La
situation des femmes
« J'avais
promis à ma mère d'améliorer la situation des femmes » Mouammar Kadhafi
Le
statut des femmes avait été notablement amélioré, dans une société où elles sont
généralement peu considérées. L'équipe de gardes du corps du « Guide »,
uniquement composé de femmes en était un symbole flamboyant. Elles étaient encouragées
à participer à la vie politique et pouvaient s'engager dans l'armée.
Dès
1970, des lois passèrent en vue de l'égalité de salaire égal à travail égal. Le
taux d'emploi des femmes atteignit 27% en 2006. Les femmes étaient encouragées
à continuer de travailler après la naissance de leur enfant et pouvaient prendre
leur retraite à 55 ans. De 1966 à 1996, le pourcentage de femmes poursuivant des
études supérieures passa de 8 à 43% atteignant le même niveau que les hommes.
Les mariages forcés et les mariages d'enfant furent interdits, et l'âge minimum
du mariage fut élevé à 18 ans. Depuis 1973, les femmes pouvaient demander le divorce.
La restriction de leur mobilité fut interdite. Les femmes conduisaient et pouvaient
voyager librement avec leur passeport.
Une
politique extérieure généreuse orientée vers le développement du continent africain
et du Tiers Monde en général, et la libération des peuples opprimés
Sur
le plan extérieur, Mouammar Kadhafi a toujours soutenu les peuples opprimés, notamment
les Touaregs persécutés au Mali, les catholiques irlandais, les Sarahouis du Sahara
occidental, le mouvement anti-Apartheid en Afrique du Sud et les Palestiniens.
Il
a recueilli les réfugiés politiques et financé le développement du Tiers-monde,
offrant une aide plus importante que celle de tous les États du G20 réunis. La
perspective de la fin de l’exploitation coloniale de l’Afrique ne pouvait que
provoquer l’ire des puissances impérialistes habituée à se servir dans le Sud
«comme dans un supermarché».
Des
réalisations technologiques au service de la Libye et de tout le continent africain
Un ouvrage unique au monde : Le «Grand fleuve artificiel» (Great
Man-Made River Projet)
Grâce à la
Banque centrale libyenne, les revenus du pétrole ont pu être investis dans des
grands projets de développement du pays, comme la plus grande installation d'irrigation
au monde. Qualifiée parfois de 8ème merveille au monde, le « Grand Fleuve
Artificiel »a permis d'implanter des exploitations agricoles florissantes
en plein désert du Sahara (la Libye est un pays désertique à 90%, où la pluviométrie
est de 200 mm d’eau par an) dans le but de conduire le pays à l'autosuffisance
alimentaire. Cette réalisation ne pourra fonctionner que pendant une cinquantaine
d'année, cette ressource d'origine fossile n'étant pas renouvelable.
Ce
projet audacieux et inédit, d'un coût situé entre 35 à 80 milliards de dollars,
fut lancé en 1983 sur vingt cinq ans, est en grande partie réalisé aujourd'hui.
Il fut financé sans aucun emprunt aux banques étrangères. Insupportable pour les
institutions internationales! Il a naturellement été une cible militaire pour
l’OTAN : il ne faut laisser aucune trace des réalisations de l'ancien régime,
et aussi rendre le pays de nouveau dépendant des multinationales et des institutions
internationales pour reconstruire le pays ravagé par l'OTAN.
Le
satellite africain RASCOM : la révolution technologique africaine
En
finançant à hauteur de 300 millions de dollars le premier satellite africain de
communications, la Libye a permis à l'Afrique de s'affranchir du diktat des compagnies
étrangères qui lui faisaient payer les communications téléphoniques à des prix
exorbitants - les plus chers au monde car ils transitaient par les satellites
européens. L'Organisation régionale africaine de communications par satellite
- RASCOM avait été créée en 1992 par 45 pays africains, qui avaient tenté en vain
pendant quatorze ans d'obtenir un prêt de la Banque mondiale et du FMI...
