Non
à la renaissance des tirailleurs en Afrique, non au retour des régisseurs nègres
"Oui, Missié" en Côte d'Ivoire

Par
Bwemba - Bong Membre du CERCLE SAMORY (CESAM) (France)
Cercle
de Réflexion sur la Culture Africaine pour la Renaissance du Peuple Noir
Aussitôt
qu'en Côte d'Ivoire, la pieuvre Françafrique a été prise la main dans le sac dans
une de ses activités favorites, la fraude électorale en Afrique Noire, pour imposer
au pouvoir une de ses potiches, Alassane Ouattara, Paris a rameuté ses troupes
de frappe, ponctuellement saisies d'une épidémie d'Amour pour le sort des Africains.
Tantôt en docteurs en doctorats, dégoulinant de passion pour la Démocratie en
Afrique Noire, bien que jusque-là idéologiquement atones sur la dictature françafricaine
qui terrorise l'Afrique Noire depuis cinquante ans. Tantôt en journalistes français
dont certains, émargeant dans des journaux qui ne dédaignent pas d'encaisser des
chèques de dictateurs africains, ceux du dictateur camerounais Paul Biya, par
exemple, qui n'hésite pas à tirer sur des enfants de quatre ans, afin de terroriser
les populations camerounaises, sont subitement saisis d'une poussée de fièvre
pour la Démocratie chez les Nègres, parias historiques de la France, sans qu'auparavant,
on les ait jamais entendu balbutier la moindre remarque désobligeante sur les
régimes liberticides françafricains. Autre congrégation mise en vitrine par la
Télévision Française notamment, les agrégés en agrégations d'Histoire, spécialistes
de l'Histoire de l'Afrique, qui ignorent que pendant seize ans, de 1955 à 1971,
par débit tendu et meurtrier, la France massacra des centaines de milliers de
Camerounais, afin d'empêcher ce territoire africain d'accéder à son indépendance :
but largement atteint aujourd'hui, puisque, sur ces massacres, François Fillon,
premier ministre Français, délivra en 2009 au Cameroun, sa Grande Vérité toute
française : « je
dénie absolument que les forces françaises aient participé, en quoi que ce soit,
à des massacres au Cameroun. Tout cela, c'est de la pure invention » ,
vociféra-t-il, en bon révisionniste autorisé et triomphant (voir l'Atlas
Histoire du Monde Diplomatique, Hors série, HISTOIRE, critique
du XXème siècle). En
fait, avortées par la dynamique des magouilles négrophobes et négrières de l'idéologie
centrale de la nébuleuse politique française, les indépendances africaines des
années 1960, ont toujours permis aux grands donneurs de leçon de « Démocratie »
d'aujourd'hui, les copains et les coquins des dictateurs africains, de s'abreuver
financièrement à la misère de l'Afrique Noire, en prenant leur part de butin dans
la cagnotte de la corruption des dictateurs locaux dont ils ne cessent de taire
les crimes depuis cinquante ans, au détriment du développement de l'Afrique Noire. Aussi,
c'est sans aucun doute par crainte d'être coupés de cet enrichissement sans cause
minutieusement prélevé sur la richesse du Peuple Africain, dans l'ombre opaque
et interlope du cynisme et de la négrophobie (pour illustration de cette collusion
entre les dictateurs d'Afrique Noire et la classe politique française, voir l'exemple
du feu dictateur gabonais, Omar Bongo, cité par Le Canard enchaîné du mercredi
5 janvier 2011, page 4), qu'en chorus, la classe politique française, tous partis
confondus, pousse aujourd'hui des cris d'orfraies pour condamner une mythique
dictature de Laurent Gbagbo dont ils pressentent qu'à coup sûr, il assèchera leur
mangeoire de la Françafrique, ce dépotoir... dont l'identité est la sauvegarde
des intérêts bien compris de la France négrière et éternelle. Car, il faut
le dire tout net, l'imaginaire de la France sur le Peuple Noir, ne restitue qu'un
espace négatif. Aussi, une certaine presse française peut-elle alors ironiser
sur l'immigration dite clandestine des Africains en France : « L'Afrique
pauvre frappe à la porte de l'Europe »,
comme affichent, à l'occasion, des manchettes de journaux. Or,
retournement historique de situation, dans son histoire encore récente, l'Afrique
Noire n'a pas seulement participé au redressement de l'économie française d'après-guerre.
