      La vérité, c’est que la dette et le papier-monnaie dont la valeur baisse continuellement sont quelques-unes des principales causes de la pagaille financière dans laquelle le monde est désormais plongé.


      En réalité, le député zunien Ron Paul avertit que le plan annoncé d’un sauvetage européen ne fera qu’amener encore plus de problèmes financiers dans le futur...


    




  Et Ron Paul a raison. Toutes ces opérations de renflouage et toute cette dette feront en fin de compte s’effondrer toutes les monnaies fiduciaires importantes (dont le dollar zunien).


      Chose poilante au sujet de ces plans de renflouage, ils ne semblent jamais profiter au simple quidam. Il suffit d’examiner l'économie zunienne. On nous raconte que Wall Street s’est redressé et que les choses reviennent à la normale, et plus que jamais encore le Zunien se retrouve dépendant de l’administration pour survivre.


      Le ministère de l'Agriculture a annoncé dernièrement que 39,68 millions de Zuniens, soit un sur huit, étaient inscrits au programme des bons alimentaires en février, une rallonge de 260.000 par rapport au mois précédent.


      Presque 40 millions de Zuniens, aux bons alimentaires ?


      Comment est-ce arrivé au monde ?


      Il était une fois, des anciens qui nous racontaient qu'un jour les choses iraient tellement mal que nous devrions tous faire la queue à la boulangerie.


      Eh bien, aujourd'hui les bons alimentaires sont les nouvelles queux devant la boulangerie.


      Si vous devez compter sur le gouvernement même pour le pain que vous mangez, dans quel genre de situation passez-vous votre temps ?


      La vérité, c’est qu’autrefois la grande classe moyenne zunienne a permis au système de continuer à lentement la broyer dans l'oubli.


      Comme jamais auparavant dans notre vie, la richesse est concentrée entre les mains d’« un pour cent de veinards, » pendant que le reste devient rapidement marginalisé.


      Ne vous êtes-vous jamais arrêté pour vous demander pourquoi presque tout le monde semble soit fauché, soit endetté jusqu’au cou ?


      C’est ainsi même pour les principaux gouvernements du monde. Le gouvernement zunien (le « plus riche » pays du globe) a amassé la plus grande montagne de dette de l'histoire du monde.


      Vous savez, Brian Williams a été vraiment d’une précision à en donner la chair de poule quand il a déclaré que « le monde n'a plus un radis. »


      Mais, si le monde n’a plus de sous, qui donc en a ?


      Les banquiers internationaux.


      Mais, sschhhhhut, ne dites rien à personne.


      Il suffit de continuer tranquillement à applaudir pendant que l'empereur se promène à poil dans la rue.



Original : english.pravda.ru/business/finance/14-05-2010/113375-emperor_clothes-0
Traduction copyleft de Pétrus Lombard



Note du traducteur : Ce que dit cet article sans en avoir l’air, c’est tout simplement qu’il n’y a plus d’argent pour alimenter les prêts aux États qui s’endettent. Les fameux investisseurs n’ont aujourd’hui plus assez d’argent pour faire face à la demande des États.


      Comment en est-on arrivé là ? C’est très simple. La géniale économie trickle-down a servi à détourner les revenus des États occidentaux dans le gouffre des guerres zuniennes et la poche de l’industrie de guerre et des gangsters de la finance qui mènent le bal.


      Plus précisément : Trente ans d’un cirque consistant à délocaliser le travail, à supprimer les barrières douanières entre États non équivalents par leurs coûts de productions, à donner moins de revenus à ceux qui produisent par leur travail, et donc moins de revenu d’États fournis par la TVA des dépenses ordinaires, à donner d’énormes revenus à des non-productifs (ministres, députés, sénateurs, hauts fonctionnaires, alors que leur « travail » pourrait être fait bénévolement par des retraités) et le gros de l’argent à des gens qui, n’en ayant pas besoin, le placent dans l’économie de pacotille de Wall Street et de la City, où il a alimenté une économie à tout casser fictive qui a produit des taxes bien réelles permettant d’alimenter les guerres d’agression.


      Voilà où a disparu le vrai argent du travail. Et ce n’est pas juste une vue de l’esprit sur un truc ayant plusieurs faces. C’est la réalité intégrale et incontournable : Des États ont aujourd’hui besoin d’emprunter et personne ne peut plus prêter à hauteur des besoins. Il faudra désormais prendre l’argent qui reste là où il est : chez les riches profiteurs.