Mis
en orbite le 26 décembre 2007, le satellite a permis en outre « d’assurer
la diffusion des programmes de télévision et de radiodiffusion, ainsi que plusieurs
autres applications technologiques comme la télémédecine et l'enseignement à distance.
Grâce aux transmissions radio WMAX, une connexion à faible coût a été mise à disposition
à travers le continent, y compris dans les zones rurales. » (rapport du CIRET,
p. 10). Un second satellite de communication africain a été lancé en 2010.
Un
pays sans dette extérieure !
La
Banque Centrale libyenne, institution de la Jamahiriya (14), propriété de l'Etat,
fut le principal instrument de cette politique d’indépendance nationale, un antidote
à la politique de paupérisation des états et des peuples sur lequel les européens
pourraient prendre exemple...
Les banques
privées dépouillent les emprunteurs (Etats comme particuliers) en pratiquant des
taux d'intérêt exorbitants. (Et, en tant de « crise », elles se font
renflouer sans vergogne par les contribuables, sans aucune contrepartie...). Les
institutions financières internationales consentent des « prêts » aux
pays en difficulté en leur imposant des plans d'ajustement structurel qui les
appauvrissent encore plus, et leur font réduire les budgets des secteurs de la
santé, de l'éducation, de la protection sociale et de l'équipement. L'accroissement
sans fin de la « dette » des pays (du Nord comme du Sud) provient du
fait que l'Etat, ne pouvant plus battre monnaie, devient l'otage des banques
privées.
La
Banque Centrale libyenne possédait était « une institution monétaire
solide, crédible et indépendante des grandes institutions financières internationales
telles que la Bank of International Settlements (BIS), le FMI, le Foreign Direct
Investment (FDI). » (Le Figaro, 2 mars 2011). Ses principales prérogatives
étaient « d’imprimer, de frapper et de réguler les billets et pièces de monnaies
du Dinar libyen, de gérer et accorder des prêts». Contrôlant sa monnaie, la Libye
était un état réellement indépendant dans ses choix politiques, économiques et
militaires, sans besoin « d'aide » extérieure.
La
création du « Dinar-Or » par la Libye menaçait dangereusement le
dollar
Le Dinar-Or,
basé sur les réserves réelles d'or du pays (qui en possédait des sommes colossales
: environ 144 tonnes), allait permettre à la Libye et à de nombreux pays du continent
africain de se passer du dollar, ce qui était absolument insupportable pour les
Etats-Unis. (15) Rappelons-nous que la chute de Saddam Hussein a été précipitée
par son projet de faire payer le pétrole iraqien en euros...
Les
autres projets et réformes en cours qui ont motivé l'agression otanienne
Kadhafi
voulait créer des institutions financières panafricaines indépendantes, avec pour
moteur l'Autorité libyenne d’investissements et la Banque étrangère de Libye.
La création programmée d'une Organisation du Traité de l’Atlantique Sud et
des États-Unis d’Afrique aurait également protégé l’Afrique et l’Amérique latine
de l'influence américaine.
Par ailleurs,
dans le cadre des réformes institutionnelles, il avait le projet d'élargir le
pouvoir du peuple libyen et le faire profiter de la richesse nationale de façon
plus égalitaire (notamment entre l'Est et l'Ouest du pays), en éradiquant la corruption
enracinée au fil des décennies au sein de son gouvernement et de l'administration.
Mais l'évolution du système politique était vue d'un très mauvais oeil par certains
de ses proches (ceux qui allaient bientôt le trahir), qui avaient peur d'y perdre
leur pouvoir. Ils ont été attirés par les propositions alléchantes des Occidentaux.
C'était le cas de Mahmoud Jibril, qui aurait rencontré à plusieurs reprises en
2010 Bernard-Henry Lévy (l'agent de la CIA et du Mossad, devenu le ministre de
la Guerre occulte français) pour mettre au point le plan pour éliminer Kadhafi
et livrer le pays aux puissances étrangères.