Elle a également participé au redressement général de la France, dans le cadre
d'une reprise qui a commencé dans les temps modernes par la destruction des Africains
et de leur cellule familiale, du fait de leur participation massive et forcée
à la libération de la France, à l'occasion des deux derniers conflits inter occidentaux
dits guerres mondiales. A la suite de ceux-ci, en effet, l'Afrique Noire a subi
en contrecoup, la misère physiologique, la maladie, l'accroissement de la mortalité
et de la dépopulation. En raison principalement de ses pertes en vies humaines
sur les champs de bataille. Enfin, à cause des obligations auxquelles les Africains
avaient été soumis par la pratique des razzias, dites effort de guerre et de la
mobilisation généralement forcée des populations paysannes et ouvrières, les guerres
européennes ont conduit non seulement à l'éclatement de la cellule familiale africaine,
mais elles ont également empêché des unions matrimoniales nécessaires à la reproduction
démographique. Sur le plan de l'immigration économique, il convient de préciser
que la présence officielle des travailleurs africains en France a toujours été
liée aux besoins de main d'oeuvre de la France. Cette immigration a permis aux
sociétés françaises, non seulement de bénéficier d'une main-d'oeuvre abondante,
presque gratuite, mais, surtout, de ne souffrir aucune concurrence, tant les aménagements
dont elles bénéficiaient dans les colonies, leur étaient favorables. Par
ailleurs, le fait de l'accaparement de vastes parties des terres africaines par
les sociétés françaises et la limitation à la portion congrue de l'espace cultivable
attribué aux paysans africains par le système colonial, ont crée un déséquilibre
entre la quantité de main-d''uvre disponible et le niveau des salaires payés.
Car, ceux-ci étaient très bas dans le but de maintenir et d'entretenir un vaste
réservoir de travailleurs dans un environnement où la permanence de l'offre de
cette main-d'uvre confortait les sociétés françaises. Cela correspondait
à une politique des bas salaires dans un système où l'impôt obligatoire ne laissait
d'autre issue aux Africains que d'aller, parfois, vendre leur force de travail
en France. Enfin,
le système de recrutement en Afrique à bas salaires exploitait une main-d'uvre
qui, du fait de son manque de qualification, rendait plus remplaçable chacun de
ses éléments, et favorisait l'immigration en France. Ce
qui retient cependant particulièrement l'attention dans cette immigration d'Africains
en France, c'est qu'à l'époque coloniale directe, elle était essentiellement composée
de soldats démobilisés en France, après leur participation aux conflits franco-allemands(guerres
dites mondiales), alors même que, nombre d'entre eux, étaient citoyens français.
C'est le cas notamment des ressortissants du Sénégal, qui relevaient du Code Civil
promulgué le 5 novembre 1830, et qui disposait qu'il suffisait à ces Africains
de naître libres, pour jouir, dans les colonies, des droits accordés par le Code
Civil aux citoyens français ; à ce texte, s'ajoutait une instruction du 27avril
1848, qui leur reconnaissait le droit de suffrage dans la colonie, cependant que
la loi du 29septembre 1916, stipulait que les natifs des communes de plein exercice
de Saint-Louis, Dakar, Gorée et Rufisque et leurs descendants, étaient et demeuraient
citoyens français. [1] Les
conséquences de ces exodes forcés, sont aujourd'hui encore, la persistance, dans
beaucoup de régions d'Afrique Noire, de l'appauvrissement de la terre, qui oblige
les paysans de ces régions à émigrer dans les centres urbains, avant de prendre
le chemin de l'exil vers la France en particulier, exil qualifié aujourd'hui « d'immigration
clandestine ». Sur le plan des mouvements financiers entre l'Afrique
Noire et la France, le journal français Le Monde dans une étude de novembre 1958,
intitulée
L'ensemble économique franco-africain, relevait
que : « Le premier et plus certain des avantages économiques que
la métropole retire de l'Outre-Mer est une économie appréciable en devises fortes.
