LIBYE : un peu d'histoire ...

 

L’Italie débuta son plan de colonisation en 1910 avec l’envoi d’une mission archéologique en Tripolitaine, dirigée par le Comte Sforza, et dont les buts annoncés était la quête de phosphate et des recherches archéologiques. En réalité, la mission devait explorer le territoire libyen et dessiner des cartes précises indispensables aux opérations militaires qui se préparaient. .

Columbo
Samedi 3 Septembre 2011

Général Rodolfo Graziani

Le colonialisme italien tenta de convaincre ses soldats qu’ils étaient les porteurs d’un message d’humanisme et qu’ils étaient venus en Libye pour sauver et libérer des peuples... Le boucher de la Libye, le Général italien Rodolfo Graziani écrit dans son livre Vers le Fezzan : « Les soldats italiens étaient convaincus qu’ils étaient la nation dominatrice investie d’une mission noble et civilisatrice. Ils étaient ici, non pour exploiter autrui, mais pour améliorer la situation du pays. Les Italiens se devaient de remplir ce devoir humain, quel qu’en fût le prix. Il faut donc soumettre le peuple libyen de son plein gré au colonialisme italien ainsi qu’aux coutumes et aux lois de l’Italie. Si les Libyens ne se convainquent pas du bien-fondé de ce qui leur est proposé, alors les Italiens devront mener une lutte continuelle contre eux et pourront détruire tout le peuple libyen pour parvenir à la paix, la paix des cimetières... »

Les Italiens exterminèrent ainsi la population de tout le village d’Al-Manshiyyah, situé à l’est de Tripoli. Nul ne fut épargné, pas mêmes les femmes, les enfants et les vieillards. Les massacres s’étendirent ensuite à d’autres villes. Ils parvinrent ainsi à tuer près de sept mille Libyens en trois jours et à en déporter deux mille autres. Les atrocités ne cessaient de s’amplifier au fil des jours. Ils violèrent les femmes et exécutèrent sommairement les hommes, dévoilant ainsi au grand jour la face hideuse d’une Italie colonialiste, animée par de bas desseins de domination. Un peuple désarmé était exterminé parce qu’il n’était pas convaincu par les mobiles humanistes de son bourreau.


Prisonniers libyens civils sous escorte italienneLe jihâddu peuple libyen
Le 6 novembre 1911, l’Italie déclara avoir pris le contrôle de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque. Les Libyens répondirent à cette déclaration en intensifiant les actes de résistance. Ils attaquèrent les camps italiens sur tout le territoire libyen, mais étaient souvent matés avec une violence inouïe par les forces d’occupation.

Cette étape de la résistance était marquée par des raids éclairs contre les positions ennemies, mais les capacités militaires des Italiens - des armes modernes, des armées régulières - venaient invariablement à bout des attaques libyennes, d’autant plus qu’ils étaient soutenus pas les autres grands pays colonialistes.

Mais malgré tous ces avantages militaires et diplomatiques évidents, l’invasion de la Libye fut loin d’être une promenade de santé pour les Italiens. Même si les attaques libyennes étaient insuffisantes, elles permettaient de maintenir un climat de terreur et d’anxiété dans les rangs du colon. Par ailleurs, l’appel au jihâdfut proclamé dans tout le monde arabo-musulman pour voler au secours du peuple libyen. Des milliers de volontaires arrivèrent ainsi pour soutenir la résistance à l’envahisseur.

 




Voyant qu’elle avait affaire à des hommes qui aspiraient à la mort comme ses soldats aspiraient à la vie, l’Italie demanda aux pays européens de faire pression sur l’Empire ottoman pour qu’il arrête de soutenir les Sénousis. Dans le cas contraire, l’Italie menaçait de bombarder les côtes ottomanes. La France, la Russie, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie volèrent au secours de leur consœur italienne et obtinrent des Ottomans, le 3 octobre 1912, la signature du Traité d’Ouchy, près de Lausanne, en Suisse, dans lequel les Turcs reconnaissaient officiellement l’annexion de Tripoli à l’Italie et acceptaient de se retirer de la Libye.

Lorsque les combattants libyens apprirent la nouvelle, Ash-Sharîf As-Sunûsî, chef de la confrérie sénousie, répliqua : « Nous sommes radicalement opposés à ce traité. Et nous n’accepterons aucun traité dont le prix serait l’abandon du territoire à l’ennemi. »

Le panislamisme : combustible des peuples arabes
L’offensive contre la Libye provoqua un tollé général dans tout l’Empire ottoman et dans le monde musulman. L’opinion publique islamique se révolta et prit le parti de soutenir le jihâden Libye contre les Italiens. L’Imâm du Yémen Yahyâ Hamîd Ad-Dîn fit signifier à l’Empire ottoman qu’il était prêt à lever cent mille hommes sous son commandement pour défendre l’Empire musulman. L’Émir de Najd `Abd Al-`Azîz Ibn Sa`ûd fit de même et déclara être prêt à mobiliser toutes les tribus qu’il contrôlait et à les faire marcher sous le drapeau ottoman.

Les volontaires affluèrent de toutes les contrées musulmanes pour participer au jihâd, si bien qu’après un an du début de l’invasion italienne, ils étaient plus de douze mille volontaires prêts au combat. Des comités furent organisés pour porter secours aux sinistrés. Des missions médicales furent envoyées sur le terrain, en Tripolitaine et en Cyrénaïque. Le peuple égyptien se montra le plus zélé en soutien au peuple libyen. On récolta des dons et on les distribua via des associations humanitaires, comme celle créée par l’Émir `Umar Tûsûn. Ce fut également à cette occasion que fut créé le Croissant-Rouge Égyptien. Le Croissant-Rouge était dirigé à cette époque par le Sheikh `Alî Yûsuf, et sa première mission se rendit en Libye le 7 novembre 1911.


L’Emir `Umar TûsûnLa cause la plus importante de cette mobilisation générale était la puissance de la fibre islamique qui reliait tous ces peuples et toutes ces contrées. Par ailleurs, les Musulmans ressentaient une grande motivation pour défendre le Califat menacé de toutes parts par les puissances colonialistes. Ils savaient que le démembrement du Califat causerait indubitablement la division et la faiblesse de la Communauté musulmane. Les années semblent leur avoir donné raison. Ils comprirent également que contrairement à ses prétentions, le colonialisme n’avait aucune mission civilisatrice ou humaniste. Ses seuls desseins étaient de décimer les peuples et de piller leurs richesses, comme le démontrèrent brillamment les Italiens en Libye ou les Français en Algérie.

Les négociations entre As-Sunûsî et les Italiens
Le mouvement de la résistance se poursuivit jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914. L’Italie entra en guerre du côté des Alliés, tandis que la Turquie s’allia à l’Allemagne. La Turquie afficha ainsi clairement son soutien aux Libyens menés par As-Sayyid Ahmad As-Sunûsî, et se lança avec eux contre leur ennemi commun.

Mais très vite, les relations entre As-Sunûsî et les Turcs se détériorèrent, du fait que ces derniers avaient levé les Anglais contre lui, alors que lui-même désirait garder de bonnes relations avec eux pour ne pas se voir fermer la porte de l’Égypte. La situation en Libye devenait de plus en plus critique, notamment à cause de la conjoncture économique défavorable et d’un désastre humain qui emporta des centaines de vies. Toutes ces raisons amenèrent le successeur de Ahmad As-Sunûsî, Idrîs As-Sunûsî, à entamer des pourparlers, le 16 avril 1917, avec les deux puissances alliées, l’Angleterre et l’Italie. Ces négociations aboutirent à l’Accord de `Ikrimah qui définissait les zones d’influence des Sénousis d’une part et des Italiens d’autre part. L’accord stipulait également un cessez-le-feu et autorisait la liberté de déplacement entre les deux zones d’influence.