En bref, le
« Guide » n'a pas saisi que ses projets en cours étaient en complète
contradiction avec son désir de revenir en grâce dans les puissances occidentales,
qui ne pourraient en aucun cas supporter leur mise en application. Il fallait
un complet aveuglement pour ne pas le comprendre.
Main
basse sur les avoirs libyens à l'étranger : « le hold-up du siècle «décomplexé»,
et «certifié» par le Conseil de sécurité »
Le pillage
par les puissances impérialistes des réserves d’or et de devises de la Libye a
commencé dès le début de l'agression de l'OTAN, avec le gel des avoirs à l'étranger.
L'ancien ambassadeur français en Libye, Christian Graeff, a fait observer que
« Les mesures de sanctions économiques contre le régime du Colonel Kadhafi
ont été mises en œuvre par la France et ses alliés bien avant la résolution 1973
du Conseil de sécurité. C’est ainsi que les USA ont bloqué les avoirs libyens
dans les banques étasuniennes. » (16) La Libye dispose d’environ 200
milliards de dépôts de réserves de pétrodollars libyens dans les pays occidentaux.
Curieux
hasard : près des deux tiers des investissements libyens à l’étranger sont détenus
dans des pays constituant les forces envahisseuses de l’OTAN : 34 milliards
aux États-Unis, 19,2 milliards en Grande-Bretagne, 10,56 milliards en France,
19 milliards en Belgique, 9,73 milliards en Italie, 4,17 milliards aux Pays-Bas,
et 2,4 milliards au Canada.
En
bloquant ces fonds, les puissances impérialistes ont ainsi opéré le hold-up du
siècle «décomplexé » et « certifié » par le Conseil de sécurité. Les Trésors des
puissances impérialistes jubilent d’avoir bloqué les dépôts de la Libye sur leurs
territoires respectifs. » PR Michel Chossudovsky (Ibid., C'est nous qui soulignons).
Fait
curieux, relevé par un économiste : les « insurgés » ont crée leur banque
centrale dès le mois de mars :
«Je n’ai
jamais entendu parler auparavant d’une banque centrale créée juste après quelques
semaines d’un soulèvement populaire. Ceci veut dire que nous avons à faire à autre
chose qu’un groupe de rebelles déguenillés courant partout et qu’il y a derrière
des influences plutôt subtiles ». Robert Wenzel Economic Policy Journal
Main
basse sur les ressources naturelles du pays
La
Libye est le premier pays africain producteur du pétrole, devant le Nigéria et
l’Algérie. S'il ne représente que 3,5 % des réserves mondiales (pour une
valeur de 3.900 milliards de dollars aux cours actuels du brut), le brut libyen
est d’excellente qualité (il demande peu de raffinage), d'extraction facile, et
son acheminement est aisé.
Les
profits sont donc extrêmement importants pour les compagnies pétrolières : « Alors
que la valeur marchande du pétrole brut est actuellement bien au-delà des 100 dollars
le baril, le coût du pétrole libyen est extrêmement bas, aussi bas que 1 dollar
le baril (selon une estimation).» a souligné le Pr Chossudovsky, qui poursuivait
en citant un expert du marché pétrolier : « À 110 dollars [le baril]
sur le marché mondial, un simple calcul mathématique donne à la Libye une marge
de profit de 109 $ [le baril]. » (17)
Les réserves
prouvées sont de 46,5 milliards de barils (US Energy Information Administration,
février 2011, Oil and Gas Journal), soit plus du double de celles des Etats-Unis
(20,6 milliards de barils selon l’Energy Information Administration). Près
de 80 % des réserves pétrolières du pays se trouvent dans le bassin du golfe
de Syrte, la région martyr qui a résisté pendant plus d'un moins aux bombardement
intensifs de l'OTAN et aux exactions de ses sbires.
La
Libye dispose également de d’importantes réserves de gaz naturel (1.500 milliards
de m3), et de l'uranium.
Après la prise
de possession des installations pétrolières du pays, les néo-colons reprivatiseront
l'industrie. Quand ils auront fait remonter la production pétrolière à son niveau
antérieur (1,6 million de barils/jour), les revenus annuels devraient s’élever
à 50 milliards de dollars.