Une bonne partie des 540 milliards de marchandises que nous avons achetées l'an
passé dans la zone franc auraient en effet été payables en dollars ou en livres
sterling si nous avions dû nous les procurer ailleurs : cacao, oléagineux,
tabac, cuivre, fibres, textiles, bois, phosphates, nickel, plomb, zinc, manganèse...
au total quelques 300 ou 400 millions de dollars qu'il nous aurait été particulièrement
difficile de débourser ces dernières années, où le déficit extérieur constituait
le talon d'Achille de notre économie. Fournisseur, l'Outre-Mer est aussi client.
Il a acheté en 1957, pour 655 milliards de produits métropolitains, essentiellement
des articles métalliques (76 milliards), des automobiles et des tracteurs (65
milliards), des machines (71 milliards), des tissus (50 milliards), des produits
chimiques (62 milliards) et du pétrole (32 milliards). Aux industries qui livrent
ces produits, la zone franc assure un volant de sécurité qui les dispense de chercher
ailleurs des débouchés plus difficiles à conquérir. En sens inverse, il est vrai,
les pays d'Outre-mer vendent à la métropole certains de leurs produits à des cours
plus élevés que les cours mondiaux, grâce à des primes diverses et à la protection
douanière dont ils bénéficient par rapport aux articles étrangers concurrents.
Les consommateurs métropolitains ont de ce fait payé en 1953, 50 milliards de
trop. Au total, le solde s'élève cette même année à une vingtaine de milliards
au profit de la métropole et au détriment des pays d'Outre-Mer. Les variations
des cours s'étant à peu près compensées depuis cinq ans, l'avantage pour la métropole
doit toujours être du même ordre (soit un surplus net d'environ 3 % en moyenne). Dans
son numéro du 9 au 15 octobre 1958, le même journal avait déjà noté que :
« Si la métropole consacre des milliards à faire fonctionner
la zone franc, elle y économise en revanche un nombre de dollars largement supérieur
à celui qu'elle verse pour solder les pays d'Outre-Mer, des clients qu'elle trouverait
difficilement ailleurs, ainsi qu'une priorité pour l'exploitation des richesses
minières africaines. Le jeu en vaut la chandelle, du moins dans son principe ».
La
participation de l'Afrique Noire aux deux conflits occidentaux dits guerres mondiales.
La
Force Noire du Colonel Mangin.Constituée
par le Colonel Mangin pour répondre à deux préoccupations majeures posées à la
France par la première guerre de l'Occident, dite mondiale, les troupes militaires
africaines dites « France Noire », eurent à pallier aux faiblesses
de la société française de ces années de guerre. Il s'agissait : I)- de combler
la faiblesse de la natalité française, ajoutée à la réduction à deux années du
service militaire français dont le déficit des effectifs allait en s'aggravant ;
II)- de l'opposition de la population européenne pied-noir d'Algérie au projet
d'établissement par la France de la circonscription des populations arabes d'Algérie
que les populations d'origine européenne craignaient de voir se retourner tôt
ou tard contre elles, au cas où les Arabes auraient été initiés au maniement des
armes. Ces
données débouchèrent en contrepartie sur des razzias massives en Afrique Noire,
situation qui aboutit à des famines épouvantables, comme en témoigne par exemple
le Commandant du Cercle de Bandiagara qui mentionne dans son rapport annuel que :
« deux années de demi-sécheresse complète devaient infailliblement
provoquer une famine terrible. (...) La récolte de 1913 ayant été complètement
nulle, les réserves furent épuisées en quelques semaines. (...) En résumé, la
famine de 1913-1914 aura diminué la population du cercle d'environ un tiers. Quant
au cheptel, tout fait prévoir qu'il aura été réduit de moitié » [2] A
la suite d'une enquête qu'il initia en 1910, le Colonel Mangin conclut qu'il était
possible pour la France de lever en Afrique Occidentale Française (A.O.F.), 40