Reconnaissance de l’autorité d’As-Sunûsî par les Italiens
Un autre accord, l’Accord d’Ar-Rajmah, fut signé quelques années plus tard, le 25 octobre 1920, dans lequel les Italiens reconnurent l’autorité légitime d’As-Sunûsî en tant que gouverneur civil et leader de la partie intérieure de la Cyrénaïque. Idrîs As-Sunûsî se vit accorder le titre d’Émir et la région qu’il contrôlait devint un émirat héréditaire.

Mais toutes ces décisions ne mirent guère fin au conflit italo-libyen. La résistance était toujours sur le pied de guerre, le peuple refusait de se soumettre à la colonisation et la flamme du jihâd ne voulait pas s’éteindre.

En 1918, après la fin de la Première Guerre mondiale d’où l’Italie était ressortie meurtrie, une trêve fut signée entre les deux parties belligérantes. L’accord stipulait la fin de l’état de guerre et la mise en place d’une république. Il reconnaissait l’autonomie intérieure de la Tripolitaine, placée néanmoins sous tutelle italienne. On décida également de créer un parlement et un gouvernement locaux qui dirigeraient le pays. Mais cette république ne vécut pas bien longtemps, l’Italie n’ayant accepté les mesures de cet accord que pour gagner du temps et récupérer ses esprits après la Grande Guerre.

Le jihâd ou la voie vers l’indépendance
Les Libyens furent les auteurs d’une épopée glorieuse dans leur résistance au colonialisme. Avec leur cavalerie menée par le grand héros `Umar Al-Mukhtâr, ils surent infliger de lourdes défaites à l’armée moderne de l’envahisseur, tout comme ils surent attirer sur eux l’attention de la communauté internationale. L’Italie employa tous ses efforts pour liquider `Umar Al-Mukhtâr, âgé de près de 80 ans, et ses compagnons. Après plusieurs vaines tentatives, elle finit par le capturer le 11 septembre 1931, après que le cheval qu’il chevauchait eut été blessé. Suite à un procès sommaire et expéditif qui ne dura guère plus d’une heure, il fut condamné à la peine capitale. Son exécution eut lieu le matin du 16 septembre 1931, devant une foule de Libyens rassemblée pour l’occasion.

Mais le jihâdne s’interrompit pas pour autant. Le peuple libyen poursuivit sa lutte jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Le dernier soldat italien quitta le sol libyen le 25 janvier 1943, après plus de 30 ans d’une guerre de libération qui coûta la vie à plus d’un demi-million de martyrs, soit un cinquième de la population totale de la Libye à cette époque.

Samedi 3 Septembre 2011















Bellicisme Impérial :
Canonnière, Mensonge et Vidéo'



Georges STANECHY




« Operation Earnest Voice (OEV) est le programme fondamental qui regroupe moyens et ressources pour synchroniser nos activités opérationnelles d'Information [...] via les médias traditionnels, mais aussi les sites internet ou encore les blogs.
Dans chacun de ces domaines, nous suivons le principe que nous avons appliqué en Irak, celui d'essayer d'être "les premiers avec la vérité" ».

General David H. Petraeus (1)



Dupés, Bernés, Floués,

Reconnaissons-le.

Encore une fois, l'opinion publique conditionnée, tétanisée, dans son écrasante majorité, a foncé tête baissée dans le panneau. Avec une remarquable maestria, une foudroyante réactivité, la propagande de l'Empire a su faire assimiler son agression coloniale en Libye à la "protection" d'une révolte populaire semblable à celles de la Tunisie ou de l'Egypte.

Car, il n'y a pas plus de volonté de protéger le peuple Libyen par les Occidentaux qu'il n'y a eu de massacres de population libyenne par son dictateur. Ainsi qu'en témoignaient les réactions des premiers "expatriés européens" à leur descente d'avion, devant micros et caméras. Témoignages rapidement occultés, par la suite...

Soulignant que jamais ne s'étaient produites des manifestations réunissant toutes les couches sociales, avec femmes et enfants, sur une place publique, face à une présence massive et violente de forces de répression, comme Egyptiens et Tunisiens en avaient longuement vécu l'expérience et partagé l'émotion.

La Libye reste avant tout une société tribale où chacun bénéficie de la protection de son clan. Son dictateur n'est pas plus, ou est tout autant, sanguinaire, corrompu, débauché, et autres qualificatifs, que ceux protégés par l'Empire dans la Péninsule Arabique, en Asie Centrale, en Amérique latine, en Afrique subsaharienne, ou ailleurs, quand ils se conforment à ses diktats.

Caricature de l'artiste du Honduras Allan Macdonald

"Philosophie" de la canonnière

Il s'agit tout simplement d'un coup d'Etat, minutieusement préparé à l'instigation des puissances coloniales, sur fond de partition, de sécession, semant guerre civile, chaos et anarchie dans le pays.

Le pivot étant la ville de Benghazi, dans l'est de la Libye, s'opposant à Tripoli au cœur des provinces de l'ouest fidèles au dictateur actuel. Cyrénaïque contre Tripolitaine. Benghazi, fief des tribus Zuwayaa et Senoussi, d'où était issue la dynastie du dernier roi Idriss, un Senoussi, renversé lors du Coup d'Etat de Kadhafi en 1969.

Ces "monarchistes" sont regroupés autour de l'ancien ministre de la justice Mustapha Abdel-Jalil, connu par ses propres concitoyens pour sa corruption effrénée et son appartenance à la CIA. (2) Ce qui explique l'apparition subite de milliers de drapeaux monarchistes, aux trois couleurs, pavoisant Benghazi dès le premier coup de feu, et bien d'autres bizarreries ou incohérences dans les bobards de la propagande...

Pris au milieu d'un règlement de comptes entre deux bandes de gangsters, celle du clan d'un dictateur et celle des prédateurs de l'Occident n'aspirant qu'à le remplacer par des marionnettes plus dociles, tel est le sort du peuple Libyen. Assistant impuissant à la régression de son pays au niveau de la Somalie ou du Soudan, dans un déchirement entre tribus rivales, une guerre fratricide entretenue par les Occidentaux. (3)

Comment ne pas éprouver compassion et honte, à la fois ?...

L'apparition bondissante, d'un plateau TV à un micro radio, d'un BHL, son omniprésence, dans tous les médias francophones, (4) étaient pourtant la signature d'une arnaque de l'appareil de désinformation. Volant au secours d'un Juppé, notre ministre des affaires étrangères à peine capable de lire le texte imposé par notre suzerain et de sourire béatement devant les caméras, pour vendre cette expédition coloniale. Cette énième mise en scène destinée à légitimer ce qu'on appelait, au XIX° siècle, la "diplomatie de la canonnière"'

Son histrionisme exalté, son fanatisme à la Torquemada, confits de mépris et d'appels à la haine, avaient rythmé l'anéantissement de l'Irak sous les bombes et les mensonges de la propagande. Donnant d'autant plus de relief à son silence, pendant des semaines, lors de l'écrasement dans le souffle et le feu des explosions, obus à uranium appauvri, et épandages de phosphore blanc, de milliers d'innocents : Liban, juillet 2006 ; Gaza, décembre 2008 - janvier 2009...

Mutisme de cette Belle Ame, tout aussi monumental,
sur les horreurs des dictatures de Ben Ali en Tunisie ou de Moubarak en Egypte.
Tout aussi verrouillé, quand il s'agit des pétromonarchies écrasant la révolte de leurs peuples sous la répression depuis des décennies : Bahreïn, Yémen, Arabie Saoudite, Jordanie, Oman, Emirats Arabes Unis. Régimes aussi barbares que pourris, ne connaissant aucun bureau de vote. Seule la Jordanie s'autorisant des simulacres électoraux'

Cultivant le mensonge avec un incommensurable culot lors de l'agression par la Géorgie, avec l'assistance de l'Empire et son bras armé l'OTAN, des provinces autonomes du Caucase Russe en août 2008. Contre toutes les évidences, faits et preuves, il n'hésitait pas une seconde à affirmer que c'était la Russie l'agresseur'

Alors, entendre un BHL
se vanter dans tous les médias français d'avoir "présenté" les dirigeants du
Conseil National de Transition

de Libye (le mystérieux et autoproclamé CNT) à Sarkozy
donne une idée de ce qui est, et était, en train de se préparer...
Cela me rappelait son acharnement à vouloir introniser officiellement le Commandant Massoud auprès du gouvernement français de l'époque. Alias "le lion du Penshir" dans nos médias,
féodal, chef de guerre, grand baron de l'opium
et un des plus fidèles pions de la CIA en Afghanistan.
Plus "indépendant" que notre gouvernement actuel, il avait flairé l'embrouille...

