Déboulonnage
du mythe malthusien
Saint Thomas Robert Malthus

The
Corbett Report, James Corbett, 15 février 2011
Bonjour.
C’est James Corbett de corbettreport.com
avec la dernière info concernant la surpopulation.
En
tant qu'êtres humains, nous sommes câblés pour être en
permanence à l'affût des dangers potentiels : Ceci est à
prévoir. Il y a des milliers d'années, nos ancêtres devaient
rester vigilants, quitte à en subir les conséquences, face à
la menace des prédateurs naturels, des maladies contagieuses et des intempéries.
Aujourd'hui, nous surmontons en grande partie de nombreux dangers naturels qui
tourmentaient nos ancêtres, mais les mêmes instincts nous obligent
à nous protéger de menaces tant réelles qu’imaginaires, et
à écouter les cris des annonceurs de nouvelles menaces possibles.
Cette
idée est bien comprise depuis des milliers d'années par ceux qui
cherchent à contrôler les populations.
Avant
que la compréhension moderne du Système solaire ne soit exprimée
clairement, les anciens égyptiens croyaient que le Soleil lui-même
est un dieu nommé Ra, qui se faisait dévorer chaque soir par Apep,
un serpent divin malveillant. Il n'était nullement assuré que Ra
puisse échapper à Apep pour réapparaître au matin,
et la classe des prêtres manipulait cette peur en élaborant des rites
complexes pour conjurer le dieu serpent. Naturellement, ces rites ne pouvaient
être appliqués correctement que par les prêtres eux-mêmes,
assurant ainsi leur rôle central dans la société égyptienne
antique.
Nous
pouvons rire de la crédulité des anciens égyptiens, mais
l'existence d'Apep et l'importance des rituels leur avait été inculquée
dès le plus jeune âge et étaient renforcés par les
déclarations de la classe sacerdotale. S’interroger sur la réalité
du mythe du dieu solaire équivalait à contester la structure de
la société égyptienne elle-même.
Penser
qu’il est impossible que nous soyons manipulés de la même manière
en cette époque moderne « éclairée, » serait une
expression des plus grossières de naïveté historique.
Au
cours du 20ème siècle, la peur de la menace rouge de l'Union soviétique
et sa supposée armée mastodonte servit à orienter l’évolution
de la société zunienne. Jack Kennedy lui-même devint président
en axant sa campagne sur l'idée que l'administration Eisenhower avait permis
la création d’un dangereux fossé entre les missiles Soviétiques
et Zuniens. Selon cette
histoire alarmiste des analystes de RAND Corporation qui alimenta la
campagne de Kennedy, l'Union soviétique avait 500 missiles balistiques
intercontinentaux prêts à prendre leur envol sur-le-champ vers l'Amérique.
En réalité, les Soviétiques n’avaient que 4 missiles de ce
genre à l'époque, mais cela n'empêcha pas la machine de propagande
militaro-industrielle de convaincre les gens qu'ils devaient injecter davantage
de ressources pour acheter des armes aux entrepreneurs de la Défense afin
de contrer la menace de l'Union soviétique.
Dans
certains cas, incroyablement, la même menace fut rabâchée pendant
des siècles, toujours pour bientôt, avec les mêmes alertes
sur l’imminence d’une fin du monde, à moins que, pour l'éviter,
le public ne soit prêt à accorder son fric, sa souveraineté,
ou même sa vie.
À
la fin du 18ème siècle un prêtre anglican du nom de Thomas
Malthus démontra,
« certitude mathématique » à l’appui, que le monde courait
vers un désastre démographique. Après tout, la population
humaine croît de façon exponentielle alors que les réserves
vivrières augmentent selon l’arithmétique. De cela sortit logiquement
que c'est seulement une question de temps avant que la population mondiale ne
dépasse nos capacités alimentaires.