000 combattants par an, pendant une période de cinq ans. En conséquence,
le Colonel Mangin et le ministre des colonies Messimy, proposèrent un an plus
tard, la mise sur pied de troupes coloniales formées : d'une part d'une armée
arabe formée d'algériens devant renforcer les troupes métropolitaines, et d'autre
part, la formation d'une armée noire devant défendre l'empire colonial et lutter
aux côtés des troupes métropolitaines et des troupes arabes. Cette proposition
du Colonel Mangin fut officialisée deux années après par un décret. C'est ainsi
que, au moment de la déclaration de la première guerre dite mondiale, 14 142 tirailleurs
africains étaient en service en A.O.F., et 15 600 à l'extérieur, en particulier
au Maroc. En outre, six bataillons de « tirailleurs sénégalais »
dont deux en provenance d'A.O.F., deux du Maroc, et deux d'Algérie, furent immédiatement
dirigés sur le front. Les
hécatombes de la guerre de 1914 parmi les combattants africains accélérèrent les
razzias de combattants en Afrique. Pour ce faire, un décret du 9 octobre 1915,
fixa que tous les indigènes de plus de dix-huit ans seraient mobilisés pour servir
dans les formations de tirailleurs, à l'extérieur de l'A.O.F., pendant la durée
de la guerre, avec comme prime d'incorporation, deux cents francs. Le conseil
des ministres français du 8 janvier 1818, élargit pour sa part ce « recrutement »
de tirailleurs africains de dix-huit à trente-cinq ans, et l'étendit à l'Afrique
Equatoriale Française (A.E.F.). A cet effet, sept Décrets additionnels prévirent
l'exemption d'impôt, le versement d'allocations aux familles, l'octroi de la citoyenneté
française sous certaines conditions, des emplois réservés pour les anciens tirailleurs. Le
8 janvier 1918, Blaise Diagne, député des quatre communes du Sénégal (Dakar, Rufisque,
Gore, Saint-Louis), fut nommé à la tête de la mission de recrutement, affublé
du titre pompeux de « Commissaire de République de l'Ouest Africain »,
nomination qui entraina la démission du gouverneur général de l'époque, Van Vollenhoven.
Cette mobilisation pour l'A.O.F. se chiffra à :
1914 :
29 742 tirailleurs,
1915 :
34 655 tirailleurs,
1916 :
51 913 tirailleurs,
1917 :
13 831 tirailleurs,
1918 :
63 208 tirailleurs, soit, au total, 193 349 tirailleurs en cinq ans. Outre
l'envoi de ces tirailleurs africains sur le front européen aux postes les plus
durs et les plus exposés, ils furent utilisés pour aller mater les révoltes à
l'intérieur de l'Afrique notamment en Mauritanie, au Congo, au Dahomey (Bénin
actuel), révoltes consécutives à la famine ou contre le recrutement militaire
forcé.
Dans son ouvrage déjà cité, Jean Suret-Canale donne une description
détaillée des révoltes qui eurent lieu notamment dans la boucle du Niger. En outre,
il convient, pour se limiter dans la région de l'A.O.F., de mentionner entre autres,
des révoltes des Bambaras du Bélédougou au début de 1915, dans des régions voltaïques
de Dédougou, Bobo-Dioulasso, du Gourounsi en octobre- novembre 1915, de San, de
Koutiala, de Bandiagara, de Dori, de Ouagadougou en 1916, ou encore le soulèvement
général des Touaregs, la révolte du pays Holli au Dahomey (actuel Bénin) en janvier
1914, des Somba de l'Akatora en début 1916, des Bariba du Borgou en 1916, des
Sahoué, encore au Dahomey en 1918.
Sur
le front européen, sur 211 259 « recrutés », 163 952 furent
engagés dans les champs de bataille. Officiellement, 24 762 Africains furent
déclarés morts pour la France, chiffre ne tenant compte que des soldats dont le
décès a pu être enregistré, mais auquel il faut ajouter un nombre presque égal
de disparus. Dans la réalité du premier conflit dit de la première guerre mondiale,
pratiquement le quart des Africains « recrutés » périrent
au champ de bataille. Bilan auquel il faut ajouter un grand nombre de blessés
qui devinrent de grands invalides à la seule charge de leur communauté, quant
ils revinrent dans leurs villages.