Cynisme et casuistique

Le cynisme de l'homme, posant en sauveur de la Civilisation, n'est pas une surprise, mais une norme. Après tout, cette nouvelle guerre contre un pays arabe producteur de pétrole vient d'être lancée par un
Prix Nobel de La Paix
,
faisant office de "président" de l'Empire.
Postures clonées par tous les charlatans cathodiques, payés pour entretenir le ronronnement de la désinformation dans nos médias : experts en stratégie, politologues, spécialistes du monde arabe, géopoliticiens. Lui, nullement gêné par l'imposture,
c'est en « philosophe » qu'il interpelle la planète...'

Ethique.... Morale... Connaissance de l'Autre... Logique... Méthodologie d'analyse...
Où est la « philosophie » dans sa logorrhée belliciste, du niveau de la rhétorique des animateurs médiatiques des JT, singeant leurs ancêtres des "actualités cinématographiques" qu'on peut apercevoir dans certains documentaires sur nos désastres coloniaux : expédition de Suez, guerre d'Indochine, guerre d'Algérie ?... Mots, argumentations, triomphalismes, identiques, devant les indispensables exploits des glorieux militaires à la pointe du combat et de la technologie, pour écraser les ennemis de La Liberté...

Plus préoccupant que les gesticulations de ce propagandiste, archétype de l'habitus colonial de notre caste au pouvoir,
est de voir des hommes politiques,
se disant hostiles aux néoconservateurs US dictant notre politique étrangère,
au premier claquement de doigts prêter allégeance à l'Empire !...
Dans une casuistique acrobatique, rappelant les discussions byzantines sur le sexe des anges.

La conscience tranquille, approuvant une "zone d'exclusion aérienne" pour protéger une résistance populaire qu'ils comparent, dans un analphabétisme géopolitique sidérant, à la Guerre civile d'Espagne de 1936. Dès lors que la décision est avalisée par l'ONU. Quand on sait les ravages que cela entraîne, liés à un embargo inhumain, pour les pays qui les subissent, comme l'Irak avant sa pulvérisation définitive...

« L'ONU, rien que l'ONU, toute l'ONU »,
comment claironner, ânonner pareille stupidité ?
Me faisant penser à ces preux chevaliers s'enrôlant dans une « guerre juste », « l'âme en paix » : ils avaient reçu la bénédiction papale. Clamant, avant de charger sur leurs destriers :
« Au Diable les dégâts collatéraux !
Dieu reconnaîtra les siens !
 ».

Ont-ils oublié que l'ONU, depuis sa création, n'est que la chambre d'enregistrement
des décisions, pillages et atrocités de l'Empire ?...

L'ONU n'a jamais été capable de protéger les populations civiles,
de faire respecter les Conventions de Genève,
de faire appliquer le droit international,
ne serait-ce qu'au cours des atroces guerres d'indépendance coloniales : Afrique du sud de l'apartheid, Algérie, Angola, Guinée équatoriale, Indochine puis Vietnam, Kenya, Mozambique, et tant d'autres.
Massacres, blocus, de Palestine et de Gaza, de Yougoslavie et d'Irak, d'Afghanistan et du Pakistan, centres de torture de Guantanamo, Abu Ghaïb, Bagram, resteront des hontes ineffaçables pour l'ONU.

Ont-ils oublié que de multiples pays sont pillés par les groupes miniers occidentaux avec l'aval de l'ONU légitimant partition et mise sous tutelle, du Congo (ex-Belge notamment) au Timor oriental, en passant par le Darfour et la pantalonnade de la sécession du sud-Soudan ?...
L'ONU incapable de faire respecter ses propres résolutions en Palestine,
incapable de faire respecter des élections libres, des gouvernements légitimes, renversés dans des coups d'Etat militaires en Amérique latine, en Algérie, au Burkina, au Togo, en Côte d'Ivoire, en Indonésie, et ailleurs...

Et Martin Nesirky, porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon,
d'affirmer sans rire,
à propos des violences en Libye :
"Tous ceux qui violent le droit international humanitaire et les droits de l'homme devront répondre de leurs actes". (5)

Vidéos & cocoricos

Kadhafi ?...
Avec l'usure du temps, devenu une caricature de dictateur,
dérapant d'extravagances en gaspillages.
En comparaison, un Franco ou un Pinochet, si longuement appréciés en Occident,
paraissent austères, très BCBG...

Bien sûr, il a dilapidé les richesses de son pays, au lieu d'investir avec ses voisins dans le développement de la région. Inapte à promouvoir un Etat moderne, fort, indépendant, comme avait su le faire un Atatürk en Turquie sur les débris de l'empire Ottoman. Il avait été mis au pas, après des velléités d'autonomie à l'égard des occidentaux, mais la servilité affichée ne lui enlevait ni mépris raciste, ni rancune de ses maîtres.

Beaucoup lui en voulaient.
Les Britanniques pour son soutien à la cause de l'indépendance irlandaise de l'Ulster,
les Français pour avoir soutenu les diverses tentatives de libération du Tchad et autres Etats africains pourvoyeurs quasi-gratis de son uranium,
les Italiens pour les avoir contraints à reconnaitre les atrocités de leur colonisation libyenne,
les Israéliens pour avoir soutenu la Palestine,
les USA pour avoir osé les défier et mettre les doigts dans le nucléaire.

Jusqu'aux Saoudiens et les pétromonarchies du Golfe, pour les avoir copieusement traités de "vendus" à l'Empire à chaque "sommet" de la Ligue Arabe, fustigeant leur lâcheté dans l'abandon des Palestiniens,

En fait, il était mûr pour tomber.
Comme Saddam Hussein, à la veille d'être renversé, si l'Irak avait été laissé en paix.
Il n'était aucunement nécessaire de bombarder le pays, y répandre mort, souffrance, destruction, humiliation, ressentiment.
Ses concitoyens, son propre clan, s'en seraient chargés, sans guerre civile.

Mais l'Empire, les relations internationales ne sont pas fondées sur la négociation, ni la gestion des équilibres entre Etats dans le respect d'un droit international.
On cogne d'abord, on discute après, éventuellement.
L'usage de la force est prioritaire.
La Loi du Plus Fort et les lobbies de l'armement l'exigent. Amen.

 





Il n'existe aucun « Ordre International »,
l'Empire s'y opposant farouchement,
imposant des règles de gouvernance à La Communauté Internationale
suivant de réelles règles d'éthique, bannissant, sanctionnant :
1) pour des dirigeants, de tirer sur leurs propres peuples
2) pour des pays étrangers, d'intervenir militairement dans des Etats souverains qui ne se sont livrés à aucune agression militaire à l'égard d'autres nations.

Car, la Libye n'agresse personne, ne bombarde ni ne détruit aucun de ses voisins, n'enferme pas 1,5 million de personnes dans un blocus illégal comme à Gaza. Non. Mais, lorsque l'Empire décide de l'écrasement d'un pays, son pillage et son appropriation, il commence par diaboliser celui qui le dirige.