Bien
sûr, exactement comme un père qui observant la première année
de croissance de son fils pourrait extrapoler qu'il fera six mètres de
long à 30 ans, le fait qu’en plus de 200 ans la surpopulation attendue
ne se soit pas produite, démontre un vice foncier dans le raisonnement
de Malthus. La Terre n'est pas un jeu à somme nulle et l'ingéniosité
de l'homme a toujours et à chaque génération cuit un gâteau
plus gros pour manger, même quand elle prenait une tranche de plus en plus
grosse de celui-ci. De nos jours, même les prédictions les plus alarmistes
de l’ONU admettent que la population mondiale se
stabilisera et entamera une décrue en 2050, et Malthus est désormais
perçu comme un savant
de Marseille qui propagea des idées loufoques à la Chicken
Little * au bénéfice de son employeur, la compagnie British
East India **. [* Ndt : La définition colle bien avec alarmiste
du réchauffement climatique, mais il s’agit ici de Petit Poulet,
un personnage fictif qui, recevant un gland sur la crête, crie que le ciel
lui tombe dessus. ** Ndt : Ce fut chouettement bénéfique
puisque, selon Randeep
Ramesh, les Anglais auraient exterminé une dizaine de millions d’Indiens
vers 1857, uniquement sur 10 des 200 ans d’occupation.]
Chose
étonnante, bien que chaque prédiction dantesque de Malthus et ses
acolytes malthusiens se soient révélées fausses décennie
après décennie depuis deux siècles, ces idées sont
toujours prises au sérieux et toujours médiatisées et mises
en avant par de riches oligarques qui bénéficient de l'idée
qu’un trop grand nombre de bouches inutiles à nourrir épuise les
ressources de la planète.
Plaidant
en faveur d'une loi interdisant à l'église anglicane d’accorder
nourriture, vêtements ou aide à tout enfant, Malthus, un pasteur
anglican, a lui-même
écrit que « Nous sommes tenus par la justice et l'honneur de mépriser
formellement le droit à assistance des pauvres. »
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Non
content de livrer des milliers d'enfants à la mort parce qu’ils ont eu
le malheur de naître pauvres, Malthus préconisa par-dessus le marché
de contribuer activement à la mort de plus de pauvres au moyen de l'ingénierie
sociale : « Au
lieu de recommander la propreté aux pauvres, nous devrions les inciter
à des habitudes funestes. Dans nos villes, nous devrions rétrécir
les rues, entasser plus de gens dans les maisons, et stimuler le retour de la
peste. Dans le pays, nous devrions construire les villages près des mares
stagnantes, et encourager notamment la construction dans tous les coins marécageux
et malsains. Mais, surtout, nous devrions condamner les remèdes spécifiques
aux maladies ravageuses ; et retenir ces bénévoles, dont beaucoup
sont des hommes égarés, qui pensent servir l'humanité en
soustrayant les systèmes à l'éradication totale de désordres
particuliers. »
La
nature horrible de cette idée est rendue d'autant plus absurde du fait
que Malthus encourageait la propagation de maladies et la peste dans le but de
« préserver » l'humanité de morbidités et fléaux
favorisés par la surpopulation. Mais cette contradiction en soi passe largement
au-dessus de la tête de ceux dont la soif de sang les pousse à défendre
ce genre de projets de réduction drastique des populations visant à
tuer les pauvres et les opprimés de la société.
Aussi
répugnantes que soient les idées de Malthus pour notre sensibilité,
elles ont donné un cadre idéologique à ceux qui ont eu une
faim psychopathe de domination des autres dans les deux cents dernières
années.
Dans
leur abominable ouvrage de 1968 intitulé, The
Population Bomb, Paul Ehrlich et son épouse Anne écrivirent :
« Un cancer est une prolifération incontrôlée de cellules ;
l’explosion démographique est une multiplication incontrôlée
de gens... Nous devons transposer nos efforts de traitement des symptômes
en suppression du cancer. Cette opération exige beaucoup de décisions
apparemment brutales et cruelles. » Il ressentait le cancer des nouveau-nés
comme si potentiellement dévastateur pour l'humanité, qu’en 1969
il plaida réellement d’ajouter des stérilisants aux réserves
de nourriture et d’eau. De crainte que ne subsiste quelque doute sur ses propos,
Paul Ehrlich les exposa avec plus de détails dans Ecoscience, un
livre de 1977, qu'il écrivit en collaboration avec John Holdren, l'actuel
tsar de la science d’Obama, dans lequel ils préconisèrent encore
l'ajout de stérilisants dans les réserves d’eau.