|
| La
participation des Africains auprès du Général De Gaulle dans la deuxième guerre
dite mondiale.En
Afrique Noire, pendant la deuxième guerre inter-occidentale, dite deuxième guerre
mondiale, les administrateurs français en Afrique Noire, comme leurs compatriotes
en France, étaient partagés en deux camps : d'un côté les pétainistes et
de l'autre, les gaullistes. C'est
dans cette situation que le capitaine de Corvette Thierry d'Argenlieu, d'obédience
gaulliste, arrivé à Dakar, en vedette, proposa le ralliement à De Gaulle, à Boisson,
nommé « haut-commissaire » au Sénégal par le gouvernement
de Vichy et arrivé à Dakar, le 23 juillet 1940, pour y remplacer son compatriote
Cayla, nommé à Madagascar. Mais,
alors qu'elle quittait le fort de Dakar, la vedette de Thierry d'Argenlieu fut
mitraillée. En riposte, les unités navales de la France Libre et la flotte anglaise
qui les accompagnaient dans le périple d'Argenlieu, et qui stationnaient en face
de Dakar, bombardèrent la ville pendant trois jours, les 23, 24 et 25 septembre
1940. Le bombardement fit de nombreux morts, et plusieurs Sénégalais, volontaires
ou non, furent embarqués sur des navires de guerre et évacués sur divers fronts
de France. Ce
qui caractérise particulièrement les deux conflits militaires inter-occidentaux
et, comme plus tard encore, du côté africain, c'est que, par falsification de
l'histoire et grâce à la néocolonisation, la reconnaissance de l'Afrique ne se
manifeste pas officiellement à l'égard des Africains qui sont morts dans la résistance
contre la France, mais bien à l'égard de ceux « morts pour la France ».
Or, ce sont les descendants de ces combattants africains de la Première Ligne
qui sont aujourd'hui l'objet de l'ingratitude de la France. En
effet, aux temps les plus chauds du conflit militaire, le Général De Gaulle initia
une politique de recrutement intense qui fit des Africains les combattants de
la France Libre, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Et, outre cette planification
de la chair à canon noire, le Général De Gaulle accrut la misère en Afrique Noire,
par une politique coloniale systématique de travaux d'infrastructure dont la charge
revenait aux paysans africains obligés de nommer les travailleurs affectés à ces
travaux, et en obligeant les paysans africains à vendre une partie de leur production
agricole pour payer les frais de la guerre de la France contre l'Allemagne. C'est
cette exploitation des paysans africains qui servit au développement des routes
militaires qui servirent par la suite aux échanges marchands, à l'instauration
du travail obligatoire, aux prélèvements forcés sur la production agricole pour
nourrir les paysans arrachés à leurs champs et convertis en travailleurs, enfin,
pour commercialiser les produits africains sur le marché mondial.
L'immigration
des travailleurs africains pour la reconstruction de la France.Dans
son roman Le docker noir, Sembene Ousmane décrit les conditions de vie
et de travail des navigateurs africains à Marseille, dans la période des années
1954. On peut y découvrir qu'après une large ouverture à l'immigration africaine
en France dans les années suivant la guerre dans la période dite de « reconstruction
nationale », qui se prolongea jusqu'à 1949, l'on assista à une période
de restriction de cette immigration de 1950 à 1955, époque de ralentissement économique
dont les conséquences touchèrent de plein fouet les travailleurs africains immigrés
en France. Pendant
cette période, les travailleurs africains furent regroupés dans un quartier de
Marseille surnommé le « village », logés dans des hôtels spécialisés
où ils ne disposèrent que d'une chambre exiguë avec un mobilier rudimentaire en
mauvais état. A cette situation de précarité, s'ajouta celle de travailleurs au
chômage avec des loyers à payer, sans oublier une nourriture misérable essentiellement
composée tantôt d'une écuelle de riz, tantôt d'une écuelle de couscous. En
mars 1964, deux décennies après, c'est la même crise qui frappa l'ensemble des
travailleurs immigrés, avec sa cohorte de chômage. La France procéda alors à des
licenciements massifs de travailleurs africains, en commençant par les derniers