En conséquence, il ne sera pas mis "hors la loi", mais 'hors de l'humanité... Transformé en monstre, si ce n'est en terroriste. C'est "'l'excommunication", nouvelle formule. Légitimant ainsi toutes les violences à l'encontre de son pays, puisque nous sommes face au "Diable"'

Poutine n'a pas hésité à le reconnaître :
« La résolution 1973 adoptée par le Conseil de Sécurité est défectueuse et mal rédigée ; elle permet tout et rappelle l'appel médiéval à la Croisade. Car elle autorise une intervention dans un Etat souverain [...] Sous prétexte de protéger des civils. Où sont logique et conscience ? Il n'y en a pas. Les évènements actuels en Libye confirment que la Russie à raison de renforcer ses capacités de défense.
 » (6)

Tout est bon, dans un terrorisme intellectuel chloroformant notre inconscient collectif : une pluie de fausses vidéos, faux blogs et bloggeurs, faux chiffres, faux témoignages, fausses joies de faux combattants. En corollaire, une inflation galopante dans le morbide, le macabre : milliers de morts, dont on ne retrouvera jamais trace, imposant l'urgence des bombardements, sinon on arriverait à des centaines de milliers. Pour peu on atteindrait les "300.000 Irakiens assassinés" faussement imputés à Saddam Hussein. Et, dans le cas de la Libye, pays de 6,5 millions d'habitants, cela ferait beaucoup...

La meute est, ensuite, lâchée.
Plus de 350 avions et des dizaines de navires, de tout l'Occident avec sa mosaïque de nationalités. Chacun considérant le pays comme un champ de manœuvre "vivant", réactif mais sans danger réel. Avec l'avantage pour les marchands de canon de tester les matériels, recevant l'indispensable label « Combat Proven » favorisant les ventes, et pour les commandements de coordonner leurs carnages.

Ne fermons pas les yeux : bombarder un pays sans défense efficace équivaut à un « carnage ». Ainsi celui commis par nos avions, à Tika notamment, sur des véhicules en retraite ne menaçant pas Benghazi. Choquant même les correspondants de presse étrangers, parlant de la "férocité" des français. (7)

Mais Cocorico !
La France se veut "en pointe", avant de passer le relais à l'OTAN :

« La France en pointe de l'opération. 'Il est clair que la France assure le leadership de l'action militaire dans l'espace aérien libyen', a reconnu le premier ministre belge Yves Leterme.
En effet, Paris a été à l'origine de la mobilisation diplomatique,
et c'est le président français qui a annoncé seul le lancement de l'opération militaire, samedi. »
(8)Il est vrai que cette opération devenait urgente, plus qu'urgente, pour les pays occidentaux.

Quatre objectifs immédiats :

1) Faire oublier la contre-révolution en marche, non seulement en Tunisie et en Egypte, mais surtout dans la péninsule arabique réservoir de pétrole de l'Occident, les atrocités de l'oppression : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Oman, Yémen, sans oublier le Qatar et la Jordanie.

Notons par exemple, le silence total de nos médias et de l'ONU sur la terrible répression du dictateur de Bahreïn, Al Khalifa, soutenue, encouragée par l'Empire. Où, l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis viennent d'envoyer plus de 1000 hommes de troupes, chars et hélicoptères de combat, pour mater une révolution aussi pacifique que l'étaient celles des Tunisiens et des Egyptiens.
Noyée dans le sang.

Rappelons que Bahreïn, depuis des décennies, est un pays où la population vit dans la terreur et l'atrocité des tortures. S'y est illustré pendant 25 ans, le sadique Ian Henderson, écossais connu pour avoir forgé ses techniques de torture lors des guerres d'indépendances au Soudan et au Kenya. Les horreurs commises par le colonisateur lors de la lutte pour l'indépendance du Kenya, contemporaines de celle de l'Algérie, sont parmi les plus terribles qu'aura connues l'Humanité.
A Bahreïn, Ian Henderson a fondé la State Intelligence Security (SIS),
équivalente de la SAVAK en Iran sous le règne du protégé de l'Occident, le Shah,
à la même période.
Avec une équipe de spécialistes en tortures britanniques, dont le général Jim Bell qui avait gagné ses galons dans cette discipline contre les indépendantistes de Birmanie et d'Irlande du nord.
En comparaison, un Klaus Barbie ferait figure d'amateur dans la sauvagerie des tortures qu'ils ont fait subir aux Bahreïnis et que perpétue l'appareil répressif qu'ils ont mis en place. (9)

2) Faire oublier aux opinions publiques les implacables politiques antisociales mises en œuvre par les Etats occidentaux, en Amérique du nord comme en Europe. La volonté des populations de "défendre la justice et le droit" dans les rues inquiète les gouvernements. La révolte gronde contre les gaspillages de la ploutocratie dans des budgets militaires et sécuritaires sans limites, au détriment de la création d'emplois et de la redistribution de la richesse nationale.

Ainsi à Londres, le samedi 26 mars 2011, ce sont plus de 500.000 personnes qui ont manifesté. (10) Les USA n'y échappent pas. Dans l'Etat du Wisconsin les manifestants, jusqu'à 100.000 dans les rues, crient « Mort aux tyrans ! » à l'encontre de leur gouverneur du parti républicain Scott Walker, dans leur colère contre l'injustice sociale...

3) Faire oublier le pillage des richesses pétrolières de la Libye.
Une guerre civile, un état d'anarchie, sont les occasions rêvées pour pomper pétrole, gaz et autres richesses minières. Autant qu'on veut et sans payer !... Si ce n'est d'accorder des miettes aux chefs de guerres et potentats locaux. De quoi entretenir l'anarchie en les opposant les uns aux autres. Un des pires exemples, dans ce genre de spoliation, est la RDC (ex-Zaïre) et ses immenses ressources.

Avec un double avantage pour la nomenklatura occidentale : un enrichissement personnel, sous prétexte de "remplissage des caisses électorales"', via les paradis fiscaux pour les promoteurs et les organisateurs de cette dévastation, et la fermeture de l'accès des Chinois au marché du brut Libyen, un des meilleurs du monde par sa qualité...

4) Faire oublier le soutien aux dictatures des Ben Ali et Moubarak, le manque de réactivité face aux revendications démocratiques des peuples de Tunisie et d'Egypte. D'une façon générale, faire oublier le soutien passé, présent et à venir, aux dictatures ou autocraties inféodées à l'Empire et au service de ses seuls intérêts.

Intox & CyberWar

Le camouflage des guerres coloniales en sauvetage humanitaire exige un appareil de propagande hautement réactif et performant. D'où l'importance des budgets généreusement accordés à la propagande de l'Empire. L'armée américaine, à elle seule, consacre chaque année un minimum d'US $ 200 millions aux opérations de désinformation sur internet, blogs et réseaux sociaux. (11)

Cette action d'infiltration et de noyautage, considérée comme prioritaire, est gérée 24h/24h à partir de la base aérienne de MacDill, près de Tampa en Floride, siège des opérations psychologiques et de propagande (US Special Operations Command) de l'appareil militaire américain. Avec, en complément, huit autres "serveurs virtuellement privés" (virtual private server), répartis dans le monde. Dans toutes les langues, tout particulièrement en Arabe, Farsi (Iran - Pakistan), Ourdou et Pashtoun (Pakistan - Afghanistan). (12)

Assisté de logiciels spécialisés, un même opérateur peut emprunter simultanément 10 identités ou "personnalités" différentes, avec des IP distincts, utilisant tous les vecteurs internet, dans le jargon : blogposts, tweets, retweets, chatroom posts, etc. Indétectables, simulant leur présence dans le pays cible pour communiquer de fausses informations, vidéos truquées, fausses photos prises soi-disant à partir de téléphones portables, et autres astuces. (13)

Ces techniques de faux bloggeurs, appelées « sock puppets » (marionnettes de chaussette), déjà connues et pratiquées, deviennent de plus en plus sophistiquées dans la crédibilité. En mai 2010, s'était tenue une conférence réunissant les experts les plus pointus en la matière, avec un titre révélateur : InfoWar (14).
Des pays, comme Cuba, l'Iran, la Chine, le Venezuela, sont soumis en permanence à cette pression, manipulation et subversion. (15)

Sont ainsi fabriqués des "héros de la dissidence" sur des blogs ou Facebook, à partir de la Floride... Parfois, il arrive que des journalistes (du moins, les rares en mesure d'effectuer un travail sérieux...) insistant pour les rencontrer, on soit obligé de les faire "disparaître" comme dans les héros de séries TV en fin de contrat au cours du tournage : prétendument abattus ou jetés dans les oubliettes. Par le régime à diaboliser, évidemment.