L'AFRICOM
et la guerre USA-Chine pour l'accès aux ressources énergétiques
« Washington
veut renverser Kadhafi parce qu’il souhaite clairement bouter la Chine hors de
Libye. » Rapport du CIRET-AVT, p. 35
Un récent
rapport du FMI confirme que l'économie américaine va être supplantée par celle
de la Chine dans les cinq ans à venir. Les deux grandes puissances, qui doivent
sécuriser leur accès aux ressources, sont en concurrence pour contrôler les champs
pétroliers les plus importants connus. Or, le tiers des 2,6 millions de barils
de pétrole brut importés par jour par la Chine provient du continent africain.
C'est
pourquoi les Etats-Unis n'ont pas pardonné à Kadhafi d'avoir refusé, en 2008,
de rejoindre l'Africom (US Africa Command), commandement régional créé par le
Pentagone sous l'administration Bush, essentiellement pour lutter contre la pénétration
croissante de la Chine en Afrique. Le guide libyen avait alors déclaré s’opposer
à une « démarche impérialiste qui essaie d'acheter tout le continent ».
De
son côté, « la Russie a développé d'importants accords pétroliers avec
la Libye, des ventes d'armes s'élevant à des milliards de dollars et un projet
de voie ferrée pour relier Syrte à Benghazi. Il y avait aussi eu des discussions
sur l'ouverture à la flotte russe d'un port méditerranéen près de Benghazi. »
(18). En outre, les multinationales occidentales trouvaient de plus en plus intolérables
certaines des clauses des contrats imposées par le gouvernement Kadhafi, et redoutaient
de voir la société russe Gazprom se voir accorder une part importante de l'exploitation
des réserves du pays. On comprend d'autant plus mal, dans ces conditions, l'abstention
de de la Chine et de la Russie lors du vote de la résolution 1973 au Conseil de
sécurité...
Par ailleurs,
le pays est un passage stratégique vers l'Afrique centrale, le Tchad et le Soudan,
pays stratégiques riches en pétrole où la Chine et les Etats-Unis (avec Exxon
Mobil et Chevron) sont également en concurrence.
Enfin, la
guerre contre la Libye permet de stopper le développement du continent noir, dont
lé régime de Mouammar Kadhafi était le moteur.
Les
graves fautes politiques du Guide et de son fils Saïf Al Islam ont été fatales
au pays
Trop sûr de
lui, le colonel Kadhafi a malheureusement cru, au cours de ces dernières années,
pouvoir revenir en grâce en Occident dans le but de faire lever les sanctions
et retirer la Libye de la liste noire des pays à détruire, concoctée en septembre
2001 (en réalité bien avant : dès Reagan, et par le PNAC!) (19), toujours d'actualité.
Dans les années 2000, il a fait le tour des capitales des puissances impérialistes
pour normaliser ses relations avec les pays occidentaux.
Comme jadis
Saddam Hussein, il a eu tort de croire qu'il pourrait réintégrer la «communauté
internationale» en faisant moult concessions, notamment en acceptant de payer
chèrement pour des crimes qu'il n'avait pas commis, tout en continuant de clamer
son innocence (20). Ainsi il a du verser 2,7 milliards d'indemnités de compensations
aux familles des victimes de l'attentat de Lockerbie (21 décembre 1988, 270 morts),
alors qu'il a été prouvé qu'il n'en était pas responsable, pas plus que de celui
contre le DC-10 d’UTA, ni de celui qui a détruit une discothèque à Berlin en avril
1986 - utilisé comme prétexte par l’administration Reagan pour effectuer dix jours
plus tard un raid aérien sur sa résidence de Tripoli - tuant sa fille adoptive
et une dizaine d'autres innocents.
Grâce à ces
énormes concessions, les sanctions internationales qui pénalisaient sévèrement
le pays furent levées par l'ONU en septembre 2003. La Libye fut même nommée à
la tête de la commission des Droits de l'Homme à l'ONU la même année.