      On nous parle de reprise en Zunie, mais c’est encore une falsification de la réalité. Cartepilar, un cas très significatif puisqu’il fournit la majorité du matériel des travaux de chantiers, et reflète donc parfaitement l’activité économique, annonce 21% de baisse d’activité en Zunie, en particulier. La presse, qui est complice de la dissimulation de la débâcle, a aussi raconté que General Motor avait remboursé sa dette à l’État zunien. En fait, General Motor a utilisé un autre prêt de l’État dont personne ne parle pour rembourser le prêt dont la presse parle.


      Partout en Occident, les autorités pratiquent la Méthode Coué. Elles veulent se persuadent que la crise est finie alors qu’elle s’accentue et, du fait qu’elle est à présent insurmontable, qu’elle annonce la fin prochaine de l’establishment occidental criminel.













7 septembre 2010


comprendre la crise


Des dettes et des ânes
(Insurgente)






Une histoire aussi vraie que la vie elle-même...

Un jour, on demanda à un éminent expert en Finances d’expliquer cette crise économique d’une façon simple pour que Monsieur Tout-le-Monde puisse en comprendre les causes.

Voici son explication.

Un individu se présenta un beau jour dans un village où il n’avait jamais mis les pieds auparavant et il offrit, à tous ses habitants, 100 € pour chaque âne que ceux-ci voudraient bien lui vendre.

 




Une bonne partie des habitants lui vendirent aussitôt leurs ânes.

Il revint le lendemain dans ce même village et offrit un prix encore plus élevé, soit 150 €, pour chaque âne, et une fois encore une grande partie des habitants lui vendirent leur âne.

Les jours suivants, il offrit 300 € et les habitants qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

Constatant qu’il ne restait plus un seul âne dans le village, il offrit 500 € par tête en faisant savoir qu’il passerait les acheter dans huit jours et il quitta le village.

Mais le lendemain, il envoya sur place son associé avec les ânes qu’il avait achetés dans ce même village et avec ordre de les proposer à 400 € l’unité.

Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois achetèrent ses ânes à 400 € par tête et celui qui n’avait pas assez d’argent en emprunta. Au bout du compte, les habitants du village achetèrent tous les ânes du canton.

Comme il fallait s’y attendre, cet associé disparut tout comme avait disparu son collègue et plus jamais on ne les revit.

Résultat : le village se retrouva plein d’ânes et endetté jusqu’au cou.

Telle est l’histoire que raconta cet expert en Finances.

Observons la suite des évènements.

Ceux qui avaient emprunté de l’argent ne pouvant plus revendre leurs ânes furent dans l’incapacité de rembourser leur emprunt. Et ceux qui avaient prêté l’argent vinrent se plaindre auprès de la Municipalité en expliquant que s’ils ne rentraient pas dans leurs fonds, ils seraient ruinés et que, comme ils ne pourraient plus continuer à prêter de l’argent, c’est tout le village qui connaîtrait la ruine.

Pour que les prêteurs ne se retrouvent pas en banqueroute, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour payer leurs dettes, le donna aux prêteurs. Mais ces derniers, même après avoir retrouvé une grande partie de leurs fonds, ne firent pas un trait sur les dettes des habitants du village lequel continua à être tout aussi endetté qu’avant. Le Maire dilapida le budget de la commune laquelle se retrouva également endettée. Alors il se tourna vers les autres communes et leur demanda de l’argent, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient pas l’aider parce que puisqu’elle était ruinée, elles n’étaient pas sûres de pouvoir récupérer les sommes qu’elles lui prêteraient.

Résultat :

- Les petits malins du début de l’histoire sont pleins aux as.

- Les prêteurs ont vu leurs gains assurés et, désormais, un tas de gens leur verseront les remboursements d’emprunts avec les intérêts et ces prêteurs auront, en outre, un titre de propriété sur des ânes désormais dévalués avec lesquels jamais les habitants du village ne parviendront à éponger la totalité de leurs dettes.

- Beaucoup de gens sont ruinés et ont définitivement perdu leur âne.

- La Mairie est également ruinée.

Résultat, mais est-ce le dernier ?

Pour résoudre tout ça et sauver le village, la Mairie baissa le salaire de ses fonctionnaires.

(pas de nom d’auteur)

Texte espagnol :
http://www.insurgente.org/index.php...

traduction M. Colinas