Après la Libye, à qui le tour ?...

La procédure inquisitoriale, l'excommunication, sont lancées : la Syrie ! La 'fatwa' a été officiellement émise par The Jerusalem Post, le 23 mars 2011 : " For all his faults, Assad is the devil we know"'

Le grand mot est lâché : "Devil", le Démon, le Diable !... (16)

Pays de 25 millions d'habitants, non pétrolier, qui ne menace personne, mais accueille des milliers de réfugiés, Palestiniens puis Irakiens, chassés par la violence occidentale dans leurs pays. Se débattant dans une des pires sècheresses depuis des années, sous embargo non justifié, il a effectivement le tort de ne pas accepter La Loi du Plus Fort et de défendre sa souveraineté face à l'Empire.

Alors son dirigeant, Bachar Al Assad, certainement, le plus sérieux, honnête et courageux de la région, est en cours de diabolisation. D'ici peu, parions-le, nous allons apprendre que ce chef d'Etat, ophtalmologue de formation ainsi que son épouse, a ordonné d'étrangler les bébés de ses opposants dans leurs couveuses'

"No Iran. No Hizbullah. We want a Muslim who believes in God !".

Traduction :

« Non à l'Iran, non au Hezbollah, nous voulons un Musulman qui croit en Dieu ! ».

Oui, parce qu'Assad appartient à la minorité religieuse Alaouite, une des multiples branches du Shiisme. Alors, créer des conflits religieux par-dessus le marché' (17)

Mais, soyons rassurés, l'ONU veille !...

Tournant le dos, pour mieux se concentrer, aux bombardements quotidiens de Gaza,
aux orages permanents de drones tombant sur les villages des vallées d'Afghanistan et du Pakistan,
Navi Pilla, Haut Commissaire aux Droits de l'Homme
(UN High Commissioner for Human Rights)
a exigé des autorités Syriennes d'enquêter sur la répression
et de "mettre un terme à l'usage excessif de la force"' (18)

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Georges Stanechy





(1) General David H. Petraeus on The Posture of U.S. Central Command - Senate Armed Services Committee, March 16 ' 2010, p. 7,
http://www.centcom.mil/en/about-centcom/posture-statement

(2) Georges Kazola, Imperial Hypocrisy ' The Libyan Crusade, CounterPunch, 22 mars 2011, http://www.counterpunch.org/kazolias03222011.html

(3) Pepe Escobar, Endgame : Divide, rule and get the oil, Asia Times, 25 mars 2011, http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MC25Ak01.html

(4) Exemple : Canal +, Edition spéciale, 18 mars 2011

(5) http://fr.rian.ru/world/20110323/188963093.html

(6) In Gaddafi triggers Kremlin rift, by M K Bhadrakumar, 23 Mars, 2011, http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/MC23Ag02.html

(7) L'intervention française en Libye qualifiée de 'jeu de massacre' - Accusés d'un 'carnage', dimanche matin à Tika, les militaires français démentent s'être trouvés sur la zone, Le Point.fr - Publié le 21/03/2011 à 13:41,
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/
l-intervention-francaise-en-libye-qualifiee-de-jeu-de-massacre-21-03-2011-1309359_53.php

(8) http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/03/19/
qui-participera-aux-operations-militaires-en-libye_1495866_3212.html

(9) Jean-Pierre Perrin, Ian Henderson, un Britannique de l'ombre au service du Bahreïn - Depuis 30 ans, il dirige d'une main de fer les services secrets de l'émirat, Le Monde, 31 mai 1995, http://www.liberation.fr/monde/0101141069-ian-henderson-un-britannique-
de-l-ombre-au-service-du-bahrein-depuis-30-ans-il-dirige-d-une-
main-de-fer-les-services-secrets-de-l-emirat

(10) Voir les photos de cette impressionnante manifestation publiées dans The Guardian du 26 mars 2011 : http://www.guardian.co.uk/world/gallery/2011/mar/
26/thousands-march-against-cuts-in-pictures?picture=
373067834#/?picture=373059557&index=0

(11) Statement Of General James N. Mattis - U.S. Marine Corps Commander - U.S. Central Command - Before The Senate Armed Services Committee On The Posture Of U.S. Central Command, 1 Mars 2011, pp. 39 - 40, http://armed-services.senate.gov/
statemnt/2011/03%20March/Mattis%2003-01-11.pdf

(12) Nick Fielding & Ian Cobain, Revealed : US Spy operation that manipulates social media ' Exclusive : Military's 'sock puppet' software creates fake online identities to spread pro-American propaganda, The Guardian, 17 mars 2011,
http://www.guardian.co.uk/technology/2011/mar/17/
us-spy-operation-social-networks

(13) Ces photos truquées sont repérables, si on prête attention au fait que les visages ne sont pas montrés (prises de loin, de dos ou avec des lunettes noires pour en brouiller l'authentification), car elles sont souvent reconstituées, après avoir été prises en studio avec des acteurs et figurants '

(14) Voir le programme de ce colloque : InfoWarCon, 20 mai 2010,
 http://www.crows.org/
the-io-institute/infowarcon-2010-agenda.html

(15) Deisy Francis Medidor, Marina Menendez et Jean-Guy Allard, Cuba : Opération Surf, 20 mars 2011, http://www.legrandsoir.info/Operation-Surf.html

(16) Yaakov Katz, For all his faults, Assad is the devil we know, The Jerusalem Post, 23 mars 2011, http://www.jpost.com/MiddleEast/Article.aspx?id=213368

(17) http://www.joshualandis.com/blog/?p=8692

(18) http://english.aljazeera.net/news/middleeast/2011/03/2011322155925612161.html


URL de cet article 13245
http://www.legrandsoir.info/Bellicisme-Imperial-Canonniere-Mensonge-et-Video.html






Tariq Ali nous livre son analyse sur l’agression des Etats-Unis et de leurs satrapes Européens, contre la Libye.
Il dénonce le prétexte humanitaire qu’on tente de faire avaler aux gens et que même des personnes réputées de gauche semblent avoir gobé.
Parce que si les civils ont bel et bien par euphémisme le statut de victimes collatérales des bombardements « ciblés » des forces de l’OTAN, ce qui subsistait d’anti-impérialisme à gauche vient selon toute vraisemblance de subir également le coup de grâce. C’est du moins ce qu’on peut penser à voir les réactions des uns et des autres, dont celle très décevante de


Jean-Luc Mélenchon.







Des réactions tout simplement atterrantes.
Tariq Ali, en observateur averti de la politique internationale, nous explique quel est le plan des Etats-Unis pour la Libye : établir un protectorat aux frontières définies par leurs soins et doté d’un gouvernement à leur main dont la liste est établie par le Département d’Etat à Washington.









Bombarder Tripoli tout en soutenant d’autres despotes dans le monde arabe montrent que les frappes sous couvert de l’ONU pour renverser Kadhafi relèvent du cynisme pur et simple.


par Tariq Ali , The Guardian (UK) 29 mars 2011,
traduit de l’anglais par Djazaïri




L’intervention de l’US-OTAN en Libye sous couvert du conseil de sécurité de l’ONU s’inscrit dans une réponse orchestrée pour  montrer un soutien à un mouvement contre un dictateur en particulier et, de la sorte, mettre un terme aux rébellions arabes en affirmant le contrôle occidental, en confisquant leur élan et leur spontanéité pour essayer de restaurer le statu quo antérieur.







Il est absurde de penser que les raisons pour bombarder Tripoli ou pratiquer le tir au pigeon aux alentours de Tripoli ont pour but de protéger les civils. Ce dernier argument est avancé pour s’attirer le soutien des citoyens d’Europe et d’Amérique et d’une partie du monde arabe. « Regardez-nous, » expliquent Obama/Clinton et leurs satrapes de l’Union Européenne, « nous faisons le bien. Nous sommes du côté du peuple.” Un tel cynisme laisse pantois. Nous sommes supposés croire que les dirigeants qui ont les mains rouges de sang en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Sont en train de défendre le peuple libyen.