Après
la levée totale de l’embargo en 2004, Kadhafi avait du laisser revenir dans le
pays des compagnies pétrolières américaines, et des dizaines de banques et sociétés
financières étasuniennes et européennes, qui ont alors afflué en Libye, dont Goldman
Sachs, qui escroqua la banque libyenne de 90% de ses dépôts (21).
En
2007, il aurait même financé les campagnes de Nicolas Sarkozy Nagy Bocsa et de
Ségolène Royal dans le but de faire abandonner toute poursuite à son encontre,
quel que soit le vainqueur de la présidentielle.
En outre,
jusqu’à la bataille de Tripoli, il a négocié avec des émissaires israéliens, espérant
naïvement à parvenir à acheter la protection d'Israël, l'un des premiers pays
à souhaiter son élimination...
Grâce à toutes
ces compromissions, il pensait avoir regagné les faveurs des grandes puissances
occidentales. Mais « l'impérialisme américain et ses homologues en Europe
continuaient de considérer son régime comme un obstacle à leurs objectifs dans
la région. » Bill Van Auken (op. cit.)
Le
rôle calamiteux de Saïf Al Islam
Souvent cité
pour prendre la succession du Guide, son fils Saïf Al Islam, optimiste quant au
rapprochement avec les puissances impérialistes, et piètre géostratège, fut l'artisan
très maladroit de ce rapprochement avec l'Occident, et des vains efforts pour
effacer l'image d'état-voyou de la Libye, avec les résultats désastreux que l'on
connait aujourd'hui...
Saïf Al Islam
a également commis une énorme faute en amnistiant et en libérant en 2009 un millier
de terroristes islamistes du GICL (peut-être sous des pressions occidentales)
au lieu de les laisser croupir en prison pour les laisser hors d'état de nuire.
Ces membres d'Al-Qaida se sont empressés de renier leur promesse écrite de renoncer
à la violence pour rejoindre les mercenaires de l'OTAN. Après la prise de Tripoli,
les derniers terroristes furent libérés par le CNT pour qu'ils les assistent dans
leurs sales besognes.
Dès sa nomination
en tant que numéro deux du régime par son père, le jeune homme très ambitieux,
récemment diplomé en Relations internationales de la London School of Economics
(LSE) de Londres, a continué de cultiver une image de réformateur audacieux. Il
avait travaillé à la rédaction de la nouvelle constitution. Fait très curieux,
il avait choisi parmi ses conseilllers des néo-conservateurs américains comme
Francis Fukuyama, Benjamin Barber, ou Samuel Hunttington, inventeur du « Choc
des civilisations », décédé depuis), membre de sa Fondation.
Détruire
la Jamahiriya, la démocratie directe libyenne, pour installer la Charia...
Washington,
suivi par Londres et Paris, a décidé d'organiser un coup d'Etat international
pour en mettre en place un nouveau régime fantoche de type colonial pour faire
retourner la Libye quarante-deux ans en arrière, du temps de la monarchie. Et
même bien en-deçà...
Mustapha
Abdel Jalil
Avant la prise
de Tripoli par l'OTAN, des manifestations monstres de soutien au régime avaient
lieu tous les vendredi sur la place verte de Tripoli, haut lieu de la symbolique
révolutionnaire libyenne, et dans d'autres villes du pays. Celle du 17 juin avait
rassemblé un million de personnes, soit 1/6 de la population totale du pays.
Désormais,
leur pays est détruit et ils sont gouvernés par des puissances étrangères via
les fantoches du « CNT. », dont le dirigeant, l'islamiste radical Mustapha
Abdel Jalil, a déclaré le 22 octobre à Tripoli que la charia serait désormais
la base de la Constitution libyenne, que la polygamie (interdite par Kadhafi),
serait rétablie et que le divorce, autorisé sous l’ancien régime, était désormais
illégal...