embauchés dans les entreprises. Il s'ensuivit les tracasseries policières et réglementaires
pour l'entrée en France, des Africains notamment. Les Circulaires Marcellin-Fontanet,
bien que partiellement annulées, ne constituèrent pas moins l'âme d'une politique
drastique en matière de main-d''uvre étrangère, africaine notamment, dont la suspension
« provisoire » de l'immigration en juillet 1964, fut une autre
variante. Les Circulaires Giscard Dijoud-Poniatowski qui suivirent par la suite
en date du 30 novembre 1974, ne firent que renforcer les inquiétudes qui se faisaient
déjà jour chez les travailleurs africains huit mois plus tôt. Comme l'écrira le
Comité Information Sahel : « La nouvelle politique correspond
à deux exigences : 1)- Celle des « relations nouvelles, de
droit et de fait, existant désormais entre la France et ces Etats (ceux de l'Afrique
noire). Ainsi apprend-on que : « L'Office national d'immigration
doit prochainement ouvrir sur le territoire africain, dans des conditions qui
seront réglées par voie diplomatique avec les divers pays concernés, une mission
de recrutement ». L'introduction des travailleurs africains sera
donc réglée par des discussions bilatérales d'Etat à Etat. Les travailleurs seront
l'objet de négociations dans le cadre des échanges économiques entre la France
et ses néo-colonies. Ils seront un argument dans les marchandages portant sur
le prix des matières premières, les accords à conclure en matière d'importation
et d'exportation, etc. Ils seront une arme :
tantôt
dans les mains de la France, qui pourra refuser la délivrance de contrats de travail
pour les ressortissants de tel ou tel pays (et par là prendre le risque de provoquer
des troubles sociaux graves contre les régimes qui n'auront pas satisfait ses
exigences politiques ou économiques),
tantôt
dans les mains des Etats africains qui n'accepteraient de livrer une main-d'oeuvre
indispensable que sous certaines conditions (cf. le problème des travailleurs
algériens, immigrés en général). Les statuts différents selon les Etats,
d'ores et déjà fixés, font ressortir les faveurs ou les disgrâces dont sont l'objet
certains régimes auprès du gouvernement français. 2)- Autre exigence, plus
fondamentale : celle de la crise économique que traversent actuellement les
pays occidentaux, et la France en particulier. Le contrôle des flux migratoires
est l'expression élégante qui recouvre la réalité suivante : s'il y a du
travail pour eux, les étrangers pourront venir ou rester. Sinon, qu'ils aillent
grossir les rangs des chômeurs dans leur pays. D'où la procédure d'introduction,
celle de renouvellement, et la désignation de l'autorité compétente pour la délivrance
de la carte de séjour, prévues dans le « régime définitif ».
« Pour entrer en France (...) les travailleurs salariés devront être
en possession d'un contrat de travail, revêtu du visa des services de main-d'oeuvre
compétents pour le lieu de l'emploi. (') L'employeur dépose le dossier d'introduction
auprès de l'agence locale pour l'emploi compétente pour le lieu de travail, le
visa du contrat étant de la compétence de la direction départementale du travail
et de la main-d'oeuvre correspondante. (...) A l'expiration de la validité de leur
premier titre de séjour, les intéressés en sollicitent le renouvellement auprès
du service désigné à cet effet en produisant le document demandé pour la justification
de leur qualité de salarié. (...) Vos services (ceux de la direction départementale
du travail et de la main-d'oeuvre) feront connaître leur avis au service du séjour ».
D'où les critères retenus pour que la direction départementale émette son
avis :
la
réalité de l'emploi,
la
conformité des conditions de travail et de rémunération,
le
cas échéant, selon la nationalité du requérant, l'existence ou non d'une clause
d'assimilation au national et, par là même, la possibilité ou non de prendre en
considération la situation économique et sociale ».
Perspectives
des rapports entre la France et l'Afrique Noire.Les
rapports entre la France puissance négrière européenne et l'Afrique Noire. L'ardeur
que la France mit dans le système des razzias négrières transatlantiques, fit
d'elle, l'une des nations les plus esclavagistes d'Europe [3].