Dans leur bassesse, les media britanniques et français sont capables de gober n’importe quoi, mais le fait que des libéraux [des gens plutôt de gauche dans le vocabulaire anglo-saxon, NdT] sincères avalent encore ces bobards est déprimant. La société civile est facilement émue par certaines images et la brutalité de Kadhafi envoyant son aviation bombarder son peuple a été le prétexte saisi par Washington pour bombarder une autre capitale arabe. Dans le même temps, les allies d’Obama dans le monde arabe étaient à pied d’oeuvre pour promouvoir la démocratie.

Les Saoudiens sont entrés au Bahreïn où la population est tyrannisée et où ont lieu des arrestations en grand nombre.
Al Jazeera n’en parle pas beaucoup. Je me demande pourquoi ? Cette chaîne télévisée semble avoir été quelque peu contenue et ramenée sur la ligne politique de ceux qui la financent.

Le tout avec un soutien actif des Etats Unis. Le despote du Yémen, honni par la majorité de son peuple continue à tuer chaque jour sa propre population. Pas le moindre embargo sur les armes, ne parlons même pas d’une « zone d’exclusion aérienne, » ne lui a été imposé .
La Libye est encore un autre cas  de justice sélective de la part des Etats-Unis et de leurs chiens d’attaque en Occident.

Ils peuvent compter aussi sur les Français.


Sarkozy était impatient d’agir.
Incapable de sauver son ami Ben Ali en Tunisie, il a décidé de contribuer à évincer Kadhafi.
Les Britanniques sont toujours prêts à rendre service et dans ce cas, après avoir soutenu le régime libyen ces deux dernières décennies, ils font en sorte d’être du bon côté afin de ne pas rater le partage du butin. Que peuvent-ils obtenir ?
Les divisions à l’intérieur de l’élite politico-militaire des Etats Unis au sujet de toute cette opération révèlent qu’elle n’a pas d’objectif clair. Obama et ses satrapes Européens parlent de changement de régime. Les généraux  font de la résistance et disent que ça ne fait pas partie de leur vision de la situation.
Le département d’Etat s’affaire à préparer un nouveau gouvernement constitué de collaborateurs Libyens anglophones. Nous ne saurons donc jamais combien de temps l’armée déliquescente et affaiblie de Kadhafi aurait pu maintenir sa cohésion devant une forte opposition. La raison pour laquelle il perdait du soutien dans ses forces armées était justement qu’il leur avait ordonné de tirer sur sa propre population. Maintenant il parle de la volonté de l’impérialisme de le renverser et de prendre le pétrole et même de nombreuses personnes qui le méprisent peuvent voir que c’est vrai.

Un nouveau Karzai est en route.
Les frontières du misérable protectorat que l’Occident va créer sont décidées à Washington. Même ces Libyens qui, par désespoir, soutiennent les bombardements de l’OTAN, pourraient – à l’instar de leurs équivalents Irakiens – regretter leur choix.

Tout cela pourrait déclencher une troisième phase à un moment donné : la montée d’une colère nationaliste qui pourrait submerger l’Arabie Saoudite et là, soyez en certain, Washington fera tout ce qu’il faudra pour maintenir la famille royale au pouvoir.
Qu’ils perdent l’Arabie Saoudite et ils perdront les Etats du Golfe. L’agression contre la Libye, grandement facilité par l’imbécillité de Kadhafi à tous les niveaux,
a été conçue pour retirer l’initiative à la rue en se présentant comme les défenseurs des droits de la population. Les Bahreïnis, les Tunisiens, les Egyptiens, les Saoudiens et les Yéménites n’en seront pas convaincus, et même dans l’Euro-Amérique il y a plus de gens pour s’opposer à cette dernière aventure plutôt que de la soutenir.
La bataille n’est en aucune façon terminée.

Obama parle d’un Kadhafi sans pitié, mais la propre pitié de l’Occident ne tombe jamais du ciel comme une fraîche ondée sur ceux qui sont en dessous.
Elle n’est angélique que pour la puissance qui la déverse,
la puissance parmi les puissances.






Libye :

La destruction d’un pays.

Le bombardement de cibles civiles

- Témoignage de médecins russes en Libye


Note Editoriale de Global Research



Le compte rendu fourni par une équipe de docteurs russes constitue un compte rendu de visu de ce qui se passe sur le terrain en Libye. Cela contredit la désinformation des médias de masse. Cela confirme que la coalition bombarde par routine des cibles civiles. Pour ceux des progressifs qui ont soutenu le « mandat humanitaire « des US/OTAN ce compte rendu nous fourni des preuves de l’étendue des crimes de guerre commis par ceux qui affirment venir en aide aux civils. Des immeubles résidentiels, un hôpital sont visés par les Smart Bombes de la coalition. Ces dernières sont extrêmement précises. Le bombardement de civils est voulu. Ils sont ce qu’on appelle des cibles acceptées. Ils font partie d’une liste de cibles. Michel Chossudovsky 28/03/2011. Dans le texte ci-dessous les caractères gras sont de GB sauf titre.



Lettre Ouverte de médecins russes au Président de la Fédération de Russie
(…)


Aujourd’hui il y a une agression externe manifeste des USA et l’OTAN contre un pays souverain- La Libye
- Et si quelqu’un en doute nous disons que ce fait est bien connu car tout ceci se passe devant nos yeux et les actions des US et de l’OTAN menacent les vies non seulement des civils de Libye mais aussi nos vies nous qui sommes sur son territoire. Nous somme scandalisés par le bombardement barbare de la Libye actuellement mené par les US et l’OTAN.

Les bombardements de Tripoli et d’autres villes en Libye visent non seulement les défenses aériennes et l’armée de l’air libyenne et l’armée libyenne mais aussi des infrastructures militaires et civiles. Aujourd’hui 24 Mars 2011 des avions de l’OTAN et des US ont bombardé toute la nuit et toute la matinée une banlieue de Tripoli - Tajhura (où se trouve en particulier le Centre de Recherche Nucléaire de la Libye). Des installations de défense aérienne et de l’armée de l’air à Tajhura ont été détruites dés les deux premiers jours des frappes et des installations militaires actives sont restées mais aujourd’hui l’objet des bombardements ce sont des baraques de l’armée libyenne autour et prés desquelles il y a des zones résidentielles densément peuplées - les plus importantes des centres villes de Libye. Civils et médecins ne pouvaient prévoir que de simples quartiers résidentiels allaient être détruits donc aucun résident ni patient d’hôpital n’a été évacué.

Des bombes et des roquettes ont frappé des résidences tombant aussi prés d’un hôpital. Les vitres de l’immeuble du Centre de Cardiologie ont été brisées et dans l’immeuble où se trouve l’unité de la maternité pour des femmes enceintes atteintes de maladies de cœur un mur s’est effondré de même qu’une partie du toit Cela a provoqué 10 fausses couches des bébés sont morts les femmes sont en soins intensifs, des médecins luttent pour sauver leurs vies. Nos collègues et nous... travaillons 7 jours sur 7 pour sauver des personnes. Conséquence directe des bombes et des missiles qui tombent sur des immeubles résidentiels provoquant des dizaines de morts et blessés. qui sont actuellement opérés et sous surveillance de nos médecins. Un si grand nombre de tués et blessés à ce jour dépasse le total de tous ceux victimes des soulèvements en Libye. Et on appelle cela :
« protéger l a population civile » ?

Entièrement responsables en tant que témoins et participants de ce qui se passe, nous déclarons que les Etats unis et leurs alliés sont par conséquent entrain de commettre un génocide contre le peuple Libyen - comme cela a été le cas en Yougoslavie, en Afghanistan, et en Irak. Des crimes contre l’humanité commis par les forces de la coalition équivalent aux crimes commis par les pères et grand pères des dirigeants occidentaux actuels et de leurs sbires à Hiroshima et Nagazaki au Japon et à Dresde en Allemagne, où des civils ont également été détruits afin de dissuader, briser la volonté des peuples à résister ( l’Allemagne s’en souvient et par conséquent a refusé de participer à cette nouvelle boucherie). Actuellement ils veulent que le peuple libyen livre son dirigeant et son gouvernement légitime et docilement remette ses richesses pétrolières nationales aux pays de la coalition.