L'Occident
apporte la démocratie et le progrès (ici pays du Golfe)
C'est le régime
choisi par les USA et leurs vassaux pour aligner la Libye sur leurs amis des monarchies
absolues théocratiques du Golfe où, dans beaucoup d'entre eux, on coupe la main
droite des voleurs, pratique la lapidation des femmes adultères, les coups de
fouets, la crucifixion des condamnés à mort en place publique, les mariages forcés
d'enfants, la répudiation de la femme (seule forme du divorce), et où les travailleurs
émigrés africains sont traités comme des esclaves.
Comme
l'Iraq, la Libye, pays moderne, est retournée à l'âge de pierre. Les grandes villes
et les infrastructures vitales du pays ont été détruites volontairement par les
bombardements de l'OTAN : stations d'épuration et système de distribution d'eau,
centrales électriques, centres de communication, hôpitaux, écoles, universités...
La
ville de Syrte (ville native du colonel Kadhafi), le dernier bastion de résistance
des loyalistes, est totalement en ruines, à l'image de Dresde en 1945 ou de Fallujah
(Iraq) en 2004. Elle a été assiégée par les troupes au sol (les «rebelles», lourdement
armés) et sous le feu des bombardements permanents de l'OTAN. Après sa chute,
les milices islamistes se sont chargées de punir les habitants de leur résistance
en continuant à les massacrer. Elles ont torturé les habitants, violé en masse
les femmes et les fillettes, saccagé, volé, pillé les maisons, les hôpitaux et
les commerces. Les survivants, qui mouraient de faim et de soif, en ont été réduits
à boire leur propre urine pour s'hydrater. (Pendant la « bataille »
de Tripoli, les « rebelles », qui avaient pris le contrôle des usines
de la Grande rivère artificielle, avaient déjà coupé l'eau d'approvisionnement
de la capitale) Le sol était jonché de milliers de cadavres en décomposition.
La tombe de la famille Kadhafi a été profanée, et le corps de sa mère brûlé. Toutes
ces atrocités ont été commises sous le regard indifférent de la « communauté
internationale ».
Le
drapeau d'Al Quaida flotte sur Syrte
Prochain
arrêt : Damas
Contrairement
à la Syrie, l'Iran, le Venezuela et Cuba (parmi d'autres : consultez le programme!)
la Libye n'était pas citée explicitement sur la liste noire des pays à « libérer »
de leurs dictateurs dans le programme présidentiel de Barack Hussein Obama de
2008.
Maintenant,
c'est au tour de la Syrie, dont on fait passer le président Bachar Al Assad pour
un nouveau tyran sanguinaire, le nouvel Hitler. La Syrie est également un pays
moderne, laïque, indépendant, et ennemi d'Israël. Il est donc lui aussi condamné
être détruit, en vue du remodelage complet du Moyen Orient prévu depuis des décennies
par l'axe atlanto-sioniste.
Cette fois
la Russie et la Chine ont opposé leur veto à cette nouvelle opération impérialiste
alors qu'ils ne l'ont pas fait pour la Libye, se contentant de s'abstenir, pour
d'obscures raisons de marchandages. Mais pour combien de temps ? Déjà la position
de la Chine semble vaciller. Si tant est que c'est toujours la Reapolitik qui
l'emporte... Et, s'il le faut, les puissances impérialistes se passeront de l'avis
du Conseil de Sécurité, comme elles l'ont fait pour attaquer la Fédération de
Yougoslavie en 1999, et l'Iraq en 2003.
Double réussite
pour Barack Obama - la créature de Zbiegniew Brzezinski (le génial créateur des
Talibans, ancien conseiller pour la sécurité nationale de Jimmy Carter qui n'a
jamais cessé de sévir en catimini) - : en pleine campagne en vue de sa réélection
en 2012, le reliquat de sa clientèle (en pleine déliquescence) n'y voit que du
feu, et ses nouvelles guerres sont payées en grande partie par ses laquais français
et autres, au moment où les Etats-Unis sont en cessation de paiement, où le chômage
et le taux de pauvreté atteignent des niveaux records... Mais rares sont ceux
- et c'est là que le choix du président par les élites occultes était particulièrement
judicieux -, qui osent encore s'attaquer au nègre blanc de peur de se faire taxer
de racistes...