En
1972, Maurice Strong, ancien conseiller à la Banque mondiale et fonctionnaire
des Nations Unies, préconisa
que le droit des femmes à procréer devait être octroyé
par le gouvernement.
En
1988, le prince Philippe prononça cette fâcheuse
remarque, « Dans le cas où je renaîtrais, j’aimerais revenir
en virus mortel, afin de contribuer quelque peu à résoudre la surpopulation. »

Le prince Philippe déguisé en pou rouge
Dans
les années 1990, Ted Turner déclara
au magazine Audubon que, « Une population mondiale totale de 250
à 300 millions de gens, une baisse de 95 pour cent du niveau actuel, serait
l'idéal. »
Naturellement,
le mythe de la surpopulation lui-même s’effrite à la moindre vérification.
Personne, pas même l'ONU, ne prévoit une croissance illimitée
de la population humaine. Même les projections les plus alarmistes montrent
que la population mondiale se stabilisera dans 40 ans. De plus, le taux
de natalité de chaque grande nation industrialisée du monde
est à présent sous le seuil de remplacement de 2,1, ce qui signifie
que ce sont en fait des pays aux populations vieillissantes, qui exigent un afflux
croissant d'immigrants simplement pour maintenir leur niveau de peuplement. En
plus du phénomène bien connu de la réduction de la taille
des familles due à l'industrialisation, des indices montrent à présent
que les produits chimiques appelés perturbateurs endocriniens qui se retrouvent
mystérieusement dans nos aliments, matières plastiques et eau potable,
limitent notre capacité biologique de reproduction, avec dans les 50 dernières
années chez les occidentaaux la baisse du taux des spermatozoïdes
d’un
atterrant 50% avec 85% des spermatozoïdes restants anormaux.
Mais
encore, même si nous étions devenus de prime abord hystériques
à propos de la taille de la population, les « solutions » suggérées
par les malthusiens — programmes de stérilisation forcée, désindustrialisation,
et même génocide — constituent la plus grande supercherie
de toutes : L’idée que réduire simplement la taille d'une
population diminuera d’une façon ou d’une autre les inégalités
et les iniquités dans cette société.
Mais
c'est là que réside le secret. Les gens qui s'inquiètent
du non-problème de la surpopulation ne peuvent pas être raisonnés
à ce sujet car leur préoccupation envers l'humanité n'est
qu'un prétexte. Leur façon d’aborder le problème lui-même
montre leur partialité. La plupart des gens voient l’augmentation du nombre
d’habitants de la planète non pas comme un fléau, mais comme une
occasion d’étendre notre compréhension de l'espèce humaine
et ses capacités. En attendant, dans la vision dénaturée
de surpopulation des alarmistes, les nouveau-nés ne sont ni une joie pour
les yeux, ni un cadeau, ni le souffle vivant en puissance de l'avenir de la race
humaine, mais un cancer qu'il faut détruire.
Les
malthusiens ne se proposent pas d’accroître la production vivrière,
de sortir les pauvres de la misère ou de développer la technologie
pour multiplier nos capacités à partager les nombreuses richesses
du monde. Ils souhaitent plutôt la stérilisation forcée des
populations pauvres, la stagnation dans la misère des milliards de gens
du monde et l'élimination de pans entiers de populations. Ne voulant pas
réduire la peine et la souffrance du monde, ils l’avivent. En bref, l'hystérie
de la surpopulation est un mensonge commode pour les Petits Poulets qui
se tiennent prêts à profiter de la panique, qu’eux-mêmes engendrent.
Pour
le reste d'entre nous, cela se résume à une question simple :
Après 200 ans d’attente de la chute des cieux, ne serait-il pas temps d'arrêter
d'écouter les Petits Poulets ?
Original :
www.corbettreport.com/the-last-word-on-overpopulation/
Traduction copyleft de Pétrus Lombard |
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