Nous savons que demander à la « communauté internationale » de sauver le peuple libyen et nous vivons en Libye, est inutile. Notre seul espoir c’est la Russie qui a un droit de veto à l‘ONU et spécialement ses dirigeants le Président et le Premier Ministre.

Nous avons encore espoir en vous comme par le passé quand nous avons pris la décision de rester en Libye et d’aider le peuple, notre devoir médical passant avant tout. Après une tentative de coup avorté en Février, la situation s’était calmée en Libye et le gouvernement avait réussi a rétablir l’ordre. Pour tous, en Libye c’était évident que sans l’intervention américaine le pays serait vite retourné à une vie normale. Convaincus que la Russie, qui a un droit de veto, ne permettrait pas une agression des US et de leurs alliés, nous avons décidé de rester en Libye mais nous avons été trompés : la Russie a malheureusement cru aux fausses assurances des Américains et ne s’est pas opposée à la décision criminelle de la France et des US.

Nous somme Ukrainiens, Russes, et Biélorusses, des gens de différentes professions (principalement des médecins) travaillant en Libye depuis plus d’un an (de 2 à 20 ans). Pendant cette période nous avons appris à bien connaître la vie du peuple libyen et de l’état en considération de peu de pays où les citoyens vivent dans un tel confort social tel que celui dans lequel vivent les Libyens. Ils bénéficient de soins gratuits et leurs hôpitaux ont les meilleurs équipements du monde.

L’Education est gratuite en Libye, les jeunes ayant des capacités ont la possibilité d’aller étudier à l’étranger aux frais du gouvernement. Quand ils se marient, les jeunes couples reçoivent 60 000 dinars libyens (environ 50 000 dollars) d’aide financière.





Des prêts d’état sans intérêt, et comme le montre la pratique : sans durée. Grâce aux subventions gouvernementales le prix des voitures est bien plus bas qu’en Europe et abordable pour chaque famille. L’essence et le pain ne coûte pratiquement rien, pas de taxe pour ceux qui travaillent dans l’agriculture.

Le peuple libyen est calme et pacifique, ils ne boivent pas et sont très pieux. Actuellement le peuple souffre. En Février la vie paisible des gens a été violée par des gangs de criminels et de jeunes drogués criminels - que les médias occidentaux ont appelé des « manifestants pacifiques » pour on ne sait quelle raison. Ils ont utilisé des armes, attaqué des postes de police, des agences gouvernementales, des unités militaires - provoquant un bain de sang. Ceux qui les dirigeaient avaient un objectif clair - instaurer le chaos pour contrôler le pétrole libyen. Ils ont désinformé la communauté internationale et ont dit que les Libyens combattaient contre le régime. Dites nous qui n’aime pas ce régime ? Si un tel régime (social ndlt) était en Ukraine ou en Russie nous ne serions pas ici à travailler et apprécier le confort social à la maison... mais dans nos pays respectifs... si on pouvait bénéficier d’un tel régime.

Si les US et l’UE n’ont rien à faire actuellement alors qu’ils prêtent attention au sort du Japon, au bombardement par Israël de la Palestine, à l’audace et l’impunité des pirates somaliens, ou le sort des immigrés arabes en France et qu’ils laissent les Libyens trouver une solution à leurs problèmes internes. On voit qu’actuellement en Libye ils veulent reproduire ce qu’ils ont fait en Irak. Mener un génocide d’un peuple entier et de ceux qui sont avec lui. Nous avons une DETTE MEDICALE et nous ne pouvons laisser le peuple libyen seul avec ces problèmes, les laissant être détruits par les forces de la coalition -- en plus nous savons que quand tous les étrangers seront partis il n’y aura personne pour dire la vérité ( le peu de personnel des missions diplomatiques ont depuis longtemps été réduit au silence) les Américains commettront ici un bain de sang. Notre seule chance de survie c’est une position civile solide de la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Nous espérons que vous, Le Président, et vous, Mr le Premier Ministre, en tant que citoyens de Russie et gens décents -- vous ne permettrez pas aux fascistes du XXIème siècle : Américains et Européens, de détruire le peuple libyen épris de liberté et ceux qui actuellement sont à ses côtés.

Par conséquent nous vous demandons d’urgence que la Russie utilise son droit de veto , le droit obtenu par les millions de vies du peuple soviétique sacrifiées lors de la Seconde Guerre Mondiale, pour stopper l’agression contre un état souverain, chercher immédiatement la fin de la campagne de bombardements des US et de l’OTAN et de demander l’entrée de troupes de l’Union Africaine dans la zone de conflit en Libye.

Note : les délégués du conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine qui avaient été acceptés à la fois par le gouvernement libyen et les dirigeants rebelles comme médiateurs pour trouver une solution pacifique entre les différentes parties se sont vues refusée l’entrée en Libye par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Cet acte aurait du être condamné par la Russie et la Chine qui devraient étudier les résolutions de l’UA, son mandat et soutenir des sages décisions


Article en anglais




Une drôle de façon de protéger les civils libyens…

avec des bombes à l’Uranium Appauvri...

« De toute façon des missiles à pointe à l’UA cela rentre dans la définition d’une bombe sale… je dirai que c’est l’arme parfaite pour tuer un grand nombre de personnes » Marion Falk docteur en chimie, Laboratoire Lauwrence Livermore, Califormie USA.

Les 24 premières heures de l’attaque contre la Libye les B-2 US ont largué 45 bombes de 2 tonnes. Ces énormes bombes de même que les missiles de croisière lancés des avions et navires britanniques et français tous étaient équipés de tête à l’Uranium Appauvri.(UA)

L’UA c’est le déchet issu du processus d’enrichissement du minerai d’uranium. Il est utilisé pour les armes atomiques et les réacteurs. Parce que c’est une substance lourde 1.7 plus dense que le plomb il est très apprécié des militaires pour sa capacité à pénétrer les véhicules blindés et les immeubles. Quand une arme à pointe à l’UA frappe un objet solide comme le côté d’un tank il pénètre directement dedans puis sort en dégageant un nuage enflammé de vapeur. La vapeur se transforme en poussière qui non seulement est un poison mais est aussi radioactive.

Un missile à l’UA ayant touché sa cible brûle à 10 000 C. Quand il frappe sa cible 30% se transforme en éclats. Les 70% restants se transforme en vapeur de trois oxydes très toxiques dont l’oxyde d’uranium. La poussière noire reste en suspend dans l’air et selon le vent et la météo peut parcourir de longues distances. Si vous pensez que l’Irak et la Libye sont très loin souvenez vous que la radioactivité de Tchernobyl a atteint l’Ecosse.

Des particules de moins de 5 microns de diamètre sont facilement inhalées et peuvent rester dans les poumons ou d’autres organes pendant des années. L’UA pénétrant dans l’organisme provoque des dommages au x reins, des cancers des poumons et des os, des maladies de peau, des maladies neurocognitives, des dommages aux chromosome, des syndromes de perturbation immunitaire et des maladies rares des reins et des intestins. Les femmes enceintes exposées à l’UA peuvent donner naissance à des nourrissons atteints de malformations congénitales. Une fois que la poussière c’est vaporisée ne vous attendez pas à ce que le problème disparaisse rapidement. Comme particule alpha émettrice de radioactivité l’UA a une vie de 4.5 milliards d’années.

Lors de l’attaque contre l’Irak de «Choc et Frayeur», plus de 1500 bombes et missiles ont été largués rien que sur Bagdad. Seymour Hersh a affirmé qu’à elle seule la Third Marine Aircraft Wing US a largué plus de « 500 mille tonnes de munitions » toutes à pointe à l’UA.

Al Jazeera a rapporté que les forces US d’invasion ont tiré 200 cent tonnes de munitions radioactives dans des immeubles, des maisons, des rues et jardins de Bagdad. Un reporter du Christian Science Monitor a emmené un compteur Geiger dans certaines parties de la ville qui avaient subies de lourds bombardements par les troupes US. Il a trouvé des taux de radioactivité 1000 à 1900 fois supérieurs à la normale dans des zones résidentielles. Les US ont largué une bombe d’une tonne pour 52 irakiens, pour une population totalisant 26 millions.