L'avenir
très sombre de la Libye
Les requins
occidentaux ont remis sur la table les projets rejetés par l'ancienne Libye, et
se bousculent pour s'arracher les contrats juteux sur sa dépouille. Aussitôt le
pays reconquis, des troupes de responsables politiques et d'hommes d'affaires
se sont précipitées dans la capitale libyenne pour commencer de se partager le
gâteau. Les multinationales américaines et européennes, notamment les géants du
pétrole et du bâtiment (BP, Total, Exxon, Bouygues...), vont pouvoir maintenant
se distribuer des contrats juteux - comme elles l'ont fait en Iraq -, au grand
dam des compagnies russes, chinoises et indiennes. Et l'on peut d'ores et déjà
pressentir l'installation prochaine du géant de l'agroalimentaire Monsanto qui
imposera ses semences transgéniques aux agriculteurs libyens, comme en Iraq et
en Afghanistan. (22)
Le président
du Parlement européen, Jerzy Uzbek, a dit espérer maintenant une "pleine implication"
de la Libye dans l'Union pour la Méditerranée (UPM), un projet rejeté en 2008
par Mouammar Kadhafi car il visait à torpiller son projet d'Etats-Unis d'Afrique
et à diviser le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.
Une « réconciliation
nationale » est impossible. Comme l'Iraq, le pays est promis à une guerre
civile de longue durée, et sans doute à la partition. Les Libyens, ne pouvant
supporter le retour à l'asservissement aux colons occidentaux et la détérioration
de leurs conditions de vie, continueront à lutter contre un régime fantoche similaire
à ceux qui ont été installés par les Etats-Unis en Iraq et en Afghanistan.
La
troupe disparate des mercenaires terroristes de l'OTAN, n’a cessé de commettre,
depuis le début, des crimes de guerre atroces, quand ils ne s'entretuent pas (exemple
du général Abdel Fatah Younis, ministre de l'intérieur de Kadhafi, jusqu'au 22
février 2011, un agent français qui aurait été liquidé par les Frères musulmans...).
Les actes barbares commis par les milices islamistes, sont tout à fait semblables
à ceux qui ont été commis par le GIA en Algérie dans les années 90' : victimes
égorgées, décapitées, brûlés, torturées, aux yeux crevés, dont les bras et les
jambes ont été sectionnés, violées, pillages, lynchages racistes contre les noirs...
(Cf. le Rapport du 13 octobre 2011 d'Amnesty International) (23).
Il s'agit de crimes contre l'Humanité, qui ne seront jamais punis. Ces atrocités
ont été largement rapportées par des témoins directs crédibles, et les nombreuses
vidéos, dont le visionnage est insoutenable, qui circulent sur l'Internet.
Le
bilan est très lourd : des dizaines de milliers de morts (80.000, 100.000?), des
centaines de milliers de blessés, parmi lesquels de nombreux handicapés à vie,
des enfants malformés ou mort-nés pour des décennies en raison de l'utilisation
d'armes à l'uranium appauvri par l'OTAN (24), des centaines de milliers de réfugiés,
une population traumatisée. Un pays moderne qui avait été construit pendant quarante
ans, totalement détruit, avec ses infrastructures vitales : stations d'épuration,
centrales électriques, hôpitaux, écoles, universités, équipements culturels....
La
prochaine étape est une guerre civile de longue durée, entre les partisans de
l'ancien régime - qui viennent de créer au Sahel un Front de Libération de la
Libye (FFL) - et les différentes factions du CNT, où les islamistes semblent majoritaires,
qui ont en leur possession les armes lourdes distribuées par la coalition et le
matériel dérobé dans les arsenaux libyens (plus de 20.000 missiles sol-air Sam-7,
de milliers de bazookas et de kalachnikovs se sont volatilisés, ainsi que l'a
reconnu l'OTAN).
