La
puissance des Etats-Unis passe par la torture
Auteur : Gilles Devers
- Source : Actualités du droitIls
sont fortiches les Ricains : la torture pour imposer la démocratie, en
confiant le sale boulot aux irakiens...
La masse de documents que publie WikiLeaks
est un évènement rare, et dune grande portée.
Depuis
les mensonges flagrants de la Bush Compagny sur les armes de destruction massive,
la torture par les soldats américains notamment à Abou Ghraib
ou dans lespace aérien,
la privation totale des droits à
Guantanamo,
on peut jouer les blasés, et dire quon sen
doutait bien, et donc rien de neuf.
Pas
daccord.
Car ce qui apparait à travers les 400 000 documents
confidentiels publiés vendredi par le site WikiLeaks, cest une pratique
systématisée et de grande ampleur de la torture, connue, protégée
et utilisée politiquement par les US. Cest aussi assez de précisions
pour que la torture et le meurtre organisé ne soit pas une donnée
générale, mais une réalité de fait. Parvenir à
ce niveau précision, cest rendre hommage, et déjà une
peu justice, aux victimes.
M.
Clegg, le vice-Premier ministre britannique Nick dans une interview à la
télévision BBC One a réagi au juste niveau : « Nous
pouvons déplorer la manière dont ces fuites ont eu lieu mais je
pense que la nature des allégations faites est extraordinairement sérieuse.
Leur lecture est affligeante et elles sont très graves.
Je suppose
que l'administration américaine voudra fournir sa propre réponse.
Il ne nous appartient pas de leur dire comment le faire.
Tout ce qui laisse
à penser que des règles de base de la guerre, des conflits et du
combat, ont été violées ou que de la torture a pu être
de quelque manière que ce soit tolérée est extrêmement
grave et doit être examiné ».
Du
côté du Pentagone, on na pas vraiment compris ce qui se passe,
ou on nous prend franchement pour des crétins. Pour lun des porte-paroles,
Geoff Morrell, il a estimé que « la seule voie à suivre pour
WikiLeaks est de restituer les documents volés et de les retirer de leurs
sites internet au plus vite. Nous savons que nos ennemis glaneront ces informations
pour comprendre comment nous fonctionnons, comment nous cultivons nos informateurs
et réagissons en situation de combat, ainsi que pour s'informer sur les
capacités de nos équipements militaires ». Même son
de cloche chez une Hillary Clinton de plus en plus insupportable, déplorant
cette publication qui peut « mettre en danger la vie des soldats et des
civils des Etats-Unis et de leurs alliés ».
Ces
documents ne sont pas des broutilles ou des ragots. Il sagit des rapports
d'incidents, rédigés par les officiers sur le terrain, constituant
le fichier SIGACTS (« significant activity ») des forces américaines
de janvier 2004 à décembre 2009. Le quotidien des horreuers de la
guerre, des crimes de torture et des exécutions sommaires par milliers,
et SIX CENT civils tués par les soldats US en six ans aux checkpoints.
Sans enquête, ni jugement, la question ne se posait pas : « Raisons
de sécurité ».
Les
documents montrent comment les officiers US ont constaté la pratique systématisée
de la torture par les forces de sécurité irakiennes, ajoutée
à des conditions de détention inhumaines. Je nai pas besoin
de préciser que la définition de la torture et des traitements inhumains
résultent des normes les plus impératives du droit international.
Ces documents attestent ainsi que le commandement militaire US est complice dactes
de torture commis de manière systématiques sur des détenus,
pour avoir transféré les pouvoir de sécurité en connaissance
se cause. Les Etats-Unis saffirment défenseur du droit, et refusent
de ratifier le statut de la Cour pénale internationale : ce refus est laveu
du crime.
Les
US sont un Etat voyou qui inclut dans sa politique le recours à des pratiques
criminelles. Les dirigeants, ces grands donneurs de leçons, ne connaissent
le droit que pour défendre leurs intérêts.
Maintenant,
bonne lecture :
http://wikileaks.org/
http://warlogs.owni.fr/
http://wikileaks.org/iraq/diarydig