William Hague (ministre du Foreign Office ndlt) a dit nous sommes en Libye « pour protéger les civils et les zones peuplées de civils ». Pas besoin de jumelles pour voir qui et quoi sont « protégés ».

Lors de ces 24 premières heures les alliés ont « dépensé » 100 millions de £ pour des munitions à l’UA. Le rapport de l’UE sur le contrôle des armes dit que les états membres ont en 2009 délivré des licences pour la vente de 293.2 millions de £ d’armes et de systèmes d’armes à la Libye. La Grande Bretagne a délivré des licences pour la vente d’armes pour un montant de 21.7 millions de £ à la Libye et a également été payée par le colonel Kadhafi pour envoyer le SAS entraîné sa 32 ème brigade.

Ces 4.5 milliards prochaines années je parie que William Hague n’ira pas passer ses vacances en Afrique du Nord.

David Wilson Stop the War Coalition 28/03/2011

Article en anglais


Lundi 28 Mars 2011
Mireille Delamarre titre introduction traduction










31 mars 2011


Un collaborateur de la CIA
pour commander les rebelles libyens
(WSWS)







Patrick Martin

Le Conseil National Libyen, l’organisation basée à Benghazi qui parle au nom des forces rebelles qui luttent contre le régime de Kadhafi, a désigné un collaborateur de longue date de la CIA pour diriger ses opérations militaires.

Le choix de Khalifa Hifter, un ancien colonel de l’armée libyenne a été signalé jeudi par McClatchy Newspapers, et le nouveau chef militaire a été interviewé par un correspondant d’ABC News dimanche soir.

Hifter, dont l’arrivée à Benghazi avait été rapportée pour la première fois le 14 mars par Al Jazeera, a fait l’objet le 19 mars d’un portrait flatteur dans le Daily Mail, un tabloïd britannique farouchement belliciste. Le Daily Mail présentait Hifter comme une des « deux étoiles militaires de la révolution » qui « est rentré récemment d’exil en Amérique pour apporter une certaine cohérence tactique aux troupes rebelles au sol. » Le journal n’évoquait pas ses liens avec la CIA.

McClatchy Newspapers a publié un profil d’Hifter ce dimanche. Intitulé Le nouveau chef rebelle a passé une bonne partie des 20 dernières années dans une banlieue en Virginie, l’article note qu’il avait été auparavant un officier supérieur du régime de Kadhafi jusqu’à « une aventure militaire désastreuse au Tchad à la fis des années 1980. »

Hifter avait ensuite rejoint l’opposition à Kadhafi puis finalement émigré aux États-Unis où il a vécu jusqu’à ces dernières semaines qui ont vu son retour en Libye pour prendre le commandement de Benghazi.

Le profil par McClatchy concluait, « Depuis son arrivée aux États-Unis au début des années 1990, Hifter a résidé dans une banlieue de Virginie aux environs de Washington DC. ». Il citait un ami qui « disait ne pas trop savoir comment Hifter subvenait à ses besoins, et qu’Hifter s’occupait d’abord d’aider sa grande famille. »

Pour ceux qui savent lire entre les lignes, c’est une indication à peine voilée du rôle d’Hifter en tant qu’agent de la CIA. Comment en effet, un ancien officier supérieur de l’armée libyenne a-t-il pu entrer aux États-Unis au début des années 1990, seulement quelques années après l’attentat de Lockerbie, puis s’installer près de la capitale fédérale, sans l’accord et l’aide active des services de renseignements US ? Hifter a vécu en fait pendant une vingtaine d’années à Vienna en Virginie, à seulement une dizaine de kilomètres du siège de la CIA à Langley.

 





La CIA était bien au courant des activités militaires et politiques d’Hifter. Un article du Washington Post du 26 mars 1996 parle d’une rébellion armée contre Kadhafi en 1996 et écrit son nom dans une transcription différente. L’article cité des témoins selon qui la rébellion a pour « chef le colonel Khalifa Iftar [et est] une organisation du type "contra" basée aux Etats-Unis et appelée Armée Nationale Libyenne. »

La comparaison est faite avec les forces terroristes "contra" financées et armées par le gouvernement des États-Unis dans les années 1980 contre les autorités sandinistes au Nicaragua. Le scandale Iran-Contra, qui avait secoué l’administration Reagan en 1986-87, concernait la mise au jour de ventes illégales d’armes US à l’Iran, dont le produit servait à financer les contras au mépris d’une interdiction par le Congrès. Les parlementaires démocrates avaient couvert le scandale et rejeté les appels à une procédure d’impeachment contre Reagan pour avoir financé les activités d’une illégalité flagrante ourdies par une brochette d’anciens agents des services secrets et de conseillers à la maison Blanche.

Un livre publié par Le Monde Diplomatique en 2001, Manipulations africaines, fait remonter la relation avec la CIA encore plus loin, en 1987, signalant qu’Hifter, alors colonel de l’armée de Kadhafi, avait été capture au Tchad où il combattait avec une rébellion soutenue par la Libye contre le gouvernement d’Hissène Habré, soutenu par les États-Unis. Il fit défection pour le Front National de Salut Libyen (FNSL), la principale force d’opposition à Kadhafi, qui avait le soutien de la CIA. Il organisa sa propre milice qui opéra au Tchad jusqu’à la déposition d’Hissène Habré en 1990 par Idriss Déby, son rival appuyé par la France.

Selon ce livre, « la force de Haftar, créée et financée par la CIA au Tchad, disparut dans la nature avec l’aide de la CIA peu de temps après le renversement du gouvernement par Idriss Déby. » Le livre cite aussi un rapport du service de recherche du Congrès daté du 19 décembre 1996, selon lequel le gouvernement des États-Unis apportait une aide militaire et financière aux membres du FNSL qui avaient été repositionnés aux États-Unis.

Ces informations sont accessibles à tous ceux qui se livrent à une recherche même superficielle sur Internet, mais elles n’ont pas été relayées par les médias contrôlés par les grands groupes, hormis une dépêche de McClatchy qui évite toute référence à la CIA. Les chaînes de télévision, trop occupées à faire l’éloge des "combattants de la liberté" de l’Est libyen, ne se sont pas fatiguées à signaler que ces forces étaient désormais commandées par un collaborateur de longue date des services de renseignements des États-Unis.

Pas plus que n’en ont tenu compte ceux qui parmi les libéraux ou la "gauche" s’enthousiasment pour l’intervention des Etats Unis et de l’Europe en Libye. Ils sont trop occupés à saluer l’administration Obama pour son approche multilatérale et « consultative » de la guerre, présumée être différente de l’approche unilatérale à la "cowboy" de l’administration Bush en Irak. Que le résultat soit le même - mort et destruction qui s’abattent sur la population, la souveraineté et l’indépendance d’un pays anciennement colonisé foulées aux pieds - ne signifie rien pour ces thuriféraires de l’impérialisme.

Le rôle de Hifter, présenté à juste titre il y a 15 ans comme le chef d’une "organisation du genre contra", montre quelles sont les véritables classes sociales à l’oeuvre dans la tragédie libyenne. Quelle que soit l’authenticité de l’opposition populaire qui s’est exprimée dans la révolte initiale contre la dictature corrompue de Kadhafi, la rébellion a été détournée par l’impérialisme.

L’intervention de l’Europe et des États Unis en Libye n’a pas pour but d’apporter la "démocratie" et la "liberté" mais d’installer au pouvoir des pantins de la CIA qui dirigeront le pays aussi brutalement que Kadhafi, tout en permettant aux puissances impérialistes de piller les ressources pétrolières du pays et de se servir de la Libye comme base d’opérations contre les révoltes populaires qui soufflent sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.

Patrick Martin

Original : http://www1.wsws.org/articles/2011/...

Traduction : http://www.info-palestine.net/artic...
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