L'Occident
est tombé dans un niveau de dépravation, de corruption et de barbarie inimaginable
il y a encore quelques décennies. Il est désormais inutile d'invoquer les lois
internationales (Charte des Nations Unies, Conventions de Genève...) qui sont
constamment bafouées et dont les violations ne sont jamais sanctionnées par les
instances juridiques concernées (CPI, TPI), dès lors qu'il s'agit
de couvrir les crimes commis par les grandes puissances occidentales...
Joëlle
Pénochet, le 19 novembre 2011
Notes
:
(13)
Cité par Marinella Correggia : Pluie de bombes sur les civils libyens, qui espèrent
encore, Il Manifesto, 7 mai 2011.
(14) Littéralement
« Etat des masses », forme de démocratie où le peuple gouvernait par
le biais de comités populaires où toutes les tribus étaient représentées.
(15)
Libye - le principal motif de l'agression : le Dinar Or (VOSTF), 10 avril 2011
http
://www.internationalnews.fr/article-libye-le-principal-motif-
de-l-agression-contre-la-libye-lle-dinar-or-vostf-82307466.html
(16) Journal
de France culture du 20 octobre 2011. GRAEFF Christian : Le rôle des Occidentaux
dans la chute du régime Kadhafi Entrevue avec l’ancien ambassadeur de France Mondialisation.ca,
20 octobre 2011
Retranscription intégrale :
http
://www.silviacattori.net/article2213.html
(17) L’«Opération
Libye» et la bataille du pétrole : Redessiner la carte de l’Afrique, Mondialisation.ca,
22 mars 2011.
(18) Bill
Van AUKEN : Mouammar Kadhafi assassiné par les Etats-Unis et l'OTAN WSWS 24 octobre
2011
(19) Le
Project for the New American Century intitulé (PNAC) « Rebuilding Americas'
Defenses » (« Projet pour un nouveau siècle américain », 2000)
annonçait une longue guerre de conquête sur plusieurs théâtres d'opération simultanés.
(20)
Cf. Ó CATHAIL Maidhc : Deception over Lockerbie, Dissident Voice, 24 septembre
2009, Libya did not plead guilty for Lockerbie, Labour & Trade Union Review
,March 2004 ; PÉAN Pierre : "Kaddafi n'est pas responsable de l'attentat de Lockerbie"
(IN) Arte - fausses pièces à convictions pour l'attentat de Lockerbie 28/08/2007
et Pierre Péan, Manipulations africaines, Qui sont les vrais coupables de
l'attentat du vol UTA 772 ? Plon, Paris, 2001.
(21) Cf. CYPEL
Sylvain : Goldman Sachs et les millions libyens, Le Monde, 7 juin 2011. Cité par
René Naba Libye : le drapeau vert ne flottera plus sur Tripoli Mondialisation.ca,
Le 2 septembre 2011 « De janvier à juin 2008, il lui versa donc 1,3 milliard
de dollars. En février 2010, il n’en restait que 25,1 millions. De la somme initialement
apportée, 98 % avaient disparu. Certes, on connaît des entreprises – AIG, General
Motors, Lehman Brothers, Fannie Mae et Freddie Mac, dont l’action, durant la crise
financière, a chuté dans des proportions similaires. Mais, pour des placements
d’un investissement souverain, il doit s’agir d’un record du monde toutes catégories. »
(Ibid.).
(22) Cf. Joëlle
Pénochet : Monsanto à Babylone Mondialisation.ca 13 février 2008, Journée
Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13245 18
avril 2009
(23) Amnesty
International : La nouvelle Libye est “entachée” par les atteintes aux droits
humains dont sont victimes les prisonniers »
(24) Cf. DINUCCI
Manlio : Uranium Appauvri : LIBYE, le Fukushima de la guerre + vidéo Mondialisation.ca,
30 mars 2011 et PENOCHET Joëlle : Armes À l'uranium appauvri : 20 ans après, où
en est-on ?. Internationalnews 7 janvier 2011
http
://www.internationalnews.fr/article-la-libye-un-
pays-qui-etait-condamne-a-la-recolonisation-ii-par-
joelle-penochet-90100327.html