Sous le règne de Louis XIV, près de 3 000 navires négriers ne cessèrent de cingler
vers la côte africaine. Les premiers partirent de Bordeaux en 1672, de Nantes
et Saint-Malo en 1688. Un siècle plus tard, on pouvait dénombrer 3 321 expéditions
organisées par 17 ports français dont 40 % pour le seul port de Nantes. Le
2 octobre 1784, Louis XVI, roi de France, accorda une prime de quarante livres
par tonneau aux armateurs de navires négriers ; et, pour encourager les expéditions
sur la côte d'Afrique, une prime de soixante livres, argent de France, pour chaque
tête d'esclave introduit à la Guadeloupe et à la Martinique. Deux
explorateurs Suédois, Wadstrom et Spaarman, avaient fait en Afrique Noire une
expédition pendant les années 1787-1788. A l'issue de celle-ci, ils firent un
rapport rédigé par Wadstrom. Celui-ci certifiait que les guerres entre « tribus »
africaines, n'avaient d'autre but que de faire des esclaves pour les Européens.
Le rapport mettait en évidence la similitude de ces guerres avec l'arrivée de
bâtiments négriers dans tel ou tel port des côtes africaines. Selon
Wadstrom, les rapines et les pillages étaient surtout menés par lestribus maures
fixées aunord du Sénégal, et agissant pour le compte des Français qui versaient
une gratification annuelle à leurs chefs et leur fournissaient gratuitement des
armes à feu et des munitions destinées aux razzias. Le rapport poursuivait qu'un
chef africain : « ... qu'on appelait le roi d'Almamany, ayant
interdit aux marchands d'esclaves, les passages sur son territoire, de sorte qu'ils
ne pouvaient plus joindre les négriers français ancrés dans l'embouchure du Sénégal,
et les Français n'ayant pu réussir à acheter ses bonnes grâces, ils avaient poussé
les chefs maures à lui déclarer la guerre et les sujets de ce roi, faits prisonniers,
s'étaient eux-mêmes retrouvés esclaves. Wadstrom en avait vu quelques-uns dans
les enclos. Ils étaient enchaînés deux à deux par les chevilles ; blessés
au combat, ils ne recevaient aucune sorte de soins. Il y avait aussi les rapts
individuels » [4]
Les
rapports entre la France, puissance européenne contemporaine et l'Afrique Noire. D'un
atavisme négrier sans égal, la France qui sait avoir définitivement perdu les
colonies cochinchinoises et arabes (Tunisie, Maroc et Algérie)de son ancien empire,
a choisi le raccourci de miser sur la « servilité » des« Nègres »,
pourqui, il n'a que mépris(François Mitterrand aurait déclaré que l'Afrique(Noire)est
le seul continent que la France peut tenir avec seulement 500 hommes). Aussi,
cette observation du Général De Gaulle rapportée par Jacques Foccart son éminence
grise chargée des basses oeuvres dans les néocolonies africaines de la France
n'est-elle pas pour étonner : « Vous savez, cela suffit comme
cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu'eux :
i l y a des nègres à l'Elysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous
me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. (...) Et puis
tout cela n'a aucune espèce d'intérêt ! _ Foutez-moi la paix avec vos nègres ;
je ne veux plus en voir d'ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience
avant deux mois. Ce n'est pas tellement en raison du temps que cela me prend,
bien que ce soit fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l'extérieur :
on ne voit que des nègres, tous les jours, à l'Elysée ». [5],
aurait fulminé le président français de l'époque [6] Jacques
Chirac
ne manquera pas pour sa part de manifester ce mépris de la France pour l'Afrique
Noire, par une remarque pour le moins éloquente : « Notre problème,
ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il
n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et
ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais
et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir
des musulmans et des Noirs. (...) Comment voulez-vous que le travailleur français
qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ quinze mille francs,
et qui voit sur le palier à côté de son H.L.M., entassée, une famille avec son
père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, et qui gagne
cinquante mille francs de prestations sociales sans naturellement travailler'
Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleurs français sur
le palier il devient fou. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela' ». [7] Enfin,
pour sacrifier à la mode, Nicolas Sarkozy déclarera lors d'une intervention à
Agen : « Et à ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail
des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu'eux-mêmes doivent rien
à personne, ceux qui veulent tout, tout de suite, sans rien faire, ceux qui, au
lieu de se donner du mal pour gagner leur vie, préfèrent chercher dans les replis
de l'histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard
et qu'à leurs yeux elle n'aurait pas réglée, ceux qui préfèrent attiser la surenchère
des mémoires, pour exiger une compensation que personne ne leur doit plutôt que
de chercher à s'intégrer par l'effort et par le travail, ceux qui n'aiment pas
la France, ceux qui exigent tout d'elle sans rien vouloir lui donner, je leur
dis qu'ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national » [8] François-Xavier
Verschave constate que : « Cette suffisance française s'enracine
dans un mépris historique des Africains : quand vous discutez de ces questions
avec des responsables français, vous vous apercevez que, depuis l'esclavage et
la colonisation, on continue de penser que les peuples africains sont totalement
incapables de créativité culturelle et politique. Avec eux l'on peut faire n'importe
quoi, puisqu'ils ne seraient capables de rien » [9] Dans
de telles conditions, ce serait divaguer que de se prononcer péremptoirement sur
de prétendues bienheureuses perspectives dans les rapports entre l'Afrique Noire
et la France. Quant
à l'O.N.U., instrument imposé par l'Occident impérialiste pour dominer le monde,
elle est peuplée en ce qui concerne l'Afrique Noire dite francophone par exemple,
de plus de 99% de représentants de prétendus Etats installés, soit par la fraude
électorale menée de main de maître par la Françafrique, soit par la violence des
armes de cette dernière. Par
ailleurs, non seulement l'O.N.U. a internationalement démontré son incapacité
à imposer quelque règlement que ce soit aux Etats-Unis d'Amérique, mais également
son échec à imposer le respect de ses résolutions à l'Etat d'Israël dans son idéologie
impérialiste contre le Peuple Palestinien. Par contre, la même O.N.U. n'a pas
manqué de briller en Haïti en propageant des foyers de choléra chez les Nègres,
de même qu'elle exhibe actuellement sa musculature chétive en Côte d'Ivoire, en
tirant sur des Nègres pour le compte de la France ouvertement négrophobe de Sarkozy
Nicolas.
EN
CONSEQUENCE, LE PEUPLE NOIR DOIT S'OPPOSER FERMEMENT A LA RENAISSANCE EN AFRIQUE
NOIRE DES TIRAILLEURS NEGRES « OUI, MISSIE » ET DES COMMIS
VOYAGEURS NEOCOLONIAUX, AU SERVICE DE LA FRANCE ET DE L'OCCIDENT AUTOPROCLAME
COMMUNAUTE INTERNATIONALEParis,
9 janvier 2011.
[1]
Voir Pierre Lyautey : L'empire colonial français, Les Ed. de France, p.170). [2]
cité par Sur et Cana le : Afrique Noire. L'ère coloniale, 1900-1945, Ed.
Sociales, Paris, 1964, p. 171. [3]
Cette mentalité négrière marque encore profondément la France qui se distingue
ainsi comme le pays d'Europe le plus négrophobe, où la place des Noirs, comme
au XVème siècle, est soit ouvriers agricoles dans les plantations dans les Iles
dites d'Outre-Mer, dirigées par des Blancs, soit balayeurs de rues et de locaux
commerciaux sur le territoire français. Dans le meilleur des cas, sportifs pour
la gloire de la France dont les cadres supérieurs, sans parler des dirigeants
politiques, sont tous de race blanche ; même si beaucoup d'entre eux, sont
depuis bien moins longtemps Français que les Noirs nés avec cette nationalité. [4]
Voir George Kay, La traite des noirs, p. 129-130. [5]
Odile Tobner, op. cit., p. 199. [6]
Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, Les arènes,
Paris, 2007, p. 199. [7]
Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, Les arènes,
Paris, 2007. [8]
Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, Les arènes,
Paris, 2007, p.29 1. [9]
François-Xavier Verschave : France Afrique. Le crime continue, Ed. Tahin
Party, 2000, p. 